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SCÉNARIO MODÈLE : PULP FICTION

Pulp Fiction a changé la donne du cinéma indépendant dans les années 1990. Sa technique narrative s’inspire grandement du surréalisme du début du vingtième siècle.
La structure de Pulp Fiction peut sembler de prime abord déconcertante et je peux vous assurer qu’elle l’est.

Le dénouement de Pulp Fiction

Le scénario de Pulp Fiction se constitue de trois mouvements dramatiques qu’il faut considérer séparément afin de comprendre le dénouement.

La ligne dramatique de Vincent

Scénario

Vincent nous est présenté alors qu’il revient de longues vacances en Europe. Il fait du covoiturage avec son ami de longue date Jules.
Leur conversation agréable est terriblement efficace pour nous faire aimer ces deux personnages car cette expérience de covoiturage est tout à fait apte à créer une identification entre eux et nous (bien que nous verrons dans la suite de cet article que ce n’est pas véritablement l’intention des auteurs).

Du moins, jusqu’à ce que les flingues entrent en scène et que la conversation nous apprend que leur employeur Marsellus a défenestré Antwan Rockamora (un personnage qui ne sera évoqué que dans les dialogues, trouvaille narrative intéressante) pour avoir massé les pieds de sa femme, Mia.

Vincent est le personnage principal de cette ligne dramatique. Il est donc structurellement logique qu’il subisse l’incident déclencheur. Et cet événement censé bouleverser le quotidien de Vincent est que Marsellus a demandé à Vincent d’emmener Mia déjeuner dans un restaurant.

Vincent a finalement accepté en essayant de se persuader qu’il ne s’agissait pas d’un rendez-vous galant (ce que l’on comprend lorsqu’il tente lui-même de convaincre Jules qu’il ne s’agit pas d’un rendez-vous galant).

Vincent est un toxicomane à l’héroïne. Il se fournit habituellement auprès de Lance. Lance est à cours de ballons dont il se sert pour vendre son héroïne et propose à Vincent de la mettre dans un sac.
Le ton employé endort notre attention sur une information importante : il est de coutume que l’héroïne soit vendue dans des ballons et la cocaïne dans des sacs.

Ceci permet de distinguer l’héroïne de la cocaïne. Pour Vincent, cela n’a aucune importance (et pour le lecteur non plus). Ce n’est qu’après que Mia ait confondu l’héroïne avec la cocaïne et qu’il s’ensuivit son overdose que nous réalisons soudain combien les choses auraient été différentes s’il était resté ne serait-ce qu’un seul petit ballon.

La ligne dramatique de Vincent continue avec son arrivée à la résidence de Marsellus et de Mia. Nous comprenons que Mia est dépendante de la cocaïne avant sa rencontre avec Vincent. Puis Vincent s’engage à emmener Mia au restaurant. Pour Vincent, c’est un point de non-retour.
Structurellement, il ne peut plus faire marche arrière. Il est dorénavant ferré dans son intrigue. Cette prise en charge de son problème par le personnage principal est le second point majeur du scénario et marque l’entrée dans l’acte Deux, l’espace de l’intrigue.

La première partie de l’acte Deux est conforme à la tradition avec un héros quelque peu en difficulté. Dans Pulp Fiction, cela est représenté par la gêne entre Mia et Vincent. Nous sommes amenés ainsi au point médian du scénario qui correspond à une crise majeure pour le personnage principal. Celle-ci est alors dénouée lorsque l’affaire du massage est abordée.

Nous apprenons que Tony Rocky Horror n’a jamais fait de massage à Mia et personne ne sait pourquoi Marsellus l’a défenestré. Cette révélation ne soulage pas la crainte de Vincent de dépasser les limites avec Mia. Cette peur est toujours présente et paralysante pour Vincent et pour l’intrigue.

