LES ÉMOTIONS QUI TERRIFIENT

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Il semble patent que les émotions ressenties par le personnage trouvent leur chemin comme par magie dans l’esprit du lecteur et de la lectrice.

Parmi ces émotions, il figure en bonne place la peur, la terreur, l’épouvante, la crainte et tout ce qui s’en rapproche.

Certes, auteurs et autrices cherchent à partager par un lien d’empathie entre le lecteur et le personnage une émotion plus ou moins reconnue. Parfois, l’ironie (quand elle est dramatique) oriente, manipule de sorte à donner au lecteur ou à la lectrice une sensation bien singulière de suspense, d’appréhension, d’angoisse.
Il suffit pour cela que le lecteur connaisse une information ignorée par le personnage. Lorsqu’on se prépare à se baigner dans la mer, goûtant déjà d’un plaisir anticipé et que quelqu’un qui vous observe sait que l’eau est infestée de requins mais ne peut vous atteindre pour vous avertir, l’angoisse monte aussitôt bien que l’observateur soit hors d’un danger immédiat.

Le suspense

C’est le désir de savoir ce qu’il se passera ensuite, ou comment cela se passera. Rayne Hall emploie le terme désir. Le suspense crée effectivement un manque que le lecteur cherche naturellement à combler.

Lecteurs et lectrices sont conviés malgré eux à persévérer dans leur lecture pour davantage se soulager de cet embarras que de connaître ce qu’il arrivera au personnage. Parfois, le lecteur ressent même une angoisse avant le personnage.

Rayne Hall conseille de ne pas être avare à créer du suspense. Il suffit pour ne pas déborder des limites acceptables de varier l’intensité de l’émotion ressentie.

Une inquiétude

C’est une forme adoucie de la peur. Le personnage ne sait pas s’il y a un danger ou quelle serait la nature de celui-ci, il a juste un sentiment tenace que quelque chose ne va pas.

L’inquiétude est perçue par la posture du personnage. L’auteur peut en jouer dans le cours de son récit pour préparer une forme plus puissante d’une peur véritable lorsque le péril s’affirmera vraiment.

L’anxiété

L’anxiété ressemble à un malaise, à une inquiétude. Mais le personnage sait que le danger est réel. Dans la fiction, votre personnage peut ressentir cela quand il est sur le point d’entrer dans le repaire du monstre, de franchir un seuil si vous suivez le Hero’s Journey comme structure.

L’anxiété du personnage crée habituellement du suspens chez le lecteur. Ne jouez pas trop longtemps sur cette phase anxieuse, conseille cependant Rayne Hall, car le lecteur pourrait se représenter le personnage différemment de votre intention.

Les émotions liées à l’anxiété sont bien reconnues mais si elles deviennent systématiques, c’est l’image du personnage qui influencera le lecteur ou la lectrice vers une interprétation erronée du caractère de ce personnage, par exemple considérer celui-ci comme un individu foncièrement lâche alors que cette abdication devant l’adversité serait plutôt la manifestation d’un trauma que le personnage n’a pas encore intégré.

L’appréhension

Étroitement liée au suspense, au malaise, à l’angoisse et à l’anxiété, l’appréhension est une forme légère de peur. Le personnage sait à quelle menace s’attendre, mais ne sait pas encore si cela se produira.

On peut utiliser cette émotion plusieurs fois au cours du récit car elle ajoute à la crédibilité du personnage. On croit en celui-ci parce qu’il se montre vulnérable.

Le pressentiment

Le personnage sent que quelque chose de mauvais se prépare, mais ne sait pas encore quoi. Il peut être réticent à mentionner ses pressentiments aux autres par peur du ridicule, constate Rayne Hall. Tout comme l’appréhension, il s’agit d’une attente.

Les lecteurs aiment partager les pressentiments d’un personnage, mais vous devriez utiliser cette émotion avec parcimonie sinon elle peut perdre de son impact. Le meilleur moment pour insérer un pressentiment est la scène qui précède l’événement pressenti.

Une excitation

Cette émotion est un cocktail mêlant de la peur et de la joie, une certaine ardeur à l’action. Le personnage est conscient des dangers mais prend volontiers des risques. Il a un certain contrôle – mais pas total – sur ce qu’il se passe.

Au début du récit, le héros ou l’héroïne ressentent souvent de l’excitation lorsqu’il se lance dans leur quête. Ils ignorent les avertissements, car les risques valent la peine d’être pris.
Plus tard dans l’histoire, ils se rendront compte à quel point ils furent naïfs, mais c’est un bon sentiment tant qu’il dure.

