UNE APPROCHE DE VOS PERSONNAGES

Bien que tous les éléments d’une œuvre dramatique doivent s’agencer harmonieusement, le seul élément qui peut réduire à néant un scénario reste les personnages.
Le personnage central de votre histoire n’est pas le seul qui doit être minutieusement travaillé. Quelques autres méritent aussi votre attention, mais si le personnage principal est ennuyeux et terne, c’est la garantie pour que tout tombe en pièces.
L’avantage d’un personnage intéressant est que même si votre histoire présente des faiblesses, celui-ci sera en mesure de rattraper le coup et de garder l’attention du lecteur.

Faites en sorte que votre héros soit sympathique rapidement

Pour que le lecteur de votre scénario éprouve de la compassion pour votre personnage principal, il vaut mieux que vous vous y preniez rapidement. Cette empathie recherchée n’est pas une option, elle est indispensable sinon votre histoire ne prendra pas.

La compassion a lieu lorsque le lecteur se reconnaît dans le personnage ou plutôt partage avec lui une certaine expérience. Le lecteur s’identifie avec le personnage par le biais des émotions et des sentiments, des situations, des traits de caractère. Si vous ne parvenez pas à le rendre agréable, si vous échouez à donner l’envie à votre lecteur de s’identifier au personnage, vous perdrez un étai crucial pour votre histoire. Simplement, elle s’effondrera.

Rendre sympathique un personnage par les dialogues peut fonctionner mais prend généralement beaucoup de temps pour que l’alchimie réussisse. Le moyen le plus rapide est de décrire leurs actions. Montrer un acte désintéressé très tôt dans l’histoire peut être un atout pour établir le personnage comme une force positive. Gardez à l’esprit cependant que vous ne décrivez pas un être parfait. Vous montrez seulement une facette sympathique de votre personnage. D’autres aspects de son caractère sont certainement moins reluisants et souvenez-vous de la leçon 1A : votre personnage a connu une fracture dans sa vie qui a laissé un véritable trauma.

Tony Soprano, par exemple, est tout de même le parrain d’une famille mafieuse mais pourtant à voir l’importance et la valeur qu’à sa famille pour lui et aussi à voir un homme vulnérable dans sa  lutte contre la dépression attirent aussitôt la compassion. De plus, il est entouré par des personnages qui sont pires que lui ce qui, par contraste, met en valeur toutes les qualités qui lui permettent de racheter ses défauts.
Ainsi, Tony Soprano apporte suffisamment d’éléments (ses valeurs, ses traits de caractère) qui autorise un lecteur à se reconnaître en lui, même si cette reconnaissance est ténue, l’idée est qu’il y ait une connexion.
Et cette connexion doit avoir lieu le plus rapidement possible.

Nous vous conseillons :
COMMENT ANALYSER UN PERSONNAGE EN 10 ETAPES

Ce qui compte est comment sont vos personnages de l’intérieur

C’est l’essence de vos personnages qui compte. Cette essence est définie en partie par leur nature, en partie par la fracture (voir leçon 1A).

Cependant, cette intériorité se trahit par des détails dans leur vie de tous les jours. Si votre personnage, par exemple, est une femme qui a de grandes responsabilités et qui possède un ego quelque peu démesuré, vous pourriez très bien lui faire conduire un gros 4X4 où on la verrait souvent seule. Ces deux détails (la grosse voiture et le fait que personne d’autre n’y monte) révèle non pas un m’a-tu-vu mais plutôt une forte personnalité et probablement un être solitaire.

Ne soyez pas avare de détails révélateurs (et pourquoi pas aussi des actes manqués) sur la personnalité, sur la vie intérieure de vos personnages. L’inconscient remonte toujours à la surface sous une forme réfractée mais d’autres détails (tels que la tenue vestimentaire, l’appartement ou le quartier dans lequel ils vivent, des photos, des tics nerveux, des tatouages…) donnent aussi des informations importantes sur la personnalité d’un personnage.

Ces détails ne changent pas le cœur de votre personnage, ils donnent seulement des indications réalistes sur qui ils sont et comment ils se sont développés.
Le personnage qui tient le rôle du méchant dans votre histoire ne doit pas échapper à cette règle. Ces détails humanisent les personnages quelle que soit leur fonction dans votre histoire. Ces détails permettent d’ajouter au réalisme des personnages.

Conséquences inévitables de la fracture (voir leçon 1A), le personnage principal possède une faille majeure dans sa personnalité. Cela humanise davantage le personnage qui est mis au défi de surmonter ses doutes, qui n’échappe pas à des erreurs de jugement, qui peut ressentir de la culpabilité et subir les effets de traumas vécus dans son enfance.

