Archives par mot-clé : Tension

MODÈLE, PARADIGME, STRUCTURE

Quand on y réfléchit, l’auteur (surtout d’un texte scénaristique) est d’abord un artisan. Il manipule des choix créatifs. Pour savoir où il va, il peut adopter certains principes qui guideront ses décisions.
Ces principes existent pour nous aider à gérer toutes les forces dramatiques de l’histoire, à les interpréter et les agencer comme nous le souhaitons.

Ces principes sont aidants en cela qu’ils assurent que le rythme de l’histoire sera soutenu, que la tension dramatique sera au rendez-vous, qu’au moins le personnage principal suive un arc dramatique… enfin, toutes ces choses qui font que l’histoire maintiendra l’intérêt du lecteur de la séquence d’ouverture au dénouement.
Continuer la lecture de MODÈLE, PARADIGME, STRUCTURE

DEUX ASPECTS COMPLÉMENTAIRES DU CONCEPT

Le concept est essentiel puisqu’il fait d’une idée confuse, incomplète, une possible histoire. Il se présente sous deux aspects. L’un concerne le quoi de l’histoire et l’autre, le comment de celle-ci. Le quoi de l’histoire relève du domaine créatif par lequel l’ossature de l’histoire commence à se former.
Le comment est de l’ordre de la stratégie narrative de l’auteur, c’est-à-dire son approche particulière de comment il va raconter son histoire.

Le concept est une proposition et une invitation à partager une histoire entre un auteur et un lecteur. Cela suggère que l’auteur inventera des personnages et des situations dans lesquelles il les projettera. C’est de la combinaison de ces deux forces dramatiques que peut émaner un récit.
Continuer la lecture de DEUX ASPECTS COMPLÉMENTAIRES DU CONCEPT

LA SCÈNE ET SON CONTEXTE

Conter une histoire, ce n’est pas simplement écrire à propos de quelque chose. Même si l’auteur s’engage dans quelque chose qui lui tient à cœur comme une injustice ou l’intolérance, écrire (du moins la finalité de l’acte d’écrire) est de décrire quelque chose qui a lieu et qui prend à témoin le lecteur.

Ce qu’il se produit dans l’histoire, ce sont les scènes qui le donne à voir au lecteur. Bien sûr, toutes les scènes ne sont pas fondées sur une action. L’histoire exige parfois qu’elles soient simplement descriptives pour informer le lecteur sur le contexte d’une situation. Le lecteur devient observateur. Il ne lui est pas demandé de s’impliquer émotionnellement dans la scène. En somme, il s’agit d’exposition afin de préparer son imagination à mettre en œuvre plus tard certains mécanismes tels que l’empathie ou bien à inciter chez lui certains sentiments (la scène devient alors prescriptives puisqu’elle force en quelque sorte le sentiment chez le lecteur).
Continuer la lecture de LA SCÈNE ET SON CONTEXTE

FORCE NARRATIVE : LA TENSION DRAMATIQUE

Qu’est-ce qu’une histoire ? Pour faire simple (et somme toute assez universel), une histoire doit avoir un héros (c’est-à-dire à la fois protagoniste – qui agit – et personnage principal – qui reçoit l’empathie du lecteur. Voir la théorie narrative Dramatica à ce sujet).
Ce héros a en charge la résolution du problème soulevé par l’histoire. L’auteur doit donc donner à ce personnage principal quelque chose à faire. Ce peut être un besoin, un défi, un but à atteindre, une quête.

Quel que soit le résultat souhaité par l’auteur (il peut vouloir combattre l’ignorance ou l’intolérance par exemple), il lui faut inventer des obstacles qui viendront perturber l’avancée du héros dans sa recherche d’une solution.
D’où vient alors la tension dramatique ? De la collision (que le lecteur ressent intuitivement) entre l’objectif du protagoniste et ces obstacles. Concrètement, c’est une situation conflictuelle. Le conflit est une force narrative en soi qui incite le lecteur à s’interroger sur l’issue dont on sait jamais de ce qu’elle sera faite. Même au moment du climax (l’ultime confrontation), l’auteur peut très bien souhaiter donner un point de vue négatif sur le monde.
Continuer la lecture de FORCE NARRATIVE : LA TENSION DRAMATIQUE

UNE PRÉMISSE PLUS QU’UNE IDÉE

On commence avec une idée. Ce peut être l’envie d’écrire une Love Story ou bien encore vouloir dénoncer une injustice. Dans ce dernier cas, par exemple, l’idée possède de manière naturelle une étendue que ne possède pas, par exemple, la Love Story parce que celle-ci est bien trop générique pour contenir implicitement bien plus qu’une histoire mais une puissance dramatique.

L’idée deviendra concept. Concrètement, devant la page blanche, qu’est-ce que cela signifie ? C’est le récit d’une ligne dramatique (la théorie narrative Dramatica en dénombre quatre) qui se déploie devant nous par l’arc dramatique d’un personnage qui est d’une certaine manière au début de l’histoire et qui finit celle-ci autrement.
Nous sommes les témoins de cette transfiguration en temps réel (du moins le temps fictif mis en œuvre par l’histoire).
Continuer la lecture de UNE PRÉMISSE PLUS QU’UNE IDÉE