RESOUDRE L’INTRIGUE PAR LE CLIMAX

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Parfois, lorsque quelque chose ne va pas dans un script, on essaie de renforcer les éléments qui constituent l’intrigue ou de développer davantage ces personnages. C’est une bonne idée surtout à employer au moment de la réécriture de votre scénario.
Mais il arrive aussi que l’on confonde la fin du second acte et le climax.
Parvenu à la fin du second acte, on se dit que l’on a tout fait exploser, que l’on a tué la moitié des personnages et on se demande ce qu’on va bien pouvoir écrire maintenant.
La réponse est le climax et malgré que l’on définit le climax comme un apogée, une apothéose, il n’a pas besoin d’impliquer d’énormes explosions pour être efficace.

Le climax est l’ultime confrontation entre le héros et le méchant (l’antagoniste véritable du héros, pas les subalternes méchants de l’histoire). Il est d’ailleurs souvent réduit à ces deux personnages et l’enjeu est la vie ou la mort, enjeu d’égale importance pour l’un comme pour l’autre.
Le climax de Spider-man, par exemple, est son combat à mort entre lui et le Bouffon Vert (Green Goblin).

Un scénario fait entre 95 et 120 pages. S’il est bien formaté, une page équivaut à une minute. Habituellement, il est structuré en trois actes.
Au cours de l’acte Un, le personnage principal est présenté ainsi que son conflit majeur et le monde, l’environnement dans lequel lui et l’histoire prennent place. Si, par exemple, votre héros est un jeune flic, il pourrait être affecté aux forces de police de New York (le monde) et son conflit majeur serait de rester honnête dans un monde où la corruption est partout.

Parfois, le héros rencontre un mentor au cours de ce premier acte. Ce que lui dit le mentor incitera votre personnage principal à agir d’une manière ou d’une autre, à prendre en charge le problème que soulève l’histoire (c’est-à-dire son propre problème).
C’est le moment du point de non retour pour le héros et cela lance l’intrigue. Ce nœud dramatique corresponds au passage dans l’acte Deux. Ce second acte est caractérisé par le fait que le conflit (représenté par des obstacles et des épreuves) s’intensifie et que les enjeux pour le personnage principal sont plus cruciaux.
La tension dramatique est souvent sollicitée dans ce second acte.

Un exemple de structure en trois actes est celui de Speed écrit par Graham Yost. Dans le premier acte, Jack est avec son partenaire dans la cage d’ascenceur d’un immeuble.
Les passagers sont pris en otage par un poseur de bombes. Sur le toit de la cabine, Harry demande à Jack ce qu’il ferait si un preneur d’otages essaie de s’enfuir avec un otage. Jack réponds qu’il flingue l’otage.
Peu de temps après, Harry est entre les mains du  poseur de bombes et Jack tire dans la jambe de son partenaire.
Cette action initie l’acte Deux à partir duquel Jack travaille seul.
A la fin de l’acte Un, le héros et son antagoniste sont parfaitement identifiés. Normalement, les relations entre le héros et les autres personnages devraient être établies au cours de l’acte Un. Dans Speed, la relation entre Annie et Jack (relation importante dans le récit) est initiée au cours de l’acte Deux. Il est parfois bon de briser certaines règles (à condition de bien en mesurer les conséquences).
Pour Speed, la relation entre Annie et Jack est une B Story. La B Story est habituellement un Love Interest (une histoire d’amour) bien qu’elle pourrait accepter n’importe quel genre. Quoi qu’il en soit, les B Stories sont généralement introduites au cours de l’acte Deux.
La structure de Speed se conforme donc à la règle même si le personnage d’Annie n’intervient qu’à l’acte Deux.

Le second acte est généralement celui qui laisse la plus forte impression au lecteur. Dans Speed, le monde du second acte est limité à  celui d’un bus piégé. A la fin de l’acte (appelé aussi point culminant majeur), Jack a sauvé les passagers et le bus termine sa folle course contre un avion, le tout finissant dans une débauche pyrotechnique.

Cette explosion aurait pu être le terme de cette histoire, mais cela n’aurait pas suffi, l’histoire n’aurait pas été complète sans la confrontation finale avec le méchant.
Speed a un climax et un troisième acte. Pour le climax de Speed, Annie est prise en otage par Payne qui l’a ceinte d’explosifs.
Grâce à la B Story mise en place au cours de cet acte, nous savons que la relation entre Jack et Annie est devenue une histoire d’amour.
L’enjeu pour Jack est devenu plus important (il s’agit de la vie d’Annie).

Le troisième acte corresponds à environ 25 % de votre scénario. Cela implique que le rythme qui accompage le climax est généralement plus rapide (ce qui ajoute à la tension).
Au cours du climax de Speed, Jack suit Payne dans le métro et la confrontation se fera face à face. Cette fois, Jack est seul pour vaincre son antagoniste.

Dans Le silence des agneaux adapté par Ted Tally, Hannibal Lecter n’est pas le méchant de l’histoire. L’antagoniste de Clarice Starling est Buffalo Bill. Lecter est une espèce de mentor pour Clarice. Il lui fournit les informations dont elle a besoin.
Lorsque Clarice est écartée et ne participe pas à l’arrestation de Buffalo Bill, on ne peut s’empêcher de se sentir frusté puis le troisième acte débute et l’on apprend que Jack Crawford suit une mauvaise piste.
Son implication auprès de Lecter permet à Clarice d’obtenir les bonnes informations, d’affronter Buffalo Bill et de libérer Catherine Martin.

silenceLambs

Collatéral écrit par Stuart Beattie est un autre exemple de structure en trois actes. Un player comme dirait Dramatica qui joue un rôle clef dans cette histoire est Los Angeles vue de nuit.
Au cours du premier acte, Max, chauffeur de taxi, prend en charge Vincent. Vincent est le méchant de l’histoire et donc l’antagoniste annoncé de Max. Il est établi aussi la relation entre Max et Annie qui débute une B Story et qui viendra se fondre dans le troisième acte comme un enjeu plus crucial pour Max (la vie d’Annie est en danger).
COLLATERAL

Le second acte débute lorsqu’un corps vient s’écraser sur le taxi de Max et que celui-ci réalise que Vincent est un tueur. A partir de ce moment, le comportement de Max change. C’est le signal du passage à l’acte Deux.
A la fin de cet acte, Max accidente volontairement son taxi parce qu’il a compris que la dernière personne que doit abattre Vincent est Annie.
Tout au long de l’acte Deux, Max et Vincent vont se découvrir et apprendre l’un de l’autre. C’est une approche très intelligente de l’antagoniste.
Pourtant, pour sauver la femme qu’il aime, Max affrontera Vincent dans un combat à mort au cours du troisième acte.

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