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JUDD APATOW ET LA COMÉDIE

Judd Apatow avoue qu’il a eu une enfance quelque peu renfermée. C’était un enfant qui se sentait différent des autres. Ce n’est pas qu’il était rejeté. Il sentait seulement qu’il ne pouvait être avec les autres.

En quelque sorte, il se renferma sur lui-même et sur les Marx Brothers.
Apatow développa une véritable fascination pour les Marx précisément par cette étrange capacité qu’ils avaient à rire de ce monde qui pourtant les repoussait ou même les chassait.

Pourquoi la comédie ?

Selon Apatow, aller vers la comédie, cela traduit un problème avec le monde. L’auteur ne comprend pas ce monde et la comédie devient alors un moyen d’expression. Un auteur porté sur la comédie existe ou bien se construit sur l’absurdité du monde qui l’entoure.

La comédie est l’expression ultime d’un esprit critique. Une comédie bien faite peut apporter une leçon à un lecteur, lui faire la démonstration qu’il peut survivre à cette incompréhension dans laquelle il est persuadé à tout moment de se noyer.

La véritable essence de la comédie est donc bien l’engagement de l’auteur qui prend le risque de se jeter devant le monde. Tout comme le faisait les Marx Brothers.

Si l’on cherche des réponses, la comédie en est le moyen. Écrire une comédie ne dispense pas de travailler au préalable son projet par des recherches nécessaires, tout comme on le ferait pour un thriller par exemple.
Peut-être que pour la comédie, l’auteur est saisi de ce malaise ou de cette angoisse qui l’incline davantage vers la comédie que vers le thriller.

Pour Judd Apatow, comme artiste et artisan de la comédie, l’approche que l’on a du monde est ce qui doit régler notre envie d’écrire de la comédie.
Ce qui laisse supposer aussi que l’auteur d’une comédie devrait être un être quelque peu compliqué même s’il n’en laisse rien percevoir.
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LES PRÉJUGÉS ET LE DOCUMENTAIRE

Avoir une opinion permet certes d’enrichir sa parole avec la recherche de certaines informations ou bien apporter une lucidité personnelle à l’œuvre que nous cherchons à concrétiser.

Cela présente aussi un danger si l’on ne considère pas cet apport dans le produit final. Vous êtes face à un sujet de documentaire qui est autonome. Il est difficile de rester totalement impartial. Il est donc crucial de trouver un terrain d’entente entre nos croyances, nos opinions préconçues (on peut tenter de s’en défendre mais des choses nous sont imposées par notre milieu, nos origines, notre éducation…) et puis nos expériences aussi.

Le principe n’est pas d’arriver nu devant un sujet et s’être persuadé que notre point de vue ne viendra pas interférer sur ce que l’on tente de communiquer, de biaiser notre message sans que nous l’ayons réellement voulu.

Accepter ses opinions et s’en servir pour enrichir notre point de vue sur le sujet du documentaire permet au contraire d’augmenter la perspective. Et on offre au lecteur un horizon plus large ce qui l’intéresse davantage.

Quel que soit le sujet que l’on aborde dans un documentaire, différentes perspectives et différentes informations souvent divergentes existent à son propos.
Écrire un documentaire, c’est précisément amener au lecteur le plus possible d’informations afin qu’il se fasse lui-même sa propre opinion sur l’objet de ce documentaire.

Vos préjugés et d’où viennent-ils ?

Il est important de prendre conscience de l’influence de vos préjugés qui peuvent ou bien aider ou bien contrecarrer votre projet. Prenez un moment pour bien comprendre votre propre point de vue. Comment s’est-il formé ? Et surtout, tentez de répondre à la seule question qui appelle vraiment une réponse, Pourquoi avez-vous de tels préjugés ?

Bien sûr qu’il ne faut pas chercher à assainir ses jugements (souvent un peu trop hâtifs). Il suffit de les connaître pour qu’ils ne réduisent pas la portée de votre documentaire en propagande.

Ainsi, le lecteur/spectateur de votre documentaire a besoin que vous lui présentiez le pour et le contre du sujet dont vous parlez.

C’est comme en fiction. Il ne faut pas minimiser les points de vue des personnages. Il ne faut pas appuyer sur ce qui vous semble bien et dénoncer ce qui vous semble mal.
Et puis le lecteur/spectateur de votre documentaire veut connaître tous les aspects de votre sujet. Vous lui donnerez de la matière à moudre pour son esprit qui lui permettra de juger de manière critique (c’est ce qui est le plus difficile et le moins compris dans notre monde) afin qu’il tire ses propres conclusions de ce que vous lui avez donné à voir et à entendre (car un documentaire, c’est aussi des témoignages).

