Intrigue

PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

La liste des situations se trouve ici :
PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Groupe : Activité & Vie sociale
Sous-groupe : Le mystère

Proposition B
21, Se retrouver en situation difficile à cause d’une erreur de jugement ou un mauvais choix.

Situation : 1348a
Préquelles possibles : 899 – 925 – (715a…*)

  • A est un être très orgueilleux. La Providence le rappelle à l’ordre en matérialisant AX, un esprit à l’exacte image de A
    [Cette prémisse me rappelle Ebenezer Scrooge]
  • * Les possessions terrestres de A sont accaparées par AX, un esprit que la Providence a envoyé sur terre pour remettre A dans le juste chemin **

Séquelles possibles : 681b – (715a **…***) – 918b

Note : La seconde possibilité insiste sur le désarroi de A (dans l’idée de Cook, celui-ci est considéré comme un imposteur). Cette angoisse sera le moteur de l’évolution de la personnalité de A au cours de l’intrigue.

Situation : 1348b
Préquelles possibles : 1387 – 1389b – Chronologiquement [1418a puis 1433b]

  • A parvient à donner la vie à un androïde AX
    [En fait, il lui donne une conscience]
  • * Après que A ait donné une conscience à AX, un androïde, AX se retourne contre son créateur
    [En fait, William Wallace Cook a repris le mythe de Frankenstein ou du golem en créant un monstre androïde. La véritable question, cependant, est de se demander si le démiurge n’est pas la véritable incarnation du mal. Cook emploie l’expression Donner la vie que j’estime trop vague. La conscience est une problématique bien plus aiguë et passionnante à étudier même si elle est devenue un topos littéraire. Transmettre un savoir, une information, tenter d’éduquer ou de documenter la réflexion au-travers de personnages et de situations fictives est un moyen de faire du nouveau, d’ajouter sa propre eau à celle du moulin] **

Séquelles possibles : William Wallace Cook ne donne pas de séquelles car son idée est que le créateur ne survive pas à la créature.

Situation : 1349
Préquelles possibles : Chronologiquement [98 suivie par (1326 si l’on change A par A-7)] – 1177 – 1178 – 1262

  • A cache sa culpabilité dans l’innocence de ses actes
  • * A-7, subordonné à A d’une manière ou d’une autre, parvient à convaincre A de se rendre en un certain lieu où A ne pourra pas échapper à la vérité **

Séquelles possibles : (1266 si l’on change A-3 par A-7) – 1267a – (1266 si l’on change A par A-7 et A-3 par A)

Note : L’image que renvoie le personnage est trompeuse. Dans cette prémisse de la situation 1349, c’est un acte volontaire de la part de A. Par ailleurs, il est aussi plus fascinant lorsque A comprend au fur et à mesure de l’intrigue le mensonge qu’il se fait à lui-même. Un personnage principal se doit d’évoluer entre le début et la fin de l’histoire.

A ment volontairement aux autres. Il faudra donc qu’il comprenne qu’il est dans l’erreur et qu’il n’y survivra pas s’il persiste à paraître ce qu’il n’est pas. Son arc dramatique consistera en une sorte d’illumination (ou d’épiphanie) qui lui permettra d’ouvrir les yeux sur la nécessaire acceptation de sa culpabilité. Ici, William Wallace Cook considère l’innocence comme une négation, comme une échappatoire à une juste punition.

Je crois que Cook n’a jamais cherché à être subversif dans ses suggestions. Un auteur pourrait trouver avantageux de tenter de détourner l’idée de départ de Cook afin d’en ressentir (ou de lui donner) un aspect chaotique. Dans l’art scénaristique, il est important que le message soit traité autant que la forme qu’il emprunte pour s’exprimer.

La seconde alternative propose que A soit jugé. On pourrait s’interroger sur les valeurs qui entrent en jeu dans ce jugement. Selon quels codes (moral, juridique ou autre), le personnage devra t-il être considéré ? Sur les faits, ou est-ce un simple jugement de valeur ?

