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JOSEPH CAMPBELL & LES MYTHOLOGIES

L’étude comparée des mythologies de tous temps et de toutes cultures nous incite à voir l’histoire culturelle de l’humanité comme un tout car nous y trouvons des thèmes récurrents comme le vol du feu (pour dire l’intelligence divine de l’être humain parmi toutes les espèces humaines), ou bien des thèmes comme le déluge, des lieux comme les Enfers (sous différentes dénominations d’ailleurs), la conception virginale et bien sûr le héros ressuscité qui ont une répartition mondiale.

Ils apparaissent partout sous des formes diverses et variées mais l’essence de ces concepts au demeurant peu nombreux demeure inchangée.

Joseph Campbell ajoute que dans les contes au-delà de la valeur édifiante de ceux-ci ces mêmes motifs thématiques sont utilisés surtout dans un but de divertissement.
Mais qu’ils apparaissent aussi dans des contextes religieux dans lesquels ils sont non seulement acceptés comme vrais mais aussi comme révélations de vérités dont toute une culture rend un témoignage vivant.

De ces vérités dérivent à la fois une autorité spirituelle et un pouvoir temporel. Joseph Campbell affirme qu’aucune société humaine n’a encore été décrite dans lesquels de tels motifs thématiques récurrents ne se sont pas répétés dans les liturgies, n’ont pas fait l’objet d’interprétations de la part des devins d’hier et des visionnaires d’aujourd’hui, des poètes, des théologiens ou des philosophes.

Des alliances surnaturelles

L’histoire de l’humanité, sous cet aspect mythique du moins, ne fut pas seulement l’histoire des progrès de l’artisan mais bien plus tragiquement selon Campbell celles des visions extraordinaires de devins et autres oracles et des efforts insensés de communautés trop terrestres incarnant ce qu’il leur semblait des alliances surnaturelles pour expliquer les maux et les beautés de l’univers et de la nature.

Mircea Eliade nommait l’homme un homo religiosus pour dire sa tendance vers les choses surnaturelles. Joseph Campbell confirme cette tendance à désigner comme sceau ou signe surnaturels des choses qui sont alors attribuées à des héros.

Et ces choses sont des évidences journalières comme un lever de soleil. Elles faisaient partie de la vie et des expériences des communautés primitives.

Et alors que ces mêmes communautés se recueillaient dans des sanctuaires dédiés, elles scrutaient rationnellement les sacrements d’autres communautés qu’elles rejetaient, pour Campbell, il suffit d’une honnête comparaison pour révéler aussitôt que toutes ces traditions se sont construites sur un même fond commun de motifs mythologiques savamment choisis, organisés, interprétés et ritualisés selon les besoins locaux mais que ces mêmes motifs sont révérés à travers le monde et le temps.

Pour Joseph Campbell, ce fait est un problème non seulement historique mais aussi psychologique. Et selon lui, fascinant. Apparemment, l’être humain ne saurait se maintenir de lui-même dans l’univers sans croire en un quelconque arrangement issu d’un héritage mythique.
Il apparaît ainsi que la richesse de la vie humaine ne dépend pas de sa pensée rationnelle mais plutôt de sa mythologie.

Et Campbell s’interroge. Comment ces forces immatérielles ont-elles pu galvaniser des populations entières et être parvenues à créer des civilisations avec ces mêmes populations ? Et de belles civilisations à la destinée fascinante.

Campbell s’interroge encore.
Pourquoi l’être humain toutes les fois qu’il cherche à se donner une base solide pour y fonder sa vie aboutit immanquablement non pas aux évidences que le monde ou la nature lui présente mais plutôt aux mythes d’une imagination immémoriale et allant même jusqu’à s’autodétruire au nom d’un quelconque dieu violent pour accepter finalement la munificence que le monde lui offre ?

Tradition ou entendement humain ?

Nos civilisations modernes sont-elles restées spirituellement fermées les unes aux autres ? Par respect de traditions locales ?

Pour Joseph Campbell, l’entendement humain serait capable de dépasser cette appréhension mythique des choses. Parce que pour Campbell, c’est un fait que les mythes (quelle que soit la culture dans laquelle nous vivons) agissent contre nous.

