RACONTER UNE HISTOIRE, C’EST D’EN POSSÉDER UNE

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Si vous ne pouvez expliquer en quelques mots (une ou deux phrases grand maximum) de quoi parle votre histoire, c’est la preuve que vous n’avez pas d’histoire.

Pourtant, être un auteur, c’est trouver du sens là où le commun des hommes en est incapable. C’est de voir des choses que le reste du monde, trop aveuglé par ses passions, ne peut plus entendre.
Mais être trop sensible peut nous mener aussi à l’erreur. En somme, l’auteur doit forger quelque chose qui fasse sens d’abord chez les autres.
Une idée se présente d’une manière concise. On la développe mais au commencement, c’est une fulgurance. Et avant de se lancer dans l’écriture d’un projet de plusieurs dizaines de pages, il est bon de débuter par une ligne ou deux pour traduire de la façon la plus pure possible, l’essence de cette fulgurance.

Le pitch

En une ou deux phrases, vous avez décrit votre histoire. Il est difficile de trouver quelqu’un qui va faire l’effort de consacrer du temps à lire votre scénario de 90 pages sans que vous-mêmes n’ayez fait l’effort préalable de résoudre cette histoire afin d’accrocher cette personne immédiatement.

Essayez de donner un titre provisoire à votre histoire. Un pitch, cela commence par un titre. Considérez les Dents de la Mer, par exemple. Ces quelques mots ferrent déjà un lecteur potentiel.

Que trouve-t-on habituellement dans un pitch ? après le titre

  1. Un protagoniste
  2. Un antagonisme
  3. Un conflit
  4. Une question ouverte qui consiste à se demander ce qui va bien pouvoir se passer dans cette histoire.

La question ouverte est très importante parce que si elle n’est pas suffisamment ouverte, elle charrie avec elle une certaine opacité. Et même si un pitch offre des possibilités de développement, si celles-ci manquent d’horizon, l’imagination du lecteur du pitch n’embraiera pas sur l’envie d’en connaître plus.

Considérons ce pitch :
Un jeune homme promis à une belle carrière politique se retrouve piégé dans un scandale au cours d’une soirée où les vapeurs alcoolisées lui ont fait perdre toute prudence.

Nous avons un protagoniste avec son épiclèse :
Un jeune homme promis à une belle carrière politique

L’antagonisme est suggéré par le mot piège et cela nous donne même une situation qui offre des possibilités. Mais qu’est-ce qui met en branle notre imagination ? En quoi la perte d’une réserve prudente nous incite-t-elle à voir au-delà comme si nous regardions à travers une vitre ?

L’opacité est comme un manque d’envergure du pitch. On ne sent pas, même intuitivement, la portée de cette idée.

Un pitch confus

Rendre un pitch trop complexe n’est pas non plus très engageant.
Prenons ce pitch :
Un médecin qui s’ennuie dans sa vie décide de mettre sous hypnose ses patients et les découvertes qu’il fera le mèneront à encore plus de problèmes lorsqu’il les appliquera sur lui-même.

décide de mettre sous hypnose ses patients
Je devine que la force antagoniste émergera probablement de l’un des patients. Par contre, je ne devine pas si je dois m’attendre à une comédie ou à un thriller. Et puis, tout le monde connaît le côté spectaculaire de l’hypnose. Mais on la pratique rarement.
Et puis il y a aussi cet aspect fantastique de l’hypnose et je ne parviens pas à en induire ou en déduire les problèmes que cela pourrait causer à ce médecin qui s’ennuie dans sa vie.

Un pitch devrait présenter un argument ad hominem c’est-à-dire qu’entre un protagoniste et son antagonisme, il se livre une critique des paroles ou des actes de l’autre.
Et il devrait présenter aussi un argument dialectique envers le lecteur, c’est-à-dire qu’il doit poser une question dramatique et n’y répondre ni par l’affirmative, ni par la négative.

Pour cela, l’expression d’un pitch devrait être simple. Quels que soient le sérieux et l’importance des thèmes que vous vous proposez d’explorer dans votre histoire, la simplicité du pitch vous sera nécessaire pour accrocher d’éventuels investisseurs sur votre  projet.
Gardez en tête qu’un scénario est d’abord un outil de travail pour tout un ensemble de créateurs qui vont s’accaparer votre projet pour en tirer la quintessence dans autant de domaines qui interviennent dans la création d’une œuvre cinématographique.
Et le pitch s’adresse directement à ces intervenants.

Et cette simplification du pitch ne dénature pas l’histoire. En fait, pour Blake Snyder, la complication d’un pitch risque de faire perdre toutes ses chances à un projet qui serait pourtant excellent.
Pour trouver cette simplification, il suffit de ne pas noyer l’humain dans des considérations qui sont au cœur du sujet et qui lui donne sa valeur. Le lecteur d’un pitch doit pouvoir s’identifier avec la situation, du moins la comprendre. Il doit saisir comment cette situation pourrait affecter le héros. C’est par le personnage que l’on peut savoir de quoi parle une histoire.

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