Situation : 1350
Préquelles possibles : 567a – 857

  • A est obsédé par l’idée que quelque chose en veut à sa vie
    [Est-ce réel ou imaginaire ? Des imaginations extravagantes du personnage, on peut en tirer aussi une parabole sur les dangers de l’addiction, par exemple]
  • * Las de ses hallucinations à répétition, A décide de les affronter
    [Et c’est ainsi que la crainte devient désir] **

Séquelles possibles : 634 – 1375

Situation : 1351
Préquelles possibles : 1019 – 1078 – 1334a

  • A cherche à comprendre ses peurs
  • * A est atteint d’une phobie. Afin de tenter de s’en débarrasser, il reconstitue les conditions qui sont à l’origine de sa peur **

Séquelles possibles : 1350 – 1367a – 1374

Note : La première possibilité nous invite à un retour dans le passé de A parce que ce personnage doit comprendre ce qui justifie son comportement actuel. Par habitude, il se laisse envahir par la peur et c’est précisément ce mystère que William Wallace Cook interroge. On peut donner à la peur la forme que l’on souhaite : agoraphobie, peur de l’échec, peur du regard des autres…
Mais l’illustration n’aura de valeur que si l’intrigue consiste à expliquer les raisons de cette altération de la perception ou de l’expérience du monde extérieur.

La seconde alternative est un peu plus complexe. La peur est un refuge pour le personnage. Son quotidien consiste à se mettre hors de portée du monde. Mais ce confort artificiel ne lui permet pas de s’exprimer ou simplement de vivre (d’avancer dans sa vie). A est un être passif et puisqu’il est le héros de l’histoire, cet état devra changer.

La peur est certes une émotion. Néanmoins, elle se fonde sur des valeurs (ou des qualités). Nous pouvons effectivement opposer la peur au courage mais l’échec ou la réussite, le sentiment d’appartenance, le bien ou le mal (questions d’ordre moral) peuvent avantageusement remplacer la phobie de la suggestion proposée par Cook.

L’interrogation consiste pour le personnage à trouver sa place dans la communauté où il a été jeté ou bien qu’il a volontairement rejoint. Le personnage ressent un trouble (dénoté par la phobie dans la suggestion) et il a besoin d’élucider ce problème.

Au début de l’histoire, il sera manifeste que le personnage est déséquilibré et l’intrigue (qui reflète son arc dramatique) sera son expérience d’une recherche de stabilité. Pour vaincre sa peur, il lui faut la comprendre. C’est la finalité du personnage dans cette histoire, son objectif.

Les conséquences de son comportement actuel feront l’objet de l’acte Un. Mais on ne cherche pas à dire que ce qu’il fait est mal ou immoral. Un auteur n’est pas un donneur de leçon. L’intrigue sera bien plus intéressante si nous plongeons dans les entrailles de la phobie de ce personnage et que nous participions à la reconstruction des conditions de la situation originaire de celle-ci.

Situation : 1352
Préquelles possibles : 1343 – 1347 – 1380

  • A-4 remet à A un objet X qui symbolise les peurs les plus profondes de A
  • * A reporte sur l’objet X la cause de tous ses malheurs **
  • ** A-4 essaie de guérir A de ses peurs ***

Séquelles possibles : 1375 – 1400

Note : Dans un premier temps, A va refuser, rejeter ou même être effrayé par cet étrange objet que lui remet A-4. Pourtant, il finira par l’accepter parce qu’il y verra la condition pour réaliser son objectif : surmonter ses angoisses.
Toute l’intrigue consistera pour A à prendre progressivement conscience qu’il lui faut trouver en lui le courage nécessaire pour faire face à cette blessure singulière qu’il n’a jamais assumée.

Comment cet objet X peut-il servir la cause de l’histoire ? Cet objet énigmatique ou bizarre possède l’étrange pouvoir de susciter dans l’esprit du personnage des images claires, étonnamment vivantes et terrifiantes. Les événements refoulés refont surface de manière déformée et A tentera de reconstruire la réalité à partir de l’imaginaire.

L’idée aussi avec ce type de prémisse est qu’elle convoque des peurs universelles comme la mort, par exemple. Le lecteur se retrouvera dans les tourments du personnage.

La seconde alternative propose que des forces maléfiques conspirant contre le personnage (et généralement contre l’humanité) affirme leur présence dans un étrange objet. Le personnage est incapable de comprendre pourquoi il souffre. Il transfère alors sur l’objet la responsabilité de sa situation.

C’est néanmoins une lâche attitude car le seul artisan de cet état désastreux est lui-même. Il lui suffirait de porter un autre regard sur le monde pour que sa situation change. Les tribulations qu’il connaîtra au cours de son aventure sont conçues pour lui permettre de grandir, c’est-à-dire de sortir des peurs de son enfance. Tout comme il aurait pu s’inventer un ami imaginaire, le personnage a élaboré une entité maléfique.
C’est un motif que l’on retrouve dans la série Légion de Noah Hawley avec ce monstre projeté dans l’esprit de David par Amahl Farouk.

