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DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (112)

Poursuivons avec le Chapitre 24 : Storytelling et Plot Appreciations

Static & Progressive Plot Appreciations

Comme nous l’avons étudié lors de nos articles précédents, il existe deux sortes d’appréciations (ou Plot Appreciation ou encore Story Points selon la terminologie propre à Dramatica).
Les appréciations sont les moyens par lesquels le lecteur pénètre l’histoire et s’en saisit (puisque le lecteur est l’ultime interlocuteur).

Nous venons de voir les Static Plot Appreciations que nous avons dénombré au nombre de 8 et qui ne changent pas.
Il y a aussi des Progressive Plot Appreciations qui seront appelées à se transformer dans la durée de l’histoire.

Qu’elles soient statiques ou progressives, les appréciations ne se perçoivent pas de la même manière par le lecteur. Considérons les Static Plot Appreciations : Story Goal, Story Requirements, Story Consequences, Story Forewarnings, Story Dividends, Story Costs, Story Prerequisites et Story Preconditions.

Ces appréciations demeurent constantes du début à la fin de l’histoire. Elles sont fidèles à leur nature. L’objectif (Story Goal) par exemple sera toujours présent et identifiable (même s’il semble que le protagoniste change d’objectif en cours de route parce que soudain il réalise qu’il était dans l’erreur depuis tout ce temps. Cette découverte est en fait gravée dans le Story Goal par l’auteur dès la conception de son projet).

Et quant aux Story Consequences, elles ont toujours été à l’horizon de quelque chose.

On peut ressentir une unité avec les appréciations statiques. Elles possèdent un nécessaire rapport entre elles. Elles n’existent pas les unes sans les autres. Autrement posé, elles sont un tout et partant, elles sont perçues à travers l’histoire sous cette perspective du tout.

Qu’elle que soit le moment de l’histoire, la présence d’une Static Plot Appreciation sera effective. Cette présence pourrait apparaître discrète ou bien s’afficher bruyamment, ce qui importe essentiellement est que plus elle se manifeste telle qu’elle a été conçue originellement (quelque soit le moment de l’histoire) et plus l’intrigue sera structurellement solide.

Les Progressive Plot Appreciations sont les actes, séquences, scènes et événements.

Quelques révisions :

  1. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (66)
  2. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (93)
  3. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (95)
  4. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (96)
  5. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (97)
  6. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (98)

Ces appréciations progressives décrivent une expérience : celle de se déplacer le long de l’histoire. Il semble donc logique de les considérer en séquence.
Quelle que soit la Progressive Plot Appreciation sur laquelle vous décidez de travailler, ce qui importe est de connaître comment elle se rapporte à celle qui va la suivre.
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DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (111)

Nous avons identifié 8 appréciations statiques :

  1. Story Goal
  2. Requirements
  3. Consequences
  4. Forewarnings
  5. Dividends
  6. Costs 
  7. Prerequisites
  8. Precondition

Dans l’article précédent, nous nous sommes intéressés plus spécifiquement au Story Goal. Penchons -nous pour cet article sur les sept autres Plot Appreciations.

Quelques articles dont la lecture ou la relecture (nécessaire pour comprendre le fonctionnement de Dramatica) pourraient vous être utile :

  1. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (63)
  2. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (64)
  3. DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (65)

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DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (110)

Chapitre 24

Storytelling et les appréciations d’intrigue

Les appréciations d’intrigue (ou Plot Appreciations selon la terminologie de Dramatica) sont les moyens narratifs qui permettent au lecteur d’appréhender l’histoire, sa signification, le sens de ce qu’il s’y passe (le comment, le quand, le pourquoi…).

Avant d’entrer dans le vif de ce chapitre, quelques révisions s’imposent :

Chapitre 17 :
Appréciations de l’intrigue (sur le plan thématique)

DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (62)

Les appréciations

DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (63)
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (64)

Les appréciations (ou Plot Appreciations) se présentent soit sous une forme statique, soit sous une forme progressive.

Les appréciations statiques sont les objets dramatiques d’objectif, d’exigence et de conséquence. Même la notion de Concern d’une ligne dramatique aide à l’appréhension de l’histoire par le lecteur et est considérée comme statique.

Parmi les appréciations progressives, il y a la notion d’actes.

Un acte est une succession, une séquence, une série d’événement qui forment forcément une progression et cette progression est elle-même un objet dramatique porteur de sens, d’une signification à disposition du lecteur.
Cet article DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (96) vous permettra d’en savoir davantage sur cette notion d’acte mais en fait, une lecture ou relecture du Chapitre 18 : La progression de l’intrigue pourrait vous être bien plus profitable.

Nous avons donc vu que les types des domaines permettaient de construire les actes pour chacune des lignes dramatiques. En fait, ces types sont ordonnancés de manière à devenir un acte.

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LE PROCEDURAL GENRE

Il existe un fiction particulière qui fonctionne aussi bien en littérature, au cinéma ou à la télévision qui mélange un peu les genres et qui contient en son sein quelques séquences de détails que nous pouvons qualifier de techniques telles que des autopsies et que les anglo-saxons nomment procedural genre.

