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AARON SORKIN : LE PERSONNAGE

Aaron Sorkin estime qu’un personnage naît de l’intention qui l’anime dans l’histoire et partant, de l’obstacle majeur qu’il devra confronter pour mener à bien cette intention qui est sienne.

La force antagoniste ne peut être insignifiante. Elle est quelque chose de supérieur et d’hostile envers le personnage principal. Gardez en tête qu’il existe de nombreuses nuances d’hostilité. Cette dernière sera différente s’il s’agit d’une comédie ou d’un thriller par exemple.

Mais pour Aaron Sorkin, le principal atout de l’opposition est que le protagoniste mettra en place une stratégie pour tenter de dépasser cet antagonisme.

Dans la définition d’un protagoniste, il est une qualité nécessaire : sa proactivité. Le protagoniste n’est pas un être passif. Au début de l’intrigue, il peut lui arriver de subir les événements si cela aide à esquisser sa personnalité. Mais très vite cependant, il devra prendre les choses en main et apporter une réponse à ce qu’il lui arrive.
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LA STRUCTURE DU SCÉNARIO ET ARISTOTE

Cinquième et dernière partie de notre article commencé ici :
LA STRUCTURE DU SCÉNARIO ET ARISTOTE

CHAPITRE XV : Des mœurs dans la tragédie. – De ce qu’il convient de mettre sur la scène. – De l’art d’embellir les caractères.
I. En ce qui concerne les mœurs, il y a quatre points auxquels on doit tendre ; l’un, le premier, c’est qu’elles soient bonnes.

II. Le personnage aura des mœurs si, comme on l’a dit, la parole ou l’action fait révéler un dessein ; de bonnes mœurs, si le dessein révélé est bon.

IV. Le second point, c’est que (les mœurs) soient en rapport de convenance (avec le personnage).

V. Le troisième point, c’est la ressemblance. Car c’est autre chose que de représenter un caractère honnête et (un caractère) en rapport de convenance (avec le personnage), comme on l’a dit.

VI. Le quatrième, c’est l’égalité. Et en effet, le personnage qui présente une imitation et qui suppose un tel caractère, lors même qu’il serait inégal, devra être également inégal.

D’abord, un peu de terminologie. Aristote pose comme principe que les mœurs soient bonnes. En un autre terme, que le protagoniste soit quelqu’un qui ne soit pas méprisable, un personnage avec lequel le lecteur pourra s’identifier sans en éprouver de honte.
Une remarque s’impose néanmoins. Rien n’empêche que le personnage principal commette des actes immoraux tant qu’il bénéficie d’un fonds qui ne le montre pas tout à fait mauvais. Comme indice, on peut le montrer jouant avec un chat, par exemple. Cette scène ne fait pas avancer l’intrigue mais elle est utile cependant à troubler le lecteur et l’invite à se demander si ce personnage est aussi mauvais qu’il prétend l’être.

Le dessein dont parle Aristote est essentiellement un but moral. L’objectif que se fixe le protagoniste illustre sa volonté fondamentale d’accomplir quelque chose qui soit moralement bon.

Le second point insiste sur les caractéristiques du personnage. Elles doivent être appropriées au type de personne qu’il est. Je me refuse à mentionner les propos (que l’on doit absolument rapporter à son époque et à sa culture) d’Aristote concernant la femme qu’il prend comme exemple pour étayer ce second point en contestant à celle-ci la responsabilité morale de ses actes.
Ainsi, une qualité comme la bravoure ne serait pas appropriée comme caractéristique d’un personnage féminin.

Cependant, un être humain est tellement fait de contradictions qu’il n’est pas rare dans la réalité de voir un individu être tout et son contraire. Néanmoins, l’idée est que l’auteur doit rester vrai avec le type de personnage qu’il représente. Un juge, par exemple, sera du côté de la loi et recherchera toujours la justice. Lester Burnham de American Beauty est un homme en pleine crise de la quarantaine qui finalement se rachète en ne cédant pas à Angela.

Mais ce n’est pas exactement cette ressemblance dont il est question dans le troisième point. Le personnage doit être en accord avec ce qu’il est supposé être, c’est certain. Mais aussi, comme je l’ai dit, nous ne sommes pas monoblocs. Par ressemblance, c’est réalité qu’il faut comprendre.

Le personnage doit être décrit d’une façon réaliste, c’est-à-dire humaine et présenter des défauts et peut-être quelques excentricités. C’est-à-dire qu’il faut le rendre crédible.

Lorsque le personnage est équipé des attributs qui permettent de bien le définir dans l’esprit du lecteur, il les conservera tout au long du récit. Voilà ce que dit le quatrième point.

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DEUX ASPECTS COMPLÉMENTAIRES DU CONCEPT

Le concept est essentiel puisqu’il fait d’une idée confuse, incomplète, une possible histoire. Il se présente sous deux aspects. L’un concerne le quoi de l’histoire et l’autre, le comment de celle-ci. Le quoi de l’histoire relève du domaine créatif par lequel l’ossature de l’histoire commence à se former.
Le comment est de l’ordre de la stratégie narrative de l’auteur, c’est-à-dire son approche particulière de comment il va raconter son histoire.

Le concept est une proposition et une invitation à partager une histoire entre un auteur et un lecteur. Cela suggère que l’auteur inventera des personnages et des situations dans lesquelles il les projettera. C’est de la combinaison de ces deux forces dramatiques que peut émaner un récit.
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L’IDÉE NE FAIT PAS L’HISTOIRE

Dans l’article précédent, nous avons abordé la notion de forces à l’œuvre dans une fiction. Concrètement, ces forces sont les différents nœuds dramatiques, les rebondissements, le contexte de l’histoire mais aussi des significations sous-jacentes qui ne sont pas perçues immédiatement par le lecteur mais qui existent néanmoins de manière inhérente à l’histoire.

Avoir une idée et se mettre aussitôt à écrire n’aboutit généralement qu’au néant. Nous l’avons vu dans un article précédent, mais l’idée ne fait pas l’histoire. Il faut découvrir dans cette idée quelque chose de bien plus puissant et fécond : le concept.
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LE PERSONNAGE ET SES DÉMONS

Nous avons tous nos démons intérieurs. Certains d’entre nous plus que d’autres. Avec l’âge et nos expériences, nous pouvons en conquérir quelques uns. Et il y en a quelques uns aussi que nous emportons avec nous définitivement.
Ces démons intérieurs participent au flux et reflux de nos vies. C’est ce que nous appelons les hauts et les bas.

Il faut bien accepter que dans notre environnement immédiat, peu se soucie de ce qui a pu se passer dans nos vies. La nature humaine est foncièrement égoïste et le respect que nous devons aux autres est d’abord une convention sociale. Mais notre passé est définitivement derrière qui nous sommes et ce que nous faisons.
La persona, l’image que nous voulons renvoyer aux autres, est surtout une recherche de l’estime d’autrui ou alors parce que nous voulons que les autres nous jugent et éprouvent des sentiments envers nous tels que nous souhaitons les communiquer.
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