Intrigue

PLOTTO : MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Dans cet article, nous allons nous pencher sur les situations 917 à 931.

La liste de toutes les situations se trouve ici :
PLOTTO, MÉTHODE DE SUGGESTIONS D’INTRIGUE

Groupe : Activité & Vie sociale
Sous-groupe : Les idéaux

Proposition B
32, Chercher à cacher son identité parce qu’on possède des idéaux élevés.

Situation : 917
Préquelles possibles : 512 – 952 – 971

  • Parce que ses idées dépassent l’entendement de sa communauté, A s’en éloigne pour recommencer sa vie ailleurs. Cette fois, il reste incognito
  • * Le projet que porte A paraît absurde ou inutile à ceux qui le connaissent. Pour le mener à bien, il décide de s’installer en un lieu où personne ne le connaît **

Séquelles possibles : 259-3 – 967

Note : William Wallace Cook étend la notion d’idéal aux porteurs de projets qui rencontrent une fin de non-recevoir parce que ces projets sont jugés ou dangereux ou inutiles. Mais la volonté ne succombera pas devant le despotisme d’une opinion publique et bien trop commune. Alors le porteur de projet se déplace (l’entrée dans l’acte Deux est souvent marquée d’un déplacement de lieu) pour réaliser son projet.
Cette approche sera néanmoins discrète car le personnage craint de revivre la même expérience qui s’est soldée par son insuccès.

Situation : 918a
Préquelles possibles : 80a – 150 – 312-1 – 602

  • Lassé de brûler sa vie en futilités, A décide de vivre selon des préceptes moraux élevés
  • * A est devenu très populaire depuis qu’il s’est mis sincèrement au service de sa communauté, œuvrant totalement désintéressé pour le bien commun. Mais cette popularité lui pèse. Il n’en voulait pas. Alors A décide de continuer ailleurs cet esprit de bienfaisance qui l’anime avec toute la retenue possible afin de ne pas attirer l’attention sur lui **

Séquelles possibles : 683 – 708 – 864

Note : Dans la première possibilité, le conflit provient du fait que les principes auxquels veut maintenant adhérer A vont heurter ses valeurs actuelles. A n’a pas compris les valeurs morales qu’il tente d’appliquer dans sa vie. La pratique de ces valeurs ne peut être un choix brutal ou automatique. Il faut s’en imprégner pour les appliquer. Par exemple, faire preuve de charité mais sans comprendre ce qu’est l’amour du prochain est un acte sans fondement. Si l’on fait la charité sans intention de participer au bien commun mais seulement pour satisfaire son ego comme une formalité à accomplir, nous ne faisons que prétendre faire le bien. C’est entre prétention et sincérité que le conflit prendra place.

Notez aussi que le moyen qu’utilise William Wallace Cook pour que son personnage fasse le bien est le mutisme. Autrement dit, le thème de cette intrigue est l’orgueil ou l’hubris et la vengeance des dieux est alors interprétée comme les obstacles que rencontrera le personnage tant qu’il ne se saisira pas de la signification exacte de la bonté.

Situation : 918b
Préquelles possibles : 718b – 898

A vit une expérience terrible qui lui fait voir sa vie sous un autre jour

Séquelles possibles : 639 – 686 – 751 – (767 si l’on change B par A) – 819 – (894 si l’on change A par A-8 et A-5 par A)

Note : Toute l’intrigue porte sur la prise de conscience progressive de A (et des difficultés qui l’accompagne) pour aboutir au changement qui devrait faire de A un être meilleur, c’est-à-dire davantage conforme à sa véritable nature (qui correspond alors à l’idéal du sous-groupe).

Situation : 919a
Préquelles possibles : 940 – 949a – 960 – 1082a

  • A est porté disparu
    [Pour éviter la redondance avec les situations 917 et (918 …*), on peut vouloir décider que les idées de A (son combat contre l’obscurantisme, par exemple) est à l’origine de sa disparition : certains autorités auraient très bien pu vouloir le mettre hors circuit. Pour le bien de l’intrigue, William Wallace Cook a entouré de mystère l’absence de son personnage. Mais d’autres références sont possibles comme cette accusation de Roi des Juifs pour la condamnation de Jésus de Nazareth]
  • * Porté disparu, A est accusé d’avoir abandonné son poste. Mais il est parti accomplir une tâche difficile et héroïque et il en est mort
    [Ici, l’intrigue portera sur la réhabilitation de A. Donc, d’autres personnages interviendront. Ceux qui lutteront pour donner à la mémoire de A la justice qu’elle mérite et d’autres (la force antagoniste) œuvreront pour la détruire. A est effectivement le personnage principal mais il sera absent tout au long de l’intrigue] **

