Personnifier les animaux est la clef pour les rendre attachants aux yeux des lecteurs

LA TENSION MAINTIENT LES ELEMENTS DE VOTRE SCRIPT

Ce qui permet à un récit d’avancer, ce n’est pas tant les conflits mais la tension qu’ils génèrent. Un conflit oppose deux forces. Ces forces contradictoires génèrent une tension. Cette tension se traduit par la question de savoir ce qui va se passer ensuite. Plus la tension est intense, plus le lecteur est dans l’attente de ce qui va advenir.
La tension générée par les conflits place le lecteur dans une position qui l’incite à continuer sa lecture pour avoir les réponses aux questions que la tension lui a inspirée.
Créer de la tension consiste à créer des personnages dont le lecteur se souciera profondément, pour lesquels il se préoccupera de ce qu’il peut leur arriver.

L’invention des personnages

Lorsque vous voulez créer une histoire, la première tâche à accomplir est la création de personnages qui ont des faiblesses, qui soient vulnérables et complexes. En un mot, la clé est de donner naissance à des personnages qui possèdent une existence, une réalité.

Personnifier les animaux est la clef pour les rendre attachants aux yeux des lecteurs
Personnifier les animaux est la clef pour les rendre attachants aux yeux des lecteurs

Personnifier les animaux, par exemple, permet au lecteur de  comprendre leurs comportements, leurs motivations, leurs désirs et ainsi de s’inquiéter de ce qu’ils pourraient leur arriver au cours de l’intrigue.

La question dramatique issue de la tension générée par les conflits doit être simple et importante.
– Le Sheriff Brody tuera-t-il le requin ou sera-t-il dévoré par lui ?
– Dorothée pourra-t-elle sortir de Oz et retrouver sa famille ?
– Est-ce que Marty McFly pourra retourner dans le présent ?
– Est-ce que Royal Tenenbaum trouvera la rédemption et réunira de nouveau sa famille dont il est responsable de l’éparpillement ?

Royal Tenenbaum pourra-t-il réunir sa famille et trouver la rédemption ?
Royal Tenenbaum pourra-t-il réunir sa famille et trouver la rédemption ?

Cependant, ne jouer que sur les conflits pour donner de la consistance aux scènes et à l’intrigue pourrait en fin de compte se retourner contre vous.

Le conflit est-il vraiment la clef ?

Si le moindre sujet, la moindre transgression est source d’un nouveau conflit, les personnages risquent de devenir ennuyeux même si l’intrigue bénéficie de cet élan, de cette énergie.
Il est préférable souvent de jouer sur l’intensité des conflits, sur une sorte de flux et de reflux de la tension, une succession de moments plus calmes et de moments plus vifs rendent le lecteur généralement un peu plus nerveux devant le spectacle.

Supposez que vous ayez un personnage qui soit au bout du rouleau dans son job. Il se sent pris au piège, il étouffe, sa vie privée s’en ressent, il vit un véritable enfer.
Il achète une arme.
Va-t-il se suicider ?
Va-t-il péter un plomb et faire un massacre ?

Il emmène avec lui son arme qu’il cache dans sa mallette. La mallette est posée là sur son bureau, bien en vue. Le patron de votre héros arrive et lui confie une mission. Il lui fournit moult détails sur la mission jusqu’à lui donner un temps limite pour l’exécuter.
Rien de bien excitant dans cette scène mais pourtant, on reste accrocher car notre attention est soutenue par le fait que nous savons ce qu’il y a dans la mallette. C’est une ironie dramatique. C’est comme si un compte à rebours avait commencé et le décompte crée naturellement de la tension, une angoisse même. On n’a même pas besoin de connaître ce qui va se passer, seule la tension est nécessaire dans cette scène.

La question dramatique

Un bon script doit avoir une question majeure qui attise l’histoire, en assure son déroulement et une série de questions moins importantes pour l’intrigue mais qui doivent être soulevées au cours de celle-ci.
Prenons l’exemple de The Barber des frères Cohen (2001).

Ed Crane, le personnage principal de The Barber des frères Cohen
Ed Crane, le personnage principal de The Barber des frères Cohen

La question au cœur du scénario, qui recouvre toute l’intrigue par sa persistance, est :
Que va-t-il arriver à Ed Crane ?
D’abord, il fait chanter Big Dave parce qu’il sait que sa femme le trompe avec lui. Mais il ne révèle pas son identité. La question que l’on se pose alors est :

Big Dave, l'ami de Ed Crane, le trompe avec sa femme. Ed le fait chanter initiant un processus morbide irréversible.
Big Dave, l’ami de Ed Crane, le trompe avec sa femme.
Ed le fait chanter initiant un processus morbide irréversible.

Est-ce que Big Dave comprendra que c’est Ed qui le fait chanter ? et s’il y parvient, qu’arrivera-t-il à Ed ?
Cette seconde question ne remplace pas la question centrale mais vient se greffer sous elle et relance la tension.

Big Dave découvre que c’est Ed qui le fait chanter et tente de le tuer. Mais Ed en légitime défense tue Big Dave. La question précédente a trouvé sa réponse. Le conflit qu’elle résumait est résolu et une nouvelle question est soulevée, un nouvel obstacle se fait jour :
Est-ce que Ed sera confondu et accusé du meurtre de Big Dave et du chantage ?

Mais c’est la femme de Ed, Doris, qui est accusée du meurtre et qui risque alors la peine de mort. Une nouvelle question pour le lecteur, un nouveau conflit pour ED :

Doris, la femme de Ed, sera injustement accusée du meurtre de Big Dave. Ed aura-t-il le courage de se dénoncer pour sauver sa femme ?
Doris, la femme de Ed, sera injustement accusée du meurtre de Big Dave. Ed aura-t-il le courage de se dénoncer pour sauver sa femme ?

Ed aura-t-il le courage de se dénoncer pour sauver sa femme de la peine de mort ?

Doris et son avocat ne croit pas à la confession de Ed. Pour eux, Ed se sacrifie pour Doris en s’accusant du meurtre de Big Dave.
Désespérée et persuadée qu’elle sera reconnue coupable du meurtre, Doris se pend dans sa cellule.
La question devient maintenant :
Comment Ed pourra-t-il continuer à vivre sans Doris ?

Cette démonstration est destinée à vous donner une idée de l’importance de relancer la tension en instillant de nouvelles questions dans l’esprit de votre lecteur même si celui-ci ne se les formule pas clairement, il n’en reste pas moins captivé par la suite des événements, par les réponses que ceux-ci lui apporteront.

Il ne s’agit pas cependant de systématiquement équilibré une scène où le conflit est puissant avec une scène où rien ne se produit. Chaque scène doit avoir un but, apporter de nouvelles informations et faire avancer l’intrigue. Si une scène ne réponds pas à cette nécessité, elle est inutile.

L’idée est qu’une scène peut remplir sa tâche sans qu’elle soit nécessairement bourrée avec de l’action. Mais l’action reste l’élément majeur d’une intrigue. L’action et les conflits qu’elle décrit doivent être votre préoccupation majeure. Seulement, il y a des moments au cours du récit où vous pouvez instiller de la tension d’une manière élégante en jouant sur les interrogations que suscitent votre intrigue dans l’esprit de votre lecteur.


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