ARCHETYPES DE M. A. PHILLIPS (4) – CONTAGONIST

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ARCHETYPES
Traduction de l’ouvrage de Melanie Anne Phillips
Chapitres 9 & 10.

Précédentes traductions ICI :
ARCHETYPES de MELANIE ANNE PHILLIPS

Chapitre 9 : Contagonist : De quel côté es-tu ?

Parce que le Contagonist et l’antagoniste ont tous deux un effet négatif sur le protagoniste, ils peuvent être facilement confondus l’un avec l’autre. Ils sont cependant deux archétypes complètement différents parce qu’ils ont deux fonctions totalement différentes dans le Story Mind.

Le Story Mind est le concept central sur lequel Dramatica fut élaborée. Plutôt que de voir les histoires comme un certain nombre de personnages interagissants, Dramatica voit l’histoire entière comme une analogie avec l’esprit humain faisant face à un problème particulier.
Cet esprit (le Story Mind) contient tous les personnages, les thèmes et les progressions de l’intrigue comme des incarnations des processus psychologiques de résolution de problèmes.

Ainsi, chaque histoire explore les rouages internes de l’esprit afin que nous (le lecteur) puissions avoir une vue plus objective de notre propre processus de prise de décision et apprendre de cette expérience.

Là où l’antagoniste travaille à stopper le protagoniste, le Contagonist agit pour le détourner. L’antagoniste veut empêcher le protagoniste de faire de plus amples progrès. Le Contagonist veut le retarder ou le dévier pour un temps.

Comme pour le Sidekick, le Contagonist peut être allié soit à l’antagoniste, soit au protagoniste. Souvent, le Contagonist est enrôlé comme homme de main de l’antagoniste ou est son bras droit. Cependant, les Contagonist sont souvent attachés au protagoniste où ils fonctionnent comme une épine dans le pied et ont une mauvaise influence.
En tant que paire narrative, le Guardian et le Contagonist fonctionnent dans le Story Mind comme la Conscience et la Tentation fournissant à la fois une lumière pour illuminer le droit chemin et une incitation à s’en écarter.

Chapitre 10 : Plus à propos du Contagonist

L’extrait suivant est issu d’une classe en ligne que Melanie Anne Phillips a organisé sur la théorie narrative Dramatica. C’est un peu sinueux mains plein d’infos. Si vous vous sentez perturbé, juste sautez ce chapitre pour le moment et passez au suivant.

Dramatica Class Transcript – Le Contagonist

William : Vous pourriez nous toucher un mot sur le Contagonist ?

Dramatica : Bien sûr, William. D’abord, Dramatica voit 8 personnages archétypaux. Mais, Dramatica voit aussi des millions de personnages non archétypaux. Cela dépend de la façon dont les éléments du personnage sont combinés. Selon leurs natures, les éléments se regroupent en familles.
Il y a les motivations, les méthodologies, les objectifs du personnage. Il y a aussi les moyens d’évaluation (lorsqu’il s’agit d’estimer une situation). il y a une caractéristique interne et externe pour chacune de ces quatre catégories (ou classes) et il y a 64 éléments par catégorie (ou classes).

Vous pourriez être intéressé par suivre notre série d’articles sur la théorie narrative Dramatica :
DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE

Note de rédaction :

Les éléments de Dramatica s’organisent comme une table périodique.

Les classes

Dramatica distingue d’abord 4 classes (dénommées aussi familles ou catégories) :

  • Universe
  • Physics
  • Psychology
  • Mind

Universe explore les situations. Cette classe rend compte des états externes. Même si nous observons les choses du point de vue (donc forcément subjectif) d’un personnage, il n’en reste pas moins que ces choses qu’il observe existent en soi. C’est cet en soi que Universe décrit.

Physics explore les activités qui sont des processus externes. Par activité, comprenez bien que les personnages agissent et réagissent non seulement aux situations mais aussi les uns envers les autres. Lorsqu’on introduit un personnage dans une fiction, il me semble évident que nous allons apprendre à le connaître par ses actes.

Psychology explore les manières de penser ou la manipulation psychologique. Ce sont des processus internes. Par manipulation, il faut essentiellement comprendre l’influence (néfaste ou non) que peuvent avoir les personnages dans leurs relations à autrui.

Mind est une classe qui explore des attitudes fermes ou des préjugés. Ce sont des états internes.

Les types

Chaque classe se subdivise en 4 types. Considérons la classe Mind. Celle-ci se subdivise en :

  • Memory
  • Preconscious
  • Subconscious
  • Conscious

Memory sont les souvenirs d’un personnage. A distinguer des faits ou des situations qu’a connus un personnage dans son passé.
Un fait est une expérience qu’a éprouvée un personnage. Memory est la trace qu’il en a gardée en lui. Le souvenir d’une expérience vécue et l’expérience vécue elle-même peuvent être très différents.

