COHÉSION DU RÉCIT

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Votre récit forme un tout. Il faut s’assurer de sa cohésion, des relations et connexions qui garantissent son unité.

Les lieux sont un important atout d’unification. Par exemple, considérons l’église d’un village. Si de nombreuses scènes se passent dans l’église ou sur le parvis de l’église, le lecteur/spectateur saura qu’il est encore dans la même histoire.

Si vous ajoutez un hôtel de ville à l’église et que les scènes basculent d’un lieu à l’autre, alors ces lieux ont autant de valeurs que les personnages qu’ils représentent et participent activement tout comme les personnages à la consistance de votre récit.

Admettons que le personnage principal est le maire du village. Les scènes situées à l’église qui n’est pas son terrain de jeu seront alors négatives pour le maire. En revanche, les scènes prenant place dans l’enceinte de la mairie ou bien des endroits qui dépendent d’une manière ou d’une autre de la maire comme une maternelle, par exemple, seront plutôt favorables à notre personnage principal.

L’astuce narrative consiste à braquer l’attention du lecteur/spectateur sur ces lieux parce qu’ils appartiennent vraiment à l’histoire. Par contre d’autres lieux aideront à expliquer un personnage. Si vous faites de votre personnage principal un prêtre boxeur, alors décrire des scènes tandis qu’il s’entraîne avec un sparring-partner ou bien contre un sac de frappe aident à définir ce qu’il est et si parfois, il lui arrive de régler certains problèmes de façon inattendue pour un prêtre, lecteurs et lectrices ne seront pas surpris.

Un point de convergence

Des lieux peuvent servir à créer l’atmosphère exigée par le récit. Cette atmosphère participe aussi à l’unité de ton et de style lorsqu’il est régulièrement fait référence à un lieu. Par exemple, un personnage vit dans une ville grouillante. Nous le savons parce que c’est ainsi qu’il nous fut présenté.

Plus tard dans le récit, nous apprendrons qu’il a passé son enfance à la campagne. Toutes les fois où il sera fait référence à la campagne, soit visuellement, soit par les dialogues, nous saurons alors dans quel état d’esprit il se trouve à ce moment du récit et cela peut aider à justifier son action. De même, un personnage qui a subi un deuil il y a quelques temps aura des difficultés à assister de nouveau à un enterrement. Nous comprendrons alors sa réticence par la référence à son douloureux passé et non par manque de respect envers les proches de la personne décédée avec lesquels ce personnage entretient une relation sincère et utile pour l’intrigue.
En insistant sur le contexte du deuil dont le thème pourrait être qu’aimer, c’est aussi savoir laisser partir l’être aimé, vous unifiez par le contexte votre récit.

Vous pourriez construire aussi le contexte par le détail. Un développement continu et subtil d’un détail ou d’un aspect singulier d’un lieu permettra également de le garder en mémoire en tant qu’élément unificateur.

Comment fonctionne un tel processus ? Plutôt que de commencer par une description détaillée du lieu, vous commencez par un détail, puis vous le développez. Au fur et à mesure que l’histoire avance, l’élément du cadre choisi pour ce traitement deviendra de plus en plus important dans la conscience du lecteur/spectateur.
Par exemple, vous pourriez revenir régulièrement sur la jauge d’une chaudière située dans le sous-sol d’un hôtel alors que tous les personnages présents dans l’hôtel ignorent que la température de la chaudière ne cesse d’augmenter.

La tension dramatique générée par cette ironie dramatique (le lecteur/spectateur connaît une information ignorée des personnages) lie ensemble les différentes lignes dramatiques représentées par chacun des personnages.

Une somme de détails

Les références constantes à des aspects différents d’un même cadre fonctionne différemment du détail solitaire comme la jauge de chaudière. Ici, plutôt que de chercher différentes façons de se référer à un même phénomène, vous fournissez au lecteur différents points de vue sur différentes parties d’un lieu, construisant ainsi une image complète et détaillée, finalement, par un processus d’accrétion.
Par exemple, dans une ville moyenne, votre personnage se rend dans différents lieux. Au fur et à mesure de sa progression, il découvre que chaque lieu appartient en fait au même propriétaire. Cette façon de faire est assez efficace pour donner une information aux lecteurs parce qu’elle leur permet de tirer des conclusions comme dans la vie réelle. On collecte des bribes d’informations apparemment sans lien aucun et assemblées, ces informations révèlent une vérité et le contexte prend soudain de la signification.

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