Un manque de préparation de votre documentaire, c’est assurément prendre une tangente car vous vous dérobez volontairement de votre sujet. Et pourquoi le faire ? Parce que vous niez que vous vous adressez à un lecteur. Le but de votre documentaire est d’élargir la perspective du lecteur/spectateur.

Par les informations complètes que vous lui apportez avec des images, des faits avec lesquels vous n’êtes pas forcément d’accord permet au lecteur de sortir grandi par votre documentaire.

Néanmoins une perspective est mise en avant dans le documentaire

Et vous devez établir dès l’abord quelle sera cette perspective. C’est là que votre propre opinion peut aider à renforcer votre discours sous la condition que vous ayez exercé un esprit critique à votre propre égard. C’est loin d’être une évidence et je ne saurais vous conseiller une méthode.

Peut-être se mettre à la recherche d’arguments qui s’opposeront à nos idées, qui viendront les heurter durement. Et pourtant en tenir compte, accepter la souffrance, s’engager dans celle-ci.
Parce que vous devez par votre sacrifice donner toute l’information à votre lecteur/spectateur pour qu’il soit capable de penser par lui-même.

Ce faisant, c’est votre projet de documentaire que vous allez élever bien au-delà de cette propagande si facile à mettre en œuvre. Vous interpellerez l’intelligence de votre lecteur. Parce que celui-ci est tout comme vous. Il a sa propre opinion et il doit se réconcilier avec.

HistoirePour affiner votre désir d’écriture (fiction ou documentaire), cet article vous propose quelques exercices : EXERCICES POUR UNE HISTOIRE – 6

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NEIL GAIMAN : TROUVER SA VOIX

Si je considère des motifs comme l’Annonciation ou la Nativité, les peintres les plus célèbres comme les plus discrets s’en sont emparés. Chacun d’eux a produit un tableau sur l’un de ces thèmes et pourtant, aucun de ces tableaux ne sont similaires. Certes, ils peuvent avoir quelques ressemblances. Nous pouvons malgré tout identifier certainement leurs auteurs.

Lorsqu’on commence à écrire, on ne se distingue pas véritablement. Il faut un peu de pratique (peut-être 1000 mots pour certains ou 100 000 mots pour d’autres) avant de trouver sa voix.
L’écriture est un apprentissage. Et pour Neil Gaiman, c’est une évidence que tout auteur trouvera sa voix parce qu’un écrivain ne peut s’empêcher d’écrire.

La voix de l’auteur

La voix se définit comme le propre style, la propre personnalité non pas d’un auteur mais de son écriture. Avec le temps et l’accumulation des mots que l’on écrit, il sera facile pour n’importe quel lecteur (ou spectateur d’une pièce de théâtre ou d’un film) de reconnaître avec seulement une page de texte celle ou celui qui l’aura écrite.

Comprenez bien que ce que vous écrivez n’est pas vous. On a beau mettre de soi dans les personnages que l’on invente, on peut vouloir recopier des situations que nous avons personnellement vécues, la personnalité ou voix d’un auteur est différente de la personnalité de l’être humain qu’il est.

Selon Neil Gaiman, les choix de nos mots, la tonalité émotionnelle dont ils sont capables, les personnages et les lieux que nous aimons décrire, le rythme que nous imprimons à notre récit, tout cela compose notre voix.

Si la maxime prétendument de Aristote que la somme des parties est différente du tout, alors l’effet cumulé de toutes ces choses sera unique à l’auteur et sera comme une reconnaissance par un lecteur/spectateur de la personnalité et de la disposition ou de la mentalité ou du point de vue d’un auteur.

L’histoire possède sa propre voix

Parfois, c’est l’histoire elle-même qui exige de posséder sa propre voix qui sera alors différente de celle de l’auteur.
Elle sera porté par le narrateur qu’il soit omniscient, à la troisième personne (dans la position de l’observateur en quelque sorte) ou bien à la première personne, dans l’immédiateté de l’action, dans l’intimité du personnage.

Vous pourriez vous pencher sur cet article LE NARRATEUR DONNE LE TON à propos du narrateur.

Gaiman suggère néanmoins de ne pas être trop littéraire. Ne pas forcer sa voix dans des registres trop fabriqués. Par exemple, élaborer des structures de phrases trop complexes ou utiliser des mots qui ne sont pas nous ou encore se perdre dans des descriptions trop longues au détriment du détail.

N’ayez pas peur d’être vous-mêmes. Ne vous effrayez pas du regard porté sur votre étrangeté. Votre écriture est un lieu privilégié pour celle-ci.

Et même si chaque histoire possède sa propre voix, l’âme de toute histoire reflète celle de son auteur. Elle atteindra à coup sûr le lecteur s’il perçoit effectivement de la sincérité dans la voix de l’auteur.

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EXERCICES POUR UNE HISTOIRE – 3

L’imagination est comme un muscle. Il faut l’entraîner à certains efforts si l’on ne veut pas la voir s’atrophier. C’est à cela que servent ces exercices d’écriture.

