Archives par mot-clé : Thème

LA STRUCTURE DU SCÉNARIO ET ARISTOTE

Dans le chapitre XVI (Des quatre formes de la reconnaissance), au paragraphe V de La Poétique, Aristote critique Iphigénie chez les Tauri d’Euripide en regrettant que l’auteur s’épanche sur ses propres sentiments plutôt que de répondre à ce qu’exige l’histoire, c’est-à-dire un assemblage organique (liés par exemple par un rapport de causalité) d’incidents qui, en formant un tout, structure l’histoire.

… mais Oreste, lui, dit ce que lui fait dire le poète, et non la fable…

Une fiction dramatique cherche à communiquer une certaine vérité à propos de la condition humaine. Mais comment y parvient-elle ?
Pour Aristote, l’action est primordiale (même au détriment des personnages, ce que je ne recommande pas vraiment mais vous verrez qu’Aristote est loin de mépriser les personnages).

Nous jugeons les autres par ce qu’ils ont accompli (et eux font de même nous concernant). En quoi consiste cette action dont parle Aristote ? Elle se formule très simplement : le personnage principal (dénommé aussi le protagoniste lorsqu’il n’est pas nécessaire de distinguer le personnage principal du protagoniste) a un objectif.
Ce but est comme un objet de désir (donc un manque) que le personnage principal va s’efforcer de toute son âme et de tout son corps de réaliser.

Le héros (selon la théorie narrative Dramatica, le héros est le personnage qui est à la fois personnage principal et protagoniste) est le seul maître d’œuvre de l’action, c’est-à-dire qu’il fera tout ce qui est possible (même au-delà du possible ce qui le mènera à un grave moment de crise personnelle) pour réaliser cette mission qu’il s’est fixé.
Dans Les dents de la mer, le chef Brody doit tuer le requin. C’est l’idée sur laquelle toute l’histoire va se fonder.

Le point le plus important, c’est la constitution des faits, car la tragédie est une imitation non des hommes, mais des actions, de la vie, du bonheur et du malheur ; et en effet, le bonheur, le malheur, réside dans une action, et la fin est une action, non une qualité.
CHAPITRE VI: Définition de la tragédie. – Détermination des parties dont elle se compose. – Importance relative de ces parties. Paragraphe XI

C’est par rapport aux mœurs que les hommes ont telle ou telle dualité, mais c’est par rapport aux actions qu’ils sont heureux ou malheureux. Aussi ce n’est pas dans le but d’imiter les mœurs que (les poètes tragiques) agissent, mais ils montrent implicitement les mœurs de leurs personnages au moyen des actions ; de sorte que ce sont les faits et la fable qui constituent la fin de la tragédie ; or la fin est tout ce qu’il y a de plus important.
CHAPITRE VI: Définition de la tragédie. – Détermination des parties dont elle se compose. – Importance relative de ces parties. Paragraphe XII

Ajoutons que les parties de la fable les plus propres à faire que la tragédie entraîne les âmes, ce sont les péripéties et les reconnaissances.
CHAPITRE VI: Définition de la tragédie. – Détermination des parties dont elle se compose. – Importance relative de ces parties. Paragraphe XVI
Continuer la lecture de LA STRUCTURE DU SCÉNARIO ET ARISTOTE

error

PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Avec les situations 1447 à 1462, nous allons aborder le dernier article de cette série sur PLOTTO, méthode de suggestions d’intrigue avec le sous-groupe Révélations.

La révélation peut concerner aussi bien une illumination personnelle, le personnage découvre sur lui-même une vérité qu’il détenait depuis toujours mais dont il n’était pas capable de prendre conscience. Il s’agit d’une épiphanie, d’une anagnorisis (une reconnaissance d’une qualité ou d’un attribut qui émerge comme conséquence d’un certain nombre d’épreuves ou tribulations).

La révélation peut porter aussi sur une information cachée concernant autrui. Un personnage ne peut plus tergiverser ou différer une certaine vérité. La vérité doit être révélée, aussi cruelle soit-elle.