Séquelles possibles : 919c – (928b si l’on change A par F-A et SN par A)

Situation : 919b
Préquelles possibles : (930 si l’on change B par D-A et F-B par A) – 734 – 967

  • A a accompli un acte lâche. Ne pouvant l’affronter, il disparaît. Mais c’est seulement la mention porté disparu qui ressort. Aucun mot n’est dit sur sa lâcheté
  • * Il y a longtemps que A a quitté le foyer familial pour vivre une vie de bohème comme un idéal de vie. Maintenant qu’il a erré si loin des siens, le besoin se fait sentir de retourner chez lui. Or, il ne peut se résoudre à surgir brusquement dans la vie de ceux qu’il a quittés il y a de nombreuses années. C’est donc en secret qu’il rejoint sa ville natale **

Séquelles possibles : 548a – 550 – (684 si l’on change F-B par A) – 797

Note : Il y a toujours un aspect positif ou négatif dans les sous-groupes et les propositions B du classement très personnel qu’a fait William Wallace Cook. La disparition qui est le point de départ des quelques situations que nous venons d’énumérer peut avoir alors des conséquences positives comme la réhabilitation d’un homme injustement accusé sur le seul fait des apparences. Ce peut être aussi une disparation parce que le personnage n’est pas capable de prendre ses responsabilités. Ce n’est pas une fuite car le personnage pourrait par exemple avoir commis un crime (peut-être sans préméditation) et continuer à vivre sa vie au quotidien (sans que personne ne le soupçonne encore).

Peut-être plus complexe encore serait un personnage ou une situation où le bien et le mal se côtoie. Par exemple, pendant toute la première partie de l’acte Deux, le personnage ferait montre d’une lâcheté sans nom. Parvenu au point médian de l’histoire, nous aurions la crise de conscience du personnage qui ne supporte plus sa condition. A partir de ce moment, lorsqu’il se sera relevé de ce moment très difficile dans sa vie, nous pourrions le voir accomplir un acte d’une bravoure exceptionnelle. En fin de compte, il sera devenu meilleur.

Effectivement, j’ai adopté un ordre chronologique pour cet exemple. Mais nous pourrions tenter dans une même scène faire passer un personnage du bien au mal et réciproquement en se basant sur le principe que le bien et le mal sont constitutifs de la nature humaine. L’image d’un méchant de l’histoire caressant un chat adorable me vient à l’esprit pour illustrer mon propos. Nous connaissons sa fonction dans l’histoire : il est l’antagoniste, celui qui veut détruire le héros. Mais il y a aussi cette douceur extrême qui le caractérise ou bien encore le fait qu’il soit capable de tomber amoureux. Et aussitôt, nous quittons le stéréotype en complexifiant le personnage.

La seconde possibilité met en avant un motif que William Wallace Cook apprécie assez. C’est le Home Sweet Home, le retour aux sources, le besoin de retrouver (donc en fin de compte de reconnaître) ses racines.

Situation : 919c
Préquelles possibles : 615 – 1061

  • A est ouvertement accusé de lâcheté
    [On ne présume pas de la culpabilité ou de l’innocence de A. Le fait est que l’opinion publique considère A comme un lâche. C’est ce fait singulier qui différencie cette intrigue de la situation 919c des suggestions précédentes]
  • * A se bat pour ses idées jusqu’à la mort
    [Celle-ci sera littérale ou symbolique] **

Séquelles possibles : (930 si l’on change F-B par A et qu’on élimine de la suggestion  ««… qu’elle pense par erreur mort » ») – (928b si l’on change A par F-A et SN par A) – 958 – 963

Note : Dans la première alternative, l’histoire débute par une accusation. C’est donc dans l’acte Un que seront démontrées les conditions de celle-ci comme dans Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, Calder Willingham et Jim Thompson d’après le roman de  Humphrey Cobb paru en 1935. Comment rattacher cette intrigue au sous-groupe ?
Il suffit de se poser la question du pourquoi cette opprobre ? Si A est obligé d’exécuter certains actes qui vont à l’encontre de sa morale, peut-être a t-il délibérément refusé de s’y plier. Et il doit en supporter les conséquences. Nous rejoignons ainsi l’indication générale du sous-groupe.