Consciemment ou inconsciemment, les mythes créent une distance entre les peuples. Parce que les mythes sont une puissance, une motivation à agir et une conduite à tenir. Pour Campbell, nos ancêtres et nous-mêmes étions et sommes sous le joug des mythes.

Et ils nous opposent diamétralement.

Néanmoins, Campbell reconnaît (nous sommes en 1959 lorsqu’il publie The Masks of God) que des recherches combinées de plusieurs sciences telles que la philologie, l’ethnologie, l’histoire de l’art, les études sur le folklore et la religion, la philosophie bien sûr couplées aux avancées en psychologie et aux découvertes archéologiques ainsi que les contributions de nombreux universitaires, moines et gens de la littérature asiatique ont autorisé une nouvelle image de l’unité fondamentale de l’histoire spirituelle de l’humanité.

Pour Campbell, The Masks of God est un moyen de comprendre grâce aux évidences rapportées par toutes ces autres sciences l’évolution naturelle (natural history dans le texte) des dieux et des héros.
Et de percevoir dans cette étude, les membra disjuncta, les lignes de division qui ont éclaté une mythologie dont les similarités indiquent pourtant l’unité.

Selon Joseph Campbell, il existe bien une histoire, une évolution, des mutations gouvernées par des lois. Et ce sont ces lois qu’il s’est proposé de découvrir, d’expliquer et de transcrire dans son œuvre.

LE MÉCHANT ET LE HÉROS

héros

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CAMPBELL : ÊTRE À L’ÉCOUTE DE SOI

Pour Joseph Campbell, il est important d’être à l’écoute des exigences de sa propre vie spirituelle et des pensées de son cœur, de ses passions.
Il ne porte aucun jugement sur aucune croyance en disant cela. Il dit simplement que s’être constitué une vie rangée comme réglée, c’est se décentrer en regard du simple fait d’exister.

Selon Campbell, le monde est rempli de personnes qui ont cessé de s’écouter. Le danger d’intégrer un système, d’obéir à ses exigences sans esprit critique est contraire à la nature humaine.
Il serait dans l’essence de l’être humain non pas tant de désobéir mais plutôt de ne pas se soumettre, d’accepter en soi cette possibilité de dissidence.

Un esprit créatif

Un esprit créatif ne peut être compris que comme s’exprimant hors de limites imposées. La création tout comme l’acte héroïque porte en germe un besoin de révolte.

Puisque c’est la nature humaine qui est concernée, nous serions tous capables d’être des héros. Certes, nos vies actuelles reflètent apparemment qui nous sommes. Nous pouvons si nous le voulions nous mettre non pas tant en situation de péril mais en des circonstances qui pourraient évoquer ce qu’il y a de plus grand en nous plutôt que de montrer dans notre quotidien ce qu’il y a de plus bas.

Joseph Campbell aime à raconter cette histoire. Il s’agit d’une légende iroquoise que l’on retrouve néanmoins assez souvent dans les mythes et légendes amérindiens. Campbell la nomme : Le refus des prétendants.

Il était une jeune fille très jolie qui vivait avec sa mère à la limite du village. Elle était assez fière et son orgueil lui faisait détourner le regard des garçons qui tentait vainement de l’atteindre par sa mère. Cette pauvre mère était bien ennuyée du comportement de sa fille envers les garçons.

Un jour que la mère et la fille ramassaient du bois dans la forêt, une terrible obscurité les enveloppa, Ce n’était pas la nuit qui tombait. Une telle obscurité ne pouvait être que l’œuvre d’un magicien.

La mère dit alors à la fille qu’elles allaient se construire un wigwam ici à l’aide des écorces des arbres et faire un feu avec un peu de bois.

Plus tard, la mère s’endormit.

Alors un magnifique guerrier, très glorieux, apparut. Il dit à la jeune fille : Je suis venu pour t’épouser et j’attendrai ta réponse.

La jeune fille accepta. La mère donna sa bénédiction. Pour prouver le sérieux de ses propos, le guerrier glorieux remis en cadeau à la mère la ceinture de wampum qu’il portait à la taille.

