HÉROS ET HÉROÏNES DE ROMANCE

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Dans les romances, à la différence des autres genres, il existe une relation singulière entre le héros ou l’héroïne et un autre être parmi les personnages qui est presque toujours désigné comme l’être aimé.

Cette relation possède l’avantage de rendre égaux les deux personnages impliqués dans la relation. Il n’y a pas de subordination, de soumission, de dépendance sauf si l’on considère soi-même que cette nécessité de l’autre est un lien qui nous enchaîne à l’être aimé ou qui fait de nous un être aimé.
Mais, selon Alexandra Sokoloff, dans les romances habituellement, la relation place les deux amants sur un même pied d’égalité au point qu’il est parfois confus de distinguer qui est le personnage principal et qui est celui qui l’influence.

Le point de vue

Alexandra Sokoloff suggère que le point de vue sera alors un indice du personnage principal. Comme le lecteur/spectateur perçoit l’histoire à travers le regard d’un personnage, ce personnage sera alors principal.

Ou alors, l’auteur ou l’autrice ont clairement désignés à qui appartient l’histoire et qui tient la position du Love Interest, c’est-à-dire de l’être aimé. Notons d’emblée du moins dans notre grammaire que le verbe aimer est à la voix passive (bien qu’on entend l’être humain dans l’expression). La langue anglaise n’est pas en reste car que l’on dise beloved one (le bien-aimé ou la bien-aimée) ou To be loved, la situation d’énonciation semble être la même. Je ne m’étends pas davantage (mais si certains d’entre vous peuvent étendre mes quelques propos, s’il vous plaît, ouvrez un sujet dans le forum, j’adorerais qu’on en parle), il me paraît cependant que la passivité apparente de l’expression rende un personnage moins principal que l’autre.

Alexandra Sokoloff remarque que les récits portent assez souvent sur deux personnages œuvrant ensemble (généralement à contrecœur au début) contre une forme d’antagonisme extérieur.
Ou bien vous verrez des personnages qui paraissent égaux (la théorie narrative Dramatica est néanmoins formelle à ce propos : il ne peut y avoir qu’un seul personnage principal dans une histoire) qui sont antagonistes l’un envers l’autre au début de l’histoire.

Ils devront alors connaître tous deux ce qu’on pourrait appeler un double renversement de leur arc dramatique afin de se réunir enfin en tant que couple (dans les romances essentiellement mais cela n’écarte pas l’amitié ou le respect ou une toute autre forme destinée à trouver en l’autre un aspect de nous-mêmes qui nous manque pour devenir l’être accompli que nous devrions aspirer à être en attendant une éventuelle prochaine étape).

La décision d’écrire une Love Story

Laquelle de ces dynamiques (une lutte contre un ennemi commun qui rapproche dans l’adversité ou bien commencer par nier l’autre et découvrir progressivement qu’il fait partie de soi) vous souhaitez représenter dans votre histoire est l’une des décisions les plus importantes que vous prendrez en écrivant votre propre histoire d’amour, confie Alexandra Sokoloff.

Il se peut que vous trouviez l’évolution de vos personnages au moment où vous écrivez votre première ébauche (draft), ce qui est parfaitement bien – tout cela fait partie du processus ! Il suffit de coucher l’histoire sur le papier et de voir ce que vous avez et comment vous voulez affiner la relation lors de la réécriture.
Car c’est en effet la relation qui importe. D’ailleurs, pour en revenir à la théorie narrative Dramatica, il existe déjà trois lignes dramatiques dans un récit : celle évidente du personnage principal, celle de celui (ou celle) que Dramatica nomme Influence Character et qui peut tenir n’importe quelle fonction dans l’histoire y compris celle de l’antagoniste et dont le rapport au personnage principal permet à celui-ci d’orienter ses choix.

Et puis il y a la ligne dramatique qui décrit l’évolution de la relation qui unit ces deux personnages. Selon Alexandra Sokoloff, quelle que soit votre approche, vous allez devoir détailler tous les éléments essentiels de la personnalité de ces deux personnages :

  • le désir et le besoin (le désir est l’objectif, le but vers lequel s’arc-boute chacun des personnages tandis que le besoin est intérieur et ne pas l’accomplir est un échec personnel),
  • ce qui hante le personnage (Ghost dans la langue anglaise) ou sa blessure (tous deux s’ancrant dans le passé),
  • le monde ordinaire (car chacun des personnages se meut dans un univers imposé ou qu’il s’est fabriqué)
  • et l’arc dramatique, c’est-à-dire vers quoi tend chacun des personnages.
Une dynamique entre aimer et être aimé

Alexandra Sokoloff constate que dans les romances, il y a toujours celui ou celle qui aime et celui ou celle qui se laisse aimer. C’est un modèle fort utile pour écrire des romances ou fonder une intrigue secondaire sur une romance.

Dans la plupart des histoires d’amour, pour une grande partie de celle-ci, il y a un déséquilibre entre le héros ou l’héroïne et son Influence Character… les deux amants, quels que soient leur sexe et leur orientation.

Au début, il semble qu’il y ait un poursuivant et un poursuivi – mais le poursuivant n’est peut-être pas celui qui aime le plus profondément. La poursuite peut être basée sur l’ego (et l’autre devient objet), ou pour gagner un pari, ou bien évidemment, simplement pour une conquête sexuelle – il y a de nombreuses possibilités.

Maintenant, les deux personnages pourraient se détester au début : comme dans Vous avez un message de Nora et Delia Ephron. Mais assez rapidement dans les romances, l’un des personnages s’intéresse davantage à l’autre, et devient le poursuivant. Notons aussi que le personnage principal peut être le poursuivant ou le poursuivi. Et le sexe du personnage principal n’a rien à voir dans la décision. Par exemple, Bridget dans Le journal de Bridget Jones est à la fois protagoniste, personnage principal et poursuivant.
Alexandra Sokoloff donne aussi l’exemple de Quand Harry rencontre Sally dans lequel Harry est celui qui poursuit mais n’est pas celui qui aime au début. A un certain moment, c’est Sally qui comprendra qu’elle a besoin de plus que l’amitié et c’est elle qui devient celle qui aime.

Connaître ces dynamiques peut vous aider à garder votre histoire sur la bonne voie, et s’avère également utile à la fin de l’acte Deux, à l’approche de la bataille finale de l’acte Trois (le climax), où nous verrons que celui ou celle qui aime prend presque toujours position et force l’être aimé hésitant ou hésitante à faire un choix.

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