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TROUVER L’IDÉE DU THRILLER PAR DAN BROWN

Ayez confiance en vous

Le tout premier conseil que donne Dan Brown est d’avoir confiance en soi, dans la certitude que ce qui nous plaît peut plaire à d’autres. Puisque écrire, c’est d’abord un partage.

Et c’est un don de nous-mêmes à l’autre. Écrire un thriller ou s’accaparer un tout autre genre, ce n’est pas courir après les goûts des autres en espérant leur plaire. Écrire, c’est d’abord écrire sur ce que l’on aime.

Le scénario que vous devriez écrire, c’est précisément celui que vous auriez aimé voir porté à l’écran. Le roman que vous voulez écrire, c’est celui que vous auriez aimé lire.
Ce que vous écrirez ne plaira pas à tout le monde. Ne recherchez pas l’universalité. A la limite, renforcez l’opinion commune.

Surtout, affichez ouvertement vos goûts et sachez qu’ils déplairont à certains et seront hautement appréciés par d’autres. C’est une forme d’engagement que de manifester et d’assumer ce que l’on pense.

Avoir confiance en soi, c’est donc écrire le thriller (ou toute autre chose) que vous auriez voulu lire parce que comme le promet Dan Brown, si vous aimez ce que vous écrivez, il y aura toujours quelqu’un d’autre pour l’apprécier tout autant.
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DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (124)

Chapitre 32

Storyweaving et Storytelling

Selon Dramatica, il y a deux types de techniques narratives (Dramatica emploie le terme de technique sciemment pour indiquer que celles-ci sont productrices d’un résultat tangible).

Il existe donc les techniques qui affectent l’arrangement des choses dans l’espace et les techniques qui affectent la séquence des choses dans le temps.

Fort de son habitude, Dramatica a donc identifié ou catalogué selon ses propres mots 4 différentes techniques dans l’espace et dans le temps (donc 8 au total).
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DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (121)

La progression de la Subjective Story Throughline

Ou plus précisément la progression du domaine de cette Subjective Story, c’est-à-dire l’étude du rapport personnel, intime et subjectif qui existe entre le personnage principal et l’Influence Character.

Personnage principal et Influence Character ne sont pas des fonctions de l’histoire. Antagoniste et protagoniste le sont. Ainsi l’Influence Character pourrait être n’importe quel autre personnage tant qu’il n’est pas le personnage principal.

Habituellement, il est plus facile de travailler le lien qui unit le personnage principal à l’Influence Character lorsque les trajectoires personnelles de ces deux personnages ont déjà été étudiées.
En effet, l’évolution de leur relation dépend en grande partie de ce qui se passe personnellement dans leurs vies indépendamment de leur relation.

Considérons Lawrence d’Arabie. Le personnage principal est T. E. Lawrence. Sherif Ali est son Influence Character.

Selon Dramatica, c’est la classe PSYCHOLOGY et ses quatre types :

  • Conceptualizing (sommairement qui consiste à développer une stratégie, une tactique, un plan),
  • Being (c’est-à-dire paraître, jouer un rôle, adopter un comportement social autre que sa véritable nature),
  • Becoming (devenir autre, changer sa personnalité dans le sens de retrouver son identité trop longtemps cachée)
  • et Conceiving (littéralement concevoir une idée. C’est une description essentiellement du comment on a pu arriver à se forger une idée)

qui règlera cette relation.dramatica

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DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (103)

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DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE

CHAPITRE 21

STORYTELLING ET DYNAMIQUES DE PERSONNAGES
L’impact sur le lecteur

Pour Dramatica, il y a 8 questions essentielles. Y répondre peut faire d’une idée tout à fait embryonnaire, une histoire à part entière.

Quatre de ces questions interrogent le personnage (habituellement le principal) et quatre autres se réfèrent à l’intrigue globale (Overall Plot que l’on peut considérer comme l’intrigue principale).

Saisies dans leur ensemble, les réponses données permettent de rendre sensible un sentiment qui appartient en propre à l’histoire et l’effet que celui-ci aura sur le lecteur.

Le concept de Dynamics

Définissons d’abord ce que Dramatica entend par force dynamique ou Dynamics :

Dynamics désigne les forces dramatiques qui détermineront le devenir d’une histoire (puisqu’une histoire est une œuvre accomplie, on ne peut nier qu’elle est déterminée).

La force vitale d’une histoire puise son énergie d’une part de la structure qui représente le potentiel dramatique qui existe déjà dans le personnage, l’intrigue et le thème au début de l’histoire.
Puis d’autre part par les forces dynamiques qui agiront sur le potentiel dramatique pour faire évoluer les relations entre les personnages, changer le cours de l’intrigue et développer le thème au fur et à mesure que l’histoire avance.