La jeune fille avait accepté parce que pour elle les simples êtres humains n’étaient pas assez dignes de son amour. Avec ce guerrier si particulier, c’était autre chose.
Le guerrier l’emmena dans son village et la présenta aux autres membres de sa famille. Tout semblait aller pour le mieux.

Le lendemain, le guerrier lui dit : Je pars chasser.

Et lorsque se referma la toile qui protégeait l’entrée du wigwan, la jeune fille entendit cet étrange bruit.
Elle passa la journée enfermée dans la hutte. Le soir venu, elle entendit de nouveau cet étrange bruit.

La toile s’ouvrit brusquement et apparut un prodigieux serpent avec sa langue qui dardait. Il posa sa tête sur les genoux de la jeune fille et lui dit : Maintenant, débarrasses-moi des poux qui sont sur ma tête.

La jeune fille s’exécuta. Elle trouva une foultitude d’horribles choses sur la tête du serpent et elle les tua toutes. Un moment plus tard, le serpent se retira. Et la toile se referma sur le wigwan.

Un moment après, la toile s’ouvrit de nouveau et laissa le passage au glorieux guerrier. Il dit à la jeune fille : As-tu eu peur de moi sous ma précédente forme ?
Et la jeune fille lui répondit que non. Sincèrement, elle n’avait pas eu peur.

Le jour suivant, le guerrier partit chasser et la jeune fille s’en alla dans la forêt pour ramasser du bois. Elle y rencontra un énorme serpent se prélassant sur les rochers. Puis un second, puis un troisième, une foule de ses bêtes.

Le découragement se saisit d’elle. Et elle en vint à regretter son foyer d’antan.
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LA MORT DU DRAGON

Tuer le dragon est la tâche fondamentale du héros. Serpent et dragon sont confondus dans la mythologie. On parle de l’un aussi bien que de l’autre. Ainsi, Apophis signifie Serpent Géant. Il personnifie (l’anthropomorphisme est omniprésent dans la mythologie) les forces obscures et mauvaises de la nuit.

Il est important de se souvenir dès l’abord que le serpent, animal de terre et d’eau, fut considéré comme protecteur. Symbolisant alors les forces vitales, il fut associé à la femme et à son pouvoir de donner la vie lorsque le rôle de l’homme lors de la procréation n’était pas encore connu.

Et Apophis livre un éternel combat au dieu solaire Râ à chaque crépuscule et à chaque aube. Dans la mythologie grecque, nous rencontrons un dragon femelle Python tuée par Apollon et la liste est longue et passionnante à découvrir (il faut nourrir son imaginaire).

dragonDans la religion védique et l’hindouisme, Vritra est un démon ayant la forme d’un serpent ou possédant des attributs dragonesques.
Vaincu par Indra, cela valut à ce roi des dieux le surnom de tueur du Dragon. L’Europe n’est pas en reste avec des héros tels que Siegfried, Tristan ou Saint Georges qui ont eu maille à partir avec des dragons.

Et bien sûr que des figures historiques furent crédités de tels actes héroïques lorsque vint le temps de rapporter leurs hauts faits héroïques comme le souligne Mircea Eliade à propos de ce grand maître des Hospitaliers de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, Dieudonné de Gozon.

dragonPar le simple fait qu’il était un héros, Dieudonné de Gozon fut identifié par cet archétype du héros et une biographie mythique fut plaquée sur sa vie dans l’indifférence totale de ses véritables exploits mais dans laquelle cependant fut décrite son combat contre le dragon de Rhodes et lui valut le titre de Draconis Extinctor ou Vainqueur du Dragon.

L’image du dragon

Quel thème sous-jacent anime le dragon ? Que peut vouloir dire cette image du serpent qui franchit allègrement temps, espace et culture ? Retrouvons Mircea Eliade : Le dragon est une figure paradigmatique d’un monstre marin.
Cette figure servit de modèle pour décrire (personnification ou autre présence) le serpent primordial, symbole des eaux célestes dans leur obscurité, dans la nuit qui les entoure. Et on associe la mort aux ténèbres.

Autre association de cette figure mythique est qu’elle symbolise tout ce qui n’a pas encore acquis une forme, tout ce qui est encore virtuel donc informe.
La solution est que le dragon doit être conquis et détruit par les dieux eux-mêmes (ou par soi) afin que le cosmos puisse naître (ou bien que nous nous révélions à nous-mêmes).

