GLENN GERS : UN AUTEUR AU TRAVAIL (14)

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J’ai donné quelques pensées à mes deux personnages Ariane et Éric. Dans l’état actuel de ma réflexion, Éric sera mon personnage principal.

Sur la fiche de son personnage (que je vous invite à télécharger), Éric a pris la décision de s’éloigner à la fois de son métier de journaliste d’investigation ET de sa famille clairement endommagée précisément par ce métier.

Seulement cette volonté n’est pas encore totalement ancrée en lui. Il ne sait pas encore s’il a raison ou tort d’agir ainsi. Cette détermination à être autrement n’est pas encore prouvée. En tant qu’auteur, j’ai fait le choix qu’il en sera ainsi. Ce n’est certes pas la seule alternative mais celle-ci participe de mon message.

La théorie narrative & pratique Dramatica possède un concept qu’elle nomme Resolve. J’ai conservé les dénominations anglaises non seulement par respect mais surtout parce que les mots rendent les choses encore plus confuses.
Donc, cette chose abstraite qu’est Resolve décrit une espèce de volonté chez un personnage. Le personnage se conforme à cette volonté. Néanmoins, a t-il tort ou raison de persévérer dans la voie qu’il croit être la bonne ?

Il ne possède pas encore la réponse à cette orientation. En tant qu’autrices & auteurs, nous connaissons sa vérité : ainsi, nous pouvons décider que ses doutes seront levés à travers ses pérégrinations et tribulations au cours de l’intrigue et en résultat du climax,

Ainsi, le personnage ne changera pas (bien qu’il ait néanmoins évolué car on n’arrête pas le temps). Il ne transformera pas radicalement sa personnalité ; il reste ferme sur cette volonté que nous lui avions imposée. Concrètement, Dramatica décrit ce mouvement par Steadfast (c’est-à-dire constant, persévérant dans ses desseins).

En revanche, je peux aussi décider que ce personnage se trompe sur ce qu’il croit être bon pour lui. Il est dans l’erreur, dans l’illusion. Au cours de l’intrigue, il ouvrira les yeux sur le mal qu’il se fait à lui-même et comme un écho blesse ceux qu’il aime et qui l’aime.

Concrètement, il faut qu’il change alors Resolve est Change.

Alors qu’Éric est Steadfast, Ariane est dans un tout autre état d’esprit. Par l’expérience douloureuse de sa vie avec l’animateur du podcast, elle a monté comme un mur épais entre elle et le monde afin de se sentir protégée.
Cette défense contre des menaces extérieures l’a émotionnellement asséchée. Tout comme Éric, Ariane a terriblement besoin de se sentir aimé. Mais elle s’y refuse. En tant qu’auteur, je veux qu’elle connaisse à nouveau le bonheur. Il faut que sa résistance cède : le Resolve pour Ariane sera donc Change.

Glenn Gers

Prendre des notes est la toute première tâche. J’utilise le logiciel Dramatica mais n’importe quel système ou traitement de textes est valide.

Ce qui importe aussi, lorsque vous vous sentirez prêt à affronter l’extérieur, sera de demander à quelques lecteurs bêta de votre œuvre de vous retourner leurs propres notes et d’y prêter attention sans entrer dans un débat avec ces lecteurs mais plutôt avec vous-mêmes vous questionnant sur la pertinence de ces notes.
Dit autrement, gardez l’esprit ouvert sur à la fois ce qui le traverse mais aussi vis-à-vis des autres et de leurs retours sur votre travail.

Nous avons vu que notre serial killer serait un homme âgé dont le modus operandi est le poison. En faire un homme âgé est important selon Gers car la vieillesse, explique t-il, ne communique pas de menace. Lors de la confrontation finale, c’est-à-dire au dernier ou au pénultième épisode, cet homme sera donc équipé d’une arme, quelque chose de létale du moins, afin de légitimer une réaction qui n’aurait peut-être pas été possible sans l’arme.

Je rejoins Gers ici sur le constat que notre serial killer (Charles) est guidé par le désespoir au-delà de la vengeance nourrie par l’humiliation subie. Pour démontrer ce désespoir, je prévois de l’illustrer par quelques scènes. Seulement, nous serons sous un point de vue totalement subjectif où le personnage n’apparaîtra pas (puisque nous ne voulons pas dévoiler son identité).

Concernant l’aspect romantique, Glenn Gers confirme son intention que la réunion des deux amants (quelque chose qui dure du style des contes de fée) ne s’accomplira qu’au dernier épisode. Toute la série portera progressivement sur la découverte de cet amour, par petites bribes, presque à la dérobée dans tel ou tel épisode.

