S’INSPIRER D’AUTRUI

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Les personnages fictifs ont quelque chose de magique en eux : grâce à eux, nous savons que nous ne sommes pas seuls. Dans notre quotidien, on peut se sentir isolé, incompris et les autres ne veulent ou ne peuvent pas s’imprégner de ce qu’il se passe intérieurement en nous. C’est possible mais c’est souvent trop leur demander.

Alors lorsque nous reconnaissons dans un personnage fictif qui nous est totalement inconnu des bribes même quelque peu déformées de notre propre situation psychique ou matérielle, nous ne nous sentons plus seuls et pour un auteur ou une autrice, ce peut être aussi un canal par lequel communiquer ses propres émotions et passions à travers la profondeur psychologique et l’arc dramatique que suivent leurs personnages.

Donner & recevoir de l’émotion

C’est en effet cette tendance qui nous attire vers les autres. Un héros ou une héroïne peuvent être des employés de bureau tant qu’ils entretiennent des relations qui nous parlent en tant que lectrices et lecteurs, alors nous les trouverons fascinants.

C’est dans sa relation aux autres qu’un personnage véhicule des émotions brutes qui n’auront pas été déformées par un jeu d’apparences que nous jouons au quotidien pour nous situer dans le monde. Cette vérité cachée, le personnage la vit à fleur de peau.

Inventer un personnage, c’est piocher des parties chez des personnes que nous côtoyons, ou encore dans d’autres personnages de fiction élaborées par d’autres auteurs et autrices, ou s’inspirer de personnalités historiques dont certains aspects nous attirent ou nous répugnent.

Ce peut être prendre un archétype et développer les traits de caractère qui le définissent. Nous possédons un personnage par le regard que nous posons sur lui.

L’invention d’un personnage est donc un travail de l’imagination, c’est-à-dire que dans le contenu de cette production imaginaire, il y a forcément des aspects de nous. Le personnage est important, il l’est plus que le récit lui-même qui conte ses aventures.
C’est dans l’observation des autres et de nous-mêmes que nous interprétons les personnages que nous créons, des personnages auxquels nous donnons une réalité, c’est-à-dire non seulement une apparence mais aussi une profondeur, quelque chose de caché sous l’évidence.

Ce regard singulier que nous portons sur les autres est ce qui nous relie au monde. Des bribes de conversation prélevées seulement par le hasard de votre présence en un lieu quelconque peuvent amorcer quelques dialogues pour un projet en cours. La vie des autres recèle parfois des drames. Et toute cette matière prélevée dans le monde et que vous absorbez n’attend seulement que vous la façonniez.

Il n’y a pas que le visible et le bruyant sur lequel vous pouvez travaillez. Parfois même, votre personnage refuse d’aller là où vous souhaitez l’emmener. Ce que vous tentez de lui faire dire ou faire ne correspond plus à ce que vous avez écrit sur lui. N’hésitez pas à faire lire à un lecteur ou lectrice bêta le passage sur lequel vous réfléchissez si vous avez un doute quant au contenu.

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