Cette révélation qui accompagne la mort du dragon se retrouve dans le principe initiatique qui consiste en une mort symbolique puis en une nouvelle naissance (différent de la renaissance car il ne s’agit pas de naître autre tout en restant soi mais de naître en un nouvel être). Et l’être émane du virtuel, du latent, de l’indifférencié.

La mythologie babylonienne nous en donne un exemple avec l’histoire de Marduk venu au monde dans les abîmes aux eaux douces (les eaux salées des océans symbolisent le chaos).
L’entité primordiale Tiamat est souvent représentée comme un serpent géant. Notons que le terme primordial renvoie souvent à la déesse mère (ou Magna Mater) et effectivement, Tiamat, bien qu’elle personnifie les eaux salées des océans où règne le chaos, est considérée comme la mère de tout ce qui existe.

dragonQue s’est-il donc passé pour que Marduk se sente obligé de tuer le dragon du Chaos Tiamat ?

Certains faits historiques décrivent que des rois de Martu (les Amorrites, peuple sémite qui occupa la Mésopotamie et le Croissant Fertile), amenèrent avec eux le dieu Marduk et que, manifestement, l’antique déesse de culture sumérienne Tiamat, censée avoir formé la première civilisation de l’humanité, faisait tâche dans le tableau des Amorrites et ceux-ci firent en sorte que Marduk tua son arrière-grand-mère et façonna alors tout ce qui existe dans l’univers créé (y compris les humains) à partir du sang, de la chair et des os de Tiamat.

Plus précisément, Tiamat est issue de la culture babylonienne. Elle est cependant inspirée par la véritable déesse sumérienne Nammu, elle aussi Magna Mater.
Et elle aussi déesse serpentiforme. Il fallait une grande Mère originelle à l’époque pour rassurer et de nos jours, nourrir l’imaginaire toujours affamé.

Le chaos n’est pas le néant. Il indique que la Nature existe (c’est Nammu elle-même) mais qu’au commencement, il y a Nammu, l’océan primordial (primordial encore une fois dans le sens d’une faculté à donner la vie) qui formait un grand Tout indifférencié.

Tout ce qui existe émane de la substance de la déesse. La déesse partage son essence fondamentale avec tout ce qui existe.

Le souci pour les Amorrites est qu’ils craignaient Tiamat, c’est-à-dire la Nature cruelle, arbitraire, sauvage.
Il fallait de l’ordre pour contrer cette menace, ce chaos informel. Marduk est arrivé à point nommé. Enfin, il faut accepter qu’il ait mis de l’ordre par une violence indescriptible, ce qui est un autre débat.

Une nature féminine, une humanité masculine

Il a fallu une déité patriarcale pour agir contre la nature. Cela aurait pu être de travailler avec la nature plutôt que de lutter contre elle. Cela reflète cependant l’évolution de la prise de conscience du moi, de l’ego dans l’humanité lorsqu’elle se différencia elle-même d’une psyché inconsciente mystérieuse et insaisissable parce que sans forme à appréhender.

Beaucoup de traditions religieuses s’ouvrent avec un être divin qui crée l’ordre à partir du chaos. Il y aurait donc un chaos originel. Historiquement, ce sont les migrations des peuples qui amenèrent leurs traditions dans des lieux aux traditions locales et que c’est de la confrontation de ces différentes traditions (des cultes nouveaux s’opposant aux vieux cultes des mondes anciens) que naquirent de nouvelles traditions et de nouveaux mythes.

personnagesAMENER LES PERSONNAGES A LA VIE

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CAMPBELL, DRAGON & MYTHE

Joseph Campbell voyait le mythe comme un langage en quelque sorte. Plus précisément, comme un langage imagé de l’âme.

Au-delà de l’expérience et des mots que nous utilisons pour la décrire, il existe une autre réalité sous la réalité que nous expérimentons.
Cette réalité, nous ne pouvons la définir avec les mots car aucun mot ne saurait la décrire précisément mais les mythes, tout comme l’art, présentent des images qui nous font éprouver une sorte de sentiment esthétique.

