LE PROTAGONISTE… ET LES AUTRES

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Le protagoniste a besoin d’aide dans la recherche de lui-même. Il a besoin de support et de compréhension. Deux autres personnages sont nécessaires pour tirer le meilleur profit de votre protagoniste : l’antagoniste et le sidekick.
Le sidekick n’est pas un personnage mineur, bien au contraire. Alors que l’antagoniste force le protagoniste à agir, le sidekick l’encourage et le soutien dans sa quête.
La fonction du protagoniste est de faire avancer l’intrigue mais s’il le fait, c’est sous l’impulsion de l’antagoniste. De plus, ce dernier est celui qui incitera le protagoniste à changer.

Une transformation profonde du héros

Le personnage principal (ou protagoniste dans la plupart des cas) doit connaître un changement profond de sa personnalité d’ici la fin de l’histoire. Cet arc dramatique est aiguillonné par l’antagoniste. C’est sous l’effort de son antagonisme à annihiler ses propres efforts que le personnage principal prendra conscience de ce qui ne va pas chez lui et réalisera qui il est vraiment.
C’est d’ailleurs sous cette seule condition qu’il pourra affronter son ultime combat contre l’antagoniste au moment du climax.

Le véritable antagoniste n’est pas toujours un personnage. Ce peut être une entité quelconque comme la nature ou la société elle-même. Il est préférable cependant que cette entité soit incarnée afin que le lecteur puisse bien l’identifier, surtout si le genre que vous avez choisi impose d’avoir une personnalité bien définie comme méchant de l’histoire.

Il faut que les données de votre histoire soient claires dans l’esprit du lecteur. Mais il n’est pas nécessaire cependant de toujours personnifier l’antagonisme.
Dans Lost in Translation, par exemple, Bob Harris et Charlotte souffre d’isolement et de mal-être mais cet état d’être ou plutôt la routine de leur vie qui les a mené  à une telle déception n’est aucunement personnifiée.

Ou lorsque votre protagoniste est forcé de faire face à ses vieux démons, l’événement qui en est à l’origine n’est pas l’antagoniste. Par contre, le morceau de vie qui a vu naître ces démons est véritablement l’antagoniste.
C’est ce morceau de vie qui hante le protagoniste et non pas un quelconque personnage qui existait à ce moment-là.

Quoiqu’il en soit, l’antagoniste est chargé de maintenir la pression sur le héros de votre histoire. Depuis l’incident déclencheur, la vie du héros a été bouleversé. Le temps pourrait de lui-même arranger les choses mais ce ne serait plus une histoire. Il faut donc une force d’opposition qui viendra contrecarrer les projets du protagoniste.

Considérez que la notion de méchant de l’histoire ne reflète pas vraiment la réalité de l’antagoniste. Celui-ci pourrait être très proche du protagoniste. Il y a seulement eu un moment dans leurs vies respectives où, à une croisée des chemins, chacun a pris une voie différente créant dans le même mouvement un conflit sans aucun compromis possible.

Le protagoniste et le sidekick

Même s’il devra affronter seul son antagonisme dans une ultime confrontation, le héros n’est pas seul au cours de son aventure. Il est aidé dans sa quête par un sidekick, quelqu’un qui va le soutenir dans cette démarche.

Le sidekick n’est pas un mentor même si ce dernier en a toutes les apparences. Le mentor a en charge l’éducation, la préparation physique ou morale du héros (voire les deux).
Le mentor est quelqu’un qui possède des réponses alors que le sidekick est tout comme le protagoniste quelqu’un qui cherche des réponses.

Conseils de lecture  :
L’INDISPENSABLE MENTOR
LE MENTOR

Le sidekick n’est pas obligatoirement du côté du héros lorsque débute l’histoire. Il peut être un soutien de l’antagoniste.

Il est possible aussi que le sidekick se révèle tard dans l’histoire après avoir été un compagnon ou un homme de main de l’antagoniste. Lorsque le sidekick qui apportait son soutien au méchant de l’histoire réalise que lui aussi a besoin  d’obtenir des réponses, il peut joindre alors le protagoniste dans sa quête même si son but à lui est différent.