La liste des situations se trouve ici :
PLOTTO, MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Continuer la lecture de PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

error

PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Avec cet article (situations conflictuelles 1414 à 1428), nous allons aborder le thème de la disparition, de la substitution et pour certaines des suggestions, William Wallace Cook n’hésitera pas à les mâtiner de fantastique.

La disparition peut être aussi un effacement volontaire ce qui est paradoxalement une forme ou une modalité d’existence. On peut vouloir devenir un nobody comme moyen de défense contre le monde ou d’appréhension de celui-ci.

Pourquoi voudrait-on disparaître ? Non pas de la surface de la planète mais bien volontiers du regard des autres qui s’abreuve de nous, qui cherche à nous posséder.
Mais ce n’est pas toujours une fuite.

Du moins pas une fuite de l’autre mais parfois un exode temporaire de soi-même pour mieux comprendre l’autre si nous considérons que le regard de cet autre nous définit.

Concrètement, on peut vouloir aussi se gommer des listes et autres bases de données pour échapper à une surveillance plus ou moins irraisonnée.

Comprenons bien que William Wallace Cook ne donne pas le sens de mort à la disparition. Chez lui, la mort est une conclusion, un aboutissement. Lorsqu’il est question de mort, il faut la considérer comme un dénouement et pour développer une intrigue, il faut donc étudier la suggestion à rebours.
En ce qui me concerne, par le biais de ma traduction (fortement marquée par mon interprétation), je me refuse à l’exclure.

La liste des situations se trouve ici :
PLOTTO, MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE
Continuer la lecture de PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

error

PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Cet article traite des situations conflictuelles 1373 à 1384 catégorisées par William Wallace Cook dans le sous-groupe du mystère.

Pour Cook, le mystère n’est pas vraiment l’irruption du surnaturel dans le quotidien d’un être. Ce peut l’être, certes. Mais c’est surtout quelque chose qui va créer une rupture dans la banalité, dans les habitudes comme un engagement ou une recherche spirituels.

Le mystère chez Cook sera la plupart du temps expliqué ou du moins une tentative d’explication rationnelle sera faite. Un mystère sera d’abord une énigme (qui peut être métaphysique) que le héros de l’histoire aura en charge de résoudre.

La liste des situations conflictuelles se trouve ici :
PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE
Continuer la lecture de PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

error

PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Poursuivons l’exploration du sous-groupe Mystère avec les situations conflictuelles 1365 à 1372.

La liste des situations se trouve ici :
PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Groupe : Activité & Vie sociale
Sous-groupe : Le mystère

Proposition B
50, Être poussé par une motivation inhabituelle à s’engager dans une activité hasardeuse voire malhonnête.

Situation : 1365
Préquelles possibles : 732 – (827…*) – 1361a – 1344

  • A croit qu’il entend des voix
  • * A croit devenir fou depuis qu’il entend des voix. Il se raisonne en cherchant une cause extérieure à son trouble **

Séquelles possibles : 1357 – 1374 – 1375 – (827 *…**)

Note : Il aurait été étonnant que William Wallace Cook n’aborde pas le thème des hallucinations auditives (les voix peuvent d’ailleurs être remplacées par des bruits étranges si cela sert l’intrigue).
Et une voix (même si elle semble d’outre-tombe) n’est pas forcément un signe de folie (partant, ce thème de la folie ne tomberait pas automatiquement dans le genre fantastique).

La définition d’une hallucination est de percevoir une réalité qui n’est pas réelle ou du moins de considérer les données que nous renvoient nos sens (qui sont bien réelles) et laissez notre imagination les triturer de sorte à ce qu’elle crée une autre réalité dans notre esprit.
Ce que fait le personnage de la seconde alternative est qu’il cherche extérieurement une cause à ses hallucinations.

Cette approche ne fait que le détourner de son problème personnel. Ce n’est pas son environnement que le personnage interprète de manière erronée. L’hallucination n’est pas une illusion mais davantage un mécanisme de défense contre une vérité qui fait mal et que le personnage n’ose affronter. Plutôt que de traiter le déni (qui est assez intéressant en soi), on peut aborder la schizophrénie.
Continuer la lecture de PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

error