L’esprit humain veut tout expliquer. Il interprète les symboles, les explique. Mais ses explications ne font que constater les faits. Une approche scientifique du mythe est malaisée car la science prouve en reproduisant le phénomène. Or l’impact immédiat du mythe, surtout si celui-ci nous parvient lors d’un rituel, échappe à l’intellect.

C’est le cœur qui le ressent sans qu’aucune raison ne soit exigée. Et si nous avons besoin d’une interprétation théologique, aussi pertinente soit-elle, elle ne manquera certainement pas d’affadir ce sentiment que nous procure le mythe lors de sa réception immédiate, intuitive.

Le mythe embarque de multiples couches de concepts et d’idées souvent conflictuels. C’est d’ailleurs pour cela que les images et les métaphores que nous donnent le mythe sont si importantes car elles ajoutent de la profondeur aux mots et à ce qu’ils véhiculent nécessairement imparfaits.

Cependant, le langage imagé du poète est bien plus riche, plus complexe et certes souvent paradoxal mais il n’en laisse pas moins de nous parler clairement sur les questions de vie, d’amour, de substance et d’âme.

Le principe de non-contradiction

Aristote pose le principe de non-contradiction comme une nécessité absolue parce qu’il est logiquement impossible d’affirmer et de nier une même proposition. Pour Joseph Campbell, l’acceptation du paradoxe est essentielle à la compréhension du mythe parce que le mythe, tout comme le rêve, nous donne un temps et un espace qui s’avèrent fluides et dont les images s’enchaînent les unes aux autres pour donner cette fluidité que la raison ne s’explique pas.

Une proposition peut certainement se contredire elle-même car le mythe nous démontre que l’homme peut marcher sur les eaux, que le Christ peut être dieu et homme à la fois et que la triple lune (ses trois phases ascendante, pleine et descendante) symbolise aussi la femme comme jeune fille, femme et mère, puis la femme au soir de sa vie.

L’image du dragon est aussi une belle image dont l’origine remonte à un passé à peine discernable où mythes et contes emplissaient les esprits de leurs créatures fantastiques (divinités et bestiaire confondus).

mytheQu’il soit représenté comme les griffons aux portes des sanctuaires ou comme Ningishzida, ce dieu serpent qui orne le gobelet à libations du roi Goudéa de la cité-état de Lagash de la Sumer ancienne mytheou encore qu’il ait les traits de Smaug Le doré de l’univers légendaire de Tolkien (Le Hobbit de 1937), le dragon est un gardien très sérieux que l’on rencontre souvent sur le chemin qui mène aux royaumes d’un autre monde.

La présence d’un dragon dans un conte promet que l’aventure sera passionnante. Cette image du dragon, néanmoins, est-elle bonne ou mauvaise ? Est-ce que le dragon soigne les maux de l’humanité ou est-il voué à la destruction de celle-ci ?

Le dragon peut-il inspirer de la créativité et donner de la force aux êtres humains ? Ou n’est-il qu’une élucubration posée là pour agrémenter quelques histoires décidément sans importance ?

D’autres questions peuvent aussi nous interpeller : D’où l’image du dragon provient-elle ? Quelles sont les origines du dragon et quelle est sa finalité (si tant est qu’il en est une) ? Quel rôle ce concept de dragon a t-il joué dans l’évolution de la civilisation humaine et dans notre propre évolution en tant qu’individu ?

Tenter de répondre à ces questions, tenter de concrétiser une métaphore, c’est prendre le risque de se limiter à des définitions rigides et dogmatiques qui tuent la créativité. Il est préférable de prendre le paradoxe tel qu’il nous est donné et de se laisser entraîner par cette image du dragon sans la questionner.

Retrouver les traces de ses toutes premières apparitions dans les mythes, l’observer émaner de l’assemblage de ses éléments constitutifs et puis revenir dans le présent afin d’apercevoir le dragon dans sa tanière profondément enracinée dans notre psyché.

Lorsqu’elle verse dans le mythe, notre imagination pourrait bien nous en apprendre plus sur nous-mêmes que n’importe quelle étude sérieuse. Nos ruminations mythiques tirent précisément leur puissance par le fait que nous pouvons les contester car il n’y a pas de faits véritablement historiques.

personnageCE QUE VEUT LE PERSONNAGE

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