Archives de catégorie : Scènes & Dialogues

SCÈNES, CHAPITRES & DAN BROWN

La raison du chapitre

Vous avez planifié votre histoire. Il est temps maintenant d’en écrire les chapitres. La question qui se pose alors à l’auteur est de savoir ce que doit contenir ce chapitre.

Une ligne de conduite est de se fixer un objectif pour ce chapitre. Qu’essayez-vous de dire dans ce chapitre ? Qu’est-ce que ce chapitre essaie d’accomplir ?

Comme Dan Brown nous explique le thriller, il nous donne comme exemple que dans ce chapitre en particulier, je révélerai tel secret ou bien dans ce chapitre, je ferais tué tel personnage.
Ce sera l’une ou l’autre des situations. Chaque situation sera expliquée dans son propre chapitre.

D’où l’intérêt de consacrer le temps qu’il faut à planifier son histoire. Chaque moment important décelé lors de la planification deviendra l’objectif du chapitre censé le décrire.

Quelques lectures sur la planification :

Il est relativement aisé d’écrire un chapitre lorsque vous avez compris ce que vous cherchez à atteindre avec lui. Qu’il soit essentiellement axé sur une description ou qu’il soit chargé de dialogues, ce qui doit se produire dans ce chapitre sera le guide à suivre, ce à quoi il est destiné.

Dans un scénario, on ne dira peut-être pas chapitre. On parlera davantage de scènes. C’est la même chose. Pour écrire une scène ou un chapitre, il suffit de savoir à quoi elle servira.
Peut-être sera t-elle la scène où vous introduirez votre héros. Cette scène sera alors entièrement consacrée à sa présentation.

Ou encore, cette séquence sera celle d’une course-poursuite. Chaque chapitre, scène ou séquence possède sa propre accroche. Et selon Dan Brown, on doit prendre du plaisir à écrire un chapitre ou une scène. Ce qu’il entend par plaisir est que vous devez compliquer les choses.

Par exemple, dans un thriller, lorsqu’un personnage doit être tué, l’assassin pourrait l’attendre sur le pas de sa porte et lui tirer dessus. Trop simple pour Dan Brown. Aucun plaisir à décrire une telle scène.

A contrario, il faut prendre le temps de réaliser cet horrible acte. La victime se sentira menacée. Elle va fuir pour rester en vie. Le tueur la poursuivra. Ce qu’il faut, c’est de tenter de rendre les choses intéressantes et passionnantes pour le lecteur. C’est le divertir. Profitez-en pour explorer les lieux de la poursuite par exemple. Relevez les détails qui dépayseront votre lecteur. Le plaisir qu’il prendra à lire votre chapitre équivaudra celui que vous avez pris à l’écrire.
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D’AUTRES OUTILS DU SUSPENSE

In Media Res pour créer un sentiment d’urgence

Si l’on commence un chapitre ou une scène et que tout semble se dérouler pour le mieux, on ne crée pas de tension dramatique. Il faut au contraire jeter le ou les personnages dans des situations d’urgence telle qu’un rendez-vous d’une importance capitale pour le personnage qui rencontrera alors des difficultés imprévues mettant en péril le moment du rendez-vous.

Pour Dan Brown, les situations in media res ne sont cependant pas suffisantes pour impliquer le lecteur. Celui-ci doit aussi s’interroger sur les raisons de l’importance de ce rendez-vous qui ne lui seront données que plus tard après que la situation d’urgence ait été exposée.

Et cette exposition est la démonstration du malaise, de l’embarras du personnage. En quelque sorte, l’auteur jette à la fois le lecteur et son personnage au cœur d’une même action qui a déjà débutée. C’est dire au lecteur que quelqu’un a des problèmes. Mais le lecteur ignore tout de ces problèmes.

Pour comprendre la situation actuelle, il lui faudra continuer à tourner les pages. C’est précisément cette attitude que permet la tension dramatique induite par le questionnement du lecteur sur la scène qu’il est en train de lire.

