ORGANISER SON PROJET

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Glenn Gers a souligné l’importance de trois éléments fondamentaux dans l’élaboration d’un scénario convaincant : les désirs du protagoniste, les obstacles auxquels il est confronté et le point culminant de l’intrigue (autrement dénommé climax). Ces éléments sont essentiels pour créer un récit captivant qui trouve un écho auprès du lecteur/spectateur.

La question des désirs

Les désirs du héros et de l’héroïne sont la force motrice de l’histoire. Ces désirs créent un arc dramatique convaincant et donnent au lecteur/spectateur une raison de les soutenir. Les désirs doivent être clairs, spécifiques et émotionnellement engageants. En comprenant les motivations du protagoniste, la lectrice et le lecteur peuvent s’investir dans leur parcours et dans l’issue de l’histoire.

Les désirs sont le moteur des actions d’un personnage. C’est ce qui le pousse à sortir de sa zone de confort, lui permet de surmonter les obstacles et le propulse vers un objectif spécifique. Qu’il s’agisse d’une soif de vengeance, d’un désir amoureux ou d’une quête de connaissances, les désirs donnent au personnage un but et une direction.
La poursuite des désirs révèle la vraie nature des personnages, leurs forces et leurs faiblesses, et leur capacité à évoluer. Au fur et à mesure qu’ils sont confrontés à des défis et qu’ils font des choix, leurs désirs sont testés et affinés, ce qui mène à la découverte de soi et à la transformation. Nous nous sentons concernés en tant que lectrice et lecteur par les personnages qui s’efforcent activement d’obtenir quelque chose. Le fait de s’identifier à leurs désirs, d’encourager leur réussite et de craindre leur échec potentiel crée un lien émotionnel qui nous permet de nous investir dans le dénouement de l’histoire.

Les désirs d’un protagoniste doivent être clairement définis, spécifiques et émotionnellement convaincants pour avoir un impact maximal car les désirs ambigus laissent le lecteur/spectateur perplexe et désengagé. Assurez-vous de pouvoir articuler ce que le protagoniste veut vraiment et pourquoi c’est important pour lui. Des désirs génériques comme le bonheur ou la réussite sociale n’ont pas l’attrait émotionnel nécessaire pour capter l’imagination du lecteur et de la lectrice. Donc, définissez la nature de ce désir : s’agit-il de se venger d’une trahison particulière ? De l’amour pour une personne en particulier ? Se libérer d’une force oppressive spécifique ?
projetExploitez le noyau émotionnel du désir. Pourquoi ce désir anime-t-il si profondément le personnage ? Quels sont les peurs, les espoirs ou les rêves qu’il représente ? Peut-il être mis en relation avec les propres expériences de la lectrice ou du lecteur ? Elmo dans Sesame Street a un tel désir d’apprendre et de partager qui peut sembler simple, mais dont la nature ludique et réaliste trouve un écho chez les jeunes téléspectateurs, les encourageant à explorer le monde qui les entoure.

L’apogée

Le climax d’un récit est souvent considéré comme son moment le plus critique, celui où la tension et les conflits qui se sont accumulés tout au long de l’intrigue atteignent leur paroxysme. Ce moment est essentiel non seulement pour la résolution de cette intrigue, mais aussi pour son impact profond sur le parcours de l’héroïne et du héros.

Il agit comme un élément moteur de la transformation, obligeant le protagoniste à faire face à ses peurs les plus profondes ou à ses plus grands défis. Le climax fonctionne comme un moment charnière dans le parcours du protagoniste, en soulignant la transformation qu’il subit et les défis qu’il doit relever. Un tel point culminant bien conçu fournit une résolution satisfaisante qui reste fidèle aux personnages et à leurs arcs dramatiques.

Une stratégie que les autrices et les auteurs peuvent utiliser est de travailler à rebours à partir du climax, en s’assurant que chaque élément du récit contribue à une résolution homogène et efficace. Au cœur du parcours de chaque personnage se trouve une transformation, un changement de compréhension, de capacité ou de perspective qui est déterminant pour son développement. Le point culminant joue un rôle décisif dans cette transformation, car il oblige généralement le protagoniste à faire face à son plus grand défi qui est aussi son antagonisme.
Cette confrontation n’est pas seulement une bataille de force ou d’esprit ; c’est un moment profond de découverte de soi et de maturation. Par exemple, dans une histoire de passage à l’âge adulte, le héros et l’héroïne peuvent être confrontés à une situation qui met à l’épreuve leur indépendance nouvellement acquise, les obligeant à prendre une décision importante qui reflète leur croissance et leur nouvelle maturité.

