ARCHÉTYPE : LA MÈRE SURPROTECTRICE

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D’abord, cet archétype de la mère protectrice ne s’applique pas seulement à un personnage féminin. Des traits de caractère de cet archétype peuvent caractériser certains aspects de n’importe quel personnage.

La mère surprotectrice est souvent montrée comme antagoniste parce qu’elle œuvre sincèrement pour le bien-être d’autrui mais sans tenir compte du poids qu’elle représente pour les autres. Et en particulier envers ceux dont elle s’imagine qu’elle est responsable, en quelque sorte.
Ce qui peut être intéressant à travailler avec cet archétype, c’est lorsqu’un personnage dont il est clairement démontré qu’il aurait besoin de son aide (encouragement ou protection), l’archétype est incapable de lui fournir parce que ce personnage en particulier ne fait pas partie de ses priorités.

Un personnage à œillères

Le problème avec une mère surprotectrice, c’est qu’elle dénie les besoins d’autrui ou au contraire place trop d’emphase sur des besoins inexistants. Il existe avec ce personnage un vrai problème de réciprocité dans ses relations.

Cet archétype se fixe des priorités qui ne correspondent pas forcément aux besoins de ceux qu’il a pris en charge. Et partant, il blesse les autres en ne répondant pas à leurs attentes.

Mais le tableau de la mère surprotectrice n’est pas foncièrement mauvais. Son attitude envers autrui est attentionnée, diligente et réceptive. Un personnage, dont on peut croire qu’il est la victime d’une mère surprotectrice, peut bénéficier de cette attention soutenue et de cette compréhension qu’il lui est porté.
Seulement l’action de cet archétype est soit disproportionnée aux besoins réels (exprimés ou non) soit déplacée par rapport à l’exigence attendue.

Un mère surprotectrice ne bloque pas l’évolution d’un personnage (quoique cela puisse arriver). Elle ne refuse généralement pas de voir grandir l’enfant.
Et elle le protège des dangers. D’ailleurs, un personnage pourrait être blessé ou menacé, c’est-à-dire vulnérable et incapable de se défendre lui-même, la mère surprotectrice peut alors être le seul recours qu’il lui reste malgré tous les autres personnages vers lesquels il pourrait se tourner.

Un refus d’aider

Une tournure plus dramatique avec cet archétype est lorsqu’il refuse d’aider ceux qui en pourtant besoin. Il ne peut être partout à la fois et sélectionne ceux à qui il désire apporter une aide. Et même s’ils n’en ont pas besoin.
Alors que les personnages qui quémandent son aide sont parfois ignorés. Et la raison qu’il évoque est qu’il estime qu’ils ne sont pas de sa responsabilité.

Une mère, par exemple, pourrait laisser un jeune enfant sans surveillance parce qu’elle estime que son aînée a plus besoin d’elle pour préparer la petite fête qu’elle s’apprête à donner. Les circonstances décident de ses priorités même si cela pourrait mettre en danger autrui. Ou bien ce pourrait être une infirmière qui néglige les malades dont elle a professionnellement la charge pour se soucier seulement de ses problèmes familiaux.
Les priorités de la mère surprotectrice vont et viennent selon les situations dans lesquelles elle se trouve.

Il apparaît chez cet archétype un désir d’aider autrui. C’est plutôt positif comme conduite. Mais moralement, cette attention spécifique qu’elle offre aux autres peut être réprouvée car elle agit sans le consentement d’autrui. En d’autres termes, elle cherche à dominer autrui ce qui est source de conflits potentiels.

Un désir de reconnaissance

La mère surprotectrice manœuvre de sorte à être indispensable. Elle tente de se positionner auprès d’autrui de façon à ce que son assistance soit reconnue et que celle-ci soit nécessaire ou non.

Afin d’imposer cette reconnaissance d’elle-même aux regards d’autrui, elle peut alors afficher un trait de caractère fort dans sa personnalité. Par exemple, elle pourrait tenir en haute valeur l’ordre et la discipline.
Ce sera alors par ces biais qu’elle comprendra comment apporter son aide à autrui.
Et de là, il peut dériver une certaine violence à vouloir ainsi aliéner les autres à sa volonté toute de discipline.

