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UN SYNOPSIS, C’EST UTILE

Écrire un synopsis au préalable de l’écriture du scénario n’est pas l’antithèse de l’innovation. Préparer son chemin à sa créativité, c’est éviter les inévitables confusions et conflits qui ne laissent pas de surgir au moment de faire des choix.

Le synopsis, c’est planifier son histoire. Cette ébauche peut être une succession d’événements ou bien un texte de quelques pages décrivant ceux-ci. Cette étape de la création sert à établir un guide pour écrire plus efficacement plus tard.

Sans un plan pour savoir où vous allez, les digressions seront nombreuses. Ce n’est pas qu’elles soient inintéressantes. Au contraire, si vous digressez, c’est que le sujet vous parle et que vous voulez en parler.

Seulement, il y a une histoire en cours et tout ce qui entre dans cette histoire doit la faire avancer. Si vous vous enlisez dans des détails qui ne sont pas pertinents à l’histoire actuelle ou bien si vous perdez de vue les grands moments dramatiques de votre récit (des moments qui sont attendus par le lecteur même inconsciemment), il est peu probable que l’on lise plus des dix premières pages de votre scénario.

Un synopsis ne cherche pas à convaincre

Une note d’intention, la raison passionnée de votre envie d’écrire l’histoire que vous proposez à lire (et à décider des investisseurs pour publier un roman ou produire un scénario), est l’étape initiale, celle qui donnera envie à un lecteur d’en savoir plus sur cet objet étrange que vous souhaitez remettre entre ses mains.

Si vous remettez ensuite à ce lecteur un livret de 110 ou 120 pages, vous le forcez à entrer dans les détails de votre projet sans véritablement son consentement.
Avant les investisseurs possibles sur votre projet, vous aurez besoin de le soumettre aux critiques constructives (il faudra faire le tri parmi toutes celles que vous recevrez).

Le synopsis est l’outil idéal qui nous permet d’améliorer un projet par les retours que nous en avons sollicités. Il est plus facile à lire qu’un scénario avec toutes ses didascalies et lignes de dialogue.

Les réponses que vous obtiendrez sur votre synopsis (ou le plan de votre histoire) seront certainement émotionnelles. Si ce lecteur critique vous explique pourquoi il pense que certains passages ne fonctionnent pas ou devraient être changés, cherchez à comprendre son opinion.
Et s’il ne développe pas son opinion, son appréciation ou évaluation sur votre discours, alors demandez-lui de vous dire pourquoi il pense qu’il doit en être autrement.

Un synopsis approuvé vous met en confiance

Parce qu’il est facile de se perdre parmi toutes nos idées, de prendre des directions qui excitent notre curiosité mais qui nous éloignent du plus important pour le moment, c’est-à-dire l’intrigue que nous cherchons à écrire.

Il faut donc un système (et c’est un mot inquiétant mais nécessaire) sur lequel nous pouvons nous fonder pour écrire notre histoire. Ce n’est rien d’autre qu’une feuille de route. Vous planifiez un certain nombre de choses entre la première et la dernière page de votre histoire.

Quelles sont ces choses ? Renversements de situation, Obstacles (des plus mineurs aux plus létaux), Incident déclencheur, Informations cruciales… C’est-à-dire toutes ces choses qui décrivent votre intrigue.
Et si vous ajoutez une intrigue secondaire (censée renforcer le message de l’intrigue principale, vous écrivez alors une seconde feuille de route).

Avec un scénario de 120 pages, votre synopsis devrait compter entre 30 et 40 pages sans vous forcer. C’est une bonne mesure pour s’assurer que les lignes dramatiques de votre histoire (la théorie narrative Dramatica les nomme Throughlines) seront fermement tissées ensemble afin de donner au dénouement une histoire satisfaisante car elle semblera complète, sans manque ou boursouflure.

Vous pourriez suivre aussi notre série sur ÉCRIRE UN SCÉNARIO : LES FONDAMENTAUX.

Retournements de situation et obstacles

Les retournements de situation c’est-à-dire lorsque vous emmenez le lecteur dans une direction à laquelle il ne s’attendait vraiment pas (vous recherchez en quelque sorte à le dépayser) ou bien lorsque l’histoire prend la direction opposée à la logique qui semblait présider aux événements ainsi que les obstacles (dont la dangerosité peut mettre en question la vie des personnages ou bien simplement être émotionnelle comme par exemple le héros qui comprend que la femme qu’il aime est sur le point de le quitter réduisant à néant tous ses plans d’avenir) sont les éléments clefs qui doivent nécessairement apparaître dans le synopsis.

