MÉTAPHORES OU ANALOGIES

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Métaphores et analogies sont des dispositifs littéraires qui permettent de fixer une idée dans l’esprit du lecteur/spectateur. La métaphore est une figure d’expression ce qui la différencie de l’analogie qui est un argument logique. Ainsi, la métaphore compare deux choses : il est rigide comme l’acier, par exemple.
Alors que l’analogie explique comment une chose peut être comparée à une autre. Être aussi rigide que l’acier est un autre moyen de dire que l’être en question est une personne inflexible. L’analogie explique l’idée.

métaphores

Les ouvriers sont comparés aux moutons pour signifier leur conditionnement sous un régime capitaliste (ou leur soumission, si vous préférez).

La métaphore

La métaphore est une représentation qui vise à un effet. Cette représentation renvoie à un objet pour suggérer une similarité. La métaphore est un moyen économique de dire les choses mais plus important encore, elle crée un lien émotionnel avec le lecteur/spectateur.

Les images sont d’une importance capitale pour le récit. Elles ne se contentent pas de dire ce qu’il se passe. Bien souvent, elles ajoutent quelque chose sous la surface offerte à nos regards. Une métaphore peut s’utiliser avec l’arc dramatique spécifique d’un personnage ou bien être en rapport avec l’un des thèmes soulevés par l’auteur ou l’autrice.

Écrire, c’est mettre en œuvre une force créatrice. Réfléchissez bien à ce que vous pourriez intégrer dans les visuels et à la manière dont cela peut soutenir votre récit. Une image a une signification mais cette signification n’est pas évidente. Avec des objets ou des symboles, vous donnez un sens qui n’appartient pas à ces objets ou symboles.
Néanmoins, ce sens singulier peut faire avancer l’histoire, interpeller le lecteur/spectateur ou bien encore renforcer votre thème.

métaphoresAinsi, ce qui est devenu les Rocky Steps est une séquence employée métaphoriquement pour instiller dans les esprits que Rocky est parvenu au bout de ce parcours commencé bien plus tôt et qu’il est prêt.

Il est rare qu’une métaphore jaillisse immédiatement. C’est plutôt lors des réécritures qu’elle s’impose d’elle-même. Alors la tâche devient plus difficile car il faut trouver le moyen de la communiquer clairement au lecteur/spectateur.

métaphoresUn récit comporte toujours quelques vérités. Chaplin dans Les Temps Modernes ne fait pas que dénoncer une situation. C’est un hymne à la liberté qu’il nous offre. Mais s’élever contre la norme, prendre le risque d’être jugé comme un marginal par la bien-pensance dominante, est un danger permanent de sombrer corps et âme. L’image de l’abîme peut s’inverser aussi comme une métaphore pour une société qui écrase littéralement l’individu sous des lois qui le déshumanise tandis qu’il s’absorbe dans la masse.

Réfléchir aux vérités de son récit permet d’élaborer les métaphores les plus pertinentes et les plus facilement communicables.

L’image crée un lien immédiat avec le lecteur ou la lectrice de votre scénario. Elle expose quelque chose de familier tout en permettant une nouvelle façon de comprendre l’idée qui se cache sous l’objet comparé.

Le fonctionnement de la métaphore

La métaphore permet de traduire un concept abstrait avec des termes concrets. Ainsi, dans l’acte Un, scène 3 de Macbeth, Shakespeare fait dire à Blanquo s’adressant aux sorcières : Si vous pouvez voir dans les germes du temps, — et dire quelle graine grandira et quelle ne grandira pas, — parlez-moi donc, à moi qui ne mendie et ne redoute — ni vos faveurs ni votre haine.

Prédire l’avenir des hommes, c’est, dans cette métaphore, comme regarder un groupe de graines et prédire lesquelles vont prendre et germer, et lesquelles ne pousseront pas. Une métaphore comprime un concept en une image plus facilement comprise qu’une longue explication. Car la métaphore utilise des mots que l’imagination élabore en images familières par lesquelles nous avons un accès immédiat à la référence.

Entrer en trombe, par exemple, suggère un mouvement violent qui prépare le lecteur ou la lectrice à une tension dramatique soudaine.

La métaphore crée donc avec des mots une image dans l’esprit du lecteur ou de la lectrice (qu’il s’agisse ou non d’un scénario). Considérez une scène en intérieur nuit dans une chambre. La clair de lune projette sur l’un des murs à travers les diverses ombres des objets qui se trouvent dans la chambre comme des barreaux.
Nous sommes évidemment dans le point de vue subjectif du personnage présent et qui voit ces ombres. Que peuvent vouloir signifier ces barreaux ? L’intention pourrait de décrire l’état d’esprit du personnage qui se trouve enfermé dans ses propres limites, pétrifié dans le souvenir d’un trauma, littéralement prisonnier non pas de conditions extérieures mais incapable de trouver en lui une issue à ses délires.