Les défis à relever au moment du dénouement reflètent souvent les luttes internes de l’héroïne et du héros, mettant à jour leurs propres conflits. En surmontant ces défis, l’héroïne et le héros ne résolvent pas seulement le conflit externe, mais s’épanouissent également. Cette double victoire garantit que ce moment fort est à la fois excitant et satisfaisant sur le plan émotionnel.

Un climax bien conçu est essentiel pour apporter une résolution satisfaisante à l’histoire. Il relie les principaux fils de l’intrigue et les arcs dramatiques des personnages, ce qui permet au lecteur/spectateur de conclure lui-même. Pour que la résolution soit satisfaisante, elle doit rester fidèle aux personnages et à leur parcours. Les décisions et les actions de ceux-ci à ce moment qui précède le dénouement doivent être cohérentes avec leur évolution tout au long de la narration. Cette cohérence renforce la logique interne du récit et garantit que la conclusion de l’histoire est méritée et non artificielle.
De surcroît, un point culminant bien conçu peut rehausser l’ensemble du récit et laisser un impact durable sur le lecteur et la lectrice. C’est le moment dont la plupart d’entre eux se souviendront, d’où l’importance que ce moment soit mémorable et marquant. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il doit être grandiose ou dramatique ; même une acmé calme et introspective peut être puissante si elle est bien alignée avec les thèmes et les personnages de l’histoire.

Pour s’assurer que chaque élément de l’histoire contribue à une résolution cohérente et marquante, l’autrice et l’auteur peuvent tirer profit d’un travail à rebours à partir du climax. Cette approche consiste à identifier la transformation et le défi majeurs auxquels le protagoniste sera confronté lors de ce point culminant, puis à concevoir les éléments précédents de l’histoire de manière à ce qu’ils aboutissent à ce moment.
Cette stratégie permet de s’assurer que chaque développement de l’intrigue, chaque interaction entre les personnages et chaque exploration thématique a sa raison d’être dans le récit, en orientant l’histoire vers sa conclusion ultime. Le fait de travailler à rebours à partir du point culminant permet à l’auteur et à l’autrice de semer dès le début de l’histoire des éléments qui fleuriront au moment de cette apogée. Les indices, les motifs thématiques et le développement des personnages sont tissés tout au long du récit d’une manière qui semble naturelle et inévitable.

Cette planification méticuleuse garantit que ce point culminant est l’aboutissement des différents éléments de l’histoire, plutôt qu’un événement isolé.

Gérer l’incertitude

L’incertitude est inhérente au travail créatif, du concept initial au produit final. Les délais, les contraintes budgétaires et les exigences changeantes du projet peuvent tous contribuer à cette incertitude. Une gestion efficace de l’incertitude est essentielle pour que les professionnels de la création puissent fournir un travail de qualité tout en conservant leur santé mentale.

L’incertitude fait naturellement partie du processus créatif. Au lieu d’y résister, accueillez-la et acceptez qu’elle soit un compagnon constant de votre parcours créatif. Ce changement d’état d’esprit peut vous aider à rester flexible et ouvert à de nouvelles idées et possibilités.
Lorsqu’on est confronté à un projet complexe, il faut le diviser en parties plus petites et plus faciles à gérer. Cette approche permet d’identifier des tâches et des délais spécifiques, ce qui facilite le respect du calendrier et l’adaptation aux changements.

Se tenir au plan

L’élaboration d’un plan dynamique et adaptable pour mener à bien des projets dans des conditions fluctuantes est tout à fait pertinente. Un tel guide est essentiel pour les scénaristes et les créateurs qui doivent souvent faire face à des projets dont la portée évolue, à des délais qui changent et à des orientations créatives qui se modifient.

Des étapes importantes lors du processus créatif permettent de suivre les progrès réalisés et de s’assurer que le projet ne dévie pas de sa trajectoire. Ils doivent être spécifiques, mesurables, réalisables, pertinents et limités dans le temps.