La troisième alternative nous rappelle que l’isolement du personnage est nécessaire pour que sa peur soit ressentie par le lecteur. C’est la raison pour laquelle l’aide que va recevoir A vient de A-4, c’est-à-dire un personnage que A ne connaît pas.
La tâche pour A-4 (qui n’est pas le personnage principal) sera d’abord de reconnaître en A cette part d’ombre maléfique qui le hante et ensuite, de convaincre A que cette entité dangereuse et destructrice n’est que le fruit de son imagination.

Un auteur qui voudrait traiter cette idée pourrait effectivement donner une explication rationnelle de l’état psychologique de A ou bien laisser le doute s’installer dans l’esprit du lecteur en donnant un dénouement ouvert sur la guérison de A avec un indice sur la possible existence du mal.

Situation : 1353
Préquelles possibles : 579a – 1120 – 1134 – 1291c

  • Dans un moment d’intense crise, A défie Dieu
  • * A est frappé par la foudre mais il survit **
  • ** Après un terrible accident qui a failli lui coûté la vie, A change totalement de point de vue sur le monde ***

Séquelles possibles : 918a ou b

Note : Ici, William Wallace Cook place le mystère dans le divin. En défiant Dieu, le personnage questionne sa croyance. Conformément à la situation B, il reniera Dieu mais ce sera une erreur. C’est le point de vue de Cook. On peut d’ailleurs étendre cette prémisse à toute forme d’autorité.

La seconde alternative est plus intimidante. Je pense qu’il serait bon d’y voir une métaphore. La foudre est dans ce cas le divin frappant (ou excommuniant) une vie d’errance. Et l’aventure qui commence lorsque le personnage relèvera la face de la boue dans laquelle la violence de la foudre l’a projeté amènera le personnage à comprendre pourquoi il doit retrouver le droit chemin.
Gardez en tête que cela me semble être les valeurs que William Wallace Cook tient à partager. Un autre auteur pourrait valoriser les choses tout autrement.

La troisième alternative n’est pas foncièrement différente. Elle change seulement la nature de l’expérience pour aboutir au même résultat.

Situation : 1354a
Préquelles possibles : Chronologiquement [1027 puis 1421] – 1441a – (1451b si l’on change A-8 par AX) – 1418b

  • A a la possibilité de réaliser son plus grand souhait (Voir la situation 1384 si l’on change B par A) mais cela a un coût
    [Cook revisite le mythe de Faust, un fameux pacte qui fait écho dans la plupart de nos mémoires. Sauf qu’il remplace la connaissance universelle par une fin plus égoïste. De même, le désir exprimé par le personnage n’est pas nécessairement un plaisir défendu.
    On peut tenter d’augmenter la portée de cette prémisse en faisant de A un personnage charismatique capable de fédérer autour de ses croyances. Le lecteur ne devrait pas être au fait de tous les tenants et aboutissants de ce personnage. Il sera entouré d’une aura de mystère et ce sera cette incertitude sur la vérité de ce personnage qui devrait le rendre fascinant]
  • * A a un rêve inaccessible auquel il sacrifie tout, y compris sa vie **

Séquelles possibles : 1432 – 1433b

Situation : 1354b
Préquelles possibles : Chronologiquement [1444 puis 1377b] – 125a

B parvient à obtenir le meilleur de A

Séquelles possibles : 212b – 225 – 307

Note : A est le personnage principal, celui qui doit changer. B peut être vue comme une sorte de mentor qui va inciter A à faire l’effort de se lancer dans une quête qui peut être celle du bonheur. B aura bien du mal puisque A est convaincu qu’il est inutile.
B, la femme, peut être métaphoriquement considérée comme le sauveur de l’humanité. Ce n’est d’ailleurs que justice de lui donner une telle qualité.

Situation : 1355
Préquelles possibles : Chronologiquement [599 puis 1330] – Chronologiquement [(830 si l’on transpose A et A-2) suivie de 807] – Chronologiquement [1337 puis 820]

  • A est pris au piège de ses propres superstitions
  • * Pour aider son ami A-2, A a commis un acte qu’il regrette profondément **

Séquelles possibles : 732 – 1302

Note : Dans la première possibilité, la situation de A est désastreuse. Il est foncièrement mal à l’aise et il le sait. Il va donc nourrir une intention. Son objectif, ce que veut A, est de trouver le bonheur (quelle qu’en soit la forme). Évidemment, ses superstitions sont tellement ancrées dans son esprit qu’elles représentent un formidable obstacle à surmonter.
Le personnage peut-il abandonner ? Ce serait une tendance bien naturelle et une solution de facilité de prime abord qu’il tentera d’ailleurs mais sans rencontrer pour autant la félicité souhaitée.

