Dramatica

DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (35)

Dramatica décompose la nature d’un problème en classes, types et variations de type.

Analysons dans cet article les variations du type Progress de la classe Universe.
Il s’agit de la traduction librement commentée du chapitre 12 de la théorie narrative Dramatica.

Sommaire de tous les articles :
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE
Dramatica

Les quatre variations du type Progress (classe Universe)

Fact

Fact est une croyance en quelque chose de réel. Fact étudie le rapport à la réalité. Il ne s’agit pas de percevoir la réalité sensible vue à travers nos sensations mais bien de considérer la réalité des choses et non pas ce qu’elles semblent être (perçue à travers le prisme de notre conscience).

Nos croyances, certitudes et évidences ne reflètent pas la réalité puisque l’angle sous lequel nous appréhendons la réalité est subjectif.
Ce que nous percevons du monde n’est pas la vérité. Nous prouvons une chose et en même temps en réfutons une autre. Mais ce que nous prouvons et réfutons est variable selon les individus.
Par exemple, deux personnes peuvent avoir un souvenir différent du même événement.

Qu’importe la force de nos croyances et certitudes, de notre compréhension de quelque chose ou de la connaissance que nous pouvons avoir, subjectivement, il y a toujours la possibilité qu’un changement dans notre situation actuelle ou une nouvelle information viennent contrarier notre perception de la réalité.

Croyances et illusions peuvent faire bon ménage, parfois. A partir du moment où un personnage accepte quelque chose comme un fait, un conflit relatif au thème peut se développer.

Dans ce rapport du personnage à la réalité des choses, Fact cependant ne décrit pas la façon dont est perçue une chose. Il pointe sur la réalité indépendamment de la personne qui la relatera.

Ainsi, Fact est une croyance en quelque chose d’authentique. C’est une croyance juste et non fondée sur une appréciation ou un jugement ou un raisonnement qui risque d’être faux.

Fantasy

A l’opposé de Fact se trouve Fantasy. Fantasy est aussi une croyance mais c’est une conviction qui se fonde sur une chose qui n’est pas réelle.
Une chose peut paraître réelle mais elle ne l’est décidément pas.

Pour le philosophe Alain, la croyance est une disposition involontaire (contrairement à la foi qui est une croyance volontaire) à accepter soit une doctrine, soit un jugement, soit un fait.
Fantasy décrit cette croyance.

Pour Dramatica cependant, Fantasy est aussi plus radical. La chose n’existe pas réellement. Elle existe dans l’imagination de celui ou celle qui possède cette croyance. Subjectivement, elle peut alors être soit une fausse interprétation de la signification (ou de la nature, ou de l’essence) d’une chose réelle ou bien l’élaboration en interne de significations qui ne sont pas correctes.

Fantasy n’est pas intentionnel. Et le personnage qui éprouve cette sorte de délire n’a pas conscience du mensonge. Un manque de discernement ou d’esprit critique est souvent à la base de nombre de croyances.

Mais Fantasy n’est pas nécessairement mauvais. Selon Dramatica, ce peut être le meilleur moyen pour un personnage pour clarifier la nature de son objectif.
Dans ce cas, Fantasy participe au doute. Et le doute permet de garder une ouverture d’esprit.

De plus, Fantasy possède un aspect pratique. En effet, le personnage habité par des convictions erronées ou guidé par son imaginaire agira pour que ses illusions (voire ses hallucinations) deviennent vraies. Toutes ses réponses (émotionnelles ou autres) seront imprégnées de sa volonté de réaliser, de concrétiser ce que son imaginaire lui propose.

Néanmoins, lorsqu’un personnage perd tout repère avec la réalité, il perd de vue aussi son objectif. Et ses fausses croyances ne lui permettent plus d’évaluer ses progrès vers son objectif.
Fantasy est alors en roue libre. On peut dire que le personnage part en vrille et ce qu’il estime des progrès réalisés dans la réussite de son but deviennent eux aussi imaginaires.

Security

C’est l’évaluation de sa propre protection, de ses propres moyens de défense.
D’une manière générale, avant d’atteindre de plus grands accomplissements, il est nécessaire de protéger ce que l’on possède déjà. Ce que l’on a déjà réalisé.

Lorsqu’un personnage se préoccupe de sa sécurité (Security), il se construit des défenses à la fois contre des menaces connues mais aussi qu’il anticipe. Ce qui peut conduire parfois à la paranoïa.

Cependant, les meilleures défenses ne sont pas à l’épreuve de tous les dangers.
Et se sentir en sécurité est avant tout subjectif. C’est le personnage lui-même qui détermine s’il se sent en sécurité. C’est sur la base de ses expériences qu’il peut juger (ou évaluer) sa propre sécurité.
Par exemple, un personnage qui aurait souffert de la faim au cours de son enfance aura tendance à surcharger son réfrigérateur pour éloigner la menace que ses souvenirs ne laissent pas de rendre toujours aussi présente.

C’est donc d’abord une question d’expériences (donc de biographie du personnage) qui motive un personnage à se transformer en survivaliste ou bien à sous-estimer sa situation.
Et dans les deux cas, Security peut s’avérer un danger lui-même.

Synonymes :
– Une évaluation de risques ou de sa propre protection.
– Mesures préventives.
– Niveau de défenses.

Threat

Threat est l’estimation de sa propre vulnérabilité. Comprenez bien la différence : il ne s’agit pas d’évaluer des risques (Security) mais d’apprendre ce qui nous rend vulnérables. Threat, ce sont les signes ou avertissements que le danger rôde.

Échapper à un danger réel (qui n’est donc pas imaginaire) est plus facile lorsqu’on agit dès le premier signe de menace.
Ce que cette variation de type (Threat) propose en somme, c’est une traduction de la résistance au changement chez les personnages.

L’immobilisme, c’est-à-dire le maintien du statu quo par aversion de l’incertitude (le devenir du personnage), est comme une paralysie du personnage qui n’avance plus dans sa vie de fiction.
L’agir qu’exige Threat pourrait alors dénoncer tous ces comportements d’opposition qui sont d’abord un obstacle dans l’avancée du personnage vers son but, sa finalité.

Néanmoins, lorsque la menace identifiée est bien réelle, elle n’est pas moins perçue subjectivement. A travers toutes les expériences, après tout ce que peut avoir vécu les personnages, la nature d’un danger et le concept même de détresse, de douleur, de désarroi, de mauvaise fortune… ne sera pas interprété à l’identique chez tous les personnages.
Et certains verront un danger là où d’autres n’y voient que la normalité.

Tendances et préjugés qui nous éloignent bien souvent de notre véritable nature peuvent nous mener à une évaluation inadéquate d’une situation et à une identification erronée des menaces qui sourdent en son sein.
Menaces réelles et imaginées sont confondues.

Lorsqu’un personnage adopte un comportement d’opposition ou décide de ne pas agir lorsqu’il perçoit un danger imaginaire (représenté par Threat en tant que variation d’un type de problème qui est au cœur du personnage), il pourrait alors brider ses propres progrès vers le but qu’il s’est fixé.

Sa propre évolution s’en trouve alors freinée, voire supprimée, sur la base seule de ses peurs (foncièrement subjectives et par nature irréelles puisqu’elles sont le résultat d’expériences traumatiques).
L’identification ou la perception d’un péril est à priori une affaire personnelle.

Dans le prochain article, nous aborderons les quatre variations du type Future de la classe Universe.

 

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