Par la métaphore, vous décrivez avec économie (le bavardage devient vite ennuyeux pour le lecteur/spectateur) le regard qu’un personnage porte sur le monde. Vous avez le monde extérieur qui existe malgré que l’on n’y pense pas. Néanmoins lorsque ce monde est mis à la portée du lecteur/spectateur, c’est par le regard d’un personnage (lorsque la scène s’y prête).

Le recours à la métaphore peut être utile lorsque vous avez besoin de mettre en branle une émotion dans l’esprit du lecteur/spectateur. Par exemple, dans une ligne de dialogue, un personnage dirait : Cette gosse est comme la gale. Un moment ou un autre, il faut s’en débarrasser.
Cette scène pourrait être plus puissante si la gosse en question est présente dans la scène à l’insu des personnage qui tiennent cette conversation à son propos.

Une métaphore est un raccourci visuel qui rend une idée accessible aux sens du lecteur/spectateur. Un personnage qui pose sa main sur une surface rugueuse pourrait vouloir faire passer l’idée que ce lieu dans lequel s’aventure ce personnage ne sera pas facile à traverser.

Et l’analogie ?

Une analogie fonctionne en créant un argument logique comparant deux choses pour faire valoir un point de vue. Contrairement à la figure de style poétique d’une métaphore, qui laisse une chose en représenter une autre au sens figuré, une analogie vise à expliquer quelque chose.
Une analogie utilise deux choses habituellement différentes, et tire une conclusion de la comparaison directe. Elle utilise la logique pour présenter un argument. L’auteur E.B. White prenait l’exemple de la dissection d’une grenouille pour expliquer le fonctionnement d’un gag. On comprend mieux les choses mais la grenouille meurt dans ce processus.

L’analogie se communique plus facilement que la métaphore. Une analogie utilise des éléments familiers pour aider le lecteur à comprendre ce qui ne lui est pas familier. L’utilisation de références familières aide votre lecteur ou votre lectrice à se connecter à votre concept, à se concentrer sur les références et à approfondir sa compréhension.
En quelques mots, vous exposez un point logique plutôt que d’entraîner votre lecteur dans une longue explication. L’analogie permet de clarifier un point afin que le lecteur poursuive l’histoire sans se sentir confus.

Alors qu’une métaphore crée une image visuelle, une analogie utilise des termes concrets et des images familières pour consolider un concept. Les termes familiers permettent d’illustrer exactement ce que l’auteur ou l’autrice veulent dire.
Les analogies fonctionnent bien dans la fiction pour expliquer un concept sans éloigner le lecteur/spectateur de l’intrigue. L’auteur ou l’autrice évitent ainsi les longues explications narratives. Par exemple, cette ligne de dialogue : Si les gens étaient comme la pluie, moi je serais la bruine et elle, un ouragan.

L’analogie crée aussi une image dans l’esprit du lecteur ou de la lectrice tout comme le fait la métaphore. Les références à des termes et objets familiers permettent d’attirer l’attention du lecteur. Ensuite, l’explication de leur relation permet de consolider l’idée. L’imagerie visuelle crée une image concrète, souvent une image à connotation émotionnelle.
Les images constituent un raccourci pour comprendre le concept logique. Par exemple, sans entrer dans les explications scientifiques et compliquées pour un non-initié de la podologie, il est plus facile d’expliquer la différence de nature entre un sol riche et un sol pauvre si l’on compare l’un aux cendres d’une forêt ravagée par le feu et l’autre aux chaumes qui ondulent régulièrement sous l’effet de la brise [et si j’ajoute …comme un cœur qui bat, je renforce par une métaphore mon analogie].

Si les métaphores et les analogies sont toutes deux concises et font appel à l’imagerie visuelle, leur intention est différente.
Une analogie peut intégrer des métaphores pour renforcer l’imagerie de la comparaison. Le pouvoir émotionnel des métaphores renforce l’intérêt pour la conclusion logique. La meilleure façon d’identifier et de séparer les métaphores et les analogies est d’examiner l’objectif visé. La métaphore a recours aux visuels pour évoquer une émotion, un sentiment alors que l’analogie compare des visuels pour inciter à la réflexion. L’analogie fait penser, la métaphore fait sentir.

Je tiens à remercier ceux qui nous soutiennent déjà. Ils ignorent à quel point Scenar Mag leur est reconnaissant. MERCI

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