Alors le personnage va élaborer une stratégie. Et c’est précisément dans la mise en œuvre de cette stratégie que nous apprendrons à connaître ce personnage. En somme, l’auteur donne une finalité à son personnage. Ce but est motivé. Les motivations seront construites sur un jeu de valeurs qui appartient en propre au personnage. En effet, si plusieurs personnages partageait les mêmes valeurs, cela serait confus et redondant.

Les décisions, les choix et les actions seront alors déterminés par ce qui anime le personnage et qui lui donne une existence concrète dans l’histoire. Il faut s’assurer de la légitimité d’un personnage en lui dessinant un contour psychologique qui le rendra facilement reconnaissable par le lecteur (et avec lequel ce dernier pourrait partager certains traits communs ou du moins les apprécier s’il ne les a pas vécu lui-même).

En fait, un auteur crée un personnage en lui fixant une volonté (une intention). Puis, il invente ce qui va tenter d’empêcher ce personnage de réaliser sa volonté. Mais le personnage ne se laissera pas faire. Il ne se soumettra pas et l’auteur va donc décider pour lui d’une stratégie, d’une tactique qui devrait éventuellement lui assurer le succès. Mais rien n’est moins sûr.
On peut réduire cette façon de faire jusqu’au niveau de la scène. Dans une scène, deux personnages argumentent. Tous deux veulent quelque chose de l’autre. Et pour l’obtenir, chacun d’entre eux adoptera sa propre tactique pour convaincre l’autre de se ranger à ses vues. Il n’est pas nécessaire que l’un des deux l’emporte sur l’autre. La scène peut se terminer sur un statut quo si cela fait avancer l’intrigue.

Tout le premier acte de la seconde alternative sera construit autour d’un personnage dont le comportement indique qu’il y a quelque chose qu’il vit mal. Mais on ne sait pas quoi. Et c’est en cela que William Wallace Cook situe le mystère.
Ni les autres personnages, ni le lecteur ne comprenne ce qui ne tourne pas rond chez A. Tout s’éclaircira au cours de l’intrigue et nous espérons que le dénouement nous montrera que A a enfin assumé son geste envers son ami A-2.

Situation : 1356
Préquelles possibles : 234a – 1344 – (1352…*)

  • A lutte contre ses peurs
  • * A ne peut s’empêcher de prendre des risques par peur de l’échec **

Séquelles possibles : 633 – 710 – 1334a – (1334b si l’on transpose A et A-2) – (1352 **…***) – 1375

Note : La fiction peut nous apprendre beaucoup sur la peur : comment en être conscient, comment l’utiliser à notre avantage et surtout comment la surmonter. Le personnage se sent effrayé. Il est donc la proie d’un sentiment qui le paralyse. Pour dépasser ce sentiment, il devra oser la bravoure. En d’autres termes, c’est par l’action qu’il vaincra ses peurs. Cook a déjà utilisé ce motif de l’affrontement avec soi-même afin de découvrir notre propre vérité.

Il faut prendre le contrôle de la situation et en faire un fardeau moins pénible à porter. Nous sommes assaillis au quotidien de craintes et de doutes. Nos personnages de fiction ne sont pas différents. Lorsque le lecteur observe un être de fiction osant poser devant lui ses peurs, prendre conscience de ce qui le retient d’avancer, il s’identifiera plus ou moins à ce personnage, ne serait-ce que par compassion.
William Wallace Cook nous invite à créer des personnages qui oseront affronter ce regard que leur renvoie leur miroir.

Craindre, c’est se mettre en sécurité. De ce point de vue, on peut valoriser la peur comme bonne puisqu’elle nous protège des risques. Mais en refusant l’aventure, en ne voulant pas prendre de risques, nos vies deviennent bien vite ternes. On ne peut passer son temps à redouter que quelque chose ne vienne nous surprendre alors que nous sommes le plus vulnérables. C’est d’ailleurs par ce biais que le méchant de l’histoire attaquera.

La peur est une manipulatrice, une réponse immédiate à un problème mais elle n’en est pas la solution. En luttant contre ses peurs, le personnage ne se soumet pas à celles-ci et c’est ce qui le rend si fascinant. Par exemple, un androïde qui serait soudain doté d’une conscience aurait pour première réaction de craindre ceux à qui il ressemble tant désormais. Il se cachera ne serait-ce que par peur des représailles.
Mais ce serait une erreur (et puis il n’y aurait pas d’histoire s’il persistait dans cette voie). Il devra donc s’opposer aux regards des humains, prendre le risque d’être rejeté afin d’assumer sa véritable nature.

