ATMOSPHÈRE DU RÉCIT

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Un récit a besoin d’une atmosphère globale et les situations sont voilées par des ambiances. Un repas où cinq ou six amis sont réunis ne ressemblent pas à un repas de noces.

Pourtant, dire qu’il s’agit d’un repas de noces ou d’un repas familial implique une certaine atmosphère. L’action et le suspense s’appuient sur l’atmosphère et l’ambiance, car le lecteur doit être impliqué pour apprécier l’histoire. Auteurs et autrices aident alors lecteurs et lectrices à s’impliquer.

L’atmosphère d’une situation participe à la réception de la scène ou de la séquence qui la décrit. Si votre personnage principal cherche à se venger du mal qu’on lui a fait, nous sommes davantage dans l’action. S’il y a urgence à trouver un remède pour sauver un enfant, alors le suspense importe beaucoup. Quel que soit le genre, il peut être amélioré en élaborant sur l’atmosphère.

Transmettre l’émotion

Avec la vengeance, nous pourrions décrire une obsession et de la haine. Les personnages ressentiraient ces émotions, les exprimeraient, les penseraient et nous aurions des rappels physiques (tels que des photos, des bibelots ou des lettres) pour raviver la vengeance.
Un personnage pourrait porter des stigmates tels que des cicatrices, un autre pourrait faire des cauchemars. Le but est d’ajouter à l’impact des mots. Prenons le scénario d’un enfant qui a besoin d’un traitement afin d’être sauvé, nous souhaitons faire monter le suspense. Ici, l’atmosphère et l’ambiance seraient le désespoir et la tragédie imminente, le désarroi et la frustration grandissants.

Pour créer l’atmosphère et l’ambiance, nous pourrions créer un contraste avec un autre enfant en bonne santé et plein d’entrain et établir une relation dans laquelle l’enfant en bonne santé apprend de plus en plus de l’enfant malade ; nous pourrions décrire les symptômes de l’enfant malade avec force détails, nous pourrions montrer la lente décomposition de la famille à mesure que l’enfant devient de plus en plus malade. Nous pourrions montrer les premiers signes de guérison… mais la famille ne s’en aperçoit pas.
Tous ces éléments pourraient renforcer le suspense de l’histoire (car l’issue finale est très incertaine) et le faire en créant une atmosphère et une ambiance appropriées. Des dimensions physiques de l’atmosphère et de l’ambiance peuvent peindre un arrière-plan qui donnera de l’authenticité et de la sensibilité à ce qu’il se passe.

Mais la description physique peut ne pas suffire à retenir le lecteur/spectateur. Il faut l’impliquer, et cela signifie parfois qu’auteurs et autrices doivent plonger dans les émotions et les sentiments. Nous devons envelopper nos lecteurs dans un cocon d’identification, et parfois la meilleure façon d’y parvenir est d’utiliser à la fois la description physique et l’approche émotionnelle.

N’oubliez jamais que les lecteurs veulent être divertis, nous rappelle William Noble. Nous commençons donc avec une longueur d’avance – l’inclinaison des lecteurs. Ne négligez pas les désirs des lecteurs ni leur désir de s’impliquer pleinement ; s’ils pensent que vous pouvez faire mieux et que vous n’avez pas pris la peine de le faire, ils ne vous suivront pas.
Renforcez vos scènes : vous recherchez une intimité, situez la scène dans un lieu étroit et sombre. Vous voulez du conflit, qu’il soit cruel et s’étende à la vitesse du galop d’un cheval comme une marée implacable. L’intensité dramatique rend les choses tellement plus vivantes, alors faites en sorte que vos mots la rende palpable.

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One thought on “ATMOSPHÈRE DU RÉCIT

  1. Bonjour Scenarmag (Wiliam), « l’atmosphère » du récit rappelle l’anecdote d’Henri Jeanson se plaignant que Marcel Carné lui réclame sans cesse toujours plus d’atmosphère dans les scènes qu’il écrivait.

    Par ras le pompon, il écrivit une réplique à Arletty dans Hôtel du Nord, devenue culte (ou historique).

    A méditer, venant de ce très grand professionnel du scénario et des dialogues.

    Un petit bon dans le temps permet de penser à Jean-Pierre Melville au savoir-faire reconnu pour créer une « ambiance ».

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