LES TRAITS DE PERSONNALITÉ DU PERSONNAGE

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Continuons d’étudier quelques personnalités que pourrait revêtir un personnage telles que Howard Lauther les envisage et que nous avons interprété.

L’ouverture d’esprit

Un personnage qui possède une ouverture d’esprit fait preuve d’un certain détachement envers les choses. Il est capable de créer une distance afin de ne pas être submergé par les émotions qui pourraient surgir de situations ou de circonstances dans lesquelles il est impliqué. S’ouvrir aux autres, c’est entendre ce qu’ils ont à dire. L’ouverture d’esprit, c’est accepter l’autre tel qu’il est sans le juger. C’est une sorte de fusion empathique ; la recherche de l’équité et de la justice caractérise le personnage qui a un esprit ouvert sur le monde. Peut-être est-ce une utopie mais l’ouverture d’esprit lui offre cet espoir. Peut-on vraiment avoir un regard optimiste sur la multiplicité du monde ? Bien sûr puisqu’un regard tourné vers l’autre, c’est aller au-devant de l’aventure que l’autre offre en lui-même. L’ouverture d’esprit est une aventure qui ne comporte pas tant que cela, du moins statistiquement, de risques ; Être ouvert d’esprit, c’est aussi reconnaître que l’on peut avoir tort. Il y a une flexibilité, une souplesse, à pouvoir penser différemment, à avoir le respect d’autres points de vue, à ne pas se croire intellectuellement supérieur (même si c’est le cas). Il faut savoir séparer son ego de son intellect, être ouvert à de nouvelles expériences, se remettre en question ; l’ouverture d’esprit, c’est ne pas avoir de parti-pris, d’idées préconçues sur les choses, d’apparaître neutre, non partisan. On retrouve cette notion de distance, d’objectivité. Un personnage ouvert d’esprit serait donc un personnage objectif tout en étant, et cela semble paradoxal, impressionnable, influençable, émotif peut-être. C’est décidément un personnage tourné vers les autres ; un personnage ouvert d’esprit se montrera persuasif, ses suggestions rencontreront moins d’opposition de la part d’autrui puisqu’il veille à ne pas heurter de front les susceptibilités adverses en dégageant une sensibilité non feinte sur des désirs autres que les siens. N’étant pas dogmatique, autrui aime à débattre avec un tel personnage ; le regard et le respect qu’il porte à autrui lui permet aussi d’être réactif, de ne pas s’enliser dans des tergiversations personnelles quant à savoir quoi faire ou quand le faire.

Un personnage ouvert d’esprit s’intéresse à ce que les autres ont à dire. Il fait fi de ce qu’il y a de plus détestable chez les autres, ce qui ne signifie pas qu’il accepte totalement ce qui le blesse mais du moins, il offre une écoute et cherche à comprendre autrui.
À la lumière d’informations nouvelles ou contradictoires, il réajuste tranquillement ses propres pensées concernant une question. Il essaie de se tenir à l’écart de toute condamnation sévère. Il change facilement d’avis lorsqu’il voit un raisonnement plus logique. L’ouverture d’esprit permet à un personnage d’être ouvert à toutes suggestions et comme le dit Howard Lauther, la route pour le persuader n’est pas encombrée par le bric-à-brac qui fait échouer la juste raison.

Un esprit fermé

La toute première chose qui caractérise un esprit fermé est le dogmatisme. L’esprit fermé est une disposition d’esprit qui n’admet pas la contradiction, qui affirme de manière péremptoire, qui ne questionne pas les valeurs qu’il défend. Il reste ferme dans ses convictions ; l’esprit fermé offre au regard de l’autre une armature impénétrable, têtue, inébranlable. Il n’est capable de créer aucune connexion, il ne peut établir de lien, ne serait-ce que spirituel avec l’autre. En effet, on peut vouloir paraître pour la galerie mais la relation pourrait être plus harmonieuse sur le plan spirituel ; Pour Howard Lauther, l’intransigeance est la marque d’un personnage à l’esprit fermé. Il ne veut ou ne peut s’adapter aux circonstances, sa relation à l’autre est unilatérale, intraitable diront certains. Ce refus de s’ouvrir, d’accepter autrui, cette inflexibilité, cette intransigeance, cette obstination ou encore cette opiniâtreté à défendre des valeurs dont il s’est la plupart du temps persuadé lui-même en font un personnage non seulement rigide, immuable (ainsi, il ne peut être le personnage principal dont le changement est recherché dans le cours de l’histoire) mais aussi réactionnaire, tout couvert d’une rigidité cadavérique qui ne peut que le mener à sa perte ; par ailleurs, ce n’est pas parce que l’esprit fermé est la négation de l’ouverture d’esprit qu’il ne faut voir que des inconvénients dans une telle disposition d’esprit. Selon les circonstances, un personnage pourrait vouloir se fermer aux autres et se rendre ainsi imperturbable, indéfectible, volontaire et se protéger ainsi de l’influence néfaste de la situation.

Un personnage à l’esprit fermé tire rapidement des conclusions et ne les remet pas en question. Son meilleur moyen de défense est de tendre à ignorer tout point de vue opposé au sien. Ainsi, il bloque toute idée qu’il pourrait avoir tort sur quelque chose ou quelqu’un. Son interlocuteur doit être un maître de rhétorique pour le plier sur d’autres idées que celles auxquelles il s’accroche.

