Archives par mot-clé : Archétype

DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (115)

Chapitre 27
Storytelling et l’encodage des personnages objectifs

Le sommaire se trouve ici
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE

Bien que l’encodage transfert l’argument d’une histoire (qu’on peut désigner comme la prémisse de l’histoire, son argument narratif) dans le contexte de la vraie vie, le Storyform n’est pas en soi de la vraie vie.

Le Storyform (la structure) est une analogie du processus de résolution de problèmes dont notre esprit est capable. Nous savons tous ce que c’est que d’affronter les problèmes que nous rencontrons au quotidien (des plus bénins à la souffrance). Néanmoins, nous n’avons aucune possibilité de sortir en quelque sorte de nous pour nous observer dans notre manière de gérer les problèmes.

On vit les choses en-dedans de nous mais il nous est impossible de poser un regard objectif ou du moins impartial sur ces choses du dedans que nous éprouvons.

Le Storyform fait face seulement à un problème (dont les contours nous sont donnés par la prémisse) et qui sera observé ou décrit à la fois de l’intérieur et de l’extérieur.

De l’intérieur, nous pouvons reconnaître des expériences que nous avons tous vécues (ou du moins très similaires ou peut-être simplement un détail).
Les expériences vécues sont celles qui se partagent le plus facilement. La fiction excelle en cela. Elle le communique fort bien (surtout si l’on adhère aux principes de la théorie narrative Dramatica).

De l’intérieur, il y a une indéniable familiarité et nous nous rapportons émotionnellement aux situations qui peuvent nous atteindre individuellement et personnellement. En fait, nous tendons à substituer nos propres expériences en lieu et place de ce qu’il se passe dans l’histoire.
Cette vue subjective (puisque deux individus ne comprendront pas de la même manière exactement le même événement) supporte nos sentiments et donne de la crédibilité et de la légitimité à la vue objective.
Continuer la lecture de DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (115)

error

DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (108)

Le Chapitre 21 : STORYTELLING ET DYNAMIQUES DE PERSONNAGES nous a permis de découvrir 8 questions essentielles que l’auteur doit se poser afin qu’il se saisisse mieux de la façon dont son histoire sera reçue et ressentie par son lecteur.

L’étape suivante sera de clarifier ce dont l’auteur a l’intention de parler. Les Contenants thématiques que nous avons déjà abordés dans les articles précédents nous ont introduit à la notion de Appreciations. Ces Appreciations (terme qui appartient au vocabulaire de Dramatica) sont ce que le lecteur se saisira en faisant l’expérience de l’histoire et en la jugeant (tout comme nous apprécions les choses qui nous entourent en les jugeant. Il y a forcément de la psychologie en cela).

Comme je vous l’ai dit dans l’article précédent, la problématique que l’auteur doit résoudre consiste à sélectionner ces Appreciations pour qu’elles soient pertinentes à l’histoire qu’il essaie de raconter.

Nous examinerons d’abord les Appreciations qui affectent le genre, puis nous nous intéresserons à celles qui concernent l’intrigue, puis le thème et nous discuterons des choses qui doivent être considérées relatives au problème du personnage principal.
Continuer la lecture de DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (108)

error

FONCTIONNEMENT DE LA SITCOM

Les Simpsons est un bon exemple de sitcom intéressant à étudier pour en tirer quelques leçons. Penchons-nous sur l’épisode 16 de la saison 4 : Duffless (Ne lui jetez pas la première bière).
Juste un mot avant de commencer : qui dit sitcom pense drôlerie. Et alors, on se dit qu’on est déjà quelqu’un d’amusant ou bien qu’on n’est pas du tout drôle.

Erreur de jugement : personne n’est vraiment totalement amusant et personne ne peut être nullement amusant. En d’autres termes, si vous souhaitez écrire une sitcom, quelle que soit votre personnalité ou votre nature, ne vous mettez pas de barrières inutiles.
Une piste intéressante à suivre pour provoquer le rire consiste aussi en l’autodérision. Ne pointez pas du doigt des défauts supposés chez autrui, le rire ne viendra pas. Faites plutôt votre autocritique et vous rencontrerez le rire (ce qui est votre intention contrairement au personnage de sitcom).

Nous connaissons tous des comportements quelque peu étranges parfois qu’on ne parvient pas toujours à s’expliquer. Cette étrangeté qui n’est pas inquiétante rappellerait ce que Bergson proposait, c’est-à-dire du mécanique plaqué sur du vivant qui marque l’individu quel qu’il soit d’un ridicule risible et en fait une figure comique.
Par exemple, un passant lambda suit des yeux une jolie silhouette. Absorbé dans sa contemplation, il ne voit pas l’obstacle et le heurte de plein front. L’observateur de la scène commence par rire avant de s’enquérir de la santé du passant. Mais je m’égare…

C’est en tentant d’interpréter le dénouement d’un épisode, d’un pilote ou d’un scénario de film que nous essaierons de comprendre l’effet recherché sur le lecteur/spectateur. Ensuite, l’étude du prologue (ou de la séquence d’ouverture) nous permettra de comprendre quelle est la nature du monde spécifique à cette histoire.