Ce qui a tout changé

Les sites de réseaux sociaux offrent moult opportunités pour écrire une histoire. Lisez le profil d’une personne que vous ne connaissez pas. Observez ses photos, prenez note de ses intérêts et de ses amis.

Puis donnez à cet individu un nouveau nom et écrivez une histoire à propos d’un événement fictif (que vous imaginez donc) qui lui serait arrivé dans son passé.
Ce serait un événement qui aurait drastiquement altéré le cours de la vie de ce personnage.

A l’écoute

Il nous est tous arrivé de surprendre une conversation à laquelle nous n’étions pas conviée. Que ce soit dans un bar (lieu privilégié pour mettre en scène une nouvelle information à communiquer au lecteur) ou bien dans une salle d’attente, notre oreille se laisse aller parfois à l’indiscrétion.

Évitez les conversations à propos du temps, elles sont souvent vaines. Dans les autres cas, notez le plus possible de ce que vous entendez. Ce n’est pas vraiment le message qui nous intéresse ici. Plutôt les intonations, le choix des mots, les hésitations… Observez et notez de quoi remplir deux pages d’un dialogue entre deux personnages que vous inventerez pour l’occasion.

Nettoyez vos notes de toutes les lignes et mots qui n’ont pas vraiment de conséquences. Ce que l’on cherche à identifier, c’est le sous-texte de ce qui s’est dit lors de cette conversation que vous avez surprise.
Soyez discret cependant. La plupart du temps, lorsque vous cherchez à interviewer une personne en lui expliquant qui vous êtes et que vous souhaitez écrire un roman par exemple, celle-ci sera plutôt encline à communiquer avec vous. Cela est presque naturel. Les gens ont souvent besoin de se confier, peut-être justement parce qu’ils n’ont pas l’écoute dont ils ont parfois besoin.

La signification n’est pas le but de cette exercice. Le sous-texte que nous cherchons à identifier est de comprendre ce qui se dit sous les mots et la manière dont ceux-ci ont été dits.
Les deux pages de dialogues que vous allez écrire ne seront probablement pas une pièce majeure de littérature. Parce que les conversations de la plupart d’entre nous, dans notre quotidien, sont d’une banalité vraiment assumée mais c’est notre quotidien.

Et ce quotidien n’est pas nécessairement médiocre. Tout au plus, nous pourrions lui reprocher son habitude. Le point de cet exercice est de démontrer qu’un dialogue fictif ne peut être le même qu’un dialogue réel.
Cela devrait vous paraître évident lorsque vous comparerez les deux pages de dialogues que vous aurez écrites et vos notes de la conversation que vous aurez entendue.
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LES CONSEILS DES AUTEURS

De nombreux auteurs ont donné des conseils plus ou moins judicieux pour écrire. On a tendance d’ailleurs à suivre ceux dont nous admirons déjà le travail.

auteurs Romancière connue pour ses thrillers psychologiques, voici une pensée très intéressante de Patricia Highsmith sur ce que nous pourrions nommer le mouvement.
Pour que l’histoire acquiert cet élan nécessaire et stable qui la mènera assurément jusqu’au dénouement, les auteurs devraient attendre que l’histoire jaillisse d’elle-même dans le cours de son développement et de sa planification.

Pour Patricia Highsmith, c’est un lent processus qu’il ne faut pas hâter parce qu’il s’agit d’un processus émotionnel, une sorte d’achèvement émotionnel qui vous fera dire un jour en vous-mêmes que ce que vous êtes en train de rechercher fera une très bonne histoire à raconter.
Ce n’est seulement que lorsque cette impression vous envahit totalement que les auteurs peuvent alors passer au processus d’écriture proprement dit de leur histoire.

auteursIl faut toujours une séparation d’avec les autres gens autour de la personne qui écrit les livres.
C’est une solitude essentielle. C’est la solitude de l’auteur, celle de l’écrit. Pour débuter la chose, on se demande ce que c’était ce silence autour de soi. Et pratiquement à chaque pas que l’on fait dans une maison et à toutes les heures de la journée, dans toutes les lumières, qu’elles soient du dehors ou des lampes allumées dans le jour. Cette solitude réelle du corps devient celle, inviolable, de l’écrit.
Je ne parlais de ça à personne. Dans cette période-là de ma première solitude j’avais déjà découvert que c’était écrire qu’il fallait que je fasse. J’en avais déjà été confirmée par Raymond Queneau. Le seul jugement de Raymond Queneau. Cette phrase : « Ne faites rien d’autre dans la vie que ça, écrire.  » écrire, c’était ça la seule chose qui peuplait ma vie et qui l’enchantait. Je l’ai fait. L’écriture ne m’a jamais quittée.
Marguerite Duras. Écrire
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