Les réponses lui seront évidemment données mais seulement après que l’urgence ou l’embarras du personnage aient été manifestes parce que c’est un préalable à son implication dans la scène.
S’il est important de décrire un lieu parce que ce lieu joue un rôle important dans l’énigme que pose la scène, alors cette description sera retardée autant qu’il se peut.

Différents types de suspense

Un des outils préférés des auteurs de thriller pour créer du suspense est le cliffhanger. Le cliffhanger date de l’époque des émissions de radio diffusées les dimanches qui se terminaient de manière systématique par un personnage comme suspendu dans le vide, les mains accrochées au bord de la falaise.

Pour savoir s’il allait s’en sortir, il fallait écouter le prochain épisode. Les auteurs de thriller utilisent une méthode similaire. Ils finissent un chapitre ou une scène sur le même type d’interrogation. Pour connaître la réponse, il faut donc continuer à tourner les pages. Des séries comme Game of Thrones fonctionnent sur le même principe. L’action en cours est suspendue jusqu’au prochain épisode, voire même quelques épisodes plus tard si d’autres lignes dramatiques nécessitent de continuer leur développement.

Le cliffhanger se présente sous différentes formes. Ce peut être terminer une scène par une réponse par exemple. Mais ce sera une réponse surprenante à laquelle le lecteur ne s’attendait pas. L’élucidation de cette étrange réponse sera alors confiée à la scène ou au chapitre suivant.

Nous pouvons aussi poser une question que le lecteur n’a pas vu venir. Par exemple, pourquoi un personnage qui semblait si sincère, si intime avec notre héros se voit soudain contraint de le trahir. Nous comprendrons plus tard les raisons de cet étrange comportement. Et pour cela, nous devons continuer à tourner les pages.

Selon Dan Brown, l’auteur qui se lance dans un thriller devrait cultiver une sorte d’instinct pour créer du suspense à la fin d’une scène ou d’un chapitre. Il faut en quelques sorte se justifier auprès du lecteur pour qu’il soit désireux de connaître des informations que nous retenons volontairement.

Cette rétention de l’information que nous pouvons assimiler à une distribution savamment pensée de l’information est un des outils les plus efficaces du suspense. Il suffit par exemple de terminer un chapitre ou une scène en laissant en suspens la résolution qui sera alors donnée dans le chapitre ou la scène qui suit.

Autre exemple : votre personnage connaît un moment de révélation. Vous rendez manifeste cette révélation à la fin de la scène mais vous n’en communiquerez la teneur que dans une scène ultérieure. Le lecteur devra atteindre alors cette scène. Vous lui donnez ainsi envie d’en savoir plus.

Selon Dan Brown, cette rétention de l’information qui consiste à ne pas en dire trop pour maintenir l’intérêt du lecteur est la clef pour écrire le suspense.
Cela revient à dire au lecteur que l’auteur connaît une information mais qu’il ne lui dira pas aussi longtemps qu’il le peut (car à un moment donné, on ne peut faire autrement que de donner les réponses ne serait-ce que pour poser d’autres énigmes).

Retenir l’information : tout un art

Pour Dan Brown, retenir l’information consiste essentiellement à ce que les personnages n’aient pas accès à cette information. Dans le Da Vinci Code, par exemple, l’accès à une information cruciale est protégé par un code à 26 chiffres.

Il y a toujours moyen de ne pas divulguer immédiatement une information. Ce moyen néanmoins doit être crédible. Puisque l’information est inaccessible, il doit y avoir une raison valable à cet interdit.

C’est ainsi qu’il n’est pas logique que les personnages refusent l’information ou retardent le moment de cette information. Ils ont besoin de cette information, ne serait-ce que pour faire avancer l’intrigue.
Ils sont donc toujours impatients de posséder de nouvelles informations mais ils se heurtent à des obstacles qui rendent celles-ci difficiles à obtenir.

