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AARON SORKIN : LA RECHERCHE AUTOUR DE L’IDÉE

Il y a deux types de recherches. D’abord, comme il est bon de savoir de quoi l’on parle, une légère expertise dans ce dont parle l’histoire s’avérera très vite nécessaire.

Le second type de recherches concerne l’idée que vous avez eue. Celle-ci est encore de la matière brute et ne laisse pas transparaître les gemmes qu’elle pourrait contenir. Comme le dit Aaron Sorkin, vous ne savez pas encore ce que vous cherchez à raconter.

Rencontrez les gens qui sont proches de votre sujet

Supposons que votre idée est d’écrire sur le milieu scolaire. Vous avez lu beaucoup de choses à ce sujet. Vous pourriez même avoir vu des films ou des séries dont c’était aussi le thème. Ne vous découragez pas si un thème a déjà maintes fois été traité, chaque auteur est capable d’innover. Mais il lui faut innover.

Ce que vous venez de faire, c’est le premier type de recherche. Nommons-le recherche documentaire. Mais il vous manque toujours quelque chose. Quelque chose qui vous permettra d’innover.

Et vous le trouverez en rencontrant des personnes qui sont au contact ou ont été au contact de ce milieu. Ce n’est pas évident d’aller au-devant des gens. La confiance doit s’installer. Pour briser la glace, commencez par dire ce que vous voulez faire. Vous êtes un écrivain qui souhaite écrire sur le milieu scolaire et qu’il y a des choses que vous avez lues et qui vous ont interpellées et que vous aimeriez pouvoir en savoir plus.

Vous constaterez que la plupart des gens sont assez enclins à se dévoiler face à un écrivain même s’il s’agit du premier livre. Pour certains d’entre eux, ce sera même enfin quelqu’un qui écoute. Rappelez-vous lors de ces rencontres que vous ne savez pas encore ce que vous cherchez.
Vous souhaitez écrire une fiction donc des situations dramatiques, c’est-à-dire du conflit. N’étalez pas les connaissances que vous avez acquises lors de la recherche documentaire (parce que justement, vous n’écrivez pas un documentaire).

Au contraire, laissez votre interlocuteur donner des détails de ses expériences. Immanquablement, il en ressortira quelque chose qui vous inspirera (c’est-à-dire auquel vous pourrez consacrer un peu de réflexion pour écrire).
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AARON SORKIN : L’IDÉE

Avoir une idée n’est pas difficile (même si l’on estime parfois en manquer). Toutes les idées, cependant, ne sont pas aptes à devenir une fiction dramatique.

Une idée de fiction, selon Aaron Sorkin, introduit un élément de perturbation dans ce qui pourrait apparaître autrement comme un simple quotidien.

Une idée devient possible pour une fiction dès que, dans l’énoncé de celle-ci, vous ajoutez mais…, sauf que…, et alors… c’est-à-dire dès que vous introduisez une rupture dans le quotidien ou le projet d’un personnage.

Par exemple, dans Seul au monde, Chuck Noland est un habitué des voyages autour du monde pour FedEx. C’est alors que, lors d’un vol de routine pour solutionner un problème urgent, son avion s’écrase sur une île déserte.
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LA STRUCTURE DU SCÉNARIO ET ARISTOTE

Continuons notre article sur La Poétique d’Aristote commencé ici : LA STRUCTURE DU SCÉNARIO ET ARISTOTE

L’épopée, 1a poésie tragique, la comédie, la poésie dithyrambique, l’aulétique, la citharistique, en majeure partie se trouvent être toutes, au résumé, des imitations.
CHAPITRE I: La poésie consiste dans l’imitation. – Trois différences entre les imitations. – Différentes sortes de poésie, selon les moyens d’imitation.

La tragédie est l’imitation d’une action grave et complète, ayant une certaine étendue, présentée dans un langage rendu agréable et de telle sorte que chacune des parties qui la composent subsiste séparément, se développant avec des personnages qui agissent, et non au moyen d’une narration, et opérant par la pitié et la terreur la purgation des passions de la même nature
CHAPITRE VI: Définition de la tragédie. – Détermination des parties dont elle se compose. – Importance relative de ces parties.

Cette imitation dont parle Aristote est la mimèsis (c’est un concept qui fut d’abord développé par Platon). Il faut le comprendre principalement au sens que lui a donné Roland Barthes.
C’est un effet de réel dont la fonction consiste à donner au lecteur l’impression que la fiction décrit un monde réel (tout est impression dans un monde sensible).

La fiction est une représentation, une apparence de la réalité. Elle n’est pas la réalité mais seulement une figuration de celle-ci. Le nœud aristotélicien que nous avons abordé dans l’article précédent serait chez Paul Ricœur un stade de la mimèsis qu’il a dénommé Préfiguration et qui décrit le temps vécu, pré-narratif, préalable au temps du récit (qui se conjugue classiquement au présent).

Donc la mimèsis n’est pas à proprement parler une imitation de la réalité car le réel en soi est assez ennuyeux et n’est pas vraiment adapté à la fiction. Chez Ricœur encore, le temps du récit est le stade mimèsis II : Configuration.

Par exemple, les faits historiques de la vie de Napoléon seraient la préfiguration et l’agencement de ces faits historiques pour une visée narrative serait la configuration.
Ce qui fait dire à Aaron Sorkin lorsqu’il parle de ses biographies (The Social Network, Steve Jobs) que ces personnes réelles sont devenues ses personnages parce qu’il se les est approprié pour constituer son propre temps du récit.
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PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Avec les situations 1447 à 1462, nous allons aborder le dernier article de cette série sur PLOTTO, méthode de suggestions d’intrigue avec le sous-groupe Révélations.

La révélation peut concerner aussi bien une illumination personnelle, le personnage découvre sur lui-même une vérité qu’il détenait depuis toujours mais dont il n’était pas capable de prendre conscience. Il s’agit d’une épiphanie, d’une anagnorisis (une reconnaissance d’une qualité ou d’un attribut qui émerge comme conséquence d’un certain nombre d’épreuves ou tribulations).

La révélation peut porter aussi sur une information cachée concernant autrui. Un personnage ne peut plus tergiverser ou différer une certaine vérité. La vérité doit être révélée, aussi cruelle soit-elle.

La liste des situations se trouve ici :
PLOTTO, MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

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PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Avec les situations 1429 à 1446, nous allons clore le sous-groupe Mystère.

La liste des situations se trouve ici :
PLOTTO, MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Groupe : Activité & Vie sociale
Sous-groupe : Le mystère

Proposition B
60, S’impliquer, poussé par la curiosité du mystère, dans un projet étrange.

Situation : 1429
Préquelles possibles : (730 si l’on change A par A-8) – Chronologiquement [(832 si l’on change A par A-8) puis (705 si l’on change A par A-8)]

A entre par effraction chez A-8 et découvre ce dernier mort apparemment suicidé

Séquelles possibles : (819 si l’on change A-5 par A-8) – (906 si l’on change A-2 par A-8)

Note : La question est de savoir si ce que perçoit A de la situation (et qu’il communique au lecteur) est bien la réalité. La mort de A-8 est-elle véritablement ce qu’elle paraît être ? Ce sera probablement l’avis officiel contre lequel A viendra s’opposer comme l’indique les conditions de sa rencontre avec A-8.
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