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EXERCICES POUR UNE HISTOIRE – 6

Retrouvons dans cet article quelques idées d’histoire pour s’entraîner à l’écriture (quelques paragraphes ou quelques pages suffisent).

L’enlèvement

Que vous inspire :

  • J’ai une mauvaise nouvelle pour vous. Vous venez d’être kidnappé(e)

Faites en sorte d’incorporer cette ligne de dialogue dans les dialogues de votre histoire.

Un lieu d’antan

Choisissez un lieu et recherchez comment était ce lieu il y a 100 ans par exemple. Vos recherches doivent vous permettre de découvrir les détails pour rendre ce lieu aussi authentique que possible comme il l’était il y a un siècle.

Fort de vos recherches, décrivez en quelques pages ce lieu. Rendez-le vivant tel qu’il l’était à l’époque de cette description.

Quelqu’un d’antan

Imaginez qu’un personnage appartenant au passé de votre héros refasse soudain surface dans sa vie après de très nombreuses années de silence.
Décrivez les circonstances de cette rencontre (l’incident déclencheur en quelque sorte). Le pourquoi de cette rencontre et comment ce passé peut-il encore griffer le vernis du présent.

Révélation

Lors d’une fête (nouvel an, anniversaire…), écrivez une histoire au cours de laquelle l’un des convives révélera un secret depuis trop longtemps trop bien gardé.

Considérez pourquoi ce personnage ressent le besoin de révéler maintenant ce secret parmi les invités de cette fête et que se passe t-il ensuite ?

La lettre

Votre héros reçoit une lettre qui le bouleverse manifestement. Servez-vous de cette lettre comme point de départ d’une histoire.
Le contenu de la lettre pourrait même être sans importance aucune. La chose qui compte est que de recevoir cette lettre lancera une intrigue.

La photographie

Votre héros achète un lot de cartes postales. Il découvre parmi elles une photographie d’un autre temps et d’un autre lieu. Écrivez une histoire à partir des détails de cette photographie.

Un geste inattendu

Commencez une histoire dans laquelle votre personnage principal accomplit quelque chose qui ne correspond pas du tout à ce qu’on attendrait de lui en temps normal.
L’intrigue consistera à comprendre comment ce personnage en est arrivé à faire cet acte totalement à l’opposé de sa personnalité.

Un lieu retrouvé

Plongez dans vos souvenirs pour y retrouver un lieu de votre enfance. Peut-être ajoutez-y quelques détails imaginaires et écrivez une scène à propos de l’un de ces souvenirs. La description du lieu jouera un rôle dans cette scène.

Un échec transformé

Nous connaissons tous des réussites et des échecs. Retrouvez l’un de vos échecs personnels ou un regret et écrivez à ce sujet mais selon le regard de quelqu’un d’autre que vous-mêmes.

Ou bien vous pourriez reprendre ce que vous considérez comme un échec et réécrire votre passé ou le point de vue que vous portez sur lui pour que cette déception, cette défaite, cette faillite devienne un succès.

Une lettre retrouvée

Imaginez que votre personnage principal retrouve une lettre reçue il y a longtemps déjà. Servez-vous de cette lettre comme inspiration pour écrire une histoire.

La dernière ligne

Prenez la dernière ligne d’un texte que vous avez apprécié (un apologue, une parabole, ce que vous voulez). A partir de celui-ci, commencez une nouvelle histoire avec les mêmes personnages et en en ajoutant d’autres si le besoin s’en fait sentir.

Un comportement critiquable

A la troisième personne (donc un narrateur tout-puissant), débutez une histoire avec un acte méprisable de la part de votre personnage principal.

Sans justifier votre héros ou votre héroïne, tentez malgré tout de le ou de la rendre sympathique aux yeux du lecteur. Une simple scène suffit.

Analyse

Considérez une histoire que vous appréciez. Identifiez les points de vue et les personnages. Faites le plan de cette histoire en listant les événements.
Puis en deux colonnes, décrivez ce qu’il se passe dans chaque paragraphe dans la première colonne et dans la seconde colonne, essayez d’en expliquer les raisons.

C’est une méthode que vous pourriez appliquer éventuellement à l’un de vos projets.

Un gros titre

Choisissez l’un des titres de l’actualité. Sans lire l’article qui l’accompagne, servez-vous de ce titre pour écrire une histoire qu’il vous inspirerait.

Un canevas

Pendant quelques jours, notez ce qui vous aura le plus marqué. Ce pourrait être des images, des phrases, des extraits de livre ou de chanson, vos propres réflexions.
Après ces quelques jours, reprenez vos notes et tentez de les assembler afin d’en faire une histoire cohérente.

(A propos de cohérence, vous pourriez être intéressé par la théorie narrative Dramatica).

D’autres exercices d’écriture pour affiner ou découvrir votre talent :

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RECHERCHE & TÉMOIGNAGES

Écrire le pilote d’une série peut tout autant exiger du temps en recherches, en documentations, en rencontres et discussions diverses ou bien ne nécessiter qu’un minimum de recherches parce que le sujet n’en a pas vraiment besoin de davantage.