La peur est aussi très importante comme motivation. Lorsqu’un personnage est effrayé, soit il fuit, soit il affronte directement la source de ce qui l’inquiète ou l’effraie. C’est cette seconde possibilité qui sera souvent retenue en fiction. Lorsque l’ennemi apparaît au loin sur la plaine, le héros d’une histoire plantera fermement ses pieds en terre et résistera à cet envahisseur.
On ne fuit pas l’adversité. La peur est un excellent aiguillon pour montrer son courage ou sa bravoure. Il faut de l’audace dans la vie ne serait-ce que pour la rendre supportable et moins ennuyeuse. Alors agissons ! Et c’est précisément ce que fait le personnage. Parce qu’il a peur, il est sur le point d’accomplir quelque chose de vraiment courageux.

Tout bien considéré, la peur est le véritable opposant qui nous empêche de vivre si l’on rend les armes. C’est une force antagoniste qui nous dévore de l’intérieur. Même si la menace est extérieure. Cette menace qui, avec une facilité déconcertante, trouve son chemin au plus profond de nos entrailles pour y révéler notre point le plus faible. Il est d’ailleurs important d’insister sur la faiblesse d’un personnage afin que le lecteur la comprenne bien.
Je vous renvoie à ces articles :

Le meilleur moyen de lutte contre la peur est encore de l’exprimer. S’ouvrir aux autres est déjà un moyen d’en guérir. En reconnaissant ses peurs, on les sort de l’oubli ou de l’ombre où l’on a tendance à les reléguer. Mais ce n’est pas ainsi que l’on apprend à vaincre un ennemi. Combattre véritablement ses peurs, c’est d’abord les dire.

La peur est plus dangereuse que la haine ou la jalousie. Ces deux dernières sont le plus souvent extériorisées. Il y a un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur. On manifeste sa haine ou de la jalousie. Mais la peur, on l’a retient. On ne l’affiche pas. Il est préférable de prétendre être brave même si l’on est effrayé comme jamais on ne l’a été.

Une peur pourrait être aussi vue comme un mensonge que l’on se fait à soi-même. On nie certaines vérités. On ne veut pas les voir et on se cache derrière un masque. Les pires des mensonges sont nos propres peurs disait Rudyard Kipling.
Plus à se sujet :
LE MENSONGE DU PERSONNAGE

On retire de la honte de nos peurs. Mais il n’y a aucune honte à avoir. Ce qui compte est comment nous y faisons face. Certes, la peur est un ennemi puissant. Et le héros d’une histoire semble souvent submergé. Il est préférable d’ailleurs que la force antagoniste soit montrée comme dépassant apparemment en tous points les capacités du héros. Et comme cela devrait être le cas dans la vie réelle, aussi puissante soit-elle, elle n’est pas invincible.

Et c’est ainsi que se construit une intrigue. Dans la faculté du personnage à se dépasser et à surmonter un obstacle apparemment infranchissable.

La peur est la manifestation d’un risque et plus spécifiquement d’une perte. Il faut que le lecteur comprenne ce qui est en jeu dans la vie du personnage pour qu’il accepte sa peur et le combat qu’il va mener.
Tout comme l’amour, la perte peut conduire un personnage à des extrêmes. Et cela est très utile en fiction qui devrait être plus grande que la vie elle-même. Il ne faut pas hésiter sur la puissance des émotions.

Le personnage de la suggestion proposée par Cook a décidé de ne plus perdre de temps à se fourvoyer dans des peurs stériles et paralysantes. Il connaîtra certes des tribulations au cours de cette aventure mais il en sortira grandi. C’est d’ailleurs ce qu’on attend de lui. Bien sûr, un auteur pourrait en décider autrement. Un combat n’est jamais gagné d’avance et ce qui compte, c’est au moins d’avoir essayé.
A défaut de s’en débarrasser, il faut parvenir à contrôler ses peurs afin de s’en libérer. Même quelqu’un de très courageux peut connaître des peurs. C’est ce qui l’humanise. La différence est qu’il a appris à les gérer.

Parce que ce qu’on s’imagine d’une situation est souvent disproportionnée par rapport à la réalité. Nos sens nous renvoient certaines données et nous les triturons consciemment ou inconsciemment et nous engendrons des peurs injustifiées. Il n’est pas évident de faire table rase de tout notre vécu, de toutes nos expériences concrètes ou mentales. Il est difficile de sortir de soi-même pour s’observer. Mais c’est peut-être là la forme de courage la plus vraie pour conduire nos existences.

