COMÉDIE & IMAGINATION

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La comédie est d’abord affaire d’imagination. L’expression magique de la créativité Et si…? est alors un véritable stimulant pour l’auteur ou l’autrice qui voudrait commencer dans la comédie. L’humoriste voit ce qui est logiquement illogique, percevant quelque chose d’une manière que personne d’autre (du moins dans son lectorat) n’avait envisagée auparavant.

Les choses ne paraissent plus ce qu’elles sont. Du moins, la définition des choses renvoie à une toute autre réalité. Un auteur crée alors entre les divers éléments qui constituent les choses de nouvelles et inattendues relations, comme une sorte de réalignement des forces en présence.

Et si le lait maternel était déclaré un risque pour la santé, où mettrait-on l’avertissement ? Par exemple. Nous sommes dans l’exagération.

Une imagination débridée

C’est la clef du moteur de la comédie. Un moteur qui ne tourne que sous une imagination délivrée des contraintes du quotidien, c’est-à-dire de la réalité extérieur (souvent la souffrance du monde) ou bien intérieur. On pourrait être amené à questionner ses croyances en entraînant son esprit comme on prend soin de son corps par l’exercice.

Ici, il s’agit d’un brainstorming qu’introduit l’expression Et si… ? Les humoristes ont une règle cardinale : Ne pas se laisser inhiber. Il vaut mieux adopter une attitude nihiliste à l’égard de tous les sujets que de tergiverser sur des tabous. Quand vous écrivez, écrivez librement, dit Melvin Helitzer. Faites des suppositions sans inhibition, faites marcher votre cerveau, dit Frank O’Donnel. Ecrivez tout. La révision et l’autocensure sont les deuxième et troisième étapes. Jamais la première !

L’observation est une méthode intéressante dans la construction de la comédie. Il s’agit de prendre une action dans la réalité ou un raisonnement logique dans le but de tenter de le détruire. Ne nous méprenons pas sur le terme de destruction. C’est en effet une technique d’association. On prend un fait et on l’associe à autre chose. Il nous faudrait des câbles de démarrage pour ceux qui bégaient prend pour exemple Melvin Helitzer.

Souvent, un cliché est utilisé pour lancer le processus de la pensée comique, afin que l’humoriste puisse le faire dévier. Je viens de rompre avec quelqu’un, et la dernière chose qu’elle m’a dite, c’est : « Tu ne retrouveras jamais quelqu’un comme moi ». Et je me suis dit : J’espère bien que non. N’est-ce pas pour cela que nous rompons avec les gens ? Si je ne te veux pas, pourquoi voudrais-je quelqu’un comme toi ? Est-ce que quelqu’un met fin à une mauvaise relation et dit : « Au fait, tu as un jumeau ?

Melvin Helitzer a listé selon lui au moins cinq formules majeures dans l’élaboration de l’humour qui fonctionnent individuellement ou ensemble.

  • Le double sens
    Un double sens est une phrase ou une figure de style qui peut avoir deux significations ou être comprise de deux manières différentes.

  • L’inversion de sens
    L’inversion de sens se produit lorsque vous commencez une histoire d’une manière qui entraîne le destinataire dans une ligne de pensée, pour la terminer avec une tournure inattendue qui mine, déforme ou contredit le contexte ou le concept original. Je suis très fier de ma montre en or. Mon grand-père, sur son lit de mort, m’a vendu cette montre (Woody Allen).

  • La règle de trois
    La règle de trois est un format que tous les humoristes utilisent encore et encore. Avec un regroupement de trois exemples ou une séquence de trois actions, commentaires ou sujets, la règle de trois augmente la tension avec l’accumulation ou l’exagération. J’ai eu mon premier bikini. C’est un trois pièces : C’est un haut, un bas et un bandeau pour les yeux (Wendy Liebman).

  • L’incongruité
    L’incongruité consiste à apparier deux idées logiques afin de donner un sens non conventionnel. Cette théorie suggère que l’humour est le résultat du processus de résolution de problèmes. De nombreuses comédies sont construites en posant des attentes, puis en retournant ou en changeant la résolution de la scène pour quelque chose que le lecteur/spectateur n’attend pas. Pourquoi le singe est-il tombé de l’arbre ? …Mais parce qu’il était mort !

  • La théorie de la supériorité
    En termes simples, l’humour exprime un sentiment de supériorité par rapport à d’autres personnes ou à un état antérieur de soi-même.

Je prévois dans d’autres articles de revenir sur cette théorie de l’humour qui peut être considérée comme l’essence ou dans la nature de la comédie.

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