Tout dépend donc du type d’histoires que l’auteur s’apprête à raconter. D’abord, pourquoi se documenter ? La réponse est simple : pour atteindre à la vraisemblance.

Selon Shonda Rhimes, le niveau d’authenticité voulu pour un pilote (ou pour la série tout entière) est le critère qui décide de la masse d’informations nécessaires pour que la réalité décrite dans la série imite au plus près la réalité telle que nous la connaissons.

Parmi toutes les sources possibles (d’autant plus accessibles avec le progrès), la lecture est le moyen encore le plus usité pour apprendre. Shonda Rhimes nous fait une petite mise en garde cependant.
Nos lectures donneront certainement de la matière littéraire avec laquelle nous revêtirons nos idées pour la série envisagée. Néanmoins, si l’on s’arrête à la première idée qui nous convienne sans faire l’effort de poursuivre nos recherches sur le sujet dont nous voulons traiter dans la série, nous risquons le plagiat (ou simplement de manquer d’originalité).

Shonda Rhimes n’est pas la seule à appuyer sur l’importance de la recherche. Certains auteurs n’hésitent pas à dire que 90 % du temps doit être consacré à se documenter ce qui facilitera par la suite l’écriture du scénario.
Je vous renvoie à ces deux articles par exemple sur Dan Brown :

Nous pouvons aussi prendre ce que d’autres auteurs de fiction ont fait avant nous parce que depuis les traditions orales, tout a déjà été dit. Mais il ne faut pas tomber dans le travers de recopier littéralement ce qui a déjà été écrit. Il ne faut pas non plus négliger ce travail qui nous a précédé par crainte de plagier un auteur.

Ce qui compte, c’est de comprendre comment un autre auteur a abordé un sujet et si cette façon de faire rencontre chez vous un écho favorable d’imiter ensuite ce procédé d’écriture pour fixer ce que vous-mêmes souhaitez aborder dans votre sujet.
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SHONDA RHIMES : IDÉE & INSPIRATION

Les auteurs sont toujours sollicités à expliquer d’où viennent leurs idées, d’où ils puisent leur inspiration. Ils ne possèdent pas vraiment de réponses. L’inspiration de Shonda Rhimes provient de tout (et je dirais même de rien).

Une conversation banale, quelque chose qui bouleverse ou contre lequel on s’insurge, un détail relevé… et l’inspiration surgit.

Il est inutile de chercher à comprendre l’inspiration. L’idée serait l’aboutissement d’un processus simple. D’abord, une petite étincelle puis peut-être par association quelque chose s’imposera et ce quelque chose lui-même invitera d’autres éléments jusqu’à ce qu’à la manière du ru se faisant aussi gros que le fleuve, une idée d’un roman ou d’un film en devenir s’impose à nous.

On peut considérer qu’une idée est le résultat d’un travail de gestation plus ou moins long. Une idée est comme un bouquet luxuriant dont on serait presque surpris de savoir qu’il provient d’une simple graine.
En fait, c’est envers cette simple graine qu’il faut se montrer attentif. Parce que tous les bouquets ne sont pas prêts à être des scénarios (de films ou de séries).
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SÉRIE OU FILM

Pour Shonda Rhimes, la différence notable entre télévision et film est que pour le film, le réalisateur est la clef de voûte. Ce qu’il a en tête est précisément ce qu’il y aura sur l’écran.

Et pour la télévision, c’est ce que le scénariste a en tête qui se verra à l’écran. Le choix d’un réalisateur devient alors une question de sensibilité. C’est le contenu qui décidera de l’esthétique ou de la forme qu’apportera le réalisateur. Et qui plus est, à la télévision, la moindre idée, si elle est acceptée, sera rapidement mise en chantier. Une chance dont ne bénéficie pas le cinéma.

Une série est vraiment ce qu’il y a de plus excitant à la télévision. Le scénariste passe tant de temps avec ses personnages que lorsque la série se termine ou bien qu’un personnage doit disparaître de la scène, pour Shonda Rhimes, psychologiquement et émotionnellement, c’est une expérience très éprouvante.
Comme elle le dit elle-même, on passe plus de temps avec ses personnages qu’avec les gens qui nous sont proches.

Le personnage avant tout dans la série

Il est difficile de structurer une série comme on le fait avec une histoire classique qui comporterait trois actes, décrirait un voyage qui débute et qui nécessairement s’achève.

Dans une série, au fil des épisodes puis des saisons, nous voyons évoluer les personnages et surtout le personnage principal. C’est sur le personnage que toute la structure de la série s’appuie pour se communiquer au spectateur.

Il se crée une intimité avec le personnage et soudain le monde devient plus accessible. Ce n’est pas que le monde se néantise parce que l’auteur est ignorant ou indifférent à tout ce qui n’est pas le personnage. Au contraire, la complexité du monde n’est simplement plus angoissante.
La proximité avec un personnage (et c’est d’autant plus puissant avec une série parce que la durée est un élément vital de la relation) fait que le monde se laisse pénétrer peut-être par certains aspects qui ne parleraient pas à d’autres auteurs mais du moins entre le personnage et son auteur, ce dialogue intime devient un besoin.

