PLANIFIER SON RÉCIT

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On peut considérer qu’un récit est un système. C’est quelque chose d’organique dont les divers éléments s’articulent les uns avec les autres afin de former un récit. Mais ce n’est pas un fonctionnement chaotique.

La nécessité de préparer le récit, de l’organiser, d’en faire le plan serait alors l’une des toutes premières tâches de l’auteur ou de l’autrice. Pourquoi se refréner alors qu’une sérieuse agitation s’empare de notre plume ? Parce que cela évite simplement de n’aboutir à rien.

Une harmonie

Les moments du récit seront choisis pour leur valeur dans le tout, aucun arc dramatique (qu’il soit celui des personnages ou le mouvement inhérent au récit qui se déplace d’un début vers sa fin) ne sera abandonné avant d’être totalement accompli.

Tout cela nécessite d’être planifié. A moins que vous ne soyez un génie. Dans ce cas, en effet, disons intuitivement, le récit et le génie ne font qu’un. Mais pour la plupart d’entre nous, atteindre à cette perfection de l’artiste, ou du moins à l’expression de notre vérité, passe par la mise en œuvre d’un plan de notre récit.

Que l’on en est pleinement conscience ou non, une structure sous-tend le récit.
L’ordre de succession des événements par exemple qui s’organise chronologiquement dans le récit mais, dont l’histoire (et c’est ce qui la différencie du récit) peut faire intervenir à n’importe quel moment. Le passé peut s’immiscer dans la vie des personnages sous la forme d’une réminiscence ou d’une remémoration comme une rencontre.

L’histoire joue avec le temps et l’espace. Pour qu’elle puisse redistribuer les événements et les lieux afin d’offrir au lecteur/spectateur une expérience capable de l’émouvoir, ces événements et ces lieux auront été articulés entre eux.

Pour une cause, il y a de nombreux effets possibles. Avoir pensé l’effet le plus pertinent pour qu’il soit à son tour une cause permet de s’assurer de la cohérence de son récit. Cohérence et manque (ou lacune) sont des défaut rédhibitoires pour un récit.

Le danger de l’acte Deux

L’acte Deux est sujet aux digressions. Ainsi, si l’on ne sait plus vers quoi se dirige l’histoire, c’est probablement la faute de cet acte Deux. Débuter est relativement facile. On peut tous écrire un début. Il suffit de donner à l’héroïne un objectif, un méchant et quelques défauts de caractère intéressants et de la lâcher dans le monde que vous avez créé.

L’histoire avance toute seule… jusqu’à peut-être la page 30.

Finir est assez facile, aussi. L’héroïne vainc le monstre, se fait enfin aimer du garçon qu’elle convoitait ou encore sauve le monde tout en apprenant, en changeant et en devenant une meilleure personne.
Au dénouement, tous les personnages secondaires auront quelque chose de sympa à faire, et tous les personnages que nous détestons mériteront leur sort. L’acte Deux est vaste cependant – parfois jusqu’à cinquante pages – et très mal balisé.

Si vous suivez la méthode traditionnelle de la structure d’un scénario, il n’y a que deux grands moments le long du chemin : le point médian et le Dark Night of the Soul, ce moment terrible pour le personnage principal persuadé que tout est fini pour lui.

Le problème, c’est que le point médian est séparé du début de l’acte Deux par un écart d’une vingtaine de pages, et la désespérance du Dark Night of the Soul est séparée du point médian par un gouffre d’au moins vingt-cinq pages. Si vous commencez à écrire cet acte Deux sans un plan, sans savoir où vous allez, vous marchez sur une corde raide sans filet de sécurité.

Découvrez votre thème sous le plan

Concrètement, un récit, c’est un thème, un dénouement et une intention (celle d’un personnage qui a non seulement un désir [extérieur] mais aussi un besoin [intérieur] : l’un sera réalisé ou non, l’autre sera comblé ou non).

Un autre avantage de planifier son récit, c’est qu’on peut dévier du plan. Il n’y a aucune règle qui interdise de modifier son plan à la volée. En fait, il est fort probable que vous ayez à le faire à un moment ou à un autre. Il y a des choses que vous ne pouvez tout simplement pas prendre en compte au stade de l’ébauche, par exemple cette partie n’a peut-être pas de sens sans une scène de transition ou encore cette scène a plus d’impact émotionnel si elle est déplacée de quelques pages, et ainsi de suite.

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