Dans la psychanalyse freudienne, les pensées préconscientes (Preconscious) sont les pensées qui sont inconscientes au moment particulier en question mais qui ne sont pas réprimées et par conséquent disponibles pour une souvenance et capable de devenir facilement conscientes.

Subconscious est le subconscient.

Conscious est tout ce qui est conscient.

Les variations et les éléments de caractérisation

Chacun de ces 4 types possède 4 variations (ce qui donne 16 variations pour une classe donnée : une classe possède 4 types et chaque type 4 variations).
Et chacune de ces variations possède 4 éléments. C’est ainsi qu’une classe donnée propose 64 éléments (souvent dénommés par Dramatica comme éléments de caractérisation car ils sont effectivement en rapport avec la caractérisation d’un personnage).

Reprenons la transcription du dialogue entre Melanie Anne Phillips et l’un de ses étudiants :

Cela signifie qu’il y a un seul arrangement spécial pour 8 personnages (la théorie narrative Dramatica distingue 8 fonctions dans une histoire comme autant d’archétypes) et que chacun de ces personnages possède 8 caractéristiques. Et lorsque ces 8 caractéristiques font partie de la même famille, cela forme un personnage archétypal.

Note de rédaction : Nous avons traduit presque mot à mot le paragraphe précédent. Cependant, il est difficile de comprendre très précisément ce que ce paragraphe signifie sans quelques connaissances supplémentaires de la théorie Dramatica.

Essayons cependant de préciser les choses :

Ces personnages sont définis par les éléments qu’ils contiennent.

  • Guardian (c’est un archétype) a les éléments Conscience et Help (Help signifie toutes formes d’aide, de soutien, d’enseignement) parmi d’autres.
  • Le Contagonist possède les éléments dynamiquement opposés de la Temptation et Hinder (ce qui signifie qu’il entrave, empêche de tourner en rond).
  • L’archétype Reason possède les éléments Control et Logic, celui de Emotion possède les éléments Uncontrolled (dans le sens d’un personnage qui ne raisonne pas, impulsif, anarchique dans ses décisions) et Feeling (tout est question d’émotion chez lui).

William : Quelle est la différence entre les objectifs dramatiques de l’antagoniste et du Contagonist ?

Dramatica : Comme vous l’indiquez, le Contagonist n’est pas l’antagoniste. En terme de différences, l’antagoniste est construit par

  • Avoid (l’esquive, le contournement, la fuite ou l’empêchement)
  • et Reconsider (sommairement, il remet en question le bien-fondé de l’objectif du personnage principal vis-à-vis des autres personnages, mais aussi de l’intrigue et du lecteur).

Dramatica propose le concept de Dynamic Pair (de paire dynamique). Une paire dynamique est une paire d’instances (comme deux archétypes, par exemple) dont la relation est faite d’opposés extrêmes. Cette relation peut impliquer du conflit ou elle peut impliquer une synthèse (par le fait même du conflit qui s’opère entre ces deux extrêmes).

L’antagoniste est dynamique vis-à-vis du protagoniste dont les éléments de caractérisation sont

  • Pursue (le protagoniste est résolument tourné vers la réalisation de son objectif)
  • et Consider (cet élément indique que le protagoniste ne cesse de réfléchir à son problème, le tournant et retournant dans sa tête et ne l’abandonnera pas tant que ce problème n’est pas résolu. Consider implique que le protagoniste est vraiment déterminé à réussir son objectif).

L’élément contraire de Consider est Reconsider. Cela signifie que l’antagoniste est tout autant déterminé que le protagoniste. C’est cette opposition que Dramatica nomme Dynamic.

 En d’autres mots, l’antagoniste est là pour stopper le protagoniste, mais le Contagonist essaie juste de pousser le protagoniste hors du chemin : Conscience et Temptation se combattant l’une l’autre.
Ce sont les jobs de Obi Wan et Darth dans Star Wars (le tout premier).

William : Est-ce que le Contagonist peut être imaginé comme l’allié de l’antagoniste ?

Dramatica : En fait, William, c’est seulement une convention narrative que le Contagonist soit souvent l’allié de l’antagoniste. Mais il peut être tout aussi bien rattaché au protagoniste. Lorsque nous considérons les personnages archétypaux, nous ne les voyons pas sous l’angle de leur relation au protagoniste, mais par leur fonction dans l’histoire en général. Le Contagonist tente et gêne. Il le fera à n’importe qui n’importe où, pas seulement au protagoniste.

Précédentes traductions ICI :
ARCHETYPES de MELANIE ANNE PHILLIPS

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