Pour un projet sujet à des fluctuations :

  • Commencez par l’objectif final et remontez dans le temps en identifiant les principales réalisations nécessaires pour atteindre cet objectif.
  • Chaque étape doit être assortie d’une date cible, mais il faut prévoir des périodes tampons pour les retards imprévus. La flexibilité est essentielle pour s’adapter aux changements sans faire capoter le projet.
  • Divisez les grandes étapes en tâches plus petites et plus faciles à gérer. Les ajustements sont ainsi plus faciles et ont moins d’impact sur le calendrier global.

De l’importance de maintenir la pertinence et l’efficacité du plan :

  • Établissez une routine (par exemple, mensuelle ou trimestrielle) pour réviser l’ensemble du plan. Ces révisions permettent d’évaluer les progrès accomplis, de déterminer ce qui fonctionne et d’identifier les domaines nécessitant des ajustements.
  • Créez un réseau qui puisse faire part de ses commentaires. Ces informations peuvent s’avérer précieuses pour procéder à des ajustements en connaissance de cause. Encouragez une communication ouverte et fournissez des mises à jour régulières afin d’éviter les malentendus et les erreurs de communication.
  • Le fait de documenter les ajustements permet de suivre la logique des changements et de fournir un historique pour référence future.

Fixez-vous des priorités. Classez les tâches par ordre de priorité en fonction de leur importance et des délais. Concentrez-vous d’abord sur les tâches les plus critiques et affectez les ressources en conséquence. Cette approche permet de s’assurer que le projet reste sur la bonne voie, même en cas de difficultés inattendues.

Apprendre de ses échecs

Dans le domaine de la créativité, le processus d’innovation et de découverte implique souvent la traversée d’une foule d’échecs. Plutôt que d’être des obstacles, ces échecs sont des tremplins essentiels à la croissance et au développement.
Examinons donc l’importance de l’acceptation de l’échec dans le processus créatif, expliquons les stratégies d’analyse des échecs pour en tirer des leçons précieuses et décrivons les changements d’état d’esprit nécessaires pour recadrer l’échec comme une opportunité d’apprentissage décisive plutôt que comme un revers.

L’échec est inhérent au processus d’expérimentation, pierre angulaire de la créativité. Chaque tentative ratée est une découverte de ce qui ne fonctionne pas, ce qui guide les créateurs vers l’affinement de leurs idées et de leurs approches. Les rencontres régulières avec l’échec cultivent la résilience, permettant aux individus de persévérer face aux défis et de maintenir leur engagement dans leurs efforts créatifs.

Accepter l’échec facilite l’apprentissage, obligeant l’autrice et l’auteur à adapter leurs stratégies et leurs approches. Cette capacité d’adaptation est essentielle pour se frayer un chemin sur le terrain imprévisible du travail créatif. L’expérience de l’échec contribue à l’épanouissement personnel, en donnant aux créateurs de la confiance, de la patience et une meilleure compréhension de leur activité.

Encouragez un processus de réflexion après l’échec, en identifiant les aspects spécifiques qui ont conduit au résultat indésirable. Des questions telles que Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?, Qu’est-ce qui aurait pu être fait différemment ? et Qu’est-ce que j’ai appris ? peuvent guider cette analyse.
La tenue d’un registre ou d’un journal des échecs peut aider à documenter ces idées, ce qui permet d’identifier plus facilement les tendances au fil du temps et d’ajuster les pratiques en conséquence.

Restez flexible et adaptez-vous tout au long du processus de création. Soyez ouvert aux nouvelles idées, prêt à changer de cap si nécessaire et capable d’ajuster votre approche en fonction des besoins. Faites des recherches et utilisez les données pour éclairer vos décisions créatives. Recueillez des commentaires et analysez les tendances du genre dans lequel vous écrivez pour faire des choix éclairés et réduire l’incertitude.
L’incertitude peut être une source d’inspiration créative. Acceptez l’inconnu et profitez-en pour explorer de nouvelles idées, prendre des risques et repousser les limites de votre créativité.

Soyez attentif à votre charge de travail et évitez de vous sur-engager. Apprenez à dire non aux projets ou aux demandes qui ne correspondent pas à vos objectifs ou à vos valeurs. Et surtout, reconnaissez que vous n’avez pas toutes les réponses et restez humble face à l’incertitude. Soyez prêt à apprendre des autres et acceptez les commentaires pour améliorer votre travail.

 

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