En principe, rien n’interdit que cet archétype entretiennent des relations sincères et chaleureuses avec les autres personnages. Du point de vue dramatique, cependant, il est préférable que l’un des deux personnages ne souhaite pas explorer cette relation ou soit simplement indisponible pour la vivre pleinement. Ce qui crée une distance souvent conflictuelle entre cet archétype et autrui.

Un personnage égoïste

L’incommunicabilité entre une mère surprotectrice et les personnages dont elles se croient responsables (à tort ou à raison) dénote chez elle un certain égoïsme.
Devant les conflits qui ne manquent pas de s’ouvrir par son zèle un peu trop pressant, elle se met en avant espérant gagner la pitié de son interlocuteur excédé. Elle renvoie tout à sa personne et bien qu’elle prétende agir pour le bien d’autrui, c’est d’abord assouvir son propre besoin qui la motive.

C’est ce qui domine sa vie. Mais aussi la vie des autres. Cet archétype cherche à convaincre autrui de la nécessité qu’il les prenne en charge. Il pourrait même affirmer qu’il ne cherche pas à contrôler la vie d’autrui alors que cet autre et le lecteur savent bien qu’il s’agit là d’un mensonge.

Son passé

Qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que cet archétype soit si sourd et si aveugle en regard des besoins des autres ? et surtout de ceux qu’il estime lui revenir de droit de prendre soin d’eux. C’est assez paradoxal comme conduite.

Le plus simple consisterait à lui inventer (en tant qu’auteur) un trauma. Par exemple, dans sa jeunesse, elle n’a pas pu sauver la vie de sa sœur dont ses parents lui avaient confié la garde. Depuis ce jour, elle revit cette expérience.
Peut-être a t-elle une addiction quelconque qui explique sa conduite actuelle… Quant à expliciter cette addiction, on peut remonter aussi dans son enfance.

On peut imaginer aussi qu’elle ne fait pas la différence entre sa vie professionnelle et sa vie privée. Imaginez un instant l’infirmière Ratched de Vol au-dessus d’un nid de coucou dans sa vie privée et familiale. Et si… elle se comportait à l’identique avec son entourage proche qu’avec ses infortunés patients ?

Vouloir contrôler la vie d’autrui donne un sentiment de pouvoir. En se positionnant de manière dictatoriale vis-à-vis des autres, cet archétype cache peut-être un sentiment d’infériorité qu’il compense ainsi. En fait, il n’éprouve aucune empathie pour ceux qu’il veut aider malgré eux.

Ses faiblesses

Sa faiblesse la plus marquante est le manque d’empathie. Si vous souhaitez placer un arc dramatique sur un tel personnage, ce défaut sera à corriger.
Quant à son attitude, on peut dire de ce personnage de la mère surprotectrice qu’il est froid et distant.

L’infirmière Ratched

Ce personnage est exceptionnellement autoritaire et dépasse largement ses fonctions à l’institution dans laquelle elle œuvre. En cas d’insubordination (donc un conflit ouvert avec sa personnalité), elle répond par des punitions hors de propos. Ou par des humiliations.

Pour elle, il ne faut faire aucune compromission avec la routine. La routine est ce qui maintient l’ordre. Et l’ordre permet d’éduquer et de protéger. Elle exige le respect et l’ordre autant de ses subordonnés que de ses patients.

Son manque d’empathie est souvent source d’anxiété pour ses patients. Ainsi illustré, il est montré qu’elle fait plus de mal que de bien. Et pourtant, elle est persuadée du contraire.
archétypeBilly Bibbit est certainement le patient le plus refoulé. La propre mère de Billy a elle-même été surprotectrice envers son fils. Et Ratched en est une amie proche.

Lorsque Billy est surpris avec une fille, Ratched le réprimande invoquant ce que dirait sa mère si elle le savait. Elle le culpabilise. Et alors que les instigations de McMurphy ont prouvé que Billy pouvait être soigné (ce qu’indique sa conversation fluente et sûre), à la fin de celle-ci, il se remet à bégayer et à perdre de nouveau toute confiance en lui.
Ratched se positionne face à lui de la même manière que sa propre mère.

La lutte que se livre McMurphy et Ratched se termine par l’agression de celle-ci par McMurphy. C’est le climax de l’histoire et le dénouement en est la lobotomie.
On pourrait croire que Ratched a vaincu le héros de cette histoire. Pourtant, le geste du Chef dans la dernière scène démontre que l’antagoniste n’a pas vaincu le héros qui s’est sacrifié.

 

 

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