Situation : 1357
Préquelles possibles : 541 – 1343 – 1344 – 1347

  • A enquête sur les phénomènes paranormaux
  • * A ne parvient plus à distinguer la réalité de l’illusion **

Séquelles possibles : 1348a ou b – 1351

Note : La première possibilité ouvre en grand ce domaine particulier de phénomènes. Cependant, la seconde alternative est bien plus intéressante. Commençons par définir le conflit : l’intention de A est de se mettre en accord avec le monde. Son problème vient du fait qu’il ne sait plus ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Il doit surmonter cette difficulté ou obstacle. Pour réussir son objectif, il va devoir mettre en place une stratégie. Le déploiement de celle-ci constituera l’intrigue.

Maintenant que nous savons ce que A doit faire, interrogeons-nous sur comment il est arrivé à une telle situation. Et c’est ainsi qu’on élabore pour le personnage une biographie succincte (seulement les éléments participant effectivement à l’intrigue).
Cette histoire de la vie du personnage d’avant l’histoire aidera l’auteur à comprendre le comportement actuel de son personnage.

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Situation : 1358
Préquelles possibles : 1433a ou b – 1418a – 1427b

  • A a la vision de sa propre mort
  • * A, malade, comprend qu’il va mourir **

Séquelles possibles : William Wallace Cook n’a pas envisagé de séquelles.

Note : Le problème de la fin de vie est abordé avec l’une ou l’autre des possibilités de cette suggestion. Et dans cette étude se greffe la peur de la mort.

Situation : 1359
Préquelles possibles : 1325 – (1326 si l’on change A par A-8) – 1422b

  • Après une expérience tragique, A se sent étrangement menacé
  • * Les hallucinations de A finissent par l’emporter dans la tombe **

Séquelles possibles : Comme d’habitude chez Cook, la mort de son personnage n’est suivi d’aucune séquelle. En règle générale, Cook aborde rarement l’au-delà.

Note : La menace n’est pas avérée. Le personnage ne fait que ressentir un sentiment qu’il ne s’explique pas. La fiction est un bon instrument pour mettre en avant une des peurs fondamentales de l’humanité : la peur de l’inconnu.

Le gore et la violence ne sont pas convoqués dans cette prémisse. Au contraire, c’est l’intériorité du personnage qui compte, ce qui se passe à l’intérieur de lui lorsque le regard d’un inconnu se pose avec insistance sur lui et puis poursuit son chemin, par exemple.

C’est l’activité de l’imagination du personnage qui est mise en scène ici. Et un imaginaire plutôt macabre. L’étrangeté des situations que connaît le personnage n’est qu’accessoire à l’intrigue. Il sera bien plus intéressant de s’immerger dans le quotidien de ce personnage en prise avec une expérience qu’il n’a jamais admise ou comprise. Cette menace sourde dont il pense être la proie ne pourrait être que la manifestation d’un regret qu’il ne parvient pas à dire autrement.

Situation : 1360
Préquelles possibles : 586 – 600 – 1342

  • A aboutit à la conclusion qu’il est maudit suite aux expériences étranges qu’il a vécues
  • * Des choses étranges semblent vouloir empêcher A d’accomplir la mission qu’il s’est fixé **

Séquelles possibles : 1354a – 1356 – 1357

Note : Il y a un événement (réalité extérieure) que le personnage interprète en s’imaginant une toute autre réalité. Par exemple, il a cru voir un fantôme et pour lui, c’est une certitude.
Mais la réalité véritable est qu’il n’y a pas de fantôme mais seulement un ensemble de conditions qui peuvent faire penser à cela. La conclusion à laquelle aboutit A est donc forcément erronée.

Dans un thriller, par exemple, nous pouvons obtenir le même effet lorsque des indices accusant un personnage innocent sont volontairement laissés sur le lieu du crime. Armé d’une certitude fondée seulement sur les indices (qui se présentent comme évidence), il est alors facile de se forger la conviction que l’innocent est coupable.

Dans la suggestion de Cook, le personnage qui conclut un peu trop hâtivement qu’il est maudit est en fait dans le doute. En ne s’expliquant pas certains événements ou bien en niant ou en refoulant certaines expériences passées, le personnage projette sur l’extérieur la cause de son malaise. Alors, qu’en fait, il lui suffirait peut-être de se livrer à une certaine introspection pour trouver l’origine de son mal.