Parce que vous devrez les placer à des moments précis au moment de l’écriture de l’histoire.
Vous créerez ainsi un rythme en faisant se succéder régulièrement ces moments clefs de l’histoire, un retournement de situation peut ajouter du suspense et de la tension dramatique.

SérieCet article que nous a inspiré Shonda Rhimes pourrait vous intéresser : SÉRIE OU FILM

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CE QUE VEUT LE PERSONNAGE

Voici quelques conseils de Neil Gaiman à propos du personnage. Ce qu’un personnage veut et ce dont il a besoin est le moteur de l’histoire. Sa volonté et la nécessité règlent sa conduite, ce qui ouvre vers des conflits moraux qui s’avéreront probablement assez fascinants à observer voire à y participer.

Du coup les événements, les relations entre les personnages, tout est lié, tout se rapporte d’abord au personnage. Le personnage est la source, la cause, le devenir.

Un personnage plus ou moins prononcé

En fiction, on distingue deux types de personnages. Il y a ceux qui se décrivent par quelques traits. Ils sont faciles à reconnaître car ils possèdent seulement une ou deux caractéristiques qui servent l’histoire.

Et puis, il existe des personnages bien plus complexes. Et ils demanderont un travail de recherche plus approfondi par l’auteur.

Comment le lecteur perçoit-il la complexité d’un personnage ? Par ses motivations à agir. La difficulté qu’aura le lecteur à comprendre les motivations d’un personnage, plus ce personnage le fascinera.

L’auteur fera donc un véritable effort dans l’élaboration de ses personnages les plus complexes en les rendant plus difficiles à comprendre.

Pour les besoins de la démonstration, nous confondrons désir et motivation. Ce sont deux concepts qui peuvent être néanmoins étudiés séparément dans le développement d’un personnage.

Donc pour construire un personnage, il sera utile de :

  • Considérer que la motivation apparaît dans les choix que l’on fait. Plus la décision sera difficile à prendre et plus vous révélerez la nature profonde de votre personnage.
  • Prendre en compte que les questions de bien et de mal sont essentiellement subjectives. Le choix peut être vu comme un bien par celui qui le fera et comme un mal pour autrui. C’est une question qui appelle toujours une réponse personnelle.
    Un auteur devrait donc bien connaître ce qu’il se passe dans la tête de ses personnages, d’étudier leurs croyances et comment un personnage peut-il justifier ses actes même les plus cruels.
  • Travailler sans cesse le conflit. Le conflit est essentiel dans le développement des personnages. L’enjeu est une raison conflictuelle souvent suffisante qui assure que les choix d’un personnage auront des conséquences pour lui-même ou pour l’histoire. Le conflit est aussi un facteur important du maintien de l’intérêt du lecteur.
  • D’intensifier le conflit au cours du déploiement de l’histoire. La pression mise sur un personnage deviendra de plus en plus pesante. Car le fardeau qui pèse sur les épaules d’un personnage rendra légitime ses choix et les réponses qu’il donnera aux événements ou dans les situations dans lesquelles vous l’aurez jeté.
    C’est ainsi qu’un personnage évoluera au cours de l’histoire. C’est précisément ce qui forme son arc dramatique c’est-à-dire comment et pourquoi doit-il évoluer.

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DÉVELOPPER SON HISTOIRE

Une histoire donne au lecteur l’envie d’en connaître la fin, le dénouement, tout en faisant en sorte que cette fin ne le frustre pas.

On peut toujours dire d’un texte qu’il soit fictionnel ou documentaire qu’il est à propos de quelque chose. Il y a donc une idée à la base.

Et cette idée est précisément ce qui vous a donné l’envie, à vous l’auteur, de commencer à écrire. C’est probablement plus simple que la montagne que l’on croit que l’on va devoir franchir. Le seul écueil en réalité ou plutôt le véritable effort à accomplir est de comprendre l’idée dont on veut vraiment parler.

