LE RYTHME DE L’HISTOIRE

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On écrit son histoire comme on le sent. Cependant, il est toujours utile de suivre quelques conseils éprouvés.

Faire attention à la tension dramatique, écrire pour un public visé c’est-à-dire ancré profondément son histoire dans un genre spécifique ou encore inventer une prémisse possédant un vrai potentiel sont parmi ces conseils.

Il y a aussi un élément dont il faudrait tenir compte : le rythme.
En quoi consiste le rythme ?
Ne pas trop attendre pour générer de la tension dramatique, engager le lecteur émotionnellement avec le héros c’est-à-dire fonder une empathie entre le lecteur et ce héros et puis accélérez en pénétrant dans l’acte Deux.

Une aide à la lecture

Tout ceci aide au plaisir de la lecture qui ne devient pas une corvée.
Le rythme est totalement sous le contrôle de l’auteur.

Afin de mettre en place le rythme, différentes méthodes sont disponibles.
L’une d’entre elles est structurelle.

Il s’agit de concevoir une architecture qui décompose l’histoire en quatre séquences.
Ces séquences ont approximativement la même durée (à ne pas confondre avec la chronologie des événements dans l’histoire).

Chaque séquence arbore une sorte de mission contextuelle différente.
Trois nœuds dramatiques majeurs articuleront les séquences.
C’est la compréhension de ces quatre parties et des trois moments qui vont organiser ou du moins optimiser le rythme de l’histoire.

La première partie

C’est la mise en place de l’histoire. Dans cet espace particulier du récit, les principaux personnages sont introduits, le monde nous est présenté (c’est-à-dire que l’auteur nous invite à lever notre incrédulité et à accepter l’univers qu’il nous propose), les enjeux sont définis.

Cette première partie contient aussi le premier nœud dramatique.
Ce n’est pas l’incident déclencheur. On pourrait dire de ce dernier qu’il a en charge d’initier le mouvement, de lancer la dynamique de l’histoire. C’est pour cette raison qu’on peut tout aussi bien le trouver au cœur de cette première partie ou considérer qu’il s’est produit avant que l’histoire commence (comme dans Juno ou Juno est tombé enceinte avant le début de l’histoire).

Le premier moment dramatique majeur est ce moment du passage dans l’acte Deux. C’est le moment dramatique le plus important. Lorsque Frank Galvin dans Le Verdict est à l’hôpital face à cette jeune femme dans le coma, c’est à ce moment précis qu’il prend la décision de la défendre.

La seconde partie

L’intrigue est lancée. A partir de maintenant, il faut que l’histoire avance.

Le héros a maintenant un problème à résoudre et un parcours à accomplir ou une quête à entreprendre.
Entre la première partie et cette seconde partie, le statut du héros est différent.
Alors que la première partie décrit le quotidien du héros (un monde ordinaire que le héros considère à tort ou à raison confortable), il se retrouve dorénavant propulsé dans un tout autre environnement.

Cet environnement qui enveloppe désormais le héros pourrait être tout aussi bien une lointaine planète que de se retrouver seul après que sa femme l’ait quitté.
Et le contexte de cette seconde partie est de nous montrer la réponse du héros à ce nouveau statut pour lui.
Ou du moins à la développer plus avant.

La troisième partie

Cette troisième partie ajoute encore plus de pression et d’enjeux face aux initiatives du héros.
La seconde et la troisième partie sont comme une montée en pression. Les difficultés sont de plus en plus ardues comme un étau qui se resserrerait progressivement et inexorablement.

La quatrième partie

Dans cette dernière partie, les arcs de l’histoire convergent et les motivations des personnages sont dorénavant clairement exposées et doivent trouver leurs conclusions respectives.

Et le héros est le moteur de la résolution de l’histoire.

The Hunger Games

L’histoire démarre vite avec une Katniss se portant volontaire pour les jeux pour sauver sa sœur d’une mort certaine.

Après le voyage en train jusqu’au Capitole puis l’entraînement, Katniss et Peeta se rapprochent des Hunger Games ce qui accèlère le rythme de l’histoire.

La tension dramatique, cependant, se double de la relation entre Katniss et Peeta et cette relation s’emballe et se précise dès la seconde partie. Lorsque Peeta déclare publiquement son amour pour Katniss, leur mentor Haymitch détourne cela en une brillante stratégie de survie.

Cette relation est aussi une manœuvre narrative destinée à augmenter le rythme.
Ce rythme n’est pas seulement de l’action, des événements qui se succèdent rapidement.

Il peut être aussi de nature psychologique.

Une relation qui existe entre deux personnages et qui vient se superposer à des situations dans lesquelles ils se retrouvent imbriqués peut créer un emballement dans l’esprit du lecteur.

Imaginez, par exemple, que votre héros souhaite fuir d’un lieu qui ressemble au Triangle des Bermudes.
On le voit en voiture traverser un tunnel dans le premier plan,
Dans le second plan, on est avec lui dans la voiture.
Dans le troisième, on le voit à nouveau traverser le même tunnel que précédemment.
L’information que nous cherchons à communiquer est que le lieu ne veut pas laisser notre héros s’enfuir. Métaphoriquement, on est comme dans une prison à l’air libre (un concept assez souvent utilisé).

Ce qu’il est important de comprendre est que la succession de ses plans que vous pourriez développer en scènes un peu plus complexes génèrent une tension psychologique même si le montage distribue ces plans en les mêlant avec ceux d’une autre séquence.

Cette tension psychologique est ce rythme qui émane de la succession, de’ l’apparition successive de ces plans c’est-à-dire de ce qu’ils contiennent.

The Hunger Games est un bon exemple d’une histoire qui va de plus en vite au fur et à mesure de sa progression même à partir d’un début déjà vivement rythmé.

Le rythme est un ressenti. Le lecteur/spectateur ressent un rythme. Mais pour l’auteur qui est devant sa page blanche, le rythme n’est pas quelque chose qui s’impose de lui-même.
Reprenez chaque scène que vous avez écrite et considérez comment elle contribue au rythme dans son ensemble.

Vous pourrez alors juger si une scène devrait propulser plus avant l’histoire ou bien encore si une pause s’avère nécessaire (après un gros moment de tension dramatique).
De toutes façons, il n’est pas évident de coller aux instincts de lecture lorsqu’on est soi-même auteur.

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