DÉVELOPPER LE THÈME PAR LES PERSONNAGES

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Peut-être souhaitez-vous véhiculer ou dénoncer quelque chose ? Faire état d’un point de vue particulier sur la morale ou ouvrir les yeux à vos lecteurs, leur donner une nouvelle façon de voir les choses.
En une ligne ou deux, ce message sera votre thème.

Le thème est donc essentiellement un message. Ou le thème est le contenant et le message… son contenu.
Il y a une question thématique majeure que soulève votre histoire. Néanmoins, bien souvent, il y a effectivement un message central mais aussi d’autres messages.
Car l’auteur essaie toujours d’exprimer le plus possible avec son histoire.

Qu’est-ce que le thème ?

Simplement, il est le point de vue de l’auteur qu’il souhaite exprimer sur un aspect spécifique d’un sujet particulier. Ce peut être globalement sur l’amour ou la cupidité…
Et plus précisément abordé sous un angle particulier.

Le thème est avant tout une interprétation personnelle de l’auteur sur un sujet particulier. Par exemple, il pourrait s’interroger si un homme et une femme peuvent être seulement amis ou s’ils ne peuvent être qu’amants.
Il abordera alors les deux aspects de sa question sans favoriser l’une ou l’autre assertion et conclura son histoire en apportant au lecteur son point de vue.

Quelle que soit la façon dont celui-ci le ramassera, la réponse que donne l’auteur à sa propre question peut être considérée comme une leçon de vie.

Le protagoniste est à la recherche du thème

Le personnage principal (qui est habituellement le protagoniste) est celui qui doit évoluer au cours de l’histoire. Entre le début et la fin de celle-ci, il doit changer d’une manière ou d’une autre. Et il y parvient en apprenant la leçon que le thème contient.

Lorsque l’histoire commence, l’auteur ne pose pas son argument immédiatement. Lorsqu’il introduit son personnage principal auprès du lecteur, il n’impose pas à ce dernier le point de vue qu’il cherche à communiquer.
De ce fait, le héros présente un aspect inconnu qui ne sera dévoilé totalement qu’à la fin de l’histoire. L’auteur s’est déjà décidé pour ce qu’il veut dire mais il ne le dit pas immédiatement.

Le discours de l’auteur n’est pas de la propagande. Il se doit de présenter les deux aspects d’un problème sans parti-pris. C’est ainsi que l’antagoniste offrira au lecteur peut-être un angle contradictoire à celui du héros mais plutôt une nuance (sous la forme d’une opposition) qui équilibrera son discours.
Et qui sera tout à fait légitime et défendable.

Pour exprimer son thème, l’auteur aura besoin non seulement du
– protagoniste
Il est celui dont le problème décrit le thème.
– d’un antagonisme
qui représente le contre-argument.
– et d’un autre personnage (ou parfois de plusieurs) qui concrétisent le contre-argument de l’antagonisme.

Ce troisième personnage représente l’enjeu pour le héros. C’est-à-dire ce qu’il va perdre s’il échoue dans la poursuite de son but. En quelque sorte, cet autrui apparaît comme la victime de l’antagoniste pour lui permettre d’asseoir ses propres arguments contre ceux du héros.

Un enjeu très personnel

Ce personnage qui détient les clefs du thème est quelqu’un de très proche du héros. C’est quelqu’un qui compte beaucoup pour lui. Ce pourrait être par exemple sa femme prise en otage par un fou furieux.

La relation qui les unit est primordiale parce que c’est par elle que l’auteur va pouvoir montrer ce qu’est son thème sans tomber dans des choses abstraites (forcément rébarbatives pour le lecteur).
L’idée de l’auteur prend forme dans la description de la relation ainsi établie.

Prenons une femme battue par son mari. Désespérée, elle s’enfuit une nouvelle fois du foyer familial. Mais ses pas l’ont toujours ramenée vers cet enfer.
Cependant, cette fois, elle rencontrera le héros de l’histoire.

Et cette fois, elle ne rentrera pas chez elle car elle a trouvé une écoute pour la première fois depuis longtemps. Entre ces deux-là, l’amour naîtra. Un amour adultère certes mais sincère.
La mari ne l’entendra pas ainsi. Se sentant vaincu dans sa dignité de mâle, il n’aura plus qu’une obsession. Tuer sa femme pour que cesse son angoisse.

L’argument du mari est certes difficilement défendable. Mais l’auteur ne peut se contenter de le présenter ainsi seulement sous son mauvais jour. Il doit donner des raisons autres comme une addiction (qu’il peut remonter jusqu’à la source) pour expliquer son comportement.
L’amant de cette femme (le héros) qui est un être solitaire, timide et qui par cette imperfection dans sa personnalité s’est toujours senti hors du monde découvre soudain avec elle un sens à sa vie.

S’il laisse faire les choses, comme il a toujours fait jusqu’à présent (se vider comme une bonde dans le regard des autres), il retournera à son néant.
Il a besoin de cette femme et il va se battre pour la conserver. Le thème pourrait être alors (c’est une interprétation car plusieurs réponses sont possibles) que pour donner un sens à sa vie, il faut se fondre dans l’être aimé. C’est-à-dire que l’amant et l’être aimé ne font qu’un dans le monde. C’est le Nous avant le Je.

Le thème est un choix

Pourquoi cette structure tripartite ? Parce que le héros devra se décider vers quel aspect de l’argument il se tournera. L’auteur lui soumet sincèrement deux propositions.
Et en fin de compte, le protagoniste se retrouve avec un dilemme.

Dans notre exemple, pourquoi choisirait-il la cause du mari violent ? Pas pour l’homme évidemment. Si nous nous positionnons sous l’angle subjectif du personnage, sa peur du monde qui l’isole des autres lui procure une sécurité dans laquelle il se sent bien.
Et s’il ne parvient pas à surmonter cette peur, il retrouvera l’illusion d’une sérénité. Même si ce n’est pas à quoi il aspire.

Par contre, en choisissant cette femme, c’est l’inconnu qui s’ouvre devant lui. Cependant, par la fusion de ces deux êtres, il donnera enfin un sens à son existence.
Et c’est au cours du climax, l’ultime confrontation, que le dilemme du protagoniste (c’est-à-dire l’argument thématique) sera résolu. C’est le message de l’auteur.

Ce dernier peut cependant enrichir son récit par d’autres messages. Il y aura cependant un message englobant en quelque sorte.
Par exemple, dans Les Frères Karamazov de Dostoïevski, il y a ce message de la futilité de l’intellect et du fardeau du libre-arbitre. Mais par-dessus les messages qui parsèment l’œuvre, il existe un seul thème que l’on pourrait résumer en Foi et Amour sont les valeurs les plus hautes de l’existence humaine.

Gardez à l’esprit que ce sont les personnages qui amènent le thème. Concevez vos personnages et placez-les dans une situation où leurs valeurs entreront en conflit. Faites les agir naturellement et passionnément. Le thème émergera de lui-même.

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