Parce qu’au début, on peut avoir l’idée d’écrire par exemple sur une communauté qui vit sous une grande ville, dans les entrailles d’une société méprisante.

Puis en y réfléchissant puisque 90 % du temps qui sera consacré à un projet d’écriture est de la recherche (sur son sujet et sur soi-même), on peut s’apercevoir alors que l’idée qui nous préoccupe est en fait de traiter du problème des sans-abris ou plus spécifiquement des exclus.

Cette recherche sur son sujet est ce qui permet de prendre conscience de ce que l’on veut vraiment dire. On apprend ainsi à être honnête avec soi-même. Et cette humilité que l’on acquiert rend notre écriture plus sincère et notre histoire plus passionnante, plus fascinante pour le lecteur.
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SHONDA RHIMES : LA QUESTION DU CONCEPT

Commençons par quelques définitions. Celle du concept n’est pas facile à exposer. Et celle de l’idée encore moins. Penchons-nous donc sur la prémisse qui à elle seule peut tout nous expliquer.

C’est évident que le cinéma et la télévision sont d’abord des moyens de communication. Lorsque l’on se sert de tels media pour communiquer, nous espérons que le spectateur comprenne les buts et motivations de ce que nous sommes en train de faire.

Concernant la fiction, pour de tels media, nous avons besoin de fixer sur le papier des mots. Mais avant le scénario (qu’il soit destiné à devenir un film ou une série), il y a la nécessité de vendre une prémisse car un scénario n’est pas un roman mais un outil de travail qui a un coût et en conséquence a besoin d’investisseurs.

Dans la même manière, lorsque vous soumettez votre scénario pour analyse, recevoir 90 ou 120 pages sans avoir été préparé à ce qu’elles contiennent est assez risqué pour l’auteur.
En effet, le lecteur lira certainement plus que les 10 ou 15 premières pages s’il parvient à être accroché à l’histoire mais lorsqu’il a le choix de lire plusieurs histoires, celle qui saura l’appâter en lui présentant d’abord une prémisse excitera bien davantage sa curiosité.

La prémisse est comme un hameçon. Vous devez la concevoir de manière à ce que le lecteur ressente le besoin d’en savoir davantage. Mais avant le lecteur, il y a vous l’auteur.
La prémisse doit vous exciter tout autant au point de vous mettre à écrire immédiatement le pilote d’une série ou le scénario d’un film futur.
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AMENER LES PERSONNAGES A LA VIE

Pour Margaret Atwood, amener les personnages à la vie se fera par les détails. C’est-à-dire que principalement, ce sera leur manière de se comporter quelles que soient les circonstances dans lesquelles ils seront jetés, qui donnera ce souffle vital à des personnages de fiction.

Les actions révèlent les personnages

Un personnage est défini par ce qu’il lui arrive. Autrement posé, son interaction avec les événements nous permettra de comprendre qui est ce personnage. Certaines descriptions comme les tenues vestimentaires ou bien ce qu’ils possèdent peuvent donner quelques indications sur les personnages mais l’interaction avec le monde extérieur, les décisions qu’ils prennent, les gestes qu’ils accomplissent, l’intersubjectivité qui existe forcément entre deux personnages (et en particulier comment le regard des autres personnages va bien au-delà du simple jugement), tout cela est comme dans la vie réelle.

Lorsqu’il prend en charge ses personnages, l’auteur ne fait que reproduire les sons, les mouvements, les gestes de personnes réelles. C’est cette imitation, cette recopie d’une réalité psychologique, d’actions logiques qui apporte la nécessaire crédibilité vitale aux personnages de fiction.

Cette crédibilité est ce qui explique pourquoi nous changeons, comment nous pouvons nous révéler à nous-mêmes (car le regard de l’autre nous aide à lever le voile obscur qui nous cache à nous-mêmes) et enfin de présenter aux autres notre véritable nature et non plus cette persona, cette apparence d’un personnage que nous interprétons selon un rôle social qui ne nous correspond décidément pas.

Cette façon de voir ses personnages est intéressante parce qu’elle implique que pour permettre à un lecteur/spectateur de comprendre à qui il a affaire, les personnages devront être dans des situations signifiantes.
Pour que le personnage révèle une facette de lui-même, en communiquant une information qui doit émaner de sa présence pour permettre de mieux le comprendre, il faut le mettre en situations.
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