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DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE (27)

Le chapitre 11 de la théorie narrative Dramatica sur la différence entre résolution de problèmes et  justification.

Sommaire de tous les articles de la théorie :
DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE

Révèle-moi un message…

C’est le but et la fonction d’une histoire : démontrer que lorsque quelque chose vous a précédemment bien servie cent pour cent du temps, cela pourrait ne plus être vrai ou inversement, que cela pourrait toujours être encore vrai.

Chacun de ces messages est également valide et dépend entièrement de la préférence personnelle de l’auteur sur le problème en question… Un auteur qui détermine arbitrairement l’angle du message.
Évidemment, le résultat n’est pas arbitraire à l’auteur mais il l’est totalement à l’histoire.

Que le personnage principal change ou reste résolu dans ses déterminations, que l’aboutissement soit une réussite ou un échec et que le jugement soit bon ou mauvais déterminent la position du lecteur relativement aux approches correctes et incorrectes du problème, et par conséquent, l’impact du message sur lui.

Étape par étape, lentement nous débattons…

Jusqu’à présent, nous avons seulement identifié la différence entre la résolution de problèmes et la justification en termes des résultats qu’ils créent.
De ce point de vue, aucun personnage ne peut affirmer qu’il est ou non sur la bonne voie jusqu’à ce qu’il en observe les résultats.

C’est parfait pour les personnages mais un auteur voudra façonner son histoire afin qu’un jugement soit porté sur chaque action et chaque décision quand elles ont lieues.
C’est ce qui constitue le thème de l’histoire et élabore l’aspect émotionnel de l’argument de l’histoire événement après événement jusqu’à  ce que le lecteur (avec un peu de chance) soit écrasé sous le poids accablant d’une preuve qui supporte le message de l’auteur et ses affirmations.

Concernant le concept d’argument, nous vous proposons la lecture de :

Notez la différence entre l’argument raisonnable plus spécifique, plus orienté vers un résultat précis et l’argument passionnel, plus global (en somme, cet argument passionnel est plus englobant. Il se saisit tout entier du lecteur alors qu’un raisonnement est plus froid, moins bouleversant).

Dans une histoire, quand tout est dit et fait, l’auteur espère convaincre son lecteur de son point de vue à la fois en termes de sa nature raisonnable mais aussi qu’il soit convenable pour son lecteur.
De cette manière, le lecteur adopte le parti-pris de l’auteur sur le problème et est invité à modifier son comportement en conséquences, et ce, dans sa vie de tous les jours.

Dans un sens plus large, la participation du lecteur à l’histoire (si l’auteur réussit à l’accrocher comme il se doit, à l’impliquer dans son histoire, à ne pas le laisser indifférent à son histoire), cette implication du lecteur ajoute des choses à son expérience de vie et cela l’affectera dans ses choix futurs lors de la résolution de problèmes.

Pour bénéficier d’un attrait émotionnel auprès d’un lecteur, une histoire doit non seulement montrer les résultats d’une méthode de résolution de problèmes mais doit aussi fournir la preuve de chaque étape (vers la résolution du problème).

Pour faire ceci en tant qu’auteur, cela exige une compréhension du processus de résolution de problèmes et de sa contrepartie, la justification.
Examinons ces deux notions.

Un exemple simple de résolution de problème

Imaginez une serveuse qui entre en salle en provenance de la cuisine. Son nez commence à la démanger. Elle ne peut pas se gratter le nez parce que ses mains sont pleines d’assiettes. Elle cherche un endroit où poser les assiettes mais le comptoir est totalement encombré. Elle essaie d’appeler un collègue mais il ne peut l’entendre à travers la salle bruyante.
Elle hurle alors sur un commis qui interpelle un serveur qui la débarrasse de ses assiettes et elle peut enfin se gratter le nez.
Problème résolu ! Ou était-ce une justification ?

Et si elle avait pu résoudre son problème sans se soucier des assiettes juste en se frottant le nez contre l’une de ses épaules ?
Ainsi, il y aurait deux solutions possibles mais l’une était beaucoup plus directe.

D’un point de vue rationnel, les deux méthodes servent aussi bien dans ce contexte particulier, pourtant, l’une d’entre elle est beaucoup plus efficiente et par conséquent plus satisfaisante émotionnellement parce qu’elle requiert un effort moins désagréable que l’autre.

Il y un problème dans la solution

Si la serveuse ne pouvait pas utiliser l’une de ses mains pour se gratter le nez, alors se frotter le nez contre son épaule serait une autre solution potentielle au même problème.

Cependant, tenter de trouver un endroit où poser les assiettes est une condition éliminée de la solution du problème originel. Et au lieu d’essayer de trouver une autre façon de se gratter le nez, elle a continué à s’évertuer à tenter de résoudre un problème avec la première solution.
En d’autres mots, il y avait un obstacle à ce qu’elle se serve de sa main pour se gratter le nez et plutôt que d’évaluer d’autres moyens de grattage, elle a continué à chercher un endroit où se débarrasser de ses assiettes.

Comme il y avait aussi un problème avec cela, elle a aggravé l’inefficacité de son action en essayant de résoudre le problème des assiettes avec la première solution conçue pour résoudre son problème (poser les assiettes pour se gratter le nez) : elle a tenté d’appeler un autre serveur.
Comprenez bien qu’il y a d’abord le problème originel (se gratter le nez) qui s’est vu offert une première solution (poser les assiettes) mais celle-ci a mené à un autre problème. Et ce qui se passe dans ce qui est exposé ici est que la serveuse continue sur une solution qui lui pose encore plus de problèmes.

En fait, lorsqu’elle a pu effectivement se gratter le nez, elle a pris un détour qui a consumé du temps et éliminé plusieurs possibilités de sortie du problème originel.
Elle a fait un grand cercle pour se rendre là où elle aurait pu aller directement.

Et s’il y avait une limite : son nez qui lui gratte aurait pu la faire éternuer et tout faire tomber. Donc, prendre ce long chemin circulaire pourrait signifier qu’elle éternue et qu’elle échoue à résoudre son problème.
Alors que le seul chemin approprié aurait été de se frotter le nez contre son épaule avant qu’elle n’éternue.

Mais et si son uniforme était trop rigide pour lui permettre de se gratter le nez contre son épaule ?
ET si ce temps nécessaire pour essayer la méthode de l’épaule n’avait fait que retarder d’essayer la méthode du détour et qu’elle éternue avant qu’un serveur n’intervienne ?

Si elle s’était contentée de prendre ce grand détour circulaire en premier lieu, elle aurait peut-être eu assez de temps pour résoudre son problème.

La solution… En payer le prix

Clairement, la résolution de problème devient justification et inversement selon le contexte.
Comment donc que les résultats atteints au sens rationnel ne sont pas le seul facteur déterminant quant à savoir quand il y a résolution d’un problème ou une justification ?

Simplement parce que le prix à payer parfois en souffrances en suivant le long et indirect chemin vers un but est bien plus lourd que le bénéfice de réaliser le but lui-même.
Lorsque nous essayons de surmonter les obstacles qui se tiennent entre nous et un objectif (conditions préalables et exigences), nous payons le prix en efforts à fournir, en ressources, en épreuves physiques et émotionnelles.

Nous subissons des conditions (ou des situations) désagréables maintenant dans l’espoir d’une récompense plus tard. C’est parfait tant que la récompense justifie la dépense.
Mais si ce n’est pas le cas et que nous continuions à persévérer, nous ne pourrons probablement pas récupérer assez pour justifier nos pertes, un peu comme un parieur qui s’est endetté après avoir perdu sa mise.

Suite au prochain article…

 

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