ABANDON & RENAISSANCE

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Dans le monde de la fiction, notre protagoniste va mourir. Pas dans le sens physique peut-être, mais dans un sens qui est tout aussi réel car ce protagoniste vivra la mort de son ancienne identité. Il meurt à toutes ses vieilles idées et pensées alors qu’il s’approche de ce moment où il reconnaît que ce qu’il avait voulu, ce qu’il cherchait, en fait ce à quoi il avait attaché ce qu’il croyait être son identité, lui est inaccessible.

Le désir d’être est illusoire. Il nous faut renoncer à ce désir afin de ne plus en être l’esclave. L’abandon est essentiel au développement humain : le hero’s journey, tel que le conçoit Joseph Campbell dans The hero with a thousand faces, ne dit rien d’autre : le renoncement est la condition nécessaire à la transformation de l’être.

Avez-vous déjà fait l’expérience de croire que si vous n’obteniez pas ou ne réalisiez pas quelque chose, alors votre vie aurait été sans but ? Et puis… vous ne l’avez pas eu !
Alors nous sommes confrontés au néant, à l’horrible réalité que ce à quoi nous avions attaché tant de sens était hors de notre atteinte. Mais était-ce si grave ?

Nous avons peut-être même découvert qu’il était nécessaire d’avoir consumé plus ou moins de notre vie (chaque individu est différent) pour être conduit à quelque chose de beaucoup plus substantiel, quelque chose qui a vraiment sa place dans notre vie.

Cette connaissance ne signifie pas que nous pouvons sauter cette étape en tant qu’auteurs et autrices et écrire sur la mort du héros d’un point de vue objectif et détaché, si nous voulons écrire notre histoire avec une réelle sensibilité.

Comprendre n’est pas suffisant. Il semble que nous soyons tenus d’expérimenter à travers notre imagination la perte de cette ancienne identité. Auteurs et autrices doivent investir une partie d’eux-mêmes, prendre le risque de se perdre eux-mêmes, si l’on veut qu’il y ait une quelconque signification spécifique, c’est-à-dire votre argument quant à la transformation, à la nécessité du changement.

Écrire est lié à ce besoin de transformation. La mort du héros est l’expression de notre propre besoin d’évoluer. Ce n’est pas facile mais ce n’est pas impossible. Écrire nous donne ce pouvoir d’être suffisamment affecté pour que nous envisagions la possibilité d’une quête de soi, une renaissance mais d’abord d’un abandon.

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One thought on “ABANDON & RENAISSANCE

  1. Comme quoi, écrire un film (si destiné en plus à être réalisé) est une propre source de renaissance (et quels que soient les abandons dont il émanerait … ou surgirait).

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