Mais la proposition B reste encore un mystère. En quoi dénier son identité peut-il avoir un rapport avec la suggestion présente ? Gardons à l’esprit que chez William Wallace Cook, toute chose a son contraire. Donc, ce que l’on demande à A à travers cette accusation de lâcheté et pour en être lavé, c’est de récuser ses propres valeurs et de se complaire à l’opinion publique.
La rébellion de A sera t-elle totalement consommée ou A sera t-il brisé par une implacable logique dans laquelle il ne se reconnaît pas ? Telle est la question dramatique.

La seconde possibilité est tragique. William Wallace Cook établit la puissance irrésistible d’une société étouffante qui ne tolère pas le choix individuel qui risque de la mettre en danger. La démocratie est-elle vraiment un leurre ? Par instinct de préservation de leurs privilèges, les puissants ne cherchent-ils pas à uniformiser la pensée ?

Situation : 920

A est un artiste humble et qui pour survivre se livre à des petits boulots [Préquelles possibles : 718a – 748 – (749…*)]. Par un jeu de circonstances (qui pourrait servir d’incident déclencheur), A perd l’une de ses œuvres [voir les situations (709 si l’on transpose A et A-2) – (711b si l’on change A par A-2)]. Retrouvée, cette œuvre émerveille les connaisseurs en art qui y voit le travail d’un génie. Seulement, aucun indice ne permet de remonter jusqu’à l’auteur. Alors les médias s’enflamment à propos de cet artiste inconnu et l’incite à se faire connaître du public.
Mais A n’est pas intéressé. Ni les honneurs, ni l’argent ne seront des récompenses pour son génie supposé. Et il ne se laissera pas tenté

Séquelles possibles : 1275 – (931 si l’on change B par A et M-B par F-A)

Situation : 921
Préquelles possibles : (279 …*) – 435a

Il y a longtemps, B a commis un acte répréhensible. Mais elle estime ne pas avoir payé sa dette envers la société. Elle décide alors incognito de se comporter exemplairement au sein de la communauté afin de (notez que lorsque je précise « « … afin de … » », cela fixe un objectif pour le personnage) de se racheter à ses propres yeux

Séquelles possibles : (279 *…**) – 743b – 665

Note : Nous pouvons décomposer cette suggestion en une motivation : B estime ne pas avoir payé sa dette envers la société. Le pourquoi de cette motivation qui est différent de ce qui la motive : B a commis un acte répréhensible dans son passé (et non dans le présent de l’intrigue). Un but : trouver une rédemption personnelle. Ces trois éléments dramatiques qui donnent déjà un support à la structure de l’histoire sont suffisants pour conter une histoire.

Groupe : Activité & Vie sociale
Sous-groupe : Les idéaux

Proposition B
35, S’embarquer dans des difficultés qui vont venir défier ses propres idéaux.

Situation : 922a
Préquelles possibles : 578a – 819 – (894 si l’on transpose A et A-5) – 918b

  • A n’a jamais vraiment donner de sens à son existence jusqu’à présent. Mais il se découvre soudain un idéal
    [Et se comprendre soi-même peut être une expérience douloureuse]
  • * A cherche un modèle sur lequel il pourrait fonder sa propre existence. Mais il n’y parvient pas **

Séquelles possibles : 963 – 964a

Note : Dans la seconde alternative, l’absence du père peut être à l’origine du besoin de A de copier une identité afin de connaître la sienne. Il semble évident que pour travailler une intrigue telle que celle-ci, quelques recherches en psychologie s’avéreront presque obligatoires.
En somme, c’est dans le rapport à l’autre que l’on peut se définir soi-même. Ainsi, un personnage ne prendra véritablement de sens que dans la comparaison aux autres personnages. Qui serait Roméo sans Juliette ? Et réciproquement. L’autre est non seulement un miroir (l’image de soi se construit dans le regard d’autrui) mais il devient aussi un modèle. La création d’un personnage ne sera pas considéré comme une entité indépendante mais tiendra compte non seulement de sa fonction dans l’histoire mais aussi des relations qui le lieront aux autres personnages.

Un personnage a donc besoin d’un modèle pour se construire. Du point de vue de l’auteur, il peut s’inspirer de personnes réelles ou fictives et en tirer des qualités, des attributs qu’il combinera dans l’être fictif qu’il est en train de créer. Ces attributs ou qualités seront uniques parmi tous les personnages. Ce serait inutile et redondant autrement. Et elles s’opposeront à la fois dans la confrontation aux autres mais aussi au sein du personnage car nous sommes tous construits sur des contradictions, ce qui ajoute de la richesse à nos personnalités (et à celles de nos personnages).

