Dramatica

DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE (26)

Continuons le chapitre 11 sur la résolution de problèmes et la justification : deux concepts mis en évidence par la théorie narrative Dramatica.

Sommaire de tous les articles :
DRAMATICA : LA THEORIE EXPLIQUEE

Les problèmes commencent innocemment…

Il est dans la nature humaine et chez les personnages de fiction aussi d’essayer de trouver une source de bonheur et une solution à ce qui les blessent.
Cette blessure peut être une souffrance physique ou un tourment moral. La solution peut être de réarranger son environnement ou bien de s’adapter à cet environnement tel qu’il est.
Peu importe la source de l’iniquité ou les moyens utilisés pour la faire cesser, toutes les créatures pensantes (et les personnages de fiction font partie de cette catégorie) essaient de maximiser leur plaisir et de minimiser leur peine.
C’est la force originelle qui nous motive à agir dans nos vies et la force dramatique qui anime une histoire.

Si notre environnement répondait immédiatement à nos désirs et si nos sentiments s’ajustaient immédiatement à de nouvelles attitudes, toutes les iniquités entre nous-mêmes et notre environnement seraient immédiatement nivelées.
Malheureusement, ce n’est pas le cas. Plutôt, pour résoudre nos problèmes externes, nous faisons des efforts pour réarranger le matériel qui nous entoure et pour résoudre nos problèmes internes, nous devons adopter une série de paradigmes successivement pour arriver à une perspective qui minimise notre angoisse.

Aller au cœur du problème

Parce que cela prend du temps pour solutionner des iniquités, la résolution de problèmes peut être définie comme un processus dans lequel nous nous engageons au fil du temps.
Etape par étape, nous taillons le problème en pièces jusqu’à ce que nous arrivions à une solution. Nous remplissons les conditions préalables qui nous donnent les ressources qui nous permettent de répondre aux exigences qui doivent être assumées afin d’ouvrir la voie vers notre but.
Ou alors, nous changeons la nature des forces à l’œuvre qui déterminent le processus qui maintient l’iniquité. Ainsi celle-ci se dissout lorsque ses fondations sont érodées.

La résolution de problèmes exige d’identifier la source de l’iniquité et/ou le type d’efforts qui la fera cesser. Ces deux prérequis dépendent d’une évaluation précise du mécanisme qui génère l’iniquité et partant, sourde une opportunité pour l’erreur (car une évaluation n’est rien d’autre qu’une évaluation et peut être erronée).

Personnages, Problèmes et Justification

Les histoires sont à propos d’un personnage qui est véritablement capable de résoudre un problème et un second personnage qui croit qu’il peut résoudre un problème mais se trompe. L’un sera le personnage principal et l’autre un Influence Character.

Selon le Story Mind (Dramatica fait l’analogie entre le cerveau humain et sa faculté continuelle de résoudre les problèmes avec le fonctionnement d’une histoire), ces deux personnages représentent notre propre incapacité à connaître à l’avance si la méthode que nous avons choisie d’appliquer à un problème mènera au succès ou à l’échec.
Lorsque notre approche mène à l’échec, Dramatica ne se réfère pas au procédé comme à  un processus de résolution de problèmes mais comme un processus de justification.

Pourquoi nous justifions.

Il est important de noter que personne ne se justifie parce qu’il est stupide ou méchant. Chacun s’adapte simplement à la meilleure des approches que l’on puisse concevoir basée sur notre expérience de vie. Ni la justification, ni le processus de résolution d’un problème sont en soi bon ou mauvais. En fait, ils sont réellement le même processus, la seule différence étant comment les choses en fin de compte s’avèrent être.
Avec le recul, nous pouvons juger si les décisions prises et les actions entreprises étaient appropriées (à la situation) mais nous ne pouvons juger de cet effort tant qu’il se produit parce qu’aucun de nous ne peut voir le futur.

Ainsi, personne ni aucun personnage ne peut être certain si son approche résoudra une injustice, ou l’affectera, ou l’exacerbera ou créera une autre injustice quelque part ailleurs qui pourrait être encore plus perturbante.
Tout ce que nous pouvons faire, tout ce que nous ne pouvons jamais faire est de prendre des décisions et d’agir selon ce que notre expérience nous dicte comme étant la meilleure option pour résoudre nos iniquités (ou nos difficultés).

De pauvres et bien malavisées âmes…

De ce point de vue, aucun personnage n’est mauvais mais seulement dans l’erreur. Cependant, ce n’est pas la seule perspective. Si nous pouvions pénétrer une histoire et observions un personnage apparemment dans l’erreur et faisant des choses blessantes ou offensantes aux autres ou à nous-mêmes, par notre expérience de vie, nous déterminerions que ce personnage doit être stoppé.
Peut-être nous querellerions-nous avec lui, essaierions-nous de l’éduquer ou nous nous battrons avec lui ou le tuerons ou simplement l’ignorerions-nous.
Nous couperions nos liens émotionnels et le laisserions descendre en vrille dans une autodestruction parce que c’est le seul moyen d’éviter d’être entraîné dans son sillage.

Ou bien, nous pouvons nous quereller avec lui et nous rallier à lui, d’être convaincu par son point de vue. Nous pouvons tenter de l’éduquer mais apprendre quelque chose nous-mêmes, nous battre avec lui et être vaincu ou tué. Nous pouvons être ignoré PAR lui ou bien nous accrocher à lui (nous raccrocher à l’idée qu’il représente) et être entraîné dans les abîmes avec lui ou bien l’entraîner dans notre propre descente aux enfers.

Le point est que le personnage principal et l’Influence Character ressentiront qu’ils ont tous deux raisons, croiront en ce qu’ils font, essaieront de convaincre ou de contrarier leur homologue et finalement prouveront soit qu’ils sont corrects dans leur approche ou dans l’erreur (fourvoyé en quelque sorte).

L’individualité signifie de n’avoir jamais à dire : Je suis d’accord

Comme nous sommes mus par nos expériences de vie et puisque les expériences de chacun sont uniques, il n’y a rien d’étonnant que nous entrions en conflit et en confrontation sur la plupart des choses auxquelles nous pensons.
Les histoires sont à propos de l’incompatibilité de deux expériences de vie lorsqu’elles sont reliées à la meilleure façon de résoudre une iniquité (ou une difficulté, un problème).

Si un personnage se fonde sur ses expériences de vie, cela revient à rationaliser son approche selon que celle-ci l’a bien servi dans d’autres situations. De façon similaire, son homologue a eu des expériences de vie différentes qui l’ont également bien servies.
Dans le contexte de l’iniquité actuelle, chaque expérience de vie génère une approche incompatible avec l’autre. Dans son contexte spécifique (le souvenir que l’approche a fonctionné dans le passé), chaque jeu d’expériences a résolu un problème. Mais dans le contexte actuel (celui de l’iniquité en question), une approche sera vue comme une résolution du problème et l’autre, comme une justification.

La suite dans la prochain article…

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