LA CRISE DU PERSONNAGE

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  • Ce sujet contient 10 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Labrot, le il y a 9 mois et 2 semaines.
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    • #37658 Répondre
      William
      Maître des clés

      Dans The Plot Whisperer avec en sous-titre Secrets of Story Structure Any Writer Can Master, Martha Alderson écrit :

      After the crisis, the protagonist picks herself up and moves steadily toward the climax. The writer, however, has free will. Staggering from metaphorical pain and death, you enter a threshold. Your decision about which way to go next narrows down to two choices:
      1. Resist what is and become a victim.
      2. Yield to what is and become a victor.
      Stripped of everything at the crisis, you clearly see your protagonist’s story mirrors your own.

      Ce que j’ai traduit (et donc interprété) comme :

      Après la crise, la protagoniste se relève et se dirige progressivement vers le point culminant [le climax]. L’auteur, cependant, garde son libre arbitre.

      En titubant de la douleur et de la mort métaphoriques, on franchit un seuil. Votre décision quant à la voie à suivre se réduit à deux choix :
      1. Résister à ce qui est et devenir une victime 
      2. Prendre le meilleur de ce qui est et devenir un vainqueur.
      Dépouillé de tout lors de la crise, vous voyez clairement que l’histoire de votre protagoniste reflète la vôtre.

      Comment faut-il interpréter cette réflexion de Martha Alderson ? Je pense que Prendre le meilleur de ce qui est [Yield] signifie se détacher du monde extérieur et se concentrer sur soi-même, ce lieu intime où se trouve notre véritable être.
      Qu’en pensez-vous ?

    • #39270 Répondre
      Pascal Cervin
      Invité

      1. Résister à ce qui est et devenir une victime
      2. Prendre le meilleur de ce qui est et devenir un vainqueur.

      On peut utiliser l’image du surfeur

      S’il résiste au rouleau de la vague, il la subit et elle le recouvre, le roule dangereusement au point peut-être de le noyer ou de le fracasser sur les coraux.

      S’il sait prendre le meilleur de la vague, c.a.d sa crête, elle le porte sans qu’il renonce à rien de lui-même. Il ne se concentre ni sur lui-même ni sur la vague, mais sur tout ce qui est compatible entre lui et la vague.

      Le vainqueur est celui qui sait identifier ce qui, de la réalité, est compatible avec ce qu’il ne peut abdiquer de lui-même ; et qui sait l’utiliser pour avancer, en laissant le reste.

    • #39281 Répondre
      William
      Maître des clés

      Certes, Pascal, mais si ce qu’il ne peut abdiquer de lui ou d’elle d’ailleurs est précisément ce qui l’empêche de triompher de lui-même ? Sa réalité sera toujours biaisée s’il ne sait se remettre en cause et se réfère encore et toujours à ses expériences, à un vécu souvent dramatique parce que plus facile à se remémorer.
      Vision probablement pessimiste des choses que je présente ici, certainement pas universelle, pourtant elle me semble convenir à un personnage de fiction nécessairement torturé afin qu’il se dépasse lui-même, qu’il envisage la possibilité d’autres horizons. Et qu’il soit ainsi un témoin, peut-être même une preuve, pour montrer l’exemple.

    • #40125 Répondre
      Cine7
      Invité

      Bonjour William, je pense pareil et oui que c’est universel !

    • #40177 Répondre

      Pour moi, ça veut dire qu’y doit s’barrer d’là sinon c’est foutu pour lui.

    • #40179 Répondre
      William
      Maître des clés

      Donc se dépasser. Prendre une masse et démolir les murs qu’on a bâtis.

    • #41712 Répondre
      Kat75
      Invité

      Hello ?

      Merci pour ce site, je trouve l’éclairage sur le voyage d’écriture vraiment intéressant et assez différent de tout le reste.

      En ce qui concerne ‘ce qui est’, écouter Khrishnamurti sur youtube.

      Puisque quels que soient l’histoire et le protagoniste ou personnage principal, le but est de faire face à ce qu’ils sont vraiment, (ce qui suppose un travail d’introspection pour l’auteur aussi), la vague purifie l’être. Résister c’est pour moi refuser cette purification et demeurer soumis à la blessure ou continuer à subir les conséquences de son défaut majeur. Donc échouer.
      Accepter la purification entraîne le retour du protagoniste à son essence, à ce qu’il devrait être si la blessure n’avait pas eu lieu ou si il n’avait pas ce défaut.

    • #41732 Répondre
      William
      Maître des clés

      Bonjour Kat75, merci de nous lire et merci d’attirer notre attention sur Jiddu Krishnamurti.
      En effet, la fiction décrit aussi une réalité intérieure. A très bientôt et Merci encore pour cette intervention particulièrement juste.

    • #45360 Répondre
      Labrot
      Invité

      Tout ceci me rappelle la phrase de Francis Bacon (celui du XVIème siècle) : « On ne commande à la Nature qu’en lui obéissant ». Ce qui signifie qu’on ne peut affronter la nature de face. En revanche, on peut la tromper en se servant d’elle. Le plus bel exemple est celui du marin qui, en maniant sa voile, parvient à remonter le vent, parce qu’il se sert de lui. C’est sans doute cela le génie ! à mon avis, ça n’a rien à voir avec le libre-arbitre.

    • #45361 Répondre
      William
      Maître des clés

      Peut-être que le libre-arbitre réside dans le choix : résister (d’où le coup de génie) ou succomber.

    • #45430 Répondre
      Labrot
      Invité

      Précisément ! il faudrait, à mon sens, analyser en profondeur les mécanismes du « libre-arbitre » et cesser de l’utiliser comme un « Deus ex machina » qui dispense de répondre aux questions. C’est cela qui serait intéressant.
      Personnellement, vous l’avez sans doute deviné, à l’instar de Spinoza, je ne crois guère au libre arbitre.

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