Nous vous conseillons :
L’IMPORTANCE DE LA FAILLE CHEZ VOS PERSONNAGES

Les faiblesses, les imperfections, les excentricités, les vices d’un personnage sont la voie royale qu’emprunte le lecteur pour se reconnaître en un personnage.
La faille majeure d’un personnage est l’occasion pour lui de suivre une ligne dramatique qui consiste à montrer l’évolution de sa personnalité par le comblement de cette faille. Au cours de l’intrigue, le personnage est exposé à des épreuves, subit des tests, surmonte des obstacles qui progressivement lui permettent d’acquérir une connaissance de lui-même ou de découvrir des choses nouvelles sur lui-même. Cette initiation ou ce processus de maturation du personnage l’autorise alors à devenir meilleur, à trouver une complétude qui lui faisait défaut au début de l’histoire.

Un personnage crédible n’est pas seulement un trait grossier, c’est une combinaison unique de qualités et de motivations, certaines d’entre elles en conflit.
Le développement du personnage principal est essentiel à l’histoire. Cette transformation est dû à l’interaction de l’intrigue et des autres personnages. Il doit être prédisposé à cette transfiguration ce qui renforce le concept de faille dans sa personnalité. Sans ce défaut, l’évolution ne peut trouver de substrat à terraformer.

A travers le développement d’un personnage, le lecteur doit pouvoir apprécier différents aspects de sa personnalité, comprendre comment il pense à travers ses actes.
Lorsque vous créez un personnage, fixez-lui un objectif à atteindre. Il y a généralement deux objectifs. L’un est extérieur, au vu et su de tous et l’autre est intérieur.  C’est l’objet de la transformation interne du personnage. C’est ce second objectif qui rend un personnage fascinant. Ne le négligez jamais et accordez-lui une importance plus grande que pour l’objectif visible, tangible.

Pour valider ces objectifs, posez-vous la question de savoir pourquoi ces objectifs sont-ils si impérieux pour le personnage. Vous définirez ainsi des motivations et les enjeux qui vont avec.

Conseils de lecture :
BUTS, ENJEUX & URGENCE

Lorsque vous aurez déterminé les objectifs externe et interne de votre personnage principal (ainsi que les motivations et les enjeux), définissez le personnage qui ne tient pas à voir votre héros atteindre ces objectifs. Ce personnage est l’antagoniste, le méchant de votre histoire. Tout comme pour votre protagoniste (le héros), vous devez faire en sorte que les motivations de l’antagoniste soit claires pour le lecteur. S’il veut nuire au héros, le lecteur a besoin de savoir pourquoi.

L’antagoniste agit essentiellement là où ça fait mal pour le protagonsite, c’est-à-dire que le méchant va appuyer sur la faille du héros afin de lui barrer la route. Connaissant la faille, vous pouvez déjà envisager quels obstacles le héros devra affronter.

Une première approche de l’antagoniste :
L’ANTAGONISTE – PART 1
L’ANTAGONISTE – PART 2
L’ANTAGONISTE – PART 3

Vos personnages seront aussi plus intéressants à suivre si vous les travaillez sur le plan émotionnel. S’ils réagissent d’abord avec leurs émotions aux événements ou avec les autres personnages, nul doute que vous leur insufflerez une vie, une humanité que le lecteur pourra partager.
Cette vie émotionnelle les incitera à faire certaines choses ou de réagir d’une certaine façon. Ainsi vous mettez en avant la psyché de vos personnages ce qui a l’avantage de les distinguer puisque chacun d’entre eux non seulement aura son propre point de vue dans l’histoire mais y apportera aussi une dimension personnelle.

D’un point de vue pratique, avant de vous lancer dans le processus d’écriture (court ou long-métrage), dès que vous pensez tenir un personnage, écrivez sur lui. Dépeignez sa vie d’avant, ses traumas, ses expériences, ses passions, ses amours enfin tout ce qui vous passe par la tête et qui permettra probablement d’expliciter dans le cours de votre histoire les raisons de ses choix, de ses décisions et de ses comportements et attitudes envers le monde extérieur et les autres.

Un dernier conseil de lecture :
HAUGE : LES ARCS DRAMATIQUES DES CONFLITS INTERIEURS

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Sébastien P.

Bonjour,

Petite faute de français 🙂

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Merci beaucoup pour tous ces articles, j’explore avec grand plaisir !