LE THÈME DU MONDE PAR JOSEPH CAMPBELL

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Explorons quelques thèmes que pourraient peut-être nous inspirer la lecture de Joseph Campbell.

Selon une doctrine chrétienne classique, le monde est à mépriser, la vie est à racheter dans l’au-delà, c’est du ciel que viennent nos récompenses.
Pour Campbell, si vous affirmez ce que vous déplorez en ce monde (par cette affirmation, Campbell entend accepter le monde sous ses deux aspects les plus évidents, le bien et le mal), vous affirmez le monde dans sa totalité, qui est notre éternité du moment.

L’éternité du moment

Selon Joseph Campbell, l’éternité n’a rien à voir avec le temps. L’éternité est cette dimension ici et maintenant que la pensée du temps supprime.

La source de la vie temporelle est l’éternité. L’éternité se déverse dans le monde. C’est une idée mythique fondamentale du dieu qui se multiplie en nous. En Inde, le dieu qui repose en moi est appelé « l’habitant » du corps. S’identifier à cet aspect divin et immortel de soi-même, c’est s’identifier à la divinité.

L’éternité dépasse toutes les catégories de pensée. C’est un point important dans toutes les grandes religions orientales. Nous voulons penser à Dieu. Dieu est une pensée. Dieu est un nom (Campbell semble être un adepte du nominalisme). Dieu est une idée. Mais y faire référence est quelque chose qui transcende toute pensée.

Pour Joseph Campbell, le mystère ultime de l’être dépasse toutes les catégories de pensée. Comme l’a dit Kant, la chose en soi n’est pas une chose.
La chose en soi, sa substance, son essence, transcende l’état de chose, le fait. Elle va au-delà de tout ce qui peut être pensé. Certaines choses ne peuvent pas être racontées parce qu’elles transcendent la pensée et la mémoire.

Un autre type de pensées est mal compris, car ce sont les pensées qui sont censées se référer à ce qui ne peut pas être pensé.
Puis enfin d’autres pensées sont ce dont on parle. Et le mythe est ce champ de référence (ce dont on parle) à ce qui est absolument transcendant.

Bodhisattva

Pour renforcer son propos, Joseph Campbell interpelle le Bodhisattva. Les bouddhistes ont une formule merveilleuse pour le boddhisattva.
Le bodhisattva, celui dont l’être est illumination, qui réalise son identité avec l’éternité, et en même temps sa participation au temps. Et l’attitude n’est pas de se retirer du monde quand on en réalise l’horreur, mais de réaliser que cette horreur est simplement le premier plan d’un prodige, et d’y revenir et d’y participer.

« Toute vie est douloureuse » est le premier dicton bouddhiste, et c’est vrai pour Campbell.
Ce ne serait pas la vie s’il n’y avait pas de temporalité en jeu, c’est-à-dire le chagrin, la perte et encore la perte.

C’est une vue très pessimiste qu’il faut pourtant accepter que l’on croit ou non en la volonté de Dieu d’avoir fait ainsi le monde.

C’est comme cela, et Campbell ne croit pas que quiconque l’ait voulu, mais c’est comme cela. Et Joyce a dit une phrase merveilleuse « L’histoire est un cauchemar dont j’essaie de me réveiller. » Et la façon de s’en réveiller est de ne pas avoir peur et de reconnaître que tout cela est tel qu’il est, est tel qu’il doit être et est une manifestation de la présence éternelle dans le monde. La fin des choses est toujours douloureuse ; la douleur fait partie de l’existence d’un monde tout court, et pour Campbell, devrait être acceptée.

Mais ce n’est pas non plus du nihilisme. Pour Campbell, il est important de faire de son mieux en ce monde, c’est-à-dire tenter de se désaliéner de ses désirs, de se désaliéner des autres ou de s’inventer un dieu ou des dieux.

Je vais participer au jeu. C’est un opéra merveilleux sauf qu’il fait mal. Il faut garder en tête ce magnifique dicton irlandais, « Est-ce un combat privé, ou peut-on tous y participer ? »

La vie est ainsi faite, et le héros est celui qui peut y participer décemment, à la manière de la nature, et non à la manière d’une rancune personnelle, d’une vengeance ou de quoi que ce soit de ce genre.

Le samouraï

Un guerrier samouraï, un guerrier japonais, avait le devoir de venger le meurtre de son maître. Et en fait, après un certain temps, il a trouvé l’homme qui avait assassiné son maître. Et il était sur le point de s’occuper de lui avec son sabre de samouraï, quand cet homme acculé, dans la passion de la terreur, lui cracha au visage.
Et le samouraï a rengainé l’épée et s’est éloigné. Pourquoi a-t-il fait cela ?

Parce qu’il était en colère, et s’il avait tué cet homme alors, ce serait un acte personnel, d’un autre genre et ce n’était pas ce qu’il était venu faire.

TEXTES NARRATIFS – QUELQUES TERMES

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