COÏNCIDENCES

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Les coïncidences ne sont pas à éviter systématiquement. Lorsqu’elles font parties de la prémisse de l’histoire, elles lui sont alors fondamentales.

Cependant, lorsqu’au cours du récit, des coïncidences improbables se produisent, la frustration n’est pas loin de montrer le bout de son nez.
De nombreuses histoires utilisent les coïncidences lorsqu’un personnage est au bon endroit au bon moment. Par exemple, dans Piège de cristal, John McClane est déjà dans l’immeuble lorsque les méchants le prennent d’assaut. Cette coïncidence est nécessaire à l’histoire, elle fait donc partie de sa prémisse.

Tout comme Peter Parker qui se fait mordre par une araignée radioactive. C’est une pure coïncidence que ce soit lui mais elle était nécessaire parce que sinon, il n’aurait jamais été Spider-Man.

Lorsqu’une confluence de temps, de lieu et de motivation impacte l’histoire à un point tel que cette dernière en dépends, cette coïncidence est fondamentale et parfaitement admise.

Mais.. mais lorsque trop de coïncidences fondamentales à l’histoire se produisent au cours de celle-ci, un malaise certain s’installe chez le lecteur qui en vient à conclure qu’il y a trop d’invraisemblances (même lorsqu’il s’agit d’une histoire de super-héros) et n’accepte plus alors ce qu’on lui donne à voir.

L’exemple de Spider-Man 3 nous permettra d’illustrer notre propos.
SPIDER-MAN 3

Les coïncidences fondamentales
  • Lorsque Peter et Mary Jane sont dans le parc, la météorite qui porte le symbiote (qui deviendra Venom) s’écrase près d’eux sans que ces derniers ne la remarquent ni ne cherchent donc à en savoir plus.
  • Le symbiote qui s’attache de lui-même au scooter de Peter.
  • Flint Marko tombe dans l’accélérateur de particules au moment même où les savants testent le Dyson vacuum ce qui fait de lui l’homme-sable.
  • Flint Marko est l’homme qui a tué Ben Parker, l’oncle de Peter. Cette information qui semble tombée du ciel permet d’ouvrir une nouvelle ligne dramatique.
    Ce dispositif narratif est dénommé retcon en langue anglo-saxonne. Ici, il est destiné à donner une motivation à Peter qui veut venger la mort de son oncle et désigne l’homme-sable comme antagoniste potentiel.
  • La présence d’Eddie Brock à la cathédrale Saint-Patrick (justifiée par une prière pour la mort de Peter) au moment même où Peter essaie de se débarrasser et du symbiote et du costume.

L’histoire aurait pu se contenter d’une ou deux de ces coïncidences fondamentales. En particulier dans un film de super-héros où le spectacle prend le pas sur la crédibilité.

Mais il existe d’autres hasards

Mais ce n’est pas tout. Parallèlement aux coïncidences fondamentales, les scénaristes font appel à d’autres hasards que l’on peut qualifier de mineurs car ils n’impactent pas grandement le déroulement de l’histoire.

Mais ils peuvent s’avérer utiles pour dénouer une situation dans laquelle l’auteur s’est embourbée. D’où la nécessité lors de la réécriture de bien identifier ces situations où le seul moyen de sortir de l’impasse est d’avoir recours à une coïncidence, à un hasard.

Le hasard est en effet une des composantes de notre vie de tous les jours (quoique certains ont d’autres théories).
Mais dans un script, les coïncidences ne sont pas de bon aloi sauf si une et une seule coïncidence est intégrée à la prémisse de l’histoire.

Les coïncidences mineures
  • Le Capitaine Stacy qui décide d’informer maintenant Peter et sa tante May que Flint Marko est le meurtrier de Ben Parker. Pourquoi maintenant ? Nul ne le saura.
    C’est un retcon : c’est une information nouvelle qui n’a pas de background, pas de toile de fond mais nécessaire pour étoffer l’Inner Journey de Peter.
  • L’homme-sable qui essaie de voler un véhicule blindé au moment où Spider-Man est honoré par la ville. Cette coïncidence d’événements n’est pas justifiée par l’intrigue.
    On ne peut établir de symétrie, il n’y a pas de relation de cause à effet, c’est vraiment un artifice.
  • Eddie Brock qui veut prendre la place de Peter comme pigiste. Pourquoi souhaite-t-il sa place ? cela n’est pas expliqué.
    Licencié à cause de Parker, il sourde en Brock une réelle rancune et légitime. Mais cette motivation n’est pas cohérente avec la relation entre Parker et Brock telle qu’elle a été établie par les auteurs.
    Un travail plus en profondeur de la personnalité de Brock aurait été un atout dans cette histoire. Mais tout le monde n’est pas David Lynch.
  • Gwen Stacy n’apparaît pour la première fois que dans le script de Spider-Man 3. Elle est le binôme de Parker dans le laboratoire où elle travaille. Cette coïncidence, utilisée pour économiser sur la toile de fond de Gwen, n’apporte pas une incidence particulière sur l’arc dramatique de Peter.
    Car elle est utilisée pour impacter l’arc dramatique de la relation entre Peter et Mary Jane seulement. Parker s’affiche avec Gwen uniquement pour faire souffrir Mary Jane.
  • Comme par hasard, Gwen se retrouve en danger sur le toit de l’immeuble. Spider-Man la sauve, elle lui remet en conséquence les clefs de la ville. Spider-Man l’embrasse et cela rend jalouse Mary Jane ce qui a pour conséquence d’alimenter un peu l’arc dramatique de la relation entre Mary Jane et Parker.
    Il est dommage que la relation entre Peter Parker et Gwen Stacy n’est pas été traitée comme une B Story (l’histoire de Gwen n’était d’autant plus pas à réinventer, il aurait suffit de se servir de l’existant) ce qui aurait probablement permis une résolution plus consistante, plus émotionnelle que celle qui a été proposée.
Une accumulation mal venue

Sans que cela ait nuit au succès de Spider-Man 3, cette accumulation de coïncidences n’est cependant pas à rechercher dans vos scripts. Lors de la réécriture, repérez les :
– Au même moment..
– Par hasard..
– Heureusement ou Malheureusement..
– Pendant ce temps..
ou n’importe quelle tournure les évoquant.

Ce sont souvent des indices que le événements se produisent par hasard. Encore une fois, ce n’est pas nécessairement une faute mais convainquez-vous qu’il y a toujours une meilleure alternative et réécrivez de façon à gommer cette coïncidence.

CAUSALITE

Pour réécrire les événements trop hasardeux, partez du principe qu’un événement a lieu à cause de quelque chose. Il faut qu’il y ait un lien de cause à effet.

Au lieu que votre personnage surprenne une conversation par hasard, faites en sorte qu’il écoute volontairement ce qu’il se dit.
Ou bien qu’un autre personnage pour des raisons qui lui sont personnelles le pousse à écouter ce qu’il se dit.

Quand un événement a lieu, vous devez comprendre pourquoi il a lieu. Evitez le bon moment au bon endroit.
Si Harry Osborn veut se venger de Spider-Man, c’est parce qu’il pense que celui-ci a tué son père.
Ainsi le lien de causalité entre les actions de Osborn et ses motivations est établi.

johnAugust_inspire

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