La construction d’une identité se fait dès le plus jeune âge par l’apprentissage et l’intériorisation de modèles et de normes. Ainsi, dans cette seconde alternative de cette situation 922a, l’absence du père (que j’ai pris comme exemple) est devenu un manque qui a bloqué l’évolution du personnage. Retenez bien qu’un personnage de fiction, surtout s’il est le personnage principal de l’histoire, est un être en constante évolution. Le changement est ce qui importe et ce qui fascine le lecteur. C’est ce que l’on nomme l’arc dramatique, c’est-à-dire une évolution de la personnalité d’un personnage essentiellement marquée au cours de l’acte Deux, l’espace de l’intrigue.

Notez aussi que la suggestion précise que A ne parvient pas à trouver ce modèle qui pourrait lui servir de référence dans sa propre vie. C’est ce qui donne naissance au conflit. On ne peut seulement conter une recherche sans illustrer les complications qui lui sont inhérentes.

Situation : 922b
Préquelles possibles : 158 – 606

  • A a toujours poursuivi un idéal élevé. Mais certaines circonstances le font soudainement douter
  • * Après avoir compris que tout ce que à quoi il aspirait si ardemment était une erreur, A perd pied **

Séquelles possibles : 259-2 – 263

Situation : 923
Préquelles possibles : 224 – 578a

  • A décide qu’il doit reprendre sa vie en main
    [parce qu’il avait fondé sa vie sur certaines habitudes et valeurs qui se sont avérées désastreuses pour lui. Ce que décrit une possible intrigue est le renversement de valeurs qui occupent l’esprit de A entre le début de l’histoire et son dénouement]
  • * Après s’être rangé des voitures, A, qui essaie de renouer avec le droit chemin, est harcelé par A-5, un criminel avec lequel A a déjà participé à des coups, qui veut le recruter pour une nouvelle affaire louche
    [Un motif classique] **

Séquelles possibles : 894 – (998 si l’on change A par A-5 et A-4 par A)

Situation : 924a
Préquelles possibles : 700 – 1062

  • A est un homme riche mais son désir le plus sincère est de vivre la vie d’un pauvre
    [Il semble que A n’a pas choisi sa vie ou son destin. Il ne se sent pas confortable dans cette vie où l’argent est facile. L’expérience de la pauvreté saura peut-être lui donner un sens véritable à son existence]
  • * Pour sortir de la vie oisive que lui offre sa position sociale, A désire ardemment s’immerger dans une classe moins favorisée. Mais sa richesse lui colle à la peau et il éprouve de grandes difficultés à s’adapter à ce nouvel environnement **

Séquelles possibles : 431 – 929

Note : Dans la seconde possibilité, William Wallace Cook semble dire que nous sommes déterminés et que nous ne pouvons influer sur notre destinée comme si celle-ci avait déjà été préétablie par une puissance difficile à saisir. Mais le fait que A éprouve de grandes difficultés à s’installer dans la pauvreté illustre peut-être le combat qu’il mène pour prendre en main son sort.

Situation : 924b
Préquelles possibles : 898 – 899

  • A est riche et n’aspire qu’à vivre une vie oisive et se complaît dans les plaisirs les plus matériels qui soient
  • * A est oisif et il aime ça. Sa richesse personnelle ou sa position sociale l’autorise à vivre cette vie mais A va connaître une expérience qui viendra bouleverser ses habitudes
    [Et peut-être que cette épreuve lui permettra d’ouvrir les yeux sur sa position dans le monde, si l’éthique personnel de l’auteur lui fait reprocher à l’oisiveté son caractère indolent et passif comme imparfait avec le sens que doit prendre la vie. Mais les propres valeurs de l’auteur peuvent être différentes et mettre en avant sa conviction épicurienne de l’existence. Je pense que dans l’un ou l’autre cas, on peut trouver une intrigue suffisamment conflictuelle] **

Séquelles possibles : 322b – 751

Note : La première alternative est plus complexe qu’il n’y paraît. J’espère ne pas faire de réinterprétations intempérantes de Cook mais je pense que A se jette à corps perdu dans les plaisirs terrestres en cachant son identité. Ce n’est pas pour se protéger de l’opinion prompte à juger ses frasques sur le banc de l’infamie. Ce n’est pas du regard d’autrui dont A se cache mais de lui-même.