Dans la seconde alternative, A a un désir et ce n’est pas quelque chose qu’il caresse négligemment. Il veut vraiment le réaliser. En fiction, ce serait trop facile et contre-dramatique s’il n’y avait pas d’obstacles (donc du conflit) pour venir entraver la volonté du personnage principal.
Les choses étranges sont la manifestation d’une entité antagoniste dont A n’a pas encore pris la véritable mesure. C’est au cours de l’intrigue qu’il découvrira (et le lecteur avec lui) ce qui se cache derrière ce qui le tourmente.

Gardez en mémoire que bien que la situation soit intrigante, c’est de la profondeur du personnage que viendra la fascination du lecteur.

Situation : 1361a
Préquelles possibles : Chronologiquement [171 suivie de 1433b] – 1366

  • En pleine nuit, A croit apercevoir la silhouette de A-3 dans sa chambre. Rêve ou réalité ?
  • * A est hanté toujours par le même rêve ce qui influe fortement sur son comportement **

Séquelles possibles : 1311 – (1317 si l’on change A-8 par A-3)

Note : Nous avons donc affaire à une apparition. Mais il faut penser au-delà du spectre. Le personnage et le spectateur voient cette silhouette dans la pénombre alors que A est encore dans un demi-sommeil. Le doute s’installe dans l’esprit du spectateur. D’ailleurs, il y aura toujours un personnage dans l’entourage qui se montrera sceptique sur la véracité des dires de A qui est certain d’avoir aperçu cette apparition. Ses sens ne peuvent le tromper à ce point. A moins que la folie (thème classique du fantastique) n’ait commencé son insidieuse sape.

La seconde alternative me semble plus apte à définir le personnage. En effet, ce rêve qui le hante est l’expression d’un manque, d’un besoin, d’une aspiration vitale pour le personnage. Ce que VEUT le personnage, et c’est ce qui réglera sa conduite dans l’histoire, est de réaliser ce désir.

Cette façon de voir son personnage donne à l’auteur une vraie liberté quant à sa conception. Les caractéristiques physiques telles qu’en faire un homme ou une femme, un enfant ou un adulte… apparaissent secondaires.
Et il en est de même des traits de sa personnalité. Un auteur ne devrait pas juger ses personnages mais éprouver de la compassion pour chacun d’entre eux quelle que soit leur fonction dans l’histoire.

Lorsqu’un personnage accomplit un acte, l’auteur n’a pas à considérer que cet acte est moral ou immoral, par exemple. Que le lecteur juge par lui-même cet acte est comme un effet de l’empathie qu’éprouve déjà l’auteur pour son personnage mais l’auteur n’a pas à prescrire ce jugement chez son lecteur.

Ainsi, l’influence mentionnée dans la suggestion de Cook pourrait faire de A un serial killer si cela sert les intérêts de l’histoire. Si l’auteur se sent confortable en décrivant un comportement erratique pour son personnage, il doit continuer sur cette approche si cela lui permet d’expliquer l’intention de son personnage, ce qu’il vise dans cette histoire.
La suggestion de Cook parle de hantise, d’un personnage en proie à un tourment personnel, intériorisé. Lorsqu’un auteur est intéressé par un tel thème, on conçoit aisément qu’il se sente lui-même concerné par cette problématique. Il a certainement passé un temps précieux en recherche.

Il projettera certaines des idées qui auront émergé de son travail documentaire dans son personnage. Pour autant, l’auteur n’affirme pas que ces idées qui vont constituer son personnage sont bonnes ou mauvaises en soi. Un auteur ne prêche pas. Les idées retenues ne le sont que parce qu’elles sont efficaces pour l’élaboration de son personnage.
Pour se faciliter la tâche, l’auteur pourrait même choisir un archétype et en soustraire ou lui ajouter des caractéristiques afin de le modeler conformément au personnage qu’il a en tête (un personnage défini par son objectif dans l’histoire ou dans l’intrigue).

Situation : 1361b
Préquelles possibles : Chronologiquement [1142b puis 1342a] – Chronologiquement [1377b puis 1160]

  • A considère une certaine révélation comme un présage de réussite
    [Avec une telle prémisse, on doit pouvoir se pencher sur des questions théologiques]
  • * A est tellement certain de sa réussite qu’il ne fait aucun effort pour y parvenir et il échoue **

Séquelles possibles : 836 – 1166a

Note : Avec cette suggestion 1361b, William Wallace Cook fait une critique des croyances. Il dit que si l’on se rend sans armes et poings liés à une entité qui nous transcende, alors nous sommes perdus. Le salut est en nous et nous devons faire l’effort de le porter au-devant de nous.