Il se produit une émulation du besoin du héros chez le sidekick. Ils sont tous deux à la recherche de réponses (souvent différentes) mais ce même mouvement, renforcé par la menace que représente l’antagoniste, mène à une expérience émotionnelle mutuelle qui sera ressentie par le lecteur.

La relation qui lie le protagoniste au sidekick est particulière. Souvent, le sidekick possédera des qualités qui manquent au héros pour que son être soit complet.
Ce type de relations se retrouve aussi dans les histoires où le personnage principal est comme le leader d’un groupe par exemple. Chacun des personnages qui gravite autour du héros incarne alors une qualité (généralement positive) qui fait défaut chez le héros et qu’il devra au cours de son évolution apprendre à intégrer en lui pour devenir meilleur (c’est-à-dire en fin de compte pour trouver le bonheur).

Attraction/Répulsion

Il devrait y avoir au début de l’histoire un ou plusieurs conflits d’intérêt ou des points de vue différents entre le héros et le sidekick. Il faut qu’il soit clair pour le lecteur qu’il semble impossible pour eux deux de s’accorder sur quoi que ce soit (c’est un conflit en soi sans nécessairement qu’il se traduise dans les faits par de la violence). La théorie narrative Dramatica considère le sidekick comme un Influence Character c’est-à-dire un personnage qui va tenter de détourner le héros du droit chemin mais sans volonté de lui nuire (contrairement à l’antagoniste).

Étrangement d’ailleurs, ce conflit cache souvent une attraction mutuelle l’un envers l’autre, une fascination entre eux qui ajoute à leur amitié. On peut se demander aussi si cette forme d’attraction n’agit pas entre le protagoniste et l’antagoniste.
Peter Dunne précise que c’est à l’auteur de favoriser ou le conflit ou l’attraction selon les exigences de son histoire.

De toutes façons, il y a quelque chose, un trait particulier qui rend le personnage unique.
La sérénité dont ferait montre un personnage dans certaines situations assez stressantes pourrait être un signe de son humilité et de sa maturité, par exemple.

Cependant, il pourrait être utile de développer les forces et faiblesses comme une binarité : un personnage qui a besoin de se rendre utile (trait positif) peut être contrebalancé par une tendance à s’ingérer dans les affaires d’autrui (trait négatif) ou un personnage qui se veut protecteur, qui veut protéger ses enfants par exemple, peut dans certains moments exercer un contrôle trop pesant sur eux. Une binarité classique comme Amour/Haine peut être traitée sous le couple Amour/Obsession si votre histoire s’y prête mieux.

C’est la biographie du personnage qui encore une fois vous aidera à trouver et développer les forces et faiblesses de celui-ci.
Surtout si vous le considérez sous l’angle d’une binarité trait positif/trait négatif.

Vous pourriez ainsi travailler l’arc dramatique de votre personnage en le faisant évoluer d’un trait négatif vers un comportement ou une attitude plus positifs par une prise de conscience progressive d’un état mental insatisfaisant vers plus d’harmonie.

Pour Peter Dunne, la phase de création d’un personnage est ce moment où vous devez le plus croire en votre écriture, où les réponses que vous cherchez à travers un personnage s’imposeront d’elles-mêmes en travaillant sur ce personnage et bien qu’il n’y ait pas de réponse parfaite, vous pourriez vous approcher d’une certaine vérité. Il suffit d’y croire et de continuer vos recherches.

Pour en revenir au sidekick, vous pourriez établir qu’un trait de sa personnalité tire sa source d’une blessure originelle tout comme le protagoniste traîne avec lui sa propre blessure.
Ainsi, ce qui peut réunir ces deux personnages, ce qui peut expliquer pourquoi ils s’entendent si bien dans votre histoire est qu’ils partagent une même souffrance mais pour des raisons différentes.

Gardez à l’esprit cependant que tout auteur cherche à provoquer une réaction émotionnelle envers un personnage. Donc le lecteur doit pouvoir admettre un tant soit peu que les personnages de fiction existent vraiment pour pouvoir ressentir quelque chose à propos d’eux et se soucier de leur sort.

Il faut donc créer des personnages qui donnent des raisons au lecteur d’aimer ou de haïr : il faut donc que ces personnages aient des problèmes qui puissent être compris par le lecteur et qui possèdent donc une certaine crédibilité.

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