A a hérité de cette richesse, de sa position sociale. Ceux-ci ne sont pas la récompense de ses efforts. Nous pourrions par exemple avoir un personnage qui se travestit en femme et qui hante la nuit les lieux où sa nouvelle apparence serait acceptée. Ce n’est pas le vice qui l’anime. Au contraire, c’est à la rencontre de lui-même qu’il se rend. Il est en quête d’une identité et multiplie les expériences pour enfin se reconnaître (ou du moins de donner un sens à son existence).

Situation : 925
Préquelles possibles : Chronologiquement [139 suivie de (245 si l’on change A par A-2 et A-3 par A)] – Chronologiquement [(433b si l’on change A par A-2 et A-3 par A) puis (411b si l’on change A par A-2 et A-3 par A)]

  • A cherche ardemment à être le leader dans toutes ses activités. Mais cela le conduit à être indifférent au monde et à n’avoir que peu d’attentions aux autres
    [Gardons en tête que pour William Wallace Cook, avoir un idéal, c’est posséder ou aspirer à un certain nombre de valeurs (parfois contradictoires) qui s’appliquent concrètement dans nos vies. Ainsi, nous vivons selon un corpus de principes moraux. Dans une œuvre de fiction, ces mêmes principes peuvent être alors mis à mal soit pour renforcer l’opinion de l’auteur qui les apprécient, soit pour les dénoncer parce que l’auteur pense qu’ils n’apportent rien de bon à nos vies. Je crois que cette possibilité de la situation 925 est exactement cela : le pouvoir est une absence d’amour (ou du moins de compassion) et serait donc paradoxal avec le sens même de l’existence]
  • * L’attitude cynique de A envers A-2, son ami, blesse profondément A-2. Mais ce dernier n’en veut pas à A et même lui pardonne. Ce pardon prend totalement A à contre-pied et il en conçoit une nouvelle vision du monde à travers une relation sincère et aimante (amour ou amitié) * **

Séquelles possibles : 922a – 963

Note : On pourrait même étendre cette intrigue à une relation plus spirituelle et nous interroger sur notre rapport à Dieu.

Situation : 926
Préquelles possibles : 954 – 970

  • A aspire à être un bienfaiteur de l’humanité
    [Cette proposition devient intrigue si l’on comprend que l’humanité n’est soit pas prête à recevoir les bienfaits de A ou peut-être mieux encore, n’en veut pas]
  • * A veut être un bienfaiteur de l’humanité. Mais sa volonté sera contrée par une expérience très dérangeante **

Séquelles possibles : 188b – 613 – 791 – 804

Note : Concernant la seconde alternative, posons ceci : Nous faisons tous des expériences dans nos vies et nous en tirons certaines habitudes. Nous apprenons à réagir selon les résultats que nous avons vécus. Ainsi, lorsqu’un événement se produit et auquel nous ne pouvons pas répondre instinctivement, nous puisons dans notre passé afin d’y trouver une expérience plus ou moins similaire qui s’est avérée positive pour nous et nous appliquons alors la solution que nous avions adoptée autrefois.
Considérons l’hypothèse que dans cette seconde possibilité de la situation 926, le personnage a rencontré de nombreux succès dans les actions qu’il a lui-même évaluées comme bienfaitrices pour l’humanité puisque c’est son credo dans cette histoire. Qu’il estime ou non que c’est à la bonne fortune qu’il doit autant de réussite, il adoptera des attitudes, des comportements, des réactions, des habitudes à tous les événements qui surgiront dans sa vie puisqu’il s’est persuadé que, de toutes façons, la chance est de son côté et pourquoi alors en serait-il autrement ?

