CLIMAX & POINT MÉDIAN

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Est-ce que votre climax est une conséquence ou un effet plausible de l’expérience du point médian, du moins de l’expérience de crise profonde connue par le personnage principal ?

Le point médian est une étape dans le cours d’un récit où tout semble perdu pour le héros ou l’héroïne. En effet, l’échec relance l’attention des lecteurs/spectateurs. Cet échec mène souvent à une crise spirituelle, intellectuelle dans laquelle le personnage principal ne voit plus d’issue et connaît une profonde désespérance. Le désespoir fonctionne plutôt bien au point médian mais n’en faites pas l’effet de votre climax ou de votre dénouement.

Mais il est important de réaliser que la fin que vous aviez en tête n’a jamais vraiment existé, sauf en tant qu’idée. Tout écrivain expérimenté vous dira que la traduction d’idées en mots écrits ne se déroule jamais comme prévu. De plus, vous vous apercevrez souvent que la fin initiale que vous aviez en tête n’était pas si géniale que cela, et que la nouvelle est meilleure !

On dit (donc opinion très subjective) qu’écrire une histoire avec un milieu intéressant (donc que l’on a passé du temps et de la réflexion à élaborer) est le seul moyen de produire une fin authentique. Le point médian est un lieu où les émotions s’expriment dans leur plénitude. La fin sera fidèle au conflit et crédible pour le lecteur (pas de Deus Ex Machina pour sortir votre héros d’une situation dans laquelle vous vous êtes vous-mêmes englué).

Un changement

Les événements du point médian créent une expérience suffisamment émotionnelle pour initier le changement chez votre personnage principal. Le personnage et le lecteur/spectateur doivent croire qu’il n’y a plus d’issue possible à la situation dans laquelle le personnage est plongé.

Mais cette crise amène une révélation. Il ne se produira pas un événement extraordinaire extérieur au personnage car c’est en lui qu’il se produira la nécessité de se dépasser. Le personnage nourrira en lui la force de résister.

Le climax est une inversion de forces : la dialectique entre ces forces (ou confrontation d’idées) aboutira à un résultat négatif pour le personnage principal au point médian mais les mêmes forces dans une nouvelle confrontation au moment du climax s’avéreront positives.

Cela ne signifie pas nécessairement un happy ending car le sacrifice peut être convoqué. La mort du héros ne sera pas seulement la néantisation de tout son être destiné à l’oubli et sera alors considérée comme une victoire personnelle. Le triomphe peut être intime car le héros est un être fondamentalement tourné vers autrui. Cette mort (symbolique ou non) pourrait être une rédemption si le véritable problème du personnage principal est lui-même.

Des personnages secondaires

Souvent dans l’acte Deux des intrigues secondaires sont développées. Elles ont pour but de renforcer des thèmes proches de ceux de l’intrigue principale ou d’offrir un contraste afin d’argumenter des points de vue différents.

Ces intrigues secondaires possèdent leur propre structure donc au minimum un début, un milieu et une fin. Ainsi, chaque intrigue secondaire devrait être amenée à sa conclusion avant le climax de l’intrigue principale. Prenons par exemple que votre héroïne est une jeune femme trahie par son amant. De cette peine de cœur et pour s’en protéger, elle s’est erronément convaincue que l’amour n’était que souffrance et s’est refermée sur elle-même faisant obstacle à toute tentative amoureuse. Son aventure la conduira à changer de point de vue.

Parallèlement à notre jeune femme, parmi ses relations existe un couple qui nous semble parfaitement harmonieux lorsque nous faisons leur connaissance dans l’acte Un. Au cours de l’acte Deux (donc l’espace de l’intrigue), nous serons néanmoins les témoins de la lente désagrégation de ce couple. Le thème développé dans ce récit est que seul l’amour véritable vaut la peine. Notre héroïne se découvrira un nouvel horizon lorsqu’elle comprendra que ce Love Interest qu’elle niait d’abord est l’âme sœur dont elle avait toujours eu besoin et le récit du couple (un récit dans un récit) fera la démonstration qu’il est vain de donner du sens à deux existences si chacune d’entre elles est incapable de dépasser son individualisme et d’être à l’écoute de l’autre.

Cette vérité décrite dans l’intrigue secondaire devra alors être mise au clair avant le climax, avant que notre héroïne ne sorte vainqueur du combat qu’elle mène contre elle-même (ou de n’importe quelle autre force antagoniste que vous pourriez inventer).

Même si les deux intrigues sont différentes entre elles et bien qu’il y ait interaction entre les personnages des deux intrigues, pour maintenir la cohérence de votre récit, l’intrigue secondaire devrait être résolue avant le climax.

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