Pour Dramatica, les choix de l’auteur entre des forces alternatives comme Success ou Failure ou encore Change ou Steadfast déterminent les forces dynamiques qui agiront au cours de l’histoire.

Success ou Failure

En cas de Failure, l’objectif original n’est pas atteint.
Notez que l’objectif original tel qu’énoncé au début de l’histoire peut avoir changé en cours de route. Le véritable objectif est ce que Dramatica nomme le Story Goal). La ligne dramatique (Throughlines) de l’Objective Story Throughline qui entre dans le Grand Argument Story a en son sein un résultat souhaité qui sera recherché.

Au dénouement, les personnages atteindront ce résultat (Success) ou échoueront (Failure). Les raisons qui mènent à cette Failure (à cet échec) ne sont pas forcément mauvaises en soi.
En effet, dans leur quête de parvenir à ce résultat, les personnages peuvent décider que de vouloir ce résultat était une erreur. Seule l’expérience de leur aventure leur a permis d’ouvrir les yeux.

Au cours de leur aventure, ils peuvent aussi apprendre (un second acte est souvent le moment de l’apprentissage) que d’accomplir ce résultat sur lequel ils sont arc-boutés depuis le début de l’histoire nuira à la communauté et ils préfèrent y renoncer (le renoncement est peut-être une Failure. Il est malgré tout l’expression d’une liberté).

Quelle que soit la raison, qu’elle soit noble ou le fait d’une incapacité, si le résultat souhaité au début de l’histoire n’est pas atteint, l’histoire se termine en Failure.
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DÉFINIR SES PERSONNAGES PAR LEUR COMPORTEMENT

Il est presque impossible d’avoir une bonne histoire sans des personnages dépeints sur au moins trois dimensions. Des personnages pleinement réalisés et possédant leurs propres idiosyncrasies ressemblent à de vraies personnes et le lecteur peut éprouver de l’empathie ou de la sympathie envers de tels personnages.

Néanmoins, avoir créé des personnages tridimensionnels n’est pas suffisant car il faut aussi trouver le moyen d’exprimer, de révéler la nature de ces personnages au lecteur d’une manière dramatique et crédible.

Le comportement est dramatique

Un scénario, c’est montrer les choses. Montrer les choses, c’est dramatiser. C’est-à-dire qu’on prend une idée et on la présente dans une forme propre au drame.
Si on se contente de l’exposer par des descriptions dites par les personnages, on échoue à écrire un scénario. Les traits de la personnalité des personnages seront ainsi dramatisés.

PersonnagesDans Green Book : Sur les routes du sud de Nick Vallelonga, Brian Hayes Currie et Peter Farrelly, il n’y a nul besoin que Tony fasse un étalage de ses opinions racistes pour comprendre qu’il a certains préjugés. Une seule scène a suffit et l’intelligence du lecteur (ne jamais sous-estimer l’acuité de celle-ci ce qui serait méprisable) a fait le reste.

Lorsque la femme de Tony offre un verre d’eau fraîche à deux ouvriers noirs, Tony jette ensuite nonchalamment les verres à la poubelle. Sans un cri, sans un mot, ce comportement nous dit que pour Tony les verres ne seront jamais assez propres après que ces hommes noirs aient bu avec.

Et cela va encore plus loin car cette action initie l’arc dramatique que va suivre Tony tout au long de cette histoire. Au dénouement, Tony invite Shirley à partager le repas familial de Noël. Cette action d’inviter un homme noir à partager un repas aussi important sur un plan symbolique que celui de Noël peut être rapprochée de la scène où Tony jette les verres.

En comparant ces deux scènes, nous comprenons que Tony n’est certainement plus la même personne après avoir vécu toutes les expériences de l’intrigue. Et son arc dramatique est complété.

PersonnagesDans Can you ever forgive me ? de Nicole Holofcener et Jeff Whitty, nous apprenons beaucoup sur la personnalité de Lee Israel lorsqu’elle se rend à une fête organisée par son agent. En fait, Lee est seulement intéressée pour soumettre des idées à son agent mais celui-ci la rabroue. Ce n’est ni le lieu, ni le moment. Lee s’en va en volant le manteau de quelqu’un d’autre dans la foulée.

Cette scène qui n’ajoute rien à l’intrigue est pourtant nécessaire pour nous en dire un peu plus sur la personnalité de ce personnage. On comprend ainsi que Lee a un total désintérêt des rapports sociaux et nous avons aussi un aperçu de son manque d’honnêteté ou d’intégrité.

Bien sûr, nous sympathisons avec elle car ses difficultés financières sont terribles et nous comprenons sa situation mais cela nous prépare aussi à accepter que du vol d’un manteau à la contrefaçon, Lee franchit le pas d’une manière tout à fait crédible.

Et cela seulement par son comportement. Aucun dialogue s’est avéré nécessaire.
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