Le problème est que l’événement nouveau qui arrive maintenant ne se satisfera pas d’une réponse habituelle. Les choses ne tourneront pas à l’avantage du personnage comme il s’y attendait. Et il va se sentir totalement désarmé (d’où l’embarras mentionné dans la suggestion de William Wallace Cook).
Je vous renvoie au Chapitre 11 de la théorie narrative Dramatica pour une étude plus approfondie :
DRAMATICA : LA THÉORIE EXPLIQUÉE (25) et suivants

Situation : 927
Préquelles possibles : 926 – 928a

A est quelqu’un de très généreux et de très hospitalier qui ouvre toujours sa porte autant à ses amis qu’à des étrangers. Mais des circonstances particulières vont amener un lot de complications inattendues

Séquelles possibles : 613 – 905

Situation : 928a
Préquelles possibles : (764 …*) – 769 – (772 …*) – (773 …*) – 805

  • Dans un souci de pur altruisme, A aide tous ceux qui sont dans le besoin
    [Pour respecter la proposition B, la générosité de A sera discrète. Il n’en tire aucun profit]
  • * A a toujours le temps d’aider les autres. Et c’est précisément cela qui va le mettre dans une situation difficile **

Séquelles possibles : (764 *…**) – (772 *…**) – (773 *…**) – 807

Note : En tant que préquelle de la situation précédente, la première possibilité explique l’état d’esprit de A. Le lecteur se fait ainsi une première impression de A comme quelqu’un de très généreux, de très humain, de très concerné par l’amour de son prochain. Et il est sincère.
Et c’est probablement cette sincérité qui sera mise à mal par l’intrigue. Ou du moins qui sera mise en intrigue par l’auteur pour tenter de corrompre A.

La seconde alternative concerne le choix. A va devoir choisir entre aider son prochain comme il a l’habitude de le faire et un problème personnel très urgent dont la résolution immédiate va à l’encontre de ses valeurs. On pourrait réduire cette seconde suggestion à l’obligation défiant la volonté. Est-on vraiment libre face à nos devoirs ?

Situation : 928b
Préquelles possibles : (800 si l’on change B par A)

  • A est fier de son fils, SN
    [C’est la situation de départ. La fierté que A tire de son fils suffit à son contentement. Il est heureux. On peut aisément imaginer que de sombres nuages viendront recouvrir cette relation apparemment parfaite entre un père et son fils]
  • * La mort de SN, le fils de A, s’est produite dans des circonstances plutôt louches à la grande stupéfaction de son père qui portait son fils au pinacle **

Séquelles possibles : (568c si l’on change A par A-8 et A-3 par SN) – 821 – 919

Situation : 929
Préquelles possibles : Chronologiquement [431 puis 488a] – 924a

A pensait que l’ascétisme plus ou moins obligé dans lequel il vivait était ce qui lui apportait le bonheur. Du moins, il se contentait de sa vie. Mais un jeu de circonstances fait que A devient riche (une sorte de gagnant du loto) et la nouvelle vie qui s’ouvre devant lui lui fait changer totalement de point de vue

Séquelles possibles : William Wallace Cook n’a pas de séquelles pour cette situation. On peut d’ailleurs questionner la pertinence morale de celle-ci. Bien sûr, chaque individu a ses propres valeurs et l’éthique reste une convention sur un partage de valeurs communes qui sont reconnues comme bonne ou mauvaise, juste ou injuste et qui devraient permettre de blâmer ou de louer ou encore de récompenser ou non les actions de chacun.
Un auteur peut vouloir néanmoins travailler cette intrigue en montrant le combat de A contre la pauvreté maintenant que son personnage peut comparer et l’auteur dressera alors un réquisitoire contre un état de fait un peu trop bien installé dans nos sociétés actuelles, par exemple.

Situation : 930
Préquelles possibles : [(919b…*) si l’on change A par F-B] – 1142b si l’on change A par F-B

B pense que son père F-B est mort (mais en fait, elle se trompe et le lecteur découvrira au même moment que B la vérité sur F-B).
B honore la mémoire de son père qui a toujours été pour elle une source de fierté et d’honneur

Séquelles possibles : 684 – (797 si l’on change A par F-B et D-A par B)

Note : On se doute que l’image que s’est forgée B de son père sera quelque peu mise à mal lorsque B découvrira la vérité sur celui qu’elle a tant idéalisé.

Situation : 931
Préquelles possibles : (65…*) – 83 – 143 – 766 – 1105 – 1106

  • B a des principes moraux qu’elle suit aveuglément au quotidien. Mais elle découvrira bientôt qu’elle se trompe
    [Surtout si elle a hérité de ces principes. Sa prise de conscience viendra peut-être de la mise à l’épreuve de valeurs qui lui ont été inculquées et qu’elle n’avait jamais vraiment mises en question]
  • * B commence à questionner les valeurs morales qui lui ont été inculquées lorsqu’elle comprend comment sa propre mère met en pratique ces mêmes valeurs **

Séquelles possibles : 1246

Le prochain article concernera les situations conflictuelles 932 à 948.

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