C’est-à-dire ce qui le fait fonctionner, la règle à laquelle il obéit.
Continuer la lecture de FONCTIONNEMENT DE LA SITCOM

error

SCÉNARIO MODÈLE : PULP FICTION

Pulp Fiction a changé la donne du cinéma indépendant dans les années 1990. Sa technique narrative s’inspire grandement du surréalisme du début du vingtième siècle.
La structure de Pulp Fiction peut sembler de prime abord déconcertante et je peux vous assurer qu’elle l’est.

Le dénouement de Pulp Fiction

Le scénario de Pulp Fiction se constitue de trois mouvements dramatiques qu’il faut considérer séparément afin de comprendre le dénouement.

La ligne dramatique de Vincent

Scénario

Vincent nous est présenté alors qu’il revient de longues vacances en Europe. Il fait du covoiturage avec son ami de longue date Jules.
Leur conversation agréable est terriblement efficace pour nous faire aimer ces deux personnages car cette expérience de covoiturage est tout à fait apte à créer une identification entre eux et nous (bien que nous verrons dans la suite de cet article que ce n’est pas véritablement l’intention des auteurs).

Du moins, jusqu’à ce que les flingues entrent en scène et que la conversation nous apprend que leur employeur Marsellus a défenestré Antwan Rockamora (un personnage qui ne sera évoqué que dans les dialogues, trouvaille narrative intéressante) pour avoir massé les pieds de sa femme, Mia.

Vincent est le personnage principal de cette ligne dramatique. Il est donc structurellement logique qu’il subisse l’incident déclencheur. Et cet événement censé bouleverser le quotidien de Vincent est que Marsellus a demandé à Vincent d’emmener Mia déjeuner dans un restaurant.

Vincent a finalement accepté en essayant de se persuader qu’il ne s’agissait pas d’un rendez-vous galant (ce que l’on comprend lorsqu’il tente lui-même de convaincre Jules qu’il ne s’agit pas d’un rendez-vous galant).

Vincent est un toxicomane à l’héroïne. Il se fournit habituellement auprès de Lance. Lance est à cours de ballons dont il se sert pour vendre son héroïne et propose à Vincent de la mettre dans un sac.
Le ton employé endort notre attention sur une information importante : il est de coutume que l’héroïne soit vendue dans des ballons et la cocaïne dans des sacs.

Ceci permet de distinguer l’héroïne de la cocaïne. Pour Vincent, cela n’a aucune importance (et pour le lecteur non plus). Ce n’est qu’après que Mia ait confondu l’héroïne avec la cocaïne et qu’il s’ensuivit son overdose que nous réalisons soudain combien les choses auraient été différentes s’il était resté ne serait-ce qu’un seul petit ballon.

La ligne dramatique de Vincent continue avec son arrivée à la résidence de Marsellus et de Mia. Nous comprenons que Mia est dépendante de la cocaïne avant sa rencontre avec Vincent. Puis Vincent s’engage à emmener Mia au restaurant. Pour Vincent, c’est un point de non-retour.
Structurellement, il ne peut plus faire marche arrière. Il est dorénavant ferré dans son intrigue. Cette prise en charge de son problème par le personnage principal est le second point majeur du scénario et marque l’entrée dans l’acte Deux, l’espace de l’intrigue.

La première partie de l’acte Deux est conforme à la tradition avec un héros quelque peu en difficulté. Dans Pulp Fiction, cela est représenté par la gêne entre Mia et Vincent. Nous sommes amenés ainsi au point médian du scénario qui correspond à une crise majeure pour le personnage principal. Celle-ci est alors dénouée lorsque l’affaire du massage est abordée.

Nous apprenons que Tony Rocky Horror n’a jamais fait de massage à Mia et personne ne sait pourquoi Marsellus l’a défenestré. Cette révélation ne soulage pas la crainte de Vincent de dépasser les limites avec Mia. Cette peur est toujours présente et paralysante pour Vincent et pour l’intrigue.

Seulement maintenant la glace entre Mia et Vincent est brisée et cela les libère tous deux. De retour à la résidence des Wallace, on sent bien que la tentation entre Mia et Vincent est palpable bien que tue.
Continuer la lecture de SCÉNARIO MODÈLE : PULP FICTION

error

PULP FICTION : ANALYSE DU SCÉNARIO

Rare sont ceux qui ne connaissent pas Pulp Fiction de Quentin Tarantino et Roger Avary. Cependant, ce n’est pas un scénario très accessible pour le lecteur/spectateur habitué à une structure classique et linéaire. En effet, Pulp Fiction semble avoir de multiples histoires dites presque simultanément.

Certains pensent que le film est à propos de deux tueurs à gages, d’autres que c’est l’histoire d’un boxeur. La vérité, en fait, est qu’il n’y a pas vraiment d’histoire derrière ce film.

L’intention de Tarantino est de parodier mais il se sert de la parodie comme moyen d’expression. Il s’approprie le documentaire tout comme le surréalisme.
Les propriétés formelles que ces mouvements artistiques donnent au film permettent à Quentin Tarantino d’exprimer des thèmes plus étendus.
Continuer la lecture de PULP FICTION : ANALYSE DU SCÉNARIO

error