Seulement maintenant la glace entre Mia et Vincent est brisée et cela les libère tous deux. De retour à la résidence des Wallace, on sent bien que la tentation entre Mia et Vincent est palpable bien que tue.
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PULP FICTION : ANALYSE DU SCÉNARIO

Rare sont ceux qui ne connaissent pas Pulp Fiction de Quentin Tarantino et Roger Avary. Cependant, ce n’est pas un scénario très accessible pour le lecteur/spectateur habitué à une structure classique et linéaire. En effet, Pulp Fiction semble avoir de multiples histoires dites presque simultanément.

Certains pensent que le film est à propos de deux tueurs à gages, d’autres que c’est l’histoire d’un boxeur. La vérité, en fait, est qu’il n’y a pas vraiment d’histoire derrière ce film.

L’intention de Tarantino est de parodier mais il se sert de la parodie comme moyen d’expression. Il s’approprie le documentaire tout comme le surréalisme.
Les propriétés formelles que ces mouvements artistiques donnent au film permettent à Quentin Tarantino d’exprimer des thèmes plus étendus.
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PERSONNAGE : MARSELLUS WALLACE (PULP FICTION)

André Bazin écrivit dans les années 1950 que le cinéma avait à sa disposition tout un arsenal de moyens avec lesquels il pouvait imposer sa propre interprétation d’un événement sur le spectateur. Ensuite, Truffaut, Godard, les Cahiers du cinéma développèrent davantage l’idée du cinéaste comme romancier.

Tout comme le romantisme se créa à la fin du dix-huitième siècle en réaction contre le réalisme, La Nouvelle Vague dans les années 1960 et 1970 vint subvertir les valeurs traditionnelles du cinéma et inventa un tout nouveau langage du cinéma.

Dans cet article, je vais me pencher sur un personnage de Pulp Fiction : Marcellus Wallace pour tenter de démontrer comment les conventions préexistantes à sa création et la théorie peuvent en expliquer le développement.

Pour ce faire, nous analyserons la scène de l’introduction de Marcellus :

C’est aussi dans la même scène que nous ferons la connaissance du personnage principal de l’intrigue fondée autour de Butch, boxeur de son état, auquel Marsellus demande de se coucher lors de son prochain combat.

Cette séquence de l’ouverture spécifique à la ligne dramatique concernant Butch contient aussi une information vitale pour la compréhension de la suite et ce sera la rencontre entre Butch et Vincent.
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PENSER LE SCÉNARIO

Penser le scénario, c’est étudier le scénario. Et l’étude de l’art scénaristique (expression un peu paradoxale car le scénario est d’abord un outil de travail et non une œuvre d’art, il est l’œuvre d’un artisan) a trois avantages.

Le tout premier de ses avantages est de se perfectionner dans l’art de conter des histoires. C’est une faculté que nous possédons tous même si parfois nous ne croyons pas être fait pour cette activité, il arrive de nombreuses situations dans la vie au quotidien où nous contons des histoires : dans notre relation aux autres, dans notre travail, dans la vie politique, dans la publicité aussi et même pour endormir les plus petits (ou les masses).

Le second avantage que l’on peut tirer de l’étude d’un scénario est que cela nous permet d’approfondir notre appréciation des films, des téléfilms ou des séries télévisées.
Quant au troisième avantage, l’étude du travail d’autres scénaristes peut grandement vous aider à apprendre à écrire vous-mêmes votre propre scénario.
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DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (75)

La théorie narrative Dramatica est assez complexe. Si l’on est un tant soit peu perfectionniste et qu’on aime aller au fond des choses et Dramatica est excellente en cela, l’on risque néanmoins de ne jamais écrire son histoire.

Cependant, prenez ce que vous pouvez des articles que j’ai écrits jusqu’à présent. Il y a certainement des choses qui peuvent vous servir dans vos projets.
Poursuivons notre étude des Thematic Points, une expression du vocabulaire de Dramatica que j’ai traduite par Contenants thématiques. Continuer la lecture de DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (75)