CROIRE AU RÉCIT & AUX PERSONNAGES

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Un procédé narratif est une technique d’écriture que vous pouvez utiliser pour raconter une histoire. Les procédés narratifs combinent des éléments tels que le ton, le point de vue et la tension dramatique pour créer un récit cohérent que le lecteur/spectateur peut suivre sans s’en détourner. Vous pouvez prendre en compte votre genre et d’autres moyens narratifs lorsque vous décrivez votre intrigue, vos personnages et le monde inventé pour vous assurer si un moyen narratif peut vous aider à raconter votre histoire ou à mettre en valeur votre intention. Il existe différents procédés narratifs que vous pouvez utiliser et qui peuvent affecter le point de vue, le thème, le style, l’intrigue et le contexte du récit.

Un ordre ou un désordre chronologique

Un récit chronologique raconte les événements dans l’ordre où ils se sont produits. Il peut inclure d’autres procédés littéraires tels que les analepses, dans lesquelles le récit se déplace dans la mémoire d’un personnage pour raconter d’autres moments du récit, mais l’autrice et l’auteur révèlent la plus grande partie de l’intrigue de manière séquentielle. Il s’agit de l’un des procédés narratifs les plus courants, car il est facile à suivre pour la lectrice et le lecteur et, après tout, c’est ainsi que la réalité existe.
A l’inverse, la chronologie inversée est une structure narrative et une méthode de narration dans laquelle l’intrigue est révélée dans l’ordre inverse. Dans une narration utilisant cette technique, la première scène montrée est en fait la conclusion de l’intrigue. Une fois cette scène terminée, l’avant-dernière scène est montrée, et ainsi de suite, de sorte que la dernière scène que le lecteur/spectateur voit est la première chronologiquement.

Un récit qui utilise la chronologie inversée présente les effets avant les causes, demandant au lecteur/spectateur de rassembler des informations sur les motivations des personnages et sur l’intrigue, et l’encourageant à se poser des questions telles que est-ce pour cela qu’elle a agi ainsi ?

Les scènes qui se déroulent dans le passé sont interprétées à la lumière des informations que la lectrice et le lecteur ont déjà acquises dans les scènes précédentes qui décrivent le futur, ce qui confère au lecteur/spectateur un certain degré d’autonomie dans la narration.

Le pire comme moyen narratif

Souvent, vos personnages sont dans des situations difficiles. En fait, l’intrigue ne cesse de les défier. Ici paraît la presque nécessité de leur faire subir les pires choses selon le genre, le ton du récit et ce qu’il se passe globalement dans le monde inventé de ce récit qui par ce seul aspect fantastique que permet l’imagination, offre de nombreuses opportunités de faire souffrir vos personnages.
Les obstacles rencontrés sont garants de la tension dramatique et s’il y a bien quelque chose qui retienne la lectrice et le lecteur dans le récit, c’est cette intensité.

Faites en sorte qu’un allié proche ou un être cher se retourne contre votre héroïne ou votre héros, se révélant être un traître. Cette trahison peut blesser profondément votre protagoniste sur le plan émotionnel et mettre à l’épreuve sa confiance dans les autres. Blessez ou tuez un personnage aimé, tel qu’un membre de la famille, un ami proche ou un partenaire romantique. Cette perte peut pousser votre héros et votre héroïne à leurs limites émotionnelles et les obliger à faire face au chagrin et au désespoir.
Mettez votre protagoniste face à un choix impossible, c’est-à-dire un problème moral, dont les conséquences sont graves, quelle que soit sa décision. Cela peut remettre en question son sens moral et l’obliger à s’interroger sur ses valeurs. Il arrivera un moment où sa confiance sera ébranlée et cela l’obligera à réévaluer ses capacités et ses motivations.

Il est important aussi si vous avez prévu une fin tragique que le point médian de votre récit (c’est-à-dire ce que vous jugez être le centre de votre récit quel que soit sa position dans celui-ci) soit un moment heureux : si le point médian est un repas dominical au cours duquel toutes les craintes ont fait place à l’espérance d’un devenir heureux, alors le dénouement sera la désespérance, l’éclatement de la famille, la mort.

