ADAPTATION

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Adapter une œuvre littéraire pour en faire un scénario pourrait sembler facile. Ne le pensez pas. Car cela requiert une connaissance encore plus précise de l’art scénaristique. Car le récit qu’il soit issu d’un roman, du théâtre ou qu’il ait été réellement vécu, ne se prête pas de lui-même à devenir scénario.

Le ressort dramatique

Afin que le drame fonctionne, il est nécessaire d’altérer, de simplifier ou de compresser et même d’éliminer du matériel de la réalité. On ne conserve que ce qui a un véritable pouvoir dramatique.

Ensuite, dans un scénario, le narrateur est d’abord notre regard orienté par un mécanisme de captation d’images et de sons.
Quelle que soit la source, jusqu’à quel point un scénariste peut-il être fidèle à la source où il puise son inspiration ?

La forme originale d’une œuvre ne permet pas sa transformation en un scénario. L’histoire qu’une œuvre contient pourrait être très puissante, il résulte de sa configuration qu’elle n’est pas apte à devenir le scénario d’un film en devenir.

Le drame et particulièrement celui énoncé dans un scénario demande de la compression, de l’intensification. Le drame est scandale ou n’est pas et se moque éperdument des faits tant qu’il peut leur tendre le ressort dramatique c’est-à-dire non pas relater le tout du fait mais en considérer seulement les parties (voire même seulement quelques éléments) qui donnent le mieux l’aspect le plus dramatique du fait.

Dit autrement, l’exagération crée de la tension dramatique. Ainsi, il est difficile d’être fidèle à la source originale lorsqu’on adapte.

Adapter est de savoir quelles sont les parties d’une œuvre qui fonctionneront à l’écran et de connaître quand, pourquoi et comment d’autres parties devront être modifiées (voire gravement altérées) afin que le drame fonctionne sur cet écran.

David Howard considère qu’il ne faut pas se contenter d’observer un événement tel qu’il se manifeste. Il faut plutôt chercher le drame qu’il recouvre. Il faut pénétrer l’événement au-delà de son apparente opacité.
La destruction d’un événement et sa reconstruction en ce qu’il a de plus dramatique en lui rend difficile la conservation de l’œuvre originale dont on s’inspire pour écrire son scénario.

Le réalisme peut être néanmoins préservé si les actions de la vie quotidienne s’appuient sur un arrière-plan qui les rend disponibles au drame. Les doutes par exemple qu’éprouve un personnage sur ces croyances seront dramatiques s’ils permettent de mettre en lumière une crise profonde de la religion malmenée par l’irrésistible pression du progrès (scientifique et moral).

L’embarras avec l’adaptation est alors que la source donne une liberté à l’imagination du lecteur et de la lectrice, celle du lecteur/spectateur est contrainte dans ce que lui donne l’écran.

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