ÉCRIRE, C’EST SOUFFRIR ?

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Selon Robert McKee, il n’y a pas vraiment d’expérience émotionnelle positive ou négative dans le fait d’écrire. La question essentielle pour McKee est de se demander si être artiste (dans le sens de produire comme l’artisan potier crée à partir de la masse informe de l’argile ou bien encore posséder une sorte de génie comme le génie poétique) peut être une souffrance pour les êtres humains que nous sommes.

Gilles Deleuze disait que les grands penseurs sont souvent de santé fragile parce que cela leur donne un regard singulier sur le monde. McKee, de son côté, ne pense pas qu’il faut avoir vécu une enfance douloureuse pour être capable de produire de grandes choses.
Selon lui, le génie créateur, c’est être capable de prendre deux choses qui existent et les assembler en une chose qui n’existe pas encore. La création est effectivement une invention, quelque chose de nouveau. McKee nomme ce génie créateur comme le talent.

Certes, il reste à s’interroger de savoir si le talent est inné ou s’acquiert. Mais pour McKee, l’auteur ou l’autrice qui s’essaie à écrire a probablement en lui ou en elle une curiosité innée et une grande sensibilité vis-à-vis des choses du monde.

C’est aussi une introspection, un regard que l’on porte soi-même sur ses propres expériences et c’est un regard qui s’affine quand on prend nécessairement de plus en plus de distance avec notre vécu (lorsqu’on le pose devant soi et l’observons comme un objet qui nous est soudain étranger).

Cette forme intime de savoir nous permet de mieux comprendre ce que c’est que d’être humain. Ainsi, nous projetons dans les personnages que nous créons cette compréhension et cette interprétation de la nature humaine dans toute sa diversité, sa complexité, ses contradictions.

On ne peut écrire sur l’être humain si l’on n’a pas déjà tenté de se comprendre soi-même en tant qu’être humain. Il est important pour un auteur d’oser s’affronter lui-même pour bien écrire sur d’autres que lui-même et cela peut en effet être parfois douloureux. On ne peut bien écrire dans l’ignorance. Il faut aller au-devant des choses qu’elles soient intérieures ou extérieures et découvrir ce que les apparences cachent.

Toutes choses possèdent une profondeur qu’elles ne dévoilent pas immédiatement. C’est là que notre sensibilité peut nous aider à percevoir à travers le voile et singulièrement sur ce qu’autrui dérobe à notre regard.

Peut-être que dans cette double ouverture, nous pourrions atteindre une forme supérieure d’expérience que nous pourrions alors écrire.

Il est crucial pour un être blessé par la vie de reconnaître cette blessure. Ce n’est souvent que par ce moyen qu’il pourra alors écrire sa souffrance et la dépasser. La parole, cette chose abstraite, peut alors être posée sur une page avec des images, des métaphores, des comparaisons, des allégories et des mythes aussi.

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