Héros et héroïnes devraient connaître des périodes prolongées de tourments physiques ou psychologiques, les poussant à leurs limites et mettant à l’épreuve leur résilience et leur volonté. Mettez votre protagoniste face à ses plus grandes peurs et insécurités, en le forçant à les surmonter ou à y succomber.
C’est un fait que le lecteur/spectateur soutienne votre protagoniste, qu’il l’encourage. Pour qu’il l’encourage, il doit le voir souffrir, lutter et échouer sur le chemin de la réussite. Pour qu’il souffre, vous devez lui faire subir les pires choses imaginables dans le cadre de votre récit.

Croire en ce qu’il se passe

Que le parcours héroïque soit difficile et que la marque des héros et héroïnes soit le sacrifice, il ne faut pas non plus forcer les choses au point où le lecteur/spectateur ne parvienne plus à accepter votre monde. Le lecteur/spectateur a accepté de suspendre son incrédulité le temps de votre récit, il est essentiel de le maintenir dans cet état d’âme.

Les conséquences découleront naturellement des actions et des décisions de vos personnages : veillez à ce que les défis auxquels ils sont confrontés soient le résultat réaliste de leurs choix et du monde que vous avez créé. Augmentez progressivement la difficulté des défis auxquels vos personnages sont confrontés, en leur permettant de sortir grandis et de s’adapter aux nouvelles situations. Cela permet une progression logique des obstacles qui s’alignent sur l’évolution du récit.

Faites des allusions subtiles ou donnez des indices dès le début de votre récit qui préfigurent les défis auxquels vos héros et héroïne devront faire face. Cela permet de préparer le lecteur/spectateur aux difficultés à venir et de les rendre plus crédibles lorsqu’elles surviennent effectivement.
Le monde inventé est un monde fantastique (même s’il est une imitation de la réalité, il ne peut en être qu’une copie dont les ressemblances portent en elles des différences) qui possède ses propres lois & règles. Lorsque vos personnages sont confrontés à des défis dans le cadre de ces paramètres définis, la crédibilité de leurs luttes s’en trouve renforcée et le lecteur/spectateur peut mieux les apprécier.

Concentrez-vous sur l’impact émotionnel et les réactions de vos personnages dans les situations difficiles qu’ils traversent. En décrivant leur parcours émotionnel de manière authentique, vous pouvez impliquer la lectrice et le lecteur dans cette singulière profondeur et maintenir leur suspension d’incrédulité.
Permettez à vos protagonistes d’essuyer des échecs et de subir les conséquences de leurs actes. Cela ajoute du réalisme à leur parcours et montre que le triomphe ne va pas sans difficultés. La clé ici est de trouver un équilibre entre l’importance et l’impact de vos défis, tout en restant dans les limites de la plausibilité de votre récit. En construisant soigneusement des obstacles qui correspondent à l’univers et aux personnages de votre projet, vous pouvez faire en sorte que le lecteur/spectateur s’investisse dans le récit, c’est-à-dire qu’il néantise ce qui l’entoure et concentre son attention sur votre discours.

La souffrance

Un héros ou une héroïne devraient être en souffrance. S’ils n’ont par exemple que des problèmes dans leur couple mais que par ailleurs, tout ce qu’ils entreprennent réussisse, on peut peut-être compatir envers cette relation compliquée mais on s’ennuiera car il n’y a pas d’incertitude sur leurs actions. Certes, c’est humain de ne pas vouloir blesser des personnages que l’on a sérieusement mûri en soi mais l’autrice et l’auteur s’adressent d’abord à des lecteurs et des lectrices et ceux-ci n’ont pas d’appétit envers le bonheur manifeste d’autrui.

Nous devons permettre à nos personnages d’avoir des ennuis – de vrais et graves problèmes – pour qu’ils puissent s’en sortir. Nous devons les laisser souffrir pour qu’ils puissent vaincre. Si nous ne rendons pas les obstacles apparemment insurmontables, les problèmes apparemment insolubles, nous rendons le travail de nos personnages trop simple et leurs victoires insignifiantes. Nous rendons les personnages eux-mêmes ennuyeux et sans vie.

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