CAMPBELL : ESSAI D’EXEGESE – PART 5

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Paragraphe tiré de The Hero with a thousand faces (Part 1 The Adventure of the Hero – Chapter 1 Departure – 1. The Call To Adventure) de Joseph Campbell.

The story is told, for example, of King Arthur, and how he made him ready with many knights to ride a hunting. “As soon as he was in the forest, the King saw a great hart afore him. This hart will I chase, said King Arthur, and so he spurred the horse, and rode after long, and so by fine force he was like to have smitten the hart; whereas the King had chased the hart so long, that his horse lost his breath, and fell down dead; then a yeoman fetched the King another horse. So the King saw the hart embushed, and his horse dead; he set him down by a fountain, and there he fell in great thoughts. And as he sat so, him thought he heard a noise of hounds, to the sum of thirty. And with that the King saw coming toward him the strangest beast that ever he saw or heard of; so the beast went to the well and drank, and the noise was in the beast’s belly like unto the questyng of thirty couple hounds; but all the while the beast drank there was no noise in the beast’s belly: and therewith the beast departed with a great noise, whereof the King had great marvel.

On raconte, par exemple, cette chasse du roi Arthur avec ses chevaliers. Dès qu’il fut dans la forêt, le roi vit devant lui un grand cerf. Ce cerf, je le poursuivrai, dit le roi Arthur, et il éperonna son cheval, et chevaucha longtemps, mais sur le point de frapper le cerf, le roi avait poursuivi le cerf si longtemps, que son cheval perdit haleine, et tomba mort ; alors un écuyer alla chercher un autre cheval pour le roi.
Le Roi, voyant le cerf embusqué et son cheval mort, s’assit près d’une fontaine, et là il se laissa aller à de grandes pensées. Et comme il était assis ainsi, il crut entendre un bruit de chiens de chasse, au nombre de trente. Sur ces entrefaites, le roi vit venir à lui la bête la plus étrange qu’il ait jamais vue ou entendue ; la bête alla à la fontaine et but, et il y eut dans le ventre de la bête glatissante un bruit semblable à celui de trente chiens de chasse ; mais pendant que la bête buvait, il n’y eut aucun bruit dans le ventre de la bête ; et la bête s’en alla avec un grand bruit, ce qui émerveilla beaucoup le roi.

La bête glatissante

arthurLa bête glatissante est une étrange créature de la légende arthurienne. Elle a été nommée ainsi en raison du son étrange qu’elle émet depuis son ventre et qui pourrait être assimilé au bruit que fait une meute de chiens en chasse.

Son nom de Bête Glatissante, est lié à l’ancien mot français glapissant qui signifie l’aboiement ou le glapissement des chiens. Dans la légende arthurienne, la bête est dépeinte comme une bête insaisissable, car il était à peine possible de la capturer pendant une chasse.

Cette bête est à l’origine d’une quête. En effet, elle fut la quête de Pellinore d’Autice, de Palamède et de Perceval. Dans le récit Post-Vulgate, la bête est apparue au roi Arthur après qu’il ait eu une liaison avec sa demi-sœur Morgause.

Arthur a vu pour la première fois la créature s’abreuver dans un bassin voisin dès son réveil après un rêve désagréable qui annonçait la destruction par Mordred. Après cette scène, le roi Arthur est approché par Pellinore qui convainc Arthur que lui, Pellinore, peut affronter la bête puisque c’est son destin et celui de sa lignée. Il le persuade également de lui confier le mandat de chasser la bête car il a été entraîné depuis sa naissance à chasser la créature. Pellinore désespérait de jamais trouver la bête jusqu’à cette première rencontre et ses ambitions reprirent.

L’essence du symbolisme dans la littérature ne doit pas être ignorée ou négligée, car elle relie nos expériences quotidiennes concrètes à des interprétations plus significatives que l’auteur applique envers ces expériences.

La bête glapissante est un symbole emblématique de la tradition arthurienne. La bête glapissante n’est pas une énigme à résoudre pour les courageux et les passionnés. Elle est plus qu’un simple monstre, elle représente une quête sans signification.
Terence Hanbury White a utilisé cette créature pour expliquer le caractère du roi Pellinore et pour montrer qu’il n’y a aucune raison significative pour que Pellinore passe la moitié de sa vie à chasser et à traquer la bête. Il n’éprouve pas de véritable colère, de pitié ou de sentiments émotionnels envers la créature, mais croit simplement qu’il s’agit d’une quête pour la lignée de Pellinore.

La recherche aveugle de la bête par Pellinore symbolise la façon dont les chevaliers honorables s’embarquent dans des quêtes périlleuses, mais inutiles, sans raison valable. Ces actes sont encouragés par la chevalerie fondée sur la croyance de la force fait le droit.

Joseph Campbell emploie néanmoins cet exemple non pas pour expliquer les vains efforts d’un Pellinore mais plutôt pour annoncer (c’est la fonction du herald, de la rencontre avec le héraut ou le messager, peut-être même un envoyé que d’annoncer, l’ange Gabriel fait exactement cela) la destruction et la mort.

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