Pour ceux que cela intéresse, un documentaire pourrait même être écrit selon ce procedural genre pour en augmenter l’intérêt narratif.

Mais qu’est-ce que ce procedural genre ?

En télévision, procedural genre réfère à un genre de programmes dans lequel un problème est d’abord introduit, puis investigué avant d’être résolu et tout cela dans le même épisode.
La durée moyenne d’un épisode est d’environ 60 minutes et le thème est souvent associé à un crime ou à une transgression quelconque.

Alors que la sitcom commence avec un problème que le personnage principal se crée lui-même et que ce problème ne fait qu’empirer tout au long de l’intrigue menant à autant de désastres et de complications avant que le personnage principal ne capitule devant l’évidence et que les choses redeviennent normales, dans le procedural genre, c’est l’inverse qui se produit.

Chaque épisode commence avec un problème que le personnage principal cherche à résoudre. Ce problème est alors démêlé morceau par morceau par autant de révélations et de découvertes jusqu’à ce qu’au dénouement, le personnage principal est récompensé de ses efforts et les choses redeviennent normales. Dans un procedural genre, le personnage principal possède en lui la solution. Ses efforts consistent alors à remonter logiquement les faits pour faire apparaître la solution.

Ce fonctionnement succinct est précisément le moteur de l’intrigue. Voyons comment Les experts (CSI : Crime Scene Investigation) est un modèle du genre et partant, comment appliquer un tel moteur à un projet de scénario.

Le pilote de Les experts (saison 1 en 2000 et 2001) couvre en fait les épisodes nommés Pilot (Équipe de nuit) et Cool Change (Un millionnaire malchanceux). Le dénouement du pilote signifie donc le dénouement de Cool Change.
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LES IDÉES PRÉCONÇUES & L’INTRIGUE

Le problème que l’on peut rencontrer dans une intrigue est qu’elle est simpliste et prévisible. Une intrigue, c’est d’abord un assemblage de scènes. Cela signifie donc que cette simplicité problématique se situe dans l’écriture des scènes.

Les scènes sont prévisibles. En quoi peuvent-elles être ainsi ? Avant tout, elles manquent de possibilités. L’auteur n’a pas considéré assez d’options.

Pourquoi un tel manque de discernement ? Après tout, c’est euphorique de laisser couler sur la page nos mots. C’est une bénédiction que d’écrire. C’est peut-être là le problème. On ne fait qu’écrire sans réfléchir vraiment à ce qu’on vient d’écrire. On laisse aller notre intuition. Nul besoin d’aller au-delà.

Question de choix

Écrire, c’est comme dans la vie. On a des choix à faire. Il faut prendre le temps ou le courage de reconsidérer ce qu’on vient d’écrire ou mieux de penser à ce que l’on va écrire avant de l’écrire. Il faut envisager des possibilités. Dans le cas contraire, l’intrigue sera ennuyeuse ou chaotique, surtout simpliste.

Nous avons une situation et nous en faisons une scène. Nous savons ce que nous allons écrire. Pourquoi douter ?

Le problème, c’est que si vous savez ce que vous allez écrire, le lecteur le saura aussi. Il ne faut jamais négliger l’imaginaire du lecteur. Son imagination ne cesse de le projeter en avant. Il construit le futur de la scène. Et s’il comprend ce devenir trop souvent au cours de l’intrigue, l’effet de surprise qu’il exige, il ne l’éprouvera pas.

La première idée que l’on a pour une scène peut être intéressante. Et elle peut être la bonne. Pour asseoir cette certitude, il est néanmoins bon de réfléchir s’il n’y a éventuellement pas d’autres options qui pourraient être meilleures. C’est souvent le cas.

L’embarras, c’est qu’un auteur, comme n’importe quel quidam, possède des idées préconçues sur tout. On a un point de vue préconçu sur les choses. On pose sur le papier l’aspect pratique ou logique de la situation. C’est terne, inhabité, dépourvu de créativité. On est sur un sentier maintes fois battu.

Il ne faut pas ignorer ces idées reçues. Il faut en tenir compte. Seulement, on doit prendre le temps d’explorer tout ce que la situation a à nous offrir.
L’évidence est un piège qui met des limites à notre imagination. Nous ne sommes pas contraints par le temps dans l’écriture. Il faut creuser toutes les possibilités même les plus improbables, surtout les plus improbables (voir à ce sujet LA STRUCTURE DU SCÉNARIO ET ARISTOTE).

Les idées préconçues proviennent, croit-on, des influences que nous avons subi tout au long de notre vie. Notre classe sociale, notre éducation, tout ce que nous n’avons pas su ou voulu remettre en question… Une sorte de déterminisme, en fin de compte (voulu par un créateur ou la nature selon les convictions de chacun).

Partant, il n’y a pas que les situations qui semblent évidentes. Nos personnages le sont, les relations qui les unissent tombent sous la même coupe, les concepts que nous convoquons aussi.
Quand une idée nous vient, notre liberté consiste à la questionner. Sans aller jusqu’à faire table rase, il peut être prudent de s’ouvrir à d’autres choses pour tenter de donner à nos lecteurs une expérience sinon unique du moins nouvelle.

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