Les émotions liées à l’excitation envers une prise de risques conviennent à tous les genres, remarque Rayne Hall. C’est le sentiment préféré de la plupart des lecteurs, dit-elle. Si vous pouviez faire partager au lecteur et à la lectrice cette excitation du personnage, vous les gagneriez complètement à votre cause.

La terreur

Le personnage et le lecteur savent qu’une chose terrible est sur le point d’arriver, mais ils n’en connaissent pas la nature exacte. La terreur parsème les fictions de Thriller ou d’horreur.

Ce type d’émotion assez intense crée une tension qui doit être relâchée. Il faut bien permettre au lecteur de reprendre son souffle de temps en temps. Ce relâchement pourrait être l’occasion de faire le point sur la situation en cours afin de rappeler au lecteur les tenants et aboutissants des circonstances actuelles.

Le personnage sait que la menace est réelle. On parle de terreur parce qu’il sait aussi qu’il est impuissant à faire quoi que ce soit pour contrer le spectre du malheur qui va s’abattre sur lui. C’est une émotion puissante aussi qui se communique bien car l’individu humain, et être lecteur ou lectrice ne change rien à l’affaire, est naturellement enclin à percevoir chez l’autre la souffrance. C’est une empathie.

Cette peur est intense et monte de plus en plus haut, jusqu’à ce que les nerfs du personnage ne puissent plus la supporter. La terreur élève les sens. Le personnage peut entendre, voir, sentir et ressentir des choses qu’il ne remarquerait pas normalement.

Dans le même coup, il peut ne pas remarquer ce qu’il se passe autour de lui, parce que la terreur chasse toute autre conscience de la réalité. Il peut avoir par exemple l’impression d’être harcelé ou surveillé. Utilisez la terreur avec parcimonie, suggère Rayne Hall, peut-être une seule fois dans le cours du récit.

La terreur peut durer plusieurs minutes, mais après cela, ses symptômes disparaissent. Gardez cela à l’esprit lors de l’écriture d’une scène : si vous maintenez la terreur non-stop, après un certain temps, le lecteur ne la ressentira plus.

La terreur est une excellente saveur pour l’horreur et les thrillers. Mais pour de nombreux autres genres, elle est trop intense.

La révulsion

La répulsion ou révulsion combine le sentiment de peur avec celui de dégoût. Le personnage recule devant ce qu’il voit ou entend. Sa première réponse peut être de tourner les talons ou de se détourner, et il aura probablement l’envie de quitter la pièce ou de fuir la scène.

Si la révulsion est causée par un autre personnage, il peut prendre du recul, répondre de façon évasive, avoir une posture comme s’il le bloquait.

La meilleure façon d’obtenir le dégoût est de mentionner ou de décrire les odeurs. Utilisez ceci avec parcimonie, prévient Rayne Hall, parce que les lecteurs n’aiment pas le dégoût autant qu’ils aiment d’autres manières de la peur.

Si vous écrivez une fiction d’horreur, vous pouvez utiliser la répulsion plusieurs fois mais dans les autres genres, ne l’utilisez qu’une ou deux fois – ou pas du tout. Soyez bref : une phrase suffit souvent.

Le choc

Cette émotion est semblable à la terreur, mais elle commence soudainement. Elle peut continuer pendant un certain temps.

Choquer un personnage fonctionne quel que soit le genre. Rayne Hall conseille cependant de ne l’utiliser qu’une seule fois pour éviter que le lecteur ne s’y habitue et en perde l’effet.

La panique

La panique est brève et intense. Le personnage a l’envie de quitter l’endroit, de sortir de la pièce, de s’échapper. Il lui est impossible de raisonner, de prendre de la distance avec les circonstances. Alors que la panique dure, le personnage peut ne pas ressentir la douleur et peut être inconscient de ses blessures.

La panique dure quelques secondes, peut-être quelques minutes puis elle s’évanouit, laissant le personnage pantois, désorienté. Pendant le peu de temps que dure la panique, votre personnage peut faire quelque chose de stupide, comme fuir la menace et plonger dans un danger beaucoup plus grand. C’est utile pour l’intrigue.

Rayne Hall conseille néanmoins de ne pas user de la panique trop souvent. Une seule fois peut suffire sinon le personnage apparaîtra comme quelqu’un de fragile. Ce n’est peut-être pas l’image que vous souhaiteriez donner de lui.

L’horreur

C’est une émotion intense. Elle est similaire à la terreur, mais le personnage a plus conscience d’autres réalités et plus de contrôle sur ses actions, et il peut généralement se déplacer et parler. Souvent, il y a une couche de répulsion. Les sens peuvent être émoussés.

L’horreur ne dure pas longtemps, mais elle peut se reproduire. Selon le genre, vous pouvez ajouter une telle émotion à plusieurs scènes.

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