LES DÉTAILS D’UN MONDE

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Les détails d’un monde sont un moyen de faire entrer lecteurs et lectrices dans votre histoire. Les images qu’ils perçoivent (mais en fait, les cinq sens interviennent, l’imagination se chargeant de combler ce quI n’apparaît pas) les transporte dans l’univers inventé.

La vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goût sont cinq détails simples qui contribuent à donner vie à votre monde fictif. Flannery O’Connor met en avant que l’expérience d’une œuvre de fiction est d’abord une expérience de perception humaine.

Une expérience du monde

La description visuelle est le plus souvent utilisée des cinq sens dans l’écriture. Dans notre monde de plus en plus axé sur l’aspect visuel, vous devez créer un cadre riche que les lecteurs pourront explorer. Et la clé de cette richesse réside dans les détails.

Mais ce ne seront pas tous les détails. Ce seront avant tout ceux d’une mémoire. Si les méandres de mon récit m’amènent à parler d’une poche à taille humaine et dont la fourrure épaisse est intérieure, lorsque mon personnage se glissera en-dedans de ladite poche, alors ce que j’essaierai de communiquer est le souvenir de ma propre sensation de cette peau étrangère sur ma propre peau.

Le détail participe à la consistance et à la validité d’une histoire mais c’est aussi un moyen de réduire la distance entre un discours que l’on accepte d’emblée et une immersion totale dans ce qui est conté. On accepte la présence d’un géant mais on ne comprendra ce géant qu’à la condition que l’on éprouve ce qu’il ressent. Par exemple, si, du haut de son hauteur inatteignable, il pose un regard mêlé d’étonnement et de compassion pour ce tout petit village d’hommes, alors on devrait, en tant que lecteurs et lectrices, pouvoir ressentir la délicatesse de ce regard et non pas la férocité de l’œil d’un ogre ou d’une ogresse.
Donc quel que soit le média par lequel on s’exprime, y compris un scénario, il serait sage d’utiliser les cinq sens pour communiquer.

Ceci dit, la vue est tout de même privilégiée lorsque nous posons notre regard sur la réalité d’un monde quelle que soit la façon dont vous jugez de cette réalité. Il semble donc important de donner au lecteur/spectateur des images visuelles suffisamment fortes pour l’émouvoir même si elles paraissent étranges comme mes poches à fourrure (une idée empruntée à Tommaso Landolfi).

Comme outil de travail, un scénario devrait être facile à lire. Cela ne signifie pas de négliger le choix de ces mots : verbes, noms, adjectifs et adverbes auront un impact sur celui ou celle qui lit.

En liant les images à une atmosphère et à l’émotion des personnages, la description devient un élément naturel de l’histoire. Montrez au lecteur ce que ressent le personnage par la façon dont il voit les choses : le bâtiment est-il imposant ou flamboyant ? Choisissez des mots qui correspondent à l’émotion du personnage et la renforcent. Par exemple, si votre personnage se rend à un entretien d’embauche et s’il lève les yeux vers un immeuble imposant, alors vous tentez de signifier par là l’angoisse qui étreint le personnage à la pensée de ce rendez-vous.

Mais s’il lève les yeux sur un bâtiment flamboyant, maintenant vous êtes dans une toute autre scène. Les couleurs aussi ont leur importance. Par exemple, dans Le Jour où la Terre prit feu de Val Guest et Wolf Mankowitz, pour signifier les scènes dans lesquelles la chaleur est écrasante, elles furent filmées avec un filtre jaune non pas seulement pour un quelconque effet esthétique mais plutôt pour créer une impression partagée entre le personnage et le lecteur/spectateur.

Des bruits qui en disent long

Une caractéristique des sons, c’est qu’ils sont moins concrets que ce que nous rapportent nos yeux. Quelle que soit la réalité que vous cherchez à décrire, elle se cache derrière les apparences. Mais avec les bruits, l’illusion est encore plus parfaite.
Les bruits ajoutent à la tension et au mystère bien plus efficacement que les images. De la même manière que les auteurs font naître une image dans l’esprit du lecteur grâce à la description, ils peuvent le faire avec les sons. Le simple fait d’inclure des sonorités ordinaires et quotidiennes peut renforcer le sentiment de réalisme et de présence au cœur de l’action. Serait-ce même les crissements des pneus d’un véhicule s’enfuyant à vive allure d’une scène de crime.

Les sons peuvent être réels ou imaginaires. Les émotions fortes et la fatigue peuvent conduire à une mauvaise interprétation. Un personnage effrayé peut imaginer des bruits de pas derrière lui ; un amoureux malheureux peut entendre la voix de son partenaire perdu dans la foule.

Seulement, lorsque les auteurs et les autrices se lancent dans des descriptions, cela impose derechef une pause dans l’action. Le mouvement inhérent à la fiction cesse et partant, l’intérêt du lecteur ou de la lectrice dans ce qu’il se passe.
Pourtant, donner des détails sur les lieux ou le contexte est nécessaire à l’implication et à la croyance spontanée et bienveillante envers l’univers totalement inventé qu’auteurs et autrices proposent. La solution consiste en petites touches. Quelques mots dans la didascalie peut situer la scène sans pour autant peser lourdement sur la lecture d’un scénario.

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