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EXERCICES POUR UNE HISTOIRE – 3

L’imagination est comme un muscle. Il faut l’entraîner à certains efforts si l’on ne veut pas la voir s’atrophier. C’est à cela que servent ces exercices d’écriture.

Ce qui a tout changé

Les sites de réseaux sociaux offrent moult opportunités pour écrire une histoire. Lisez le profil d’une personne que vous ne connaissez pas. Observez ses photos, prenez note de ses intérêts et de ses amis.

Puis donnez à cet individu un nouveau nom et écrivez une histoire à propos d’un événement fictif (que vous imaginez donc) qui lui serait arrivé dans son passé.
Ce serait un événement qui aurait drastiquement altéré le cours de la vie de ce personnage.

A l’écoute

Il nous est tous arrivé de surprendre une conversation à laquelle nous n’étions pas conviée. Que ce soit dans un bar (lieu privilégié pour mettre en scène une nouvelle information à communiquer au lecteur) ou bien dans une salle d’attente, notre oreille se laisse aller parfois à l’indiscrétion.

Évitez les conversations à propos du temps, elles sont souvent vaines. Dans les autres cas, notez le plus possible de ce que vous entendez. Ce n’est pas vraiment le message qui nous intéresse ici. Plutôt les intonations, le choix des mots, les hésitations… Observez et notez de quoi remplir deux pages d’un dialogue entre deux personnages que vous inventerez pour l’occasion.

Nettoyez vos notes de toutes les lignes et mots qui n’ont pas vraiment de conséquences. Ce que l’on cherche à identifier, c’est le sous-texte de ce qui s’est dit lors de cette conversation que vous avez surprise.
Soyez discret cependant. La plupart du temps, lorsque vous cherchez à interviewer une personne en lui expliquant qui vous êtes et que vous souhaitez écrire un roman par exemple, celle-ci sera plutôt encline à communiquer avec vous. Cela est presque naturel. Les gens ont souvent besoin de se confier, peut-être justement parce qu’ils n’ont pas l’écoute dont ils ont parfois besoin.

La signification n’est pas le but de cette exercice. Le sous-texte que nous cherchons à identifier est de comprendre ce qui se dit sous les mots et la manière dont ceux-ci ont été dits.
Les deux pages de dialogues que vous allez écrire ne seront probablement pas une pièce majeure de littérature. Parce que les conversations de la plupart d’entre nous, dans notre quotidien, sont d’une banalité vraiment assumée mais c’est notre quotidien.

Et ce quotidien n’est pas nécessairement médiocre. Tout au plus, nous pourrions lui reprocher son habitude. Le point de cet exercice est de démontrer qu’un dialogue fictif ne peut être le même qu’un dialogue réel.
Cela devrait vous paraître évident lorsque vous comparerez les deux pages de dialogues que vous aurez écrites et vos notes de la conversation que vous aurez entendue.
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EXERCICES POUR UNE HISTOIRE – 1

Un lecteur spécifique en tête

Chaque auteur devrait être en quête de sa propre voix. Écrire pour un lecteur spécifique peut aider à clarifier cette voix. Nous savons tous raconter des histoires à nos amis. Et nous comprenons intuitivement les points et détails de l’histoire censés les intéresser le plus.

A titre d’exercice (ou plus si vous le souhaitez), écrivez une histoire sous la forme d’une longue lettre à un ami. Ce sera quelqu’un que vous connaissez bien. Il vous faudra vous assurer cependant que le récipiendaire de votre histoire ne connaît pas la situation ou l’intrigue de l’histoire que vous vous apprêtez à lui raconter. C’est important parce que cela implique qu’aucun détail ne sera considéré comme acquis. Chaque information donnée est une information nouvelle.

Outil narratif : la description

Considérez trois personnes que vous connaissez bien. Faites pour chacun d’eux un portrait assez précis y compris de leurs personnalités.

Ensuite, changez le sexe, le nom et quelques traits de la personnalité de chacun d’entre eux et écrivez une histoire avec ces trois nouveaux personnages debout sous la pluie devant une maison en feu.

Un destin tragique

Écrivez une histoire sur le pire moment de votre vie (telle une perte quelle qu’elle soit ou une trahison par exemple). Mais écrivez comme si cela était arrivé à quelqu’un d’autre que vous.
Créez un personnage différent de vous et qui connaîtra ce que vous avez vécu.

Cependant, ne vous concentrez pas sur le moment douloureux. Posez votre histoire le jour d’avant. Adoptez un point de vue omniscient, celui d’un narrateur qui sait tout. Ainsi le lecteur sait aussi ce qu’il adviendra.

Vous créerez une tension entre le lecteur qui connaît ce qu’il va arriver et le personnage principal qui ignore totalement ce que le destin lui réserve.
Considérez aussi de poser le dénouement de votre histoire avant que ce destin tragique n’ait lieu.

La même scène mais deux points de vue

Écrivez une scène dans laquelle deux personnages vraiment différents comme par exemple un vieil homme et une jeune femme ont une dispute.
Puis réécrivez la scène mais cette fois, mettez dans la bouche de l’un les arguments de l’autre.

