Dramatica

DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE (5)

DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE
Abordons avec cet article les personnages.

Sommaire de tous les articles ICI :
DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE 

CHAPITRE TROIS : INTRODUCTION AUX PERSONNAGES
Le héros

Il est facile de penser au personnage principal d’une histoire comme un héros. Beaucoup d’auteurs débutants tendent à baser leurs histoires sur les aventures ou les expériences d’un héros. Comme les auteurs deviennent plus mâtures dans leur art, ils peuvent en venir à penser à leur personnage central comme un protagoniste ou peut-être un personnage principal.

Et pourtant, malgré tout, aucune définition véritable d’aucuns de ces termes n’a fait l’unanimité. Avant de continuer, il semble plus prudent d’établir ce que Dramatica entend par chacun de ces concepts.

Un personnage principal est le player au travers duquel les lecteurs expérimentent l’histoire directement.
Dramatica emploie le terme de player pour désigner un personnage, un rôle dans l’histoire, une fonction. C’est ainsi que le protagoniste est tout autant un player qu’un paysage peut l’être si celui-ci a une importance vitale dans l’histoire (comme dans les westerns).
A travers le personnage principal, les lecteurs font l’expérience personnellement de l’histoire.

Un protagoniste est l’élément moteur de l’intrigue.

Un héros est la combinaison à la fois du personnage principal et du protagoniste.

En d’autres mots, un héros est un personnage recomposé qui a deux tâches à assurer : faire avancer l’intrigue et servir comme moyen de substitution pour les lecteurs.
Lorsque nous considérons l’ensemble des personnages possibles autres que le protagoniste qui peuvent servir comme position du lecteur dans l’histoire, le concept de héros devient soudainement plutôt limité. Il n’est pas incongru, seulement limité.

L’intérêt de séparer le personnage principal du protagoniste en deux personnages différents peut être observé dans Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Dans cette histoire, le personnage de Atticus (joué par Gregory Peck) est clairement le protagoniste bien que l’histoire soit racontée à travers les expériences de Scout, sa jeune fille.

Plus tard, nous explorerons d’autres façons pour le personnage principal d’être employé dans des termes moins archétypiques que celui de héros. Pour le moment, le point important est que Dramatica identifie deux types différents de personnages : ceux qui représentent le point de vue du lecteur et ceux qui remplissent une fonction dramatique.

Personnages objectif et subjectif

Ces deux types différents de personnages remontent au concept du Story Mind.
Voir à ce sujet :
DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE (3)

Nous avons deux vues principales :
– Une vue objective de l’extérieur vers l’intérieur,
– Une vue subjective regardant de l’intérieur vers l’extérieur.

En termes de Story Mind, la vue objective est comme de regarder une autre personne, observant ses processus de pensée à l’œuvre. Pour un lecteur qui fait l’expérience de l’histoire, la vue objective est comme de regarder un mach de football des tribunes. Les personnages sont alors plus facilement identifiés par leurs fonctions sur le terrain de jeu.

Le point de vue subjectif est comme si le Story Mind était le vôtre. De cette perspective, seulement deux personnages sont visibles : le principal et l’Influence Character.
Au sujet de l’Obstacle Character, voir :
DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE (4)

Le personnage principal et l’Obstacle (ou Influence Character) représentent le conflit interne du Story Mind.
Ne confondez pas le Story Mind et l’histoire : Dramatica considère qu’une histoire est comme l’esprit humain lorsqu’il est confronté à un problème et qu’il doit trouver le moyen de le résoudre. C’est cela que Dramatica nomme Story Mind : précisément ce processus de résolution de problème qui s’illustre dans une histoire.

Au cours de ce processus, l’esprit humain est souvent en conflit avec lui-même sur les directions à prendre : c’est encore cela que Dramatica illustre par le conflit interne et qui s’illustre dans une histoire au-travers de l’interaction entre le personnage principal et l’Influence Character. Souvenez-vous que cet Influence Character tente d’influencer et par là, de détourner le personnage principal de son objectif. Il peut occuper la fonction de l’antagonisme ou toute autre fonction dans l’histoire.

En fait, on pourrait dire d’une histoire qu’elle est constituée de deux esprits. Dans la vie réelle, nous sommes nous-mêmes notre propre avocat du diable, qui maintient et entretient une vue alternative sur les moyens d’arriver à la meilleure décision.
De façon similaire, les vues alternatives du Story Mind sont rendues tangibles par le personnage principal et l’Influence Character. Pour le lecteur d’une histoire, l’expérience du personnage principal est comme si le lecteur était réellement l’un des joueurs sur le terrain. L’Influence Character est le joueur qui bloque le chemin.

Pour résumer, les personnages se présentent sous deux variétés : objective et subjective. Les personnages objectifs représentent des fonctions dramatiques ; les personnages subjectifs représentent des points de vue.
Lorsque le point de vue du personnage principal est attaché à la fonction du protagoniste, le personnage qui en résulte est communément admis comme étant un héros.

Dans le prochain chapitre, nous commencerons une exploration en profondeur des personnages objectifs. Nous rencontrerons le protagoniste, l’antagoniste et plusieurs autres archétypes. Ensuite, nous disséquerons chaque archétype pour découvrir les éléments dramatiques essentiels qu’il contient.
Pour finir, nous examinerons comment ces mêmes éléments peuvent être combinés en un ensemble différent, non archétypal afin de créer des personnages plus réalistes, plus versatiles en un mot complexes.

Puis nous tournerons notre attention vers les personnages subjectifs, à savoir le personnage principal et l’Influence Character. Nous examinerons comment le point de vue du lecteur change avec l’évolution du personnage principal.
On peut considérer qu’un personnage principal s’inscrit dans un cycle communément admis : genèse, croissance, vieillesse et mort.
Sous l’angle de la narratologie, ces étapes qui définissent la vie peuvent être symboliquement représentées. C’est ainsi que la mort est souvent symbolique et que les termes de croissance et d’évolution peuvent être interchangés.
Nous examinerons aussi les forces qui animent ces deux personnages et qui forgent le système de croyances (et de valeurs) qu’ils possèdent.

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