RÉUSSIR SON HISTOIRE

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Depuis que le monde existe, des récits n’ont jamais cessé d’être contés. Et pourtant, on ne cesse d’en conter. Mais qu’est-ce une bonne histoire ?

Un héros ou une héroïne foncièrement sympathiques doivent faire face à des épreuves terribles contre lesquelles leurs chances sont apparemment nulles mais qui pourtant parviennent à s’imposer, est une prémisse qui constitue beaucoup de bonnes histoires.

Mais il existe une autre catégorie de récits tout aussi réussis et fascinants qui n’ont pas de personnage principal foncièrement sympathique mais qui parviennent néanmoins à captiver le lecteur/spectateur ; Amadeus ou Le Parrain sont de ceux-là.

Dans chacun de ces cas, nous parvenons à nous intéresser à un personnage qui est loin d’être admirable, loin d’être enviable, mais avec lequel nous parvenons tout de même à partager une petite dose d’empathie, chez lequel nous reconnaissons des choses que nous avons ou aurions pu partagées.

Pas vraiment sympathique mais pourtant

Nous sommes capables de reconnaître quand un être souffre, quand il est brisé à l’intérieur même si ses actions, ses désirs voire sa vie entière sont par ailleurs détestables. Beaucoup de personnages sont ainsi. Ils ne sont pas ouvertement sympathiques à cause de certaines de leurs pensées ou de leurs actions mais ils nous apparaissent fascinants. C’est le cas de Rick dans Casablanca.

Le personnage envers qui nous souhaitons attirer et retenir l’attention du lecteur/spectateur devrait susciter un minimum d’empathie. C’est un individu qui tente de faire quelque chose ou de ne pas faire quelque chose ou qui agit pour que quelque chose ne se produise pas.
Cet effort permet l’accès au personnage. La passivité n’est décidément pas attractive. Un personnage mû par un désir soutenu par une volonté intéresse ne serait-ce que pour savoir où cela peut le mener.

Seulement, des vents contraires lui rendent la tâche difficile, voire presque impossible. Les difficultés fascinent d’autant que nous en sommes protégés par notre statut privilégié de lecteur/spectateur. Ce ne sont donc pas les circonstances que nous partageons lorsqu’un personnage souffre ; ce que nous admirons est ce qu’il fait face à cette souffrance.

Si le personnage ne se soucie pas vraiment d’atteindre ou non son objectif, ou si l’objectif est trop facile ou complètement impossible, il n’y a pas de drame. L’a priori d’une histoire bien contée serait donc l’histoire d’un personnage avec lequel nous partageons plus ou moins sa situation pour avoir éprouvé plus ou moins ce qu’il vit (nous croyons reconnaître même partiellement des expériences, des souvenirs) et qui s’est aussi fixé une tâche dont il ne démord pas bien qu’elle lui semble très difficile, presque impossible à accomplir.

On ne reste pas insensible devant un récit. Dans une scène, lorsqu’un tribun harangue une foule, nous participons à la foule. Nous ressentons les mouvements que provoquent les paroles de l’orateur.
Ce que lecteurs et lectrices savent, le moment quand ils l’apprennent, ce qu’ils apprennent alors qu’un personnage ou plusieurs d’entre eux l’ignorent, ce qu’ils espèrent, ce qu’ils craignent, ce qu’ils anticipent ou ce qui les surprennent : tout cela constitue des éléments de la narration d’une histoire.

La tâche de l’auteur et de l’autrice est de parvenir à impliquer le lecteur et la lectrice dans l’histoire. Si cette implication échoue, il n’y aura alors qu’une indifférence face à une succession d’événements même si ceux-ci sont liés logiquement.

Un grande quantité de scènes et de séquences possèdent une charge émotionnelle. C’est l’impact de cette charge sur le lecteur et la lectrice qu’il faut avoir en tête lors de l’écriture de ces scènes ou séquences.

Expérience

Il ne s’agit pas de se plier aux expectations du lecteur/spectateur. Il faut comprendre la perception que lecteurs et lectrices auront des personnages, des événements ou des circonstances. Auteurs et autrices proposent une expérience et séduisent essentiellement le lecteur/spectateur pour qu’il s’y joigne. Le conteur a le contrôle.

Ainsi :

  1. Nous devrions éprouver de l’empathie envers un personnage principal, comprendre par quoi il passe même si nous ne l’avons pas vécu personnellement mais le jeu des réminiscences aide à installer cette relation particulière au personnage.
  2. Ce personnage est mû par une volonté qui pourrait le mener à sa perte.
  3. Il s’est fixé un objectif difficile mais possible à réaliser mais l’issue en est toujours incertaine jusqu’au moment du climax.
  4. L’histoire sera racontée de manière à maximiser l’impact émotionnel sur le lecteur/spectateur afin qu’il participe aux situations dans lesquelles auteurs et autrices ont jeté leur personnage principal.
  5. Le dénouement devrait être accepté par le lecteur/spectateur même s’il s’agit d’une tragédie (le personnage principal échoue à la fois sur son objectif et sur son besoin de changer).

Il va sans dire que ce ne sera pas facile à écrire.

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