Une autre façon de faire relève davantage de la mise en scène. En effet, lorsqu’un personnage dit à un autre qu’ils vont procéder autrement par exemple. L’un des personnages demande alors ce qu’ils vont faire et l’autre répond qu’il lui dira en cours de route. L’information n’est pas cachée, elle se fait simplement attendre et cela participe aussi à l’élaboration du suspense.

Créer l’information consiste à définir pour le personnage un besoin qu’il devra satisfaire. Mais il ne peut l’avoir immédiatement. Il doit d’abord délivrer un effort conséquent, accomplir une série de tâches. En quelque sorte, il doit mériter l’information qu’on lui remettra.

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LA CRÉATION DU SUSPENSE CHEZ DAN BROWN

Les outils du suspense ne manquent pas

Le nombre d’outils dramatiques qu’un auteur de thriller a à sa disposition pour créer du suspense est vraiment considérable.  En quelque sorte, il suffit d’un peu d’attention pour créer du suspense. Une des toutes premières techniques est d’emprunter chez un autre auteur de thrillers les techniques qu’il emploie pour mettre de la tension dramatique dans certains des moments qu’il décrit.

Techniques qu’il a probablement dû lui-même prendre ailleurs et adapter selon les exigences de son intrigue. Un exemple classique est de mettre en place un danger imminent. Votre personnage principal est en train de s’occuper de ses roses et il se tient dans l’ombre une silhouette indéfinie. De cette simple description, il émane du suspense.

Certes, c’est une manière un peu trop directe d’ajouter de la tension dramatique à une scène. Parfois, on peut vouloir rendre les choses un peu plus subtilement. Dan Brown reprend l’exemple de Origine lorsque Robert Langdon pénètre dans le musée Guggenheim à Bilbao.

Brown décrit ce musée comme un Leviathan.

Suspense

Et Langdon a l’étrange sentiment de pénétrer dans la gueule de la bête. Certes, dans un roman, il est facile de mettre en place un monologue intérieur pour expliciter ce qu’il se passe dans l’esprit de Robert Langdon. Le langage cinématographique que relaie le scénario exposera ce sentiment différemment.

Dans un cas comme dans l’autre cependant, vous avez fait une promesse à votre lecteur. Dan Brown insiste vraiment sur ce concept de promesse. Ce n’est pas un mot qu’il emploie par hasard. Écrire un roman ou un scénario de thriller, c’est signer un contrat avec son lecteur. Et dans cet exemple précisément, le contrat est que vous promettez à votre lecteur que quelque chose de terrible se prépare.

Lorsque Langdon est dans le musée, il a cet étrange sentiment que quelque chose de mal est en train de se produire ou est sur le point d’avoir lieu dans ce musée.
Il est inconfortable. À propos de langage cinématographique, cet inconfort par exemple est très visuel. Faites confiance à la sagacité et à l’intelligence de votre lecteur. Ce malaise ressenti par Robert Langdon, le lecteur le percevra de manière saisissante.

Pour créer du suspense, Dan Brown utilise aussi le sombre secret qui hante un personnage. La source de ce secret se situe évidemment dans le passé du personnage. On ne dit pas au lecteur quel est ce secret.
Éventé, ce secret n’a plus aucune force dramatique. Par le monologue intérieur du personnage, on peut lui faire dire qu’avant un certain événement, son ressenti actuel des choses aurait été différent.

Le lecteur ne manquera pas de s’interroger sur ce mystérieux événement dont on ne lui souffle mot. Visuellement (pour un scénario), des indices peuvent être disséminés comme une photographie ou un étrange comportement d’un personnage devant un objet sans qu’il soit donné de plus amples détails. C’est ce détail qui manque justement qui créera le suspense.
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DAN BROWN : LA CONSTRUCTION DU THRILLER

Pour Dan Brown, transformer une idée en un thriller (genre dans lequel il excelle) est un processus. Et ce processus se formalise. Voici ce qu’il nous propose.