Il offre une résistance à toute forme de compromis. Ce qui peut s’avérer profitable mais contre-productif lorsque ce compromis fait la part belle aux opinions d’un personnage si entêté. Cependant, sa persévérance à maintenir une position, bien qu’elle soit blessante pour autrui face à un être qui n’entend rien qui ne soit pas en harmonie avec ses propres opinions, est assez remarquable en soi. Cette ténacité, cette fermeté, cet acharnement à défendre des valeurs sied bien à la personnalité d’un antagoniste.

Il claque la porte au nez de tout ce qui pourrait empiéter sur ses certitudes. Un personnage pourrait être une combinaison d’un esprit fermé et certain. Lauther remarque aussi que l’esprit fermé ne cherche nullement à rassurer l’autre. Il y a de l’égoïsme chez un tel personnage. Et il me semble un égoïsme assumé.

La tolérance

La tolérance est le signe d’une largesse d’esprit. Comment comprendre cette largesse ? Admettons qu’il s’agisse de voir la vie du bon côté. On a tous des désirs que l’on aimerait voir se réaliser. Mais souvent, nous ne ressentons que de la frustration. Si nous devions nous laisser submerger par les émotions désagréables ressenties devant l’échec, nous serions souvent dépressifs. Ainsi, la largesse d’esprit nous permet de faire bon cœur contre mauvaise fortune, sans passion. Elle nous permet d’adopter une philosophie de vie plutôt positive ; la tolérance, c’est aussi se montrer indulgent, clément envers les autres. La tolérance est très proche de l’ouverture d’esprit mais avec la curiosité en moins ; la tolérance présente un atout majeur : elle ne manifeste pas de contraintes, de limites. Elle propose une relation au monde multiple, créant un réseau relationnel divers et varié. Un personnage tolérant puise dans l’autre une différence et s’en nourrit. La tolérance permet en fin de compte une symbiose entre des sensibilités différentes ; le personnage tolérant fait preuve de magnanimité ce qui le pousse vers ceux qu’il considère plus faible, plus vulnérable ; la tolérance permet de rendre les choses possibles parce que précisément elle est sans prétention, sans parti pris, sans préjugés, elle ne participe d’aucune partisanerie. Un personnage tolérant procure une forme supérieure d’expérience dans la relation dépassant encore les limites pour parvenir à un état relationnel nouveau ; un personnage tolérant ne cherchera pas à culpabiliser l’autre pour l’enchaîner moralement. Au contraire, il se montrera particulièrement compréhensif.

Un personnage tolérant ne permet à personne, en raison de sa race, de sa religion ou de ses origines, de tenter de le convaincre de suivre leur voie. Il s »efforce d’être juste dans son jugement sur ce que les autres font ou ne font pas, ainsi que sur ce que l’on attend d’eux.
Il ne porte pas de jugement sur les croyances et les coutumes qui sont au cœur de la vie des autres.

Un personnage qui fait preuve de tolérance endurera les offenses qui lui sont faites et sera capable de supporter des abus non physiques pendant une longue période. L’attitude est résolument axée sur la liberté, en ce sens qu’il estime que chacun mérite d’être entendu. Sur le plan social, il considère les autres comme étant égaux à lui-même.

L’intolérance

Le personnage intolérant est un individu partial qui juge au mépris de l’équité et de l’objectivité, qui n’accepte pas que la société humaine soit plurielle, qu’elle n’est pas faite d’un seul homme mais de plusieurs ; bigoterie et fanatisme se trouvent chez l’intolérant ; le personnage intolérant est un être rigide, à l’esprit étroit, voire mesquin, capable de dissimuler ses véritables intentions ; Howard Lauther note aussi beaucoup d’amertume chez l’intolérant ainsi que de la méchanceté. Cela sous-entend un trauma à la béance encore bien actuelle. C’est très fréquent dans le monde réel et le monde fictif sait en profiter pour construire ses personnages ; l’esprit de clocher, les préjugés, l’orgueil, le sectarisme, tous ces défauts beaucoup trop humains sont un idéal dystopique ; l’intolérance se manifeste aussi dans la petitesse et la suffisance, dans le snobisme. Certes, l’égalité est un idéal mais malgré les efforts consentis, nos sociétés humaines sont profondément inégalitaires. Néanmoins, le respect d’autrui devrait être une des valeurs les plus chéries et l’intolérance est une forme sérieuse d’irrespect ; l’indulgence manque totalement dans l’intolérance, la simple pensée du pardon est intolérable chez le personnage intolérant ; l’intolérance est une attitude qui ne peut être raisonnablement pensée et devrait être considérée comme une déviance ; un personnage intolérant est un être foncièrement antipathique.

Parce que les actes, les croyances ou les coutumes d’une ou de plusieurs personnes sont différents des siens, le personnage intolérant les considère comme largement inférieurs. Il pense que son statut social, c’est-à-dire sa naissance et sa richesse, est supérieur à ceux qui appartiennent à un autre groupe et estime qu’il serait indigne de lui de se mêler à eux.

Le personnage intolérant voit les autres comme des influences corrompues et ne veut rien avoir à faire avec eux. Il suppose qu’il est plus vertueux ou mieux informé que n’importe quel membre d’un autre groupe. Il est incapable de raisonner efficacement et ne peut pas voir les enchevêtrements de tous les êtres humains et leur dépendance ultime les uns par rapport aux autres.

L’intolérant se considère comme empruntant la route principale de l’univers et interdit tout ce qui se trouve à droite ou à gauche de lui-même. Son manque de tolérance est le résultat de la jalousie ou de l’envie, ajoute pour finir Howard Lauther.

Nous continuerons l’exploration d’autres traits de caractère dans le prochain article.

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