DESCRIPTION PAR LE DÉTAIL

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Le détail qui rend la fiction si vivante pourrait être un simple adjectif ou aussi démesuré que peut l’être une métaphore. Dire d’une personne ou d’un personnage qu’il ou elle possède une personnalité calamiteuse précise par exemple un peu plus les contours de cette personne réelle ou fictive, c’est nécessaire mais loin d’être suffisant.

Le détail ouvre dans l’esprit du lecteur/spectateur une image qui l’aide à voir la personnalité de la chose décrite. Ainsi, dire d’une personne qu’elle a la personnalité d’une abeille prise au piège d’un bocal de confiture révèle des traits de caractère dont l’imagination et l’interprétation des lecteurs s’empareront.

L’attitude révélatrice

Parfois, il suffit d’un ou deux détails pour éclairer un personnage pour votre lecteur et votre lectrice. Ces trouvailles précises et éclairantes sont les détails « révélateurs » de la fiction, car ils vont au-delà de la simple observation pour donner aux lecteurs un sens plus large et plus riche du personnage ou du lieu. Un vieil homme, par exemple, qui prend un soin particulier à se coiffer explique simplement qu’il n’a pas totalement abandonné, qu’il veut vivre encore.

Ce genre de détails fait de la fiction plus qu’un récit de ce qu’il arrivera ensuite. Il fait de la description plus qu’un récit. Les bons détails, insérés aux bons moments, permettent à votre lecteur/spectateur d’accéder au paysage intérieur d’un personnage, à ses particularités, ses peurs et ses compulsions qui ne peuvent être facilement expliquées.
C’est une chose d’expliquer à vos lecteurs qu’un personnage est craintif, c’en est une autre de décrire la façon dont il recule devant le contact humain. La comparaison et l’analogie sont aussi de bons moyens de communiquer sur un état d’âme.

Les images de feu et de glace, avec leurs attributs opposés, sont de puissants symboles de transformation dans de nombreux contes de Hans Christian Andersen par exemple, notamment Le Bonhomme de neige, La petite fille aux allumettes et La Reine des neiges.
Les étés sont courts et les hivers longs dans les pays scandinaves, et Andersen utilise les effets de ces saisons sur les émotions pour exprimer la résolution de la justice (c’est-à-dire l’harmonie retrouvée) ou un changement de fortune pour les personnages de ses contes.

S’il était important d’enseigner aux enfants les dangers du froid, il était tout aussi important de leur montrer que neige et glace pouvaient être transformées, par l’imagination, en toutes sortes de créatures fantastiques. D’autre part, si le feu apporte chaleur et lumière (comme dans les visions qu’offrent les allumettes enflammées à la fillette dans La petite fille aux allumettes), il peut aussi détruire, comme dans Le Stoïque Soldat de plomb.

Anton Tchekhov a institué avec son Tchekhov’s Gun qu’un objet posé dans un moment du récit devrait trouver une justification plus tard dans le récit. Ainsi, si, dans l’acte Un, un fusil est accroché à un mur alors dans l’acte Trois, par exemple, il sera utilisé pour sortir le héros ou l’héroïne d’une menace ou d’une impasse. Vous évitez ainsi le recours au Deus Ex Machina qui offre une solution providentielle bien peu crédible.
De même, si vous décrivez un appartement dans une grande métropole bien bruyante, bien agitée et que dans cet appartement figure sur une étagère des figurines de bergères, vous indiquez par ce seul indice que celui ou celle qui vit dans cet appartement n’est décidément pas à sa place.

Par ce détail, vous implantez déjà dans l’esprit du lecteur/spectateur que le personnage qui habite ce lieu a indéniablement un besoin de s’évader de son quotidien.

D’autres détails, non seulement vestimentaires, peuvent aider à typer un personnage. Par exemple, un gros cigare noir caractérise le personnage dont il est l’attribut comme appartenantt au milieu des affaires dans lequel posséder toujours plus mène aux roueries les plus ignominieuses (encore une fois, cette représentation est l’objet d’une interprétation quelle que soit l’intention de l’auteur qui ne peut que guider mais non imposer).

Ouverture sur un monde

En donnant des détails, vous ouvrez sur une subjectivité sans avoir besoin de la pénétrer. Considérez une personne obèse dont l’agilité des doigts à dénouer un nœud est inattendue. Cela révèle que malgré la pesanteur apparente de son corps, son esprit est vif et vous pouvez alors accompagner ce geste par un discours spirituel, moral ou intellectuel qui sera alors accepté malgré une corporéité que les préjugés jugent débilitantes.

Un détail vaut mille informations.

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