D’où le sentiment de perte ressenti lorsqu’un personnage doit disparaître ou que la série s’arrête. Ce qu’il faut surtout retenir de la série et c’est ce qui est passionnant et à la fois intimidant, c’est que la durée n’est pas comprise comme une contrainte alors qu’elle est une donnée avec laquelle on ne transige pas dans une film de 90 ou 120 minutes.

Quel avantage pour l’auteur ? Il peut consacrer le temps qu’il veut au développement de son personnage (autant du point de vue social que psychologique ou spirituel, ces deux dernières dimensions étant souvent les plus intrigantes et passionnantes à explorer. C’est un point de vue personnel car je ne me sens pas à l’aise avec la politique, l’économie et difficilement aussi avec le social).

Ceci dit, et Shonda Rhimes insiste là-dessus, quel que soit la durée, c’est bien le personnage et ce qu’il lui arrive qui rivera le lecteur/spectateur à l’histoire.
Si l’on pose la chose autrement, que l’auteur aime écrire pour le cinéma ou qu’il préfère les séries comme moyen d’expression, dans l’un ou l’autre cas, c’est le développement de son personnage qui lui apportera la satisfaction recherchée.

La seule différence est que ce développement sera traité différemment selon le moyen utilisé pour parvenir à son dessein.
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MARGARET ATWOOD : HISTOIRE & INTRIGUE

Que nous le voulions ou non, nos vies suivent plus ou moins des modèles. Notre quotidien est banal et nous désespérons parfois de sa monotonie.

Une histoire ne peut s’inspirer de nos jours qui sont aussi comme tous les autres jours. La routine manque singulièrement d’événements et de personnages.
Pour que l’histoire existe, il lui faut des événements et au moins un personnage. Et un événement, ce n’est rien d’autre que quelque chose qui se produit venant bouleverser un quotidien un peu trop bien réglé.

Une histoire est un paradigme perturbé

Si tout est parfait tout le temps, il n’y a pas d’histoire. Il n’y a rien à raconter. C’est une explication déconcertante de simplicité. Donc pour qu’il y ait une histoire, il faut un événement déclencheur, un événement capable de perturber le monde ordinaire d’au moins un personnage.

Ensuite, il faut une intrigue. L’intrigue décrit ce qu’il se passe dans l’histoire. Les événements n’ont pas à être réglés chronologiquement pour constituer une intrigue. La plupart du temps, ils sont liés par un rapport de cause à effet. Cela facilite la compréhension de l’histoire mais n’est pas non plus une nécessité pour qu’il y ait une intrigue.

Qu’est-ce qui constitue une intrigue ?

Par sa brutalité ou son irruption dans le quotidien, l’intrigue doit impliquer une menace. Cette menace peut être extérieure ou intérieure.
Margaret Atwood donne l’exemple de deux personnages qui vivent tranquillement dans un petit pavillon de banlieue. Et leur vie commune est réglée comme du papier à musique.

Une nuit, une étrange lumière apparaît soudain dans leur jardin. Et un monstre tentaculaire en surgit. Ce type d’événement est extérieur. Généralement, dans ce cas particulier, le hasard est admis. L’événement déclencheur vient souvent de nulle part. Il n’est pas lié au passé des personnages ni à l’action de ceux-ci dans le présent. Une rencontre fortuite est souvent ainsi un prétexte pour raconter une histoire même si les personnages se sont connus il y a longtemps et se sont perdus de vue depuis.

Leur retrouvaille est le fruit du hasard et le lecteur accepte cet événement que l’auteur attribue à la Providence.

Un autre type d’événement est celui qui est interne. Par exemple, nos deux personnages connaissent cette routine qui constitue leur monde ordinaire. Ils sont un couple apparemment heureux et puis un jour, l’un des deux découvre que l’autre le trompe.

La menace vient ainsi de l’intérieur. Cette découverte vient tout bouleverser et il y a dorénavant matière à raconter.

L’événement déclencheur pose la question dramatique. Par exemple, l’un des deux personnages découvre soudain que l’autre a un comportement étrange. Pourquoi s’échappe t-il chaque nuit ? Qui ou quoi va t-il rejoindre ? Que sont ces bruits étranges qui entoure chaque mouvement de l’autre ?

Ce qu’il arrive au personnage (c’est-à-dire la prise de conscience soudaine que quelque chose est différent) le trouble. Il s’interroge. Il cherche des réponses. Et le lecteur le suit dans ce questionnement.

La question dramatique est un outil qui crée du suspense. Elle est indépendante du genre. La nature des événements décrits peuvent aider à catégoriser une histoire dans tel ou tel genre. Le suspense n’ajoute rien à cette définition. En tant qu’outil dramatique, il aide le lecteur dans sa volonté à connaître ce qu’il va se passer ensuite (donc à tourner les pages).

L’auteur doit faire en sorte de tisser les événements dans son intrigue de manière à ce que celle-ci soit suffisamment intrigante et passionnante à suivre.
Le lecteur ne devrait cesser de s’interroger sur le devenir des personnages, sur ce qu’ils vont pouvoir faire pour se sortir de la situation compliquée dans laquelle l’auteur les a jetés.
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