Le monde de l’histoire

La première chose à déterminer est de connaître le monde dans lequel nous voulons installer notre thriller. Pour asseoir son propos, Dan Brown prend l’exemple du monde viticole. Ce sera le contexte, l’arrière-plan du thriller.

Dan Brown insiste sur le côté arbitraire de son choix puisqu’il avoue ne rien savoir de ce monde sauf les opinions communes concernant l’argent que peut générer cette activité ou encore l’excentricité qui recouvre nombre des intervenants (producteurs, négociants, groupes industriels…).

Pourtant, malgré son manque d’intimité avec ce monde, toute cette aura qui s’en dégage lui a donné l’intuition qu’il y avait de nombreuses possibilités d’histoires. Donc, il pourrait être intéressant d’y situer un thriller.

Ce que cherche à nous dire Dan Brown en fin de compte, c’est qu’il ne faut pas nécessairement connaître un monde de l’intérieur pour bien écrire sur lui.
Le boulot d’écrivain consiste à s’intéresser à un monde sans même y avoir une expérience vécue. Ce sera l’effort consacré à la recherche qui permettra d’en obtenir les détails.

Une fois un monde retenu, comme celui du monde vinicole, la question à se poser pour y trouver matière à un thriller par exemple est de s’interroger sur les questions d’éthique qu’un tel monde soulève. C’est moralement parlant que vous éluciderez cette première phase de votre processus d’écriture.

Dans notre exemple, ce pourrait être l’usage de pesticides dans les vignes, ou bien encore la répartition des parcelles de vignes et les problèmes de proximité qui peuvent en découler.

Présenté ainsi, on peut s’inquiéter de savoir si cette investigation nous mènera vraiment à un thriller. Nous sommes davantage dans le reportage que dans l’écriture d’une fiction. Néanmoins, il y a un monde grouillant, vivace, fait de relations interpersonnelles, de positions morales et politiques d’ailleurs.

Il y a matière. Elle n’apparaît peut-être pas encore suffisamment dramatique pour que nous la façonnions selon notre envie de thriller (ou d’un autre genre) mais elle existe.
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LE PRÉALABLE À L’ŒUVRE DE FICTION : LA RECHERCHE

Dans la plupart des cas, la recherche est ce qui préoccupera d’abord l’auteur. Pour Dan Brown, la recherche documentaire ou la curiosité d’approfondir certaines connaissances peut même aider à prendre la décision d’écrire sur tel sujet plutôt qu’un autre.

Il y a différentes manières de procéder. L’auteur peut être amené à s’interroger sur son envie d’écrire sur un sujet. La recherche qu’il mènera le convaincra de continuer ou bien de s’apercevoir qu’en fin de compte, ce sujet ne l’intéresse pas vraiment.

La recherche ne sera pas du temps perdu. Même en cas d’abandon d’un projet, la connaissance acquise reste et vous aurez effectivement gagné un temps fou en ne vous jetant pas à plume perdue dans un projet qui n’aboutira pas.

Vous lirez de nombreux livres sur le sujet que vous souhaitez aborder. Peut-être même voyagerez-vous comme un réalisateur le ferait pour repérer les lieux de son futur tournage. Sauf que l’auteur voyage pour s’immerger dans le monde qu’il est en train de fabriquer.

Ce préalable documentaire est une exploration. Vous tentez de défricher un terrain inconnu, de trouver des idées du néant. Ce peut être intimidant. Pour Dan Brown, cependant, cette partie de l’effort est vraiment passionnante.

Le sujet sur lequel vous réfléchissez constitue la fondation du monde que vous êtes en train de créer. C’est un monde un peu informe pour le moment, aux détours encore obscurs.
En insistant, en pénétrant plus profondément dans ce monde que vous souhaitez aborder, en vous informant tout azimut, vos idées commenceront à percoler dans votre esprit.

Cette recherche vous aidera à choisir un monde et à savoir si celui-ci est vraiment celui sur lequel vous souhaiteriez consacrer du temps. Le monde de votre histoire est vraiment la première chose que vous devez mettre en place. Dixit Dan Brown.
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