L’idée de cet exercice est de prendre conscience de ce que chaque personnage révèle de lui-même à travers les arguments qu’il emploie et comment un même argument peut prendre un sens totalement autre selon le personnage qui l’énonce.

Un point de départ

Lisez ou relisez le premier paragraphe de cinq nouvelles que vous avez appréciées ou dont vous aimez le genre. Cette histoire commence t-elle par une description ou y entend t-on la voix d’un personnage ?

S’agit-il de la description d’un lieu ou bien est-ce un incident qui y est relaté ? Avons-nous affaire à des dialogues ? Choisissez l’un de ces débuts et servez-vous en comme modèle pour débuter votre propre histoire.
Et voyez jusqu’où cela peut vous mener.

Et un point d’arrivée

Les journaux ou internet relaient des tonnes de faits divers à longueur de journée et de nuit. Souvent, une ou deux personnes sont impliquées dans un événement dont nous connaissons le résultat. Parcourez les journaux ou le net et choisissez un fait divers.

Ce qui compte, c’est le dénouement de ce fait divers. Vous allez écrire une histoire qui mènera à ce dénouement. Ce qu’il faut tenter de saisir avec cet exercice, c’est l’effet que nous cherchons à obtenir sur le lecteur. En quelque sorte, vous allez écrire votre histoire à rebours. Vous décrirez la suite d’événements qui a mené inexorablement à ce dénouement, c’est-à-dire à cet effet que vous voulez obtenir sur votre lecteur.

Un moment vraiment heureux ?

Nos vies sont aussi faites d’occasions heureuses : mariages, anniversaires, promenades… et même promotions dans nos professions. Choisissez l’un de ces moments et écrivez une histoire qui prendra le lecteur à contre-pied en l’engageant dans des émotions opposées.

Par exemple, comment un anniversaire peut tourner au désastre ou comment une promenade sur la plage devint un moment triste. La réponse est toujours dans l’histoire.

Un lourd secret

Situez une scène dans une cuisine avec deux personnages. L’un des deux a un secret qu’il ne révèle pas à l’autre. Le secret peut être important ou bien anecdotique, cela importe peu. Que ce soit une mère qui n’a jamais avoué à son fils qu’elle l’a adopté ou bien simplement oublié d’acheter du pain.

Le secret non révélé pèsera cependant lourd sur tout ce que se diront les personnages, sur les gestes qu’ils auront ou n’auront pas l’un envers l’autre (comme une gêne à prendre l’autre dans ses bras) ou bien encore ce sur quoi leurs regards respectifs porteront.

Selon la tournure que prendra votre histoire, vous pouvez soit laisser le secret émerger de lui-même ou bien le faire disparaître, le laisser se désagréger.

Chargé d’émotion

Faites une liste de cinq objets qui en apparence semble manquer totalement de poids émotionnel. Ce peut être par exemple un aspirateur ou bien encore un cendrier ou une paire de chaussettes.

A partir de cette liste, vous allez choisir l’un de ces objets pour le moins banal et vous allez vous en servir comme pivot pour une histoire.

L’objet doit prendre au fil de l’histoire une signification émotionnelle énorme et surprenante pour l’un des personnages (ou bien pour le personnage s’il est seul).
Vous pourriez par exemple travailler sur les réminiscences que soulèvent la rencontre avec un objet apparemment d’une banalité sans nom.

Le souvenir est ce qui nous distingue et l’émotion est ce qui nous caractérise. Réunissons les deux. L’histoire est elle-même un objet.

D’autres exercices d’écriture suivront dans les prochains articles.

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LES AUTRES PERSONNAGES

Vous avez travaillé votre personnage principal, définis ses qualités, ses peurs et ses faiblesses. Vous savez quels seront les obstacles qu’il devra confronter essentiellement incarnés par l’antagoniste.

Il est donc temps d’inventer d’autres personnages. L’expression de personnages secondaires est un peu méprisante car ils sont loin d’être secondaires dans une histoire et en assurent des fonctions indispensables.

Parmi les fonctions, il y a souvent ce personnage qui accompagne le héros dans ses pérégrinations ou qui le prépare à vivre cette errance que sera l’intrigue de votre récit. Ce personnage est considéré comme une sorte de mentor, de précepteur, de guide.

C’est comme s’il possédait une sagesse que le personnage principal n’atteindra pas avant le dénouement (s’il y parvient).

Dans un thriller, le parcours de l’intrigue est labyrinthique. Probablement, en est-ce une marque distinctive.
Même s’il possède une certaine expérience, le héros du thriller se sent souvent désarmé face à ce monde nouveau dans lequel il est soudain jeté.

On imagine aisément comment la présence d’un mentor peut être réconfortante. Mais bien plus que cela, elle donne un accent de vérité à l’intrigue. Lorsqu’on écrit un thriller, il faut être pragmatique. La présence de cet autre personnage auprès du personnage principal, qu’elle soit celle d’un mentorat assumé ou plus discret, consiste pour Dan Brown à compléter en quelque sorte son héros qui ne peut être, pour des raisons évidentes de vraisemblance, un être parfait.