Ne paniquez pas à la lecture de mon discours. Gardez en tête que vos personnages ne sont que le reflet de nous-mêmes. Ils sont des images de nous-mêmes qui font d’eux des personnages de fiction. En somme, ils sont plus grands que la vie elle-même.
Être un personnage, c’est assumer un statut. C’est renforcer des traits de caractère sans pour autant réduire la complexité de cet être de fiction.

Par exemple, un personnage qui souffre d’iniquité sociale soit parce qu’il l’éprouve dans son âme et sa chair au quotidien, soit parce qu’il observe certaines réalités et qu’il ne les supporte pas, ne sera pas un véritable personnage de fiction tant qu’il ne prendra pas d’engagement à rectifier cette injustice.
C’est précisément cet effort dont il est fait mention dans la suggestion de Cook. En fait, il faut lire cette proposition de façon positive comme pour ne pas échouer, il faut faire l’effort de son ambition.

Situation : 1362
Préquelles possibles : (1124 si l’on change A par A-5) – Chronologiquement [(1247 si l’on change A par A-5) suivie de (1289d si l’on change A par A-5)]

  • A trouve que A-5 passe son temps libre en frivolités
  • * Un événement inattendu met A sur la piste de A-5 **

Séquelles possibles : 1284 – (1222b si l’on change A-3 par A-5) – [(1289d *…**) si l’on change A par A-5 et A-6 par A)

Note : A observe A-5 et interprète ce qu’il fait comme des choses futiles parce qu’il ne les comprend pas. Jusqu’au moment du moins où il prendra conscience que A-5 (un antagoniste dans la nomenclature des personnages) œuvre contre lui.

La seconde alternative propose que A ne connaisse pas encore son ennemi. L’événement inattendu n’est ni le fait de A, ni de A-5. Mais c’est quelque chose qui va pourtant établir une relation entre eux.

Par exemple, A rencontre un ami qui est aussi, sans que A le sache, l’ami de A-5. Dans une conversation tout à fait innocente, cet ami raconte à A la hargne avec laquelle A-5 s’acharne sur un individu que cet ami ne connaît pas.
Mais A se reconnaît dans cet individu et remonte ainsi à la source de ce tourment qu’il ne comprenait pas.

Situation : 1363
Préquelles possibles : 1330 – 1343 – 1347

  • A-2 parvient à éviter que A soit enfermé dans un asile
    [D’abord, A-2 n’est pas l’ami de A. Mais il va apprendre à le connaître, à l’apprécier et pourquoi pas à l’aimer. Ainsi, on comprend mieux l’engagement de A-2 envers A qui ne doit intervenir qu’après que leur relation ait été renforcée]
  • * Après une vie de débauche, A connaît le repentir et la conversion
    [A interprète l’apostat. L’intrigue sera la description de ce cheminement vers l’illumination] **

Séquelles possibles : Chronologiquement [1433b puis 918b] – 1375

Situation : 1364a
Préquelles possibles : (1046 si l’on change A par B) – (1383 si l’on change A par B)

  • B découvre une vieille photo de bien avant sa naissance d’une femme qui lui ressemble étrangement
  • * B reçoit une enveloppe contenant des photos d’elle-même dans son quotidien. Elle en conçoit immédiatement une menace **

Séquelles possibles : 328 – 1154a

Note : La ressemblance est un leurre. En fait, cette prémisse parle de la dualité de l’être humain. Et comme William Wallace Cook situe cette suggestion dans le sous-groupe des mystères, on peut spéculer qu’il pensait à l’hallucination de se reconnaître soi-même dans l’autre (phénomène d’autoscopie).

Cook a, dans d’autres sous-groupes, travailler aussi le motif du trouble dissociatif de l’identité auquel on peut lier le concept de double ou de doppelgânger. C’est un thème assez vaste qui nécessite une recherche documentaire afin d’en tirer une fiction intéressante (il y a certainement des choses à faire différentes du double maléfique de Hyde et de Jekill ou travailler des variantes de ce motif).

La seconde alternative se penche davantage sur l’angoisse de se savoir observé. Là aussi, une recherche s’avérera nécessaire pour savoir (du moins, un peu) de quoi l’on parle.

Situation : 1364b
Préquelles possibles : 461 – 1424b

  • B est perturbée par ce qu’elle vient d’apprendre sur ce que A pense d’elle
    [Certaines vérités peuvent nous transporter de bonheur et d’autres nous détruire]
  • * B-2, l’ami de B, fait courir une rumeur sur la relation entre B et A **

Séquelles possibles : 1055 – 1462

Le prochain article abordera les situations conflictuelles 1365 à 1372 concernant toujours ce sous-groupe du mystère.

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