Dans cet article Les clefs de la romance, je formule quelques conseils. Cela ressemble à des directives, à une perte de liberté. Néanmoins, non seulement vous pouvez emprunter des choses sur les œuvres d’autres auteurs et autrices et vous approprier ces choses afin de les posséder par vous-mêmes, de les faire vôtres mais, rappelle Gers, vous pouvez aussi suivre votre instinct.
Si quelque chose en vous, que vous ne pouvez pas vous expliquer, comme une évidence, une preuve sans qu’aucune expérience ne vienne corroborer votre intuition, posez au moins cette chose dans vos notes. Vos notes vous servent d’abord à ne rien laisser échapper de vos propres sentiments et idées.

La relation entre Ariane et Éric

Afin de donner de la consistance à la romance, Glenn Gers pose trois questions :

  1. Quelle est cette magie qu’il se donne l’un à l’autre ?
    La relation qui existe entre eux les transcende. Il n’y a aucun raison, aucune explication logique. Cette relation est éminemment subjective.
  2. Qu’ont-ils en commun qu’ils ne trouvent pas chez d’autres ?
  3. Quelle est la nature de ce manque que cet autre singulier et lui seul peut combler ?

Ces trois questions auxquelles il faudra répondre au cours de nos réflexions présentent une antinomie paradoxale. En effet, c’est à la fois un reniement et une vision d’un possible pourtant nié ou à la fois une répulsion et une attirance.

Définir un personnage, c’est sans cesse s’interroger et c’est ce que fait Glenn Gers. Concernant Ariane, je me dois aussi de m’étonner sur cet être que je ne connais pas encore.

Il y a les questions d’ordre général concernant chaque personnage :

  1. Que veut-il ?
  1. Pourquoi ne peut-il l’avoir ?
  1. Que fait-il alors pour l’obtenir ?
  1. Pourquoi n’y parvient-il toujours pas ?
  1. Que se passe t-il pour lui en fin de compte ?

L’étude d’un personnage reprend ces questions et les détaille davantage. Ainsi, quand on cherche ce que veut un personnage, deux questions au moins se soulève :

  1. Qui est ce personnage ?
  2. Que veut ce personnage ?

Pour Ariane, voici l’état de mes recherches :

QUI EST ARIANE ?

  • Ariane est une personne rêveuse.
  • C’est assez jeune que Ariane fit la rencontre de l’animateur. La proposition de Glenn Gers est que son personnage (Ariane est issue de mon imagination et non de celle de Gers) a trouvé auprès de l’animateur une sécurité que les rêveries d’Ariane mettaient en danger.
    Ariane ressentit le besoin de sortir de l’enfance et l’animateur lui apparaissait comme le prince charmant qui allait l’aider lors de ce passage de l’enfance à sa vie de femme.

QUE VEUT ARIANE ?

  • Ariane recherche une vie meilleure car la relation qu’elle a entretenue avec l’animateur assassiné a totalement drainé son goût pour la vie.
L’action

Gers distingue l’action liée au thriller de la romance. Il s’interroge alors sur ce qui motive le groupe d’aficionados de l’animateur de se mettre volontairement en péril dans la recherche de l’assassin. Glenn Gers est une personne pragmatique : l’action consiste pour lui à résoudre un problème et cette problématique se concentre sur l’investigation d’un mystère dont le dévoilement sera affaire de logique.

Je considérerai le groupe comme une figure autonome indépendante des membres qui la composent. La communauté aura ses propres réactions et celles-ci pourraient s’avérer contraires à l’éthique ou à la personnalité des individus.

Concernant le personnage que j’identifie pour le moment à l’innocent, je dévie fortement de Glenn Gers. En effet, Gers introduit un copycat des crimes du véritable assassin qui essaie alors de confesser au groupe qu’il n’est pas responsable du meurtre de l’animateur.
Mais cette confession n’est pas crue par les autres.

Je préfère ne pas le suivre sur cette voie car j’ai insisté dans la personnalité du serial killer pour en faire un être blessé, victime de la méchanceté. L’innocent sera lui aussi victime de la méchanceté de cette communauté à laquelle il appartient (les soupçons seront adroitement menés vers lui par le serial killer).
Il n’y aura pas d’ironie dramatique ici. Nous serons nous aussi amené à croire cet innocent coupable. Cependant, il me faudra résoudre cette fausse piste dès le pilote à la fois pour surprendre le lecteur/spectateur et raviver sa curiosité.

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