Sophie Neveu du Da Vinci Code par exemple est une cryptographe, une qualité que ne possède pas Robert Langdon et qui s’avérera nécessaire à l’avancée de l’intrigue.
Vittoria Vetra dans Anges et Démons apporte à Langdon une certaine confiance de soi qui lui fait défaut.

Il importe de différencier clairement ce personnage qui accompagnera le héros au cours de son aventure. Cela ne servirait d’ailleurs pas votre histoire si vous mettiez en place des points d’entente entre ces deux personnages. Dans une œuvre de fiction, le maître mot est le conflit. Il y a du conflit dans tout et en tout.
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LE MÉCHANT ET LE HÉROS

Choisir le héros qui convient bien au monde

Maintenant que vous vous êtes décidé pour un monde et ce peut être n’importe quel monde comme un combat idéologique entre la science et la religion.
Tant que ce monde agit comme un support spatial et temporel, circonstanciel.

Ce monde est le Setting the stage des anglo-saxons. Il prépare le terrain, il jette les bases, il plante le décor, dit autrement, il installe les choses qui agiront et réagiront avec vos personnages qui agiront et réagiront aux choses et aux uns avec les autres en retour.

Ce monde mis en place, une question fondamentale se soulève. Il faut maintenant peupler ce monde avec vos personnages.
HérosDan Brown dont nous suivons les conseils depuis quelques articles ne cache pas qu’il prend beaucoup de plaisir à inventer ces êtres de fiction qui l’accompagneront longtemps.

Et précisément parce que vous allez passer du temps avec eux, il est préférable qu’ils soient des gens plutôt intéressants. Spécialiste du thriller, on pourrait croire que les personnages de Dan Brown sont très spécifiques à son genre d’excellence.
Détrompons-nous, répond Dan Brown, les personnages de thriller sont les mêmes que l’on rencontre dans toute œuvre de fiction.

On entend souvent qu’une histoire, c’est essentiellement placer une personne ordinaire dans des circonstances extraordinaires. Cette rapide définition s’applique aussi au thriller. Rien de nouveau donc sous le soleil et c’est tant mieux.

Ce qu’il faut, c’est choisir un héros ou un personnage principal qui correspondent bien au monde dans lequel vous allez les jeter. Que cela signifie t-il ? Rien de bien compliqué.
Votre monde dépeint l’archéologie sous-marine ? Votre héros ne peut alors être un expert-comptable. Il peut être un plongeur, un historien, un richissime chef d’entreprise à la recherche de Atlantis mais il ne peut décidément pas être un expert-comptable. Car cet attribut ne correspond pas au monde.

Le héros d’une fiction doit avoir des raisons légitimes d’appartenir à un monde avec lequel il sera souvent en conflit. Cette appartenance se définit par une sorte d’expertise, d’habitude, d’expérience ou encore de souvenirs avec ce monde.
Terre-à-terre, Dan Brown dit que si votre monde se situe dans le monde des services secrets, autant que votre héros s’y connaisse un tant soit peu dans l’espionnage ou dans ce qu’on appelle d’ordinaire, le renseignement.

Car il y va de sa crédibilité auprès du lecteur. Notez que cela s’arrête souvent là. Ce n’est pas parce que votre héros est un spécialiste des virus informatiques que toute votre histoire s’engouffrera dans la quête et la destruction des virus informatiques. Cette quête et cette destruction seront la toile de fond. Et sur cette toile, on dessine ce que l’on veut.
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TROUVER L’IDÉE DU THRILLER PAR DAN BROWN

Ayez confiance en vous

Le tout premier conseil que donne Dan Brown est d’avoir confiance en soi, dans la certitude que ce qui nous plaît peut plaire à d’autres. Puisque écrire, c’est d’abord un partage.

Et c’est un don de nous-mêmes à l’autre. Écrire un thriller ou s’accaparer un tout autre genre, ce n’est pas courir après les goûts des autres en espérant leur plaire. Écrire, c’est d’abord écrire sur ce que l’on aime.

Le scénario que vous devriez écrire, c’est précisément celui que vous auriez aimé voir porté à l’écran. Le roman que vous voulez écrire, c’est celui que vous auriez aimé lire.
Ce que vous écrirez ne plaira pas à tout le monde. Ne recherchez pas l’universalité. A la limite, renforcez l’opinion commune.

Surtout, affichez ouvertement vos goûts et sachez qu’ils déplairont à certains et seront hautement appréciés par d’autres. C’est une forme d’engagement que de manifester et d’assumer ce que l’on pense.

Avoir confiance en soi, c’est donc écrire le thriller (ou toute autre chose) que vous auriez voulu lire parce que comme le promet Dan Brown, si vous aimez ce que vous écrivez, il y